Discours de conférence
David O. McKay
Il y a cent ans aujourd'hui se tenait à Winter Quarters, près de Council Bluffs, dans l'Iowa, une conférence de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Le dimanche de Pâques faisait partie de cette conférence, si elle comprenait un dimanche, tout comme il fait partie de cette conférence aujourd'hui. De tous les groupes du monde qui professent croire au Christ, aucun n'avait dans le cœur plus d'assurance de la réalité de la résurrection du Christ que ce groupe réuni à Winter Quarters. Ils pouvaient dire, comme peuvent le dire aujourd'hui tous les vrais membres de l'Église du Christ, dans les termes de la salutation des premiers chrétiens : « Le Christ est ressuscité », et la réponse : « Il est vraiment ressuscité. » ¶
L'historien Lord Macaulay dit que « le peuple qui ne révère pas les actions de ses ancêtres ne fera jamais rien qui soit digne d'être retenu par ses descendants. » ¶
La migration pionnière ¶
Huit jours après cette conférence de Winter Quarters, la première bande de pionniers était campée sur l'Elk Horn, à environ cinquante milles à l'ouest de l'endroit où les saints avaient passé le dernier hiver. Le groupe, comme vous le savez, se composait de cent quarante-trois hommes, trois femmes et deux enfants. Deux membres de ce groupe n'étaient pas membres de l'Église. Trois étaient de couleur. ¶
Ce campement suggère un tableau digne du talent de vos plus grands artistes — une bande de moins de cent cinquante hommes affrontant neuf cents milles à travers un désert et une plaine hostiles et rebelles. Derrière eux, s'étendant de Council Bluffs, dans l'Iowa, jusqu'aux Îles Britanniques, se trouvaient quarante mille personnes ayant foi dans leur cœur en l'évangile rétabli, et une confiance inébranlable dans les dirigeants de l'Église. Et qu'est-ce que ces dirigeants avaient devant eux ? Que voyaient-ils au bout de leur chemin ? Une vallée aride sur les rives d'une grande mer intérieure, une partie du territoire des montagnes Rocheuses pour laquelle le sénateur des États-Unis McDuffin déclara qu'il ne donnerait pas, à des fins agricoles, ¶
« une pincée de tabac à priser. » Avec tous ces milliers de personnes se dirigeant vers un désert inhabité, essayez d'imaginer l'ampleur de la responsabilité que portaient le président Young et ses dirigeants associés. Six mois après l'entrée de la première compagnie d'avant-garde dans le Grand Bassin, il y avait plus de deux mille personnes dans Great Salt Lake City et ses environs ; et en mai 1848, ce nombre avait plus que doublé, car le président Young, retourné ce mois-là à Winter Quarters, conduisit une compagnie de six cents chariots et environ deux mille personnes de plus. ¶
Au printemps de 1848, les pionniers plantèrent environ cinq mille acres, principalement de blé. Supposez que les nuées de criquets qui obscurcirent le ciel au mois de mai de cette année-là eussent détruit ces récoltes, le principal, sinon le seul, moyen de subsistance pour les gens de la vallée et pour les milliers qui arrivaient. Il est concevable qu'il y eût eu une tragédie seconde seulement à celle qui frappa l'infortunée compagnie Donner. Le président Young avait vraiment raison lorsqu'il dit que ce n'était pas lui qui avait conduit le peuple ici. C'était Dieu. Même ainsi, la récolte fut insuffisante pour subvenir aux besoins de la population. La nourriture fut rationnée. Les gens déterrèrent des racines de sego, firent cuire des mauvaises herbes, et même des chardons, pour se nourrir. ¶
Ce sont là les pionniers dont l'historien Bancroft écrit : ¶
Tous les liens du passé avaient été rompus. Ils étaient si pauvres que leur plus grand espoir était de se procurer les stricts éléments nécessaires à la vie. Si jamais un rêve de confort ou de luxe leur venait, ils lui creusaient une tombe dans leur cœur, afin qu'il ne les tourmentât plus. ¶
L'ouverture officielle des célébrations du centenaire ¶
