Pulpit

Discours de conférence

Marion G. Romney

1946 October General Conference·Second Day Morning Session·1946-10-05

Mes frères et sœurs : c'est pour moi une expérience immense. Je sais que l'importance de cette occasion dépasse de loin les personnalités, mais je ne me lève jamais pour m'adresser à vous en conférence générale sans que quelque chose n'arrive à ma voix, à mon esprit et à mon corps.

Responsabilité de s'adresser à une conférence générale

Je sais que l'Évangile est vrai. Je doute que je le sache mieux, c'est-à-dire avec plus de certitude, lorsque je me tiendrai devant mon Créateur pour rendre compte des actes accomplis dans la chair. Je ne suis donc pas effrayé à cet égard. Mais il semble que l'ennemi de toute justice n'arrête pas de me suggérer : « Tu ne peux pas le faire ; tu ne peux pas t'adresser à cette grande assemblée réunie en conférence. »

Je suppose que la raison pour laquelle cette responsabilité me paraît si grande, c'est que j'accepte, sans aucune réserve, la vérité que ceci est une conférence générale des citoyens du royaume littéral de Dieu. Je sais que le Rédempteur est ici en esprit aujourd'hui, et je sais que les hommes par qui il parle à tous ses autres frères et sœurs qui sont maintenant sur la terre, tous les enfants de Dieu, se trouvent juste derrière moi, à ma droite. Je sais que si le Sauveur venait sur la terre aujourd'hui, c'est ici qu'il viendrait. Je sais que vous le savez, et je sais que vous êtes venus ici pour recevoir la nourriture spirituelle et pour être édifiés dans votre foi.

Et puisque je suis appelé à parler, je sais que j'ai la responsabilité de donner un message digne de cette occasion, et je prie donc que, pendant que je me tiens ici, vous me souteniez de vos prières. Je désire dire quelque chose qui en vaille la peine et qui contribue à édifier le royaume de Dieu sur la terre. Ce que j'avais l'intention de dire a été évoqué dans presque tous les sermons prononcés lors de cette grande conférence. Le président George Albert Smith en a parlé. Il a dit, en évoquant la situation du monde, qu'il n'y a aucun moyen de l'améliorer si ce n'est par l'obéissance au plan que le Seigneur a tracé. Frère Widtsoe a parlé du chemin vers la paix, et si j'ai bien compris, il a dit qu'il n'y a pas de chemin vers la paix si ce n'est par l'obéissance aux principes sur lesquels la paix est fondée.

Le principe de l'obéissance

Je désire dire un mot sur le principe de l'obéissance, et je prie que le Seigneur m'apporte les pensées à l'esprit de façon ordonnée. Nous qui sommes ici avons de grands espoirs de paix dans ce monde et d'exaltation en présence de Dieu dans le monde à venir. Tel est notre objectif. Nous espérons quelque chose de plus que ce que le reste du monde espère à cet égard. Nous ne sommes pas meilleurs que le reste du monde, permettez-moi de le dire, si ce n'est dans la mesure où nous acceptons les commandements du Seigneur et leur obéissons. Mais nous avons le grand espoir de pouvoir obtenir une exaltation en présence de notre Père céleste.

J'ai cependant la ferme conviction que le seul espoir salvateur que nous ayons en cette matière est cet espoir qui se fonde sur une foi assez forte pour pousser à l'obéissance aux choses que nous savons être justes. Je n'ai guère de respect pour un homme qui témoigne avoir foi dans le principe de la dîme, à moins qu'il ne le vive. Je ne pense pas non plus que sa foi lui soit d'une quelconque utilité s'il ne paie pas sa dîme. Et j'ai presque du mépris pour les hommes qui disent avoir foi dans la direction de cette Église mais qui ne suivent pas, dans leur vie, ce que cette direction leur enseigne. Je fais bien sûr allusion aux hommes que nous soutenons comme prophètes, voyants et révélateurs.

Le principe de l'obéissance aux lois de l'Évangile est fondamental. Il en constitue la base. Le prophète Joseph Smith l'a appris très tôt dans son ministère. Il l'a appris ce premier matin où, après les visites de Moroni, il se rendit à la colline de Cumorah. Il s'y était rendu sous la direction de l'ange, qui lui avait dit qu'il ne devait avoir d'autre pensée en tête que d'accomplir la justice de Dieu et la réalisation de ses desseins sur la terre. La famille de Joseph était très pauvre, et tandis qu'il marchait vers la colline, il pensait à la valeur intrinsèque des choses que l'ange lui avait dit être enfouies là. Il se demandait si les plaques, ou quelque chose d'autre trouvé avec elles, ne pourraient pas être utilisées pour soulager la pauvreté de ses parents et de leur famille. Lorsqu'il découvrit la boîte et vit les plaques d'or, il étendit la main pour les prendre et reçut une secousse qui le repoussa. Il tendit de nouveau la main et reçut une secousse plus violente encore. Puis, la troisième fois, pensant que tout ce qu'il lui fallait, c'était de la force physique, il tendit la main de toutes ses forces pour prendre les plaques et reçut encore une autre secousse qui l'épuisa, et il s'écria : « Pourquoi ne puis-je pas obtenir ce livre ? » Et, à sa grande surprise, l'ange dit : « Parce que tu n'as pas gardé les commandements du Seigneur. » Joseph reçut alors une grande manifestation que je n'ai pas le temps de vous relater ici, mais qui lui rappela tous les jours de sa vie qu'il devait obéir pour recevoir les bénédictions promises. L'ange lui dit qu'il ne pourrait pas obtenir les plaques à ce moment-là, et qu'il ne pourrait les obtenir que lorsqu'il serait non seulement disposé à obéir aux lois de Dieu, mais aussi capable de le faire.

L'obéissance apporte des bénédictions

C'est là une grande leçon que nous devons tous apprendre. Le prophète, plus tard, sous l'inspiration du Seigneur, a énoncé ce principe ainsi :

Il y a une loi, irrévocablement décrétée dans les cieux avant la fondation de ce monde, sur laquelle reposent toutes les bénédictions ; et lorsque nous obtenons une bénédiction quelconque de Dieu, c'est par l'obéissance à cette loi sur laquelle elle repose. (D. et A. 130:20, 21.)

Notre obéissance, frères et sœurs, doit être spontanée. Nous ne devrions pas obéir parce que nous y sommes contraints, ou parce que l'évêque nous regarde, ou parce que les autorités générales sont présentes. Nous devons obéir parce que nous aimons la justice et que nous avons un témoignage de la vérité dans notre cœur, et parce que nous voulons retourner auprès de notre Père céleste et l'aider à ramener avec nous tous ses enfants.

De plus, nous devons obéir à ses commandements tels qu'ils sont donnés. Nous ne devons pas les tordre, les déformer et les plier à notre volonté ; nous devons y obéir tels qu'ils sortent de la bouche de ces hommes qui siègent ici sur cette estrade, car ils parlent au nom de Dieu. Si nous ne le faisons pas, notre foi est vaine.

Saül et les Amalécites

Je veux maintenant prendre un exemple tiré de l'Ancien Testament pour illustrer ce que j'ai en tête et pour bien ancrer ce principe. Il y avait un clan de gens très méchants, une nation, qui vivait du temps de Saül, connue sous le nom d'Amalécites. Ils étaient méchants depuis longtemps. Déjà du temps du père Abraham, ils avaient persécuté le peuple de Dieu, et celui-ci avait déclaré, par ses prophètes, à maintes reprises, que lorsqu'ils seraient mûrs dans l'iniquité, ils seraient détruits.