Le 1er mai de cette année aura lieu l'ouverture officielle des célébrations du centenaire de l'Utah, commémorant l'arrivée de ces pionniers intrépides dans la vallée du Grand Lac Salé. À cette occasion, les pionniers encore vivants, arrivés en Utah avant l'achèvement du chemin de fer en 1869, se verront accorder les égards qui leur sont dus. ¶
Puis-je attirer votre attention, en cette occasion, sur certains des événements prévus pour l'année du centenaire, une célébration à l'échelle de l'État. Le programme complet des événements est maintenant publié dans nos journaux quotidiens, mais je souhaite attirer votre attention, ce matin, sur quelques-uns d'entre eux, afin que vous en saisissiez l'esprit. ¶
Au nom du gouverneur, de l'assemblée législative de l'État et de la commission du centenaire, je saisis cette occasion pour remercier la presse, les stations de radio, et les centaines de membres des comités qui consacrent tous, avec tant de sincérité et sans relâche, leurs efforts à faire de cette année du centenaire une digne expression de notre gratitude pour le riche et honorable héritage que nous ont légué les pionniers de l'Utah. ¶
L'orchestre symphonique de l'Utah a déjà donné vingt-deux concerts dans treize villes. Qu'un orchestre d'une telle excellence puisse se rendre dans un si grand nombre de villes d'un État à si peu de frais pour la population est sans doute un record remarquable aux États-Unis, et peut-être dans le monde. Nous sommes heureux que le peuple l'apprécie. Voici un exemple de ce que l'on en dit : de la part des élèves du West High School, à Salt Lake City : ¶
Nous tenons à remercier la commission du centenaire, le docteur Lorin Wheelwright et Werner Janssen d'avoir amené l'orchestre symphonique de l'Utah dans notre école. Pour nous, ce fut une expérience inoubliable, et cela devrait grandement contribuer à former un public adulte intéressé par la meilleure musique. Vous avez véritablement éveillé en nous le désir d'entendre encore et encore cet orchestre. ¶
Et leur directeur dit : ¶
Jamais, dans mon expérience avec des élèves du secondaire, je n'ai vu un public de jeunes gens aussi attentif et courtois envers ce type de représentation, et aussi reconnaissant, que ne le furent les élèves du West High School en cette occasion. Le succès de cette expérience prouve que les garçons et les filles du secondaire savent réellement apprécier les choses de grande qualité. ¶
Nos institutions d'enseignement supérieur, l'Université de l'Utah, la Brigham Young University et l'Agricultural College, présentent leurs drames respectifs dans environ cinquante-huit localités différentes, pour un total, en comptant Blossom Time, de cent quatre-vingt-sept représentations. ¶
Les expositions d'art itinérantes ont été programmées dans quatorze villes. Le président de la division des arts m'informe qu'elles auront visité chaque comté de l'État avec un ou plusieurs de ces événements avant le 1er juin. ¶
Dimanche soir dernier, dans cet auditorium, le Chœur du Tabernacle a offert un concert sacré d'une excellence inégalée. M. Max Krone, actuellement directeur de la musique à l'Université de Californie du Sud, et autorité reconnue en musique, a dit après l'avoir entendu, et il a dit vrai : « C'est le plus grand ensemble choral des États-Unis. » C'était là le premier d'une série de huit concerts du dimanche soir que doit donner notre chœur. ¶
À la conférence des éducateurs musicaux, tenue au Tabernacle mercredi soir, le 3 avril, quatre cents élèves de cinquante-deux écoles secondaires se sont unis dans le chant avec un orchestre venu de trente-deux écoles secondaires du sud de la Californie. ¶
Les événements à venir ¶
Après l'hommage aux pionniers, le premier mai (pour être précis, le 5 mai), Le message des siècles sera présenté au Tabernacle, et ce, jusqu'au 5 juin. ¶
Ensuite se tiendra la conférence des Jeunes Gens et des Jeunes Filles de la M.I.A. et la célébration du centenaire, qui promet d'être la plus grande conférence jamais tenue par ces organisations. ¶
Le 22 juillet, en commémoration de l'entrée dans cette vallée de la compagnie d'avant-garde, les Fils des pionniers de l'Utah achèveront une randonnée de Nauvoo à Salt Lake. ¶
Le 23 juillet, un spectacle sous forme de cavalcade, racontant l'histoire de l'Utah depuis ses premières explorations jusqu'à cent ans plus tard, comprenant un aperçu de l'avenir, sera présenté ici. ¶
Le matin du 24 juillet, des services de consécration du monument « This is the Place » seront tenus à l'embouchure du canyon Emigration. À cette occasion, quelque deux mille musiciens d'harmonies scolaires de l'Utah se rassembleront probablement pour prendre part, avec les Boy Scouts, à leurs défilés de la jeunesse. ¶
Le 24 juillet, il y aura des spectacles à Ogden, Logan et Salt Lake City. On campera sur les terrains de Fort Douglas cinq mille Boy Scouts ou davantage, peut-être le plus grand rassemblement de ce genre jamais tenu dans le pays. ¶
Une cavalcade historique se tiendra à la Brigham Young University, les 4 et 5 juillet. ¶
Cent ans de peinture américaine seront exposés au Capitole, du 15 juillet au 30 août, et l'on espère que des cérémonies d'acceptation se tiendront vers octobre, au cours desquelles sera exposée la statue de marbre du président Brigham Young, qui doit prendre sa place au Statue Hall, à Washington, D.C. ¶
La conférence des gouverneurs des États-Unis se tiendra ici du 13 au 16 juillet. ¶
Comme point culminant, on donnera au stade de l'Université l'opéra-spectacle « The Promised Valley », dépeignant, par le chant et le spectacle, l'histoire des pionniers telle que racontée, ou vécue dans l'imagination de l'auteur et du musicien, à travers les gens qui firent ce voyage. ¶
Les membres du bureau de la foire de l'État, en coopération avec la commission du centenaire, préparent la plus grande exposition de l'histoire de l'État, dans laquelle l'agriculture, l'horticulture, l'élevage et l'industrie minière recevront toute la reconnaissance qui leur est due. ¶
Dans le domaine de l'athlétisme, des champions venus de Suisse, de France, de Suède et du Canada ont déjà ravi des milliers de personnes au tournoi de ski du centenaire. Quinze autres épreuves figurent au programme. Je ne prendrai pas le temps de les énumérer. ¶
Les responsables de chaque comté, à l'exception peut-être d'un seul, s'unissent de tout cœur pour faire de cette célébration à l'échelle de l'État un hommage digne de ceux qui y participent, et un digne tribut aux hommes et aux femmes héroïques qui nous ont laissé un si riche héritage. À cette fin, la musique, le théâtre, l'art, le spectacle et l'athlétisme se conjugueront tous pour intéresser, instruire et inspirer jeunes et vieux. Dans chaque ville importante, de la vallée de Cache au nord jusqu'à St. George et Kanab au sud, de Vernal à l'est jusqu'aux Salt Flats à l'ouest, il y aura des manifestations dignes et appropriées commémorant les réalisations de ces bâtisseurs pionniers de cette communauté de l'Ouest. ¶
Les États voisins contribuent à cette célébration et demandent même le privilège d'y apporter des contributions financières. Le culte, l'éducation, la musique, le théâtre, les loisirs, l'art furent tous encouragés dans notre première histoire par les pionniers, et nous faisons bien, en leur rendant hommage, de mettre en valeur ces aspects de la culture et du progrès. ¶
Eh bien, je vous ai donné là un simple aperçu de ce que font les centaines d'hommes et de femmes des comités du centenaire pour faire de l'année 47 une année mémorable, en hommage aux réalisations passées et en inspiration pour nos réalisations futures. ¶
L'honneur suprême rendu en imitant les idéaux ¶
Mais le meilleur moyen d'honorer les pionniers est d'imiter et de mettre en pratique dans notre vie les idéaux et les vertus qui ont fortifié et animé leur vie. Ces idéaux et ces principes éternels qu'ils ont encouragés et soutenus, même dans les conditions les plus adverses, sont tout aussi applicables aujourd'hui qu'ils l'étaient lorsque les dirigeants pionniers les mettaient en avant. ¶