Ce temps vint du temps de Saül. Par l'intermédiaire du prophète Samuel, le Seigneur dit à Saül d'aller détruire les Amalécites, tous, ainsi que tout leur bétail. Saül partit avec son armée et détruisit tout le peuple, sauf leur roi, Agag, qu'il épargna en violation du commandement du Seigneur. Il détruisit de même tout le bétail ordinaire, mais lorsqu'il en vint aux meilleures brebis, aux bœufs, aux bêtes grasses et aux agneaux, la pression du peuple, qui désirait les posséder, fut si forte sur Saül qu'il céda et les emmena avec lui à son retour.

Le Seigneur dit à Samuel ce qui s'était passé, et Samuel sortit à la rencontre de Saül, qui le salua en ces termes :

. . . Sois béni de l'Éternel ! J'ai observé la parole de l'Éternel. Samuel dit : Qu'est-ce donc que ce bêlement de brebis qui parvient à mes oreilles et ce mugissement de bœufs que j'entends ? (1 Samuel 15:13, 14.)

Saül se mit alors à se justifier. Il fit valoir qu'une exécution partielle constituait une exécution complète, et qu'il avait fait ce que le Seigneur lui avait demandé. Samuel lui rappela que, lorsqu'il était humble, « lorsque tu étais petit à tes yeux », dit-il, le Seigneur t'a tiré de l'obscurité, t'a élevé, t'a magnifié et t'a fait roi sur Israël, et que maintenant tu as choisi de désobéir au commandement du Seigneur. (Voir 1 Samuel 15:17-19.) Saül trouva la meilleure excuse qu'il put quand il dit qu'ils avaient ramené le bétail, les brebis, les agneaux et les bêtes grasses pour les offrir en sacrifice au Seigneur. Il prétendait ainsi s'appuyer sur le commandement d'offrir des sacrifices.

Et Samuel dit : L'Éternel trouve-t-il du plaisir dans les holocaustes et les sacrifices comme dans l'obéissance à la voix de l'Éternel ? Voici, l'obéissance vaut mieux que les sacrifices et l'observation de sa parole vaut mieux que la graisse des béliers. Car la désobéissance est aussi coupable que la divination, et l'obstination ne l'est pas moins que l'idolâtrie et les théraphim. Puisque tu as rejeté la parole de l'Éternel, il te rejette aussi comme roi. (1 Samuel 15:22, 23.)

Cela toucha Saül au vif. Le prophète qui l'avait oint roi lui disait qu'il avait été rejeté parce qu'il n'avait pas obéi au Seigneur. Il montra alors quelques regrets. Mais il ne manifesta pas cette tristesse selon Dieu qui produit la repentance, mais plutôt la tristesse du monde qui produit la mort. Il demanda à Samuel de prier avec lui afin qu'il puisse de nouveau trouver grâce auprès du Seigneur. Samuel dit qu'il ne pouvait pas le faire, mais, à l'insistance de Saül, il le fit sans succès, car le Seigneur n'accepta plus Saül. Vous connaissez la suite. Saül perdit son royaume, et David fut choisi pour le remplacer.

Une obéissance complète est requise

Or, il y a un certain nombre de choses dans cet épisode qui peuvent s'appliquer à notre vie aujourd'hui. Premièrement, Saül reçut ses directives par l'intermédiaire du prophète vivant de son époque. Nous venons à la conférence pour recevoir des directives des prophètes vivants de notre époque. Deuxièmement, Saül usa de son propre jugement pour décider s'il exécuterait le commandement qui lui avait été donné, et décida qu'il ne le ferait pas exactement comme cela lui avait été commandé. Et troisièmement, lorsqu'il dut en rendre compte, il mentit à ce sujet. Il dit : « Je l'ai fait. »

Il y a une autre chose très intéressante dans cet épisode. Lorsque Samuel confronta Saül à ce qu'il avait fait, Saül dit : « . . . je craignais le peuple, [. . .] j'ai écouté sa voix. » Cela m'a rappelé la déclaration du Seigneur dans la troisième section de la Doctrine et Alliances, où il dit au prophète Joseph qu'il n'aurait pas dû céder aux persuasions des hommes. Cette révélation fut donnée, vous vous en souviendrez, après que Martin Harris eut perdu les cent seize pages manuscrites de la traduction du

Livre de Mormon. Chez Saül, c'était la crainte du peuple ; chez le prophète, c'étaient les persuasions des hommes. Le prophète apprit à ne plus jamais céder.