Je voudrais prendre le temps, ce matin, de n'en mentionner que quelques-uns. Tandis que je les nomme, voudrez-vous bien signaler mentalement leur application aux conditions actuelles du monde ? ¶
Au premier rang venait leur foi remarquable dans le Seigneur Jésus-Christ et dans son évangile rétabli. La toute première instruction donnée lorsqu'ils entamèrent leur voyage à travers les plaines fut qu'ils devaient prier matin et soir et sanctifier le jour du sabbat. Lorsqu'ils arrivèrent ici, dans la vallée, pour reprendre les paroles du président Young, ils prièrent ¶
. . . sur le pays et le consacrèrent, ainsi que l'eau, l'air et tout ce qui s'y rapportait, au Seigneur, et les sourires du ciel se posèrent sur le pays, qui devint fertile. ¶
Parmi les vertus remarquables des pionniers figuraient l'industrie et l'économie. Ils condamnaient l'oisiveté et le gaspillage comme n'étant pas conformes aux lois du ciel. Le président Young dit : ¶
Mon expérience m'a appris, et c'est devenu pour moi un principe, qu'il n'est jamais d'aucun avantage de donner purement et simplement, à des hommes ou à des femmes, de l'argent, de la nourriture, des vêtements ou quoi que ce soit d'autre, s'ils sont valides et peuvent travailler et gagner ce dont ils ont besoin lorsqu'il y a quelque chose sur terre qu'ils puissent faire. Voilà mon principe, et je m'efforce d'agir en conséquence. Suivre une voie contraire ruinerait n'importe quelle communauté au monde et en ferait des oisifs. . . . Donner à l'oisif est aussi mauvais que tout le reste. ¶
Le capital et le travail ¶
J'ai ici des notes sur leurs idées concernant le capital et le travail. L'ancien Widtsoe a déjà attiré notre attention sur cet idéal, et je le laisserai de côté sans plus de commentaires, sauf cette citation supplémentaire : ¶
Le travail bâtit nos salles de réunion, nos temples, nos palais de justice, de belles salles pour la musique et de belles écoles ; c'est le travail qui instruit nos enfants et les initie aux diverses branches de l'éducation, qui les rend compétents dans leur propre langue et dans d'autres langues, et dans toutes les branches de la connaissance comprises par les enfants des hommes ; et tout cela accroît la richesse, la gloire et le bien-être de tout peuple sur la terre. ¶
Puis le président Young exhorte son peuple à s'unir à ceux qu'il appelle les capitalistes. Il dit : ¶
Je connais un bon nombre d'entre eux, et pour autant que je les connaisse, je ne sache pas qu'il en soit un seul qui ne soit un homme honorable. . . . Travaillez avec eux, recevez votre salaire, puis employez-le à édifier le royaume de Dieu. ¶
Sur la vie de famille : pour les pionniers, le mariage était ordonné de Dieu. Ce n'était pas quelque chose qui devait être contracté à la légère, résilié à volonté, ou rompu à la première difficulté qui surviendrait. Ils enseignaient que le lien du mariage devait être aussi éternel que l'amour, l'attribut le plus divin de l'âme humaine. Très certainement, alors, ce lien devrait durer aussi longtemps que l'amour est un attribut de l'esprit. Le président dit : ¶
Que tout homme du pays âgé de plus de dix-huit ans prenne femme, et qu'il se mette ensuite au travail de ses mains, cultivant la terre ou œuvrant dans quelque métier mécanique, ou quelque honnête commerce, pour se procurer, à lui-même et à ceux qui dépendent de lui pour leur subsistance, une vie honnête, observant la tempérance et aimant la vérité et la vertu. Alors les femmes seraient soignées, nourries, honorées et bénies, devenant les honorables mères d'une race d'hommes et de femmes plus avancés, dans leur perfection physique et mentale, que leurs pères. Cela créerait une révolution dans notre pays, et produirait des résultats d'un bien incalculable. ¶
Il exhorta en outre : ¶
Efforcez-vous de rendre votre petit foyer attrayant. Employez la chaux librement, et laissez vos maisons se nicher à l'ombre fraîche des arbres, et se parfumer du parfum des fleurs. ¶
Une manière, donc, de véritablement rendre hommage à ces bâtisseurs de l'Ouest est de nettoyer, de remettre en état et de repeindre nos propres foyers. ¶
Chasteté et vertu ¶
Quelle était leur idée concernant la chasteté et la vertu ? Comme fondamentales pour le bonheur domestique et l'élévation sociale, ils chérissaient ces idéaux. Le président Young dit un jour : ¶
Tout homme qui humilie une fille d'Ève pour la dépouiller de sa vertu et la rejeter, déshonorée et souillée, en est le destructeur et en répond devant Dieu. Si la société chrétienne raffinée du dix-neuvième siècle tolère un tel crime, Dieu, lui, ne le tolérera pas, et il en demandera compte à celui qui l'a commis. Il sera damné ; en enfer, il lèvera les yeux, étant dans les tourments, jusqu'à ce qu'il ait payé jusqu'au dernier centime, et fait une pleine expiation pour ses péchés. Le corrupteur de l'innocence est celui qui devrait être marqué d'infamie et chassé de la société respectable, et fui comme on fuit un fléau ou une maladie contagieuse. Les portes des familles respectables devraient lui être fermées, et il devrait être méprisé par toutes les personnes de haute tenue et vertueuses. Ni la richesse, ni l'influence, ni la position ne devraient le protéger de leur juste indignation. Son péché est l'un des plus noirs dans le calendrier du crime, et il devrait être précipité du haut pinacle de la respectabilité et de la considération pour se retrouver parmi les pires criminels. ¶
Le contrôle des naissances condamné ¶
Ces pionniers condamnaient les moyens artificiels de limiter le nombre d'enfants dans la famille, un mal grandissant, non seulement dans l'ensemble des États-Unis, mais aussi ici même, dans nos propres colonies. Le grand chef dit : ¶
Freiner l'accroissement de notre race a ses partisans parmi les cercles influents et puissants de la société, dans notre nation comme dans d'autres nations. Le genre de vie contre nature, l'usage étendu des narcotiques, les tentatives de détruire et de tarir les sources de la vie détruisent rapidement l'élément américain de la nation. ¶
Concernant la maîtrise de soi, les pionniers exprimaient les enseignements de l'Église sur ce principe : ¶
Que chaque personne soit résolue, au nom du Seigneur Jésus-Christ, à triompher de toute tentation — à être maîtresse d'elle-même, afin que l'esprit que Dieu a mis dans vos tabernacles règne ; alors vous pourrez converser, vivre, travailler, aller ici ou là, faire ceci ou cela, et converser et traiter avec vos frères comme il se doit. ¶
Vous ne pouvez hériter de la vie éternelle, à moins que vos appétits ne soient assujettis à l'esprit qui vit en vous, l'esprit que notre Père céleste vous a donné. Je veux dire le Père de vos esprits, de ces esprits qu'il a mis dans ces tabernacles. Le tabernacle doit être parfaitement assujetti à l'esprit, sinon vos corps ne pourront ressusciter pour hériter la vie éternelle ; s'ils ressuscitent néanmoins, ils devront demeurer dans un royaume inférieur. Cherchez avec diligence, jusqu'à ce que vous ayez tout assujetti à la loi du Christ. ¶
Nous entendons souvent des gens s'excuser de leurs manières grossières et de leur langage offensant en disant : « Je ne suis pas hypocrite », s'attribuant ainsi le mérite d'une chose qui, en réalité, ne leur en fait aucun. Lorsque le mal surgit en moi, que je le couvre d'un manteau, que je le maîtrise au lieu de le laisser s'exprimer sur la fausse présomption que je suis honnête et sans hypocrisie. Que ta langue ne profère pas le mal qui est dans ton cœur, mais commande à ta langue de se taire jusqu'à ce que le bien l'emporte sur le mal, jusqu'à ce que ta colère soit passée et que le bon esprit fasse dire à ta langue des paroles de bénédiction et de bonté. . . . Lorsque mes sentiments s'échauffent de colère devant les mauvaises actions d'autrui, je les tiens comme je tiendrais un cheval sauvage, et je remporte la victoire. Certains pensent et disent que cela les fait se sentir mieux, quand ils sont, comme ils disent, en colère, de donner libre cours à leur colère en un langage abusif et inconvenant. C'est pourtant une erreur. Au lieu de vous faire sentir mieux, cela ne fait qu'aggraver le mal. Lorsque vous pensez et dites que cela vous rend meilleur, vous accordez crédit à un mensonge. Lorsque la colère et l'amertume du cœur humain se moulent en paroles et sont lancées avec violence les unes contre les autres, sans frein ni empêchement, le feu n'a pas plus tôt fini de se consumer qu'il se rallume à nouveau au moindre prétexte, jusqu'à ce que le cours même de la nature s'embrase. ¶