C'est de là que viennent nos tentations, mes frères et sœurs. Les gens qui nous entourent ne croient pas ce que disent les prophètes, et nous cédons à leurs arguments. Je sais, bien sûr, qu'il y a une grande foi en Israël, et je suppose que vous n'avez pas besoin de ce discours, mais il y a beaucoup de gens qui en ont besoin.

L'autre jour, j'étais à une conférence non loin d'ici, et un homme se leva pour parler, un humble homme d'âge mûr qui avait toute une maisonnée d'enfants à élever avec des moyens limités pour le faire. Il dit : « Je veux vous parler d'une lettre que j'ai reçue de ma mère. » Et voici à peu près ce qu'elle avait écrit dans cette lettre : « Mon fils, pendant de nombreuses années, j'ai attendu avec impatience le moment où j'atteindrais mon âge actuel, afin de pouvoir recevoir une pension de vieillesse et ne pas avoir à faire appel à toi pour un soutien pris sur ton revenu limité. Et maintenant, juste au moment où j'y arrive, l'Église dit de ne pas l'accepter. Je ne sais pas si je comprends toutes les raisons pour lesquelles l'Église dit de ne pas l'accepter, mais je sais que l'Église a toujours eu raison. C'est pourquoi, continue, je te prie, à m'envoyer chaque mois. » Et l'homme dit : « Je suis heureux de le faire. »

L'obéissance implicite d'Adam

Cela m'a plu. J'aime cet esprit et cette action. Cela m'a rappelé l'obéissance dont fit preuve notre grand ancêtre Adam, le premier homme. Il reçut du Seigneur le commandement, vous vous en souvenez, après qu'Adam et Ève eurent quitté le jardin, de bâtir un autel et d'offrir un sacrifice, et il le fit. Il bâtit un autel et offrit des sacrifices, et après de nombreux jours, un ange du Seigneur se tint près d'Adam et dit :

. . . Pourquoi offres-tu des sacrifices au Seigneur ? Et Adam lui dit : Je ne le sais, si ce n'est que le Seigneur me l'a commandé. (Perle de Grand Prix, Moïse 5:6.)

Quelle leçon ! Voilà un homme, un grand homme. Selon notre compréhension, il vient juste après le Rédempteur du monde. Il bâtit un autel, tua l'offrande et l'offrit sur l'autel sans savoir pourquoi il le faisait. Comme les hommes ont changé ! Si Adam avait été un homme moderne, il n'aurait pas offert ce sacrifice avant que quelqu'un ne lui ait présenté un argument humain qui, à son esprit, justifiait de sacrifier l'animal plutôt que de le mettre dans sa chambre froide.

Mais, Dieu merci, Adam n'était pas un homme moderne. Il avait la foi, une foi qui le poussa à obéir au commandement du Seigneur, et après avoir obéi, il apprit pourquoi ce commandement avait été donné. L'ange lui dit que le sacrifice était à la ressemblance du sacrifice du Fils unique du Père, et il lui enseigna les principes de l'Évangile, qu'Adam accepta et observa, recevant ainsi toutes les bénédictions qui en découlent et qu'il n'aurait jamais pu recevoir sans cette obéissance.

De même qu'Adam dut obéir, nous devons obéir aussi. Que Dieu nous aide à écouter ses prophètes vivants, à recevoir leurs messages et à y obéir tels qu'ils sont donnés, afin que nous puissions obtenir les grandes récompenses que le Seigneur nous tend, je le prie humblement au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursMarion G. Romney, « Discours de conférence », 1946 October General Conference, Second Day Morning Session (1946-10-05). Pulpit Vault, 1946-10-marion-g-romney-conference-address. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).