La calomnie et la médisance ¶
Sur la calomnie, déjà mentionnée par le président des Douze, George F. Richards, les pionniers soutenaient ceci : ¶
Certains ont l'habitude de parler de leurs voisins, de colporter des histoires dont ils ne savent rien, sinon que tante Sally a dit que cousine Fanny a raconté à tante Betsy que la vieille tante Ruth avait dit quelque chose, ou que quelqu'un avait fait un rêve ; et le temps que l'histoire ou le rêve vous parvienne, il a pris l'apparence d'un fait, et vous voilà bien sottement occupés à parler de choses qui ne signifient rien, ou qui ne vous regardent en rien. Une rumeur se répand selon laquelle un tel a mal agi, et le temps qu'elle ait fait le tour, elle est devenue enduite du baume du médisant et du colporteur — investie de leur esprit. . . . Lorsque vous savez ce qui est juste et que vous êtes capables de corriger une personne qui a tort, alors il est temps pour vous de juger. ¶
La profanité ¶
Sur ce sujet, ils condamnaient la profanité. ¶
Si certains ont l'habitude de prendre le nom de Dieu en vain, qu'ils cessent de le faire aujourd'hui, demain, et tout au long de la semaine à venir, et qu'ils persévèrent ainsi, et vous gagnerez bientôt la force de surmonter entièrement cette habitude ; vous gagnerez pouvoir sur vos paroles. ¶
C'est ainsi qu'enseignait le père de notre patrie, George Washington, qui dit un jour à ses soldats : ¶
Le général a le regret d'apprendre que la pratique insensée et malfaisante de jurer et de blasphémer, un vice jusqu'ici peu connu dans une armée américaine, se répand de plus en plus. Il espère que les officiers, par l'exemple autant que par leur influence, s'efforceront d'y mettre un frein, et que tant eux que les hommes réfléchiront que nous ne pouvons guère espérer les bénédictions du ciel sur nos armes si nous les insultons par notre impiété et notre folie. En outre, la profanité est un vice si vil et si bas, sans aucune tentation, que tout homme de bon sens et de caractère la déteste et la méprise. ¶
Le service ¶
Les pionniers s'entraidaient dans l'adversité, partageaient avec les affamés leur dernier pain, donnaient de leur temps et de leurs moyens pour l'édification de la communauté et, en plus d'une occasion, offraient leur vie pour la vérité. Voilà le service. ¶
Ainsi mirent-ils en pratique, dans leurs enseignements, les deux grands commandements : aimer le Seigneur ton Dieu de toute ta force, de tout ton esprit et de toute ta puissance, et ton prochain comme toi-même. Ils suivirent véritablement l'exemple du prophète Joseph qui, comme nous l'avons déjà entendu aujourd'hui, fut toujours une inspiration pour le grand chef des pionniers mormons. « Si ma vie n'a pas de valeur pour mes amis, elle n'en a pas non plus pour moi. » ¶
Vraiment, en cette célébration du centenaire, nous pouvons redire les paroles du grand compositeur Evan Stephens : ¶
Les enfants de Sion chantent de joie. Louez la main puissante et guidante Qui vous mena au pays choisi, Ô pionniers intrépides ! ¶
Chantez sa louange, lui qui vous a rendus libres Au pays de la liberté, Remerciez le Seigneur, qui suscita une troupe De nobles pionniers. ¶
Enfants de Sion, criez de joie, Faites résonner collines et vallées. Grand est le thème du chant que vous chantez, Pionniers immortels. ¶
Que Dieu nous donne le pouvoir de perpétuer leur foi et leurs idéaux, et de faire ainsi de leur vie et de leurs actes une bénédiction éternelle, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