Discours de conférence
Joseph L. Wirthlin
J'espère sincèrement, mes frères et sœurs, jouir de l'Esprit du Seigneur pendant le moment ou deux où je me tiendrai devant vous. ¶
Je suis profondément reconnaissant envers le Seigneur, car en ce jour et dans cette dispensation, il a suscité un prophète et des prophètes qui l'ont suivi. Par l'intermédiaire de ces prophètes, il nous a donné sa parole, qui concerne toutes les phases et toutes les activités de la vie. Je pense en particulier maintenant à cette phase de notre vie qui a trait à la loi du pays. Il nous l'a fait connaître par l'intermédiaire du prophète Joseph : ¶
selon les lois et la constitution du peuple, dont j'ai permis l'établissement, et qui doivent être maintenues pour les droits et la protection de toute chair, selon des principes justes et saints ; . . . et c'est dans ce but que j'ai établi la Constitution de ce pays, par la main des sages que j'ai suscités dans ce but même, et que j'ai racheté le pays par l'effusion du sang. (D. & A. 101:77, 80.) ¶
Le libre arbitre contre la force ¶
J'ai souvent pensé aux hommes que Dieu choisit à l'époque révolutionnaire pour établir un gouvernement, un gouvernement fondé sur le grand principe du libre arbitre, ce principe pour lequel on lutta dans les conseils du ciel lorsque deux des fils du Seigneur se tinrent devant lui, l'un d'eux préconisant un plan par lequel il rachèterait tous les enfants du Seigneur qui devaient venir sur la nouvelle terre, qu'ils désirent ou non la rédemption ; et l'autre préconisant un plan par lequel il accorderait à chaque homme son libre arbitre de décider s'il suivrait ou non les commandements de Dieu, ou s'il suivrait les commandements du pouvoir opposé. À la suite de la présentation de ces deux plans, une grande guerre eut lieu dans les cieux, et Lucifer, le fils du matin, fut chassé ; et depuis ce jour jusqu'à maintenant, ces deux grandes forces sont engagées dans une lutte gigantesque. Jésus-Christ vint sur la terre et donna à chacun de nous le droit et le privilège de suivre les commandements de Dieu comme bon nous semblait, tandis que, d'autre part, Satan a fait tout ce qui était en son pouvoir pour prendre au piège les âmes des enfants du Seigneur et les amener à le suivre. ¶
Ces deux philosophies se sont retrouvées dans le gouvernement. Nous constatons qu'à l'époque de George Washington, à l'époque de ces sages que le Seigneur suscita pour fonder une république, fondée sur le principe du libre arbitre, il y avait ceux qui s'opposaient à cette idée ; il y avait ceux qui combattaient les principes préconisés par Washington, Thomas Jefferson et les pères de la Révolution. Et depuis ce jour jusqu'à aujourd'hui, à travers le monde entier, ces deux philosophies n'ont cessé de lutter l'une contre l'autre. Le Seigneur donna à Joseph Smith une autre révélation, qui devrait être un avertissement pour nous tous, concernant le principe de la force préconisé par Lucifer, car le Seigneur dit : ¶
Et de plus, je vous dis que l'ennemi complote dans les chambres secrètes contre votre vie. Vous entendez parler de guerres dans les pays lointains, et vous dites qu'il y aura bientôt de grandes guerres dans les pays lointains, mais vous ne connaissez pas le cœur des hommes de votre propre pays. (D. & A. 38:28, 29.) ¶
Tendances dangereuses dans le gouvernement ¶
Je suis certain que cette révélation, frères et sœurs, s'applique à ce jour et à cette époque. Tandis que notre attention est attirée vers les pays étrangers où il y a eu des guerres et où il y en a encore, il existe, au sein même des frontières de cette grande république, des gens qui voudraient changer notre forme de gouvernement et qui voudraient nous imposer le même type de gouvernement que Lucifer préconisait dans les conseils du ciel. ¶
Or, ces sages que le Seigneur suscita à l'époque de Washington, Jefferson, Franklin, Robert Morris et Hamilton, nous fournirent un modèle de gouvernement à suivre, un modèle de gouvernement qui nous a apporté de nombreuses bénédictions, une forme de gouvernement qui a fait de nous la nation la plus forte, et, puis-je dire, la plus riche du monde entier, parce qu'elle a été fondée sur le principe du libre arbitre. Chaque individu a eu le droit de faire ce qu'il voulait faire dans les domaines de l'industrie, de l'agriculture, ou autres. Il a eu le droit d'adorer Dieu selon les dictées de sa propre conscience. Il a eu le droit de posséder des biens. Il a eu le droit de s'exprimer comme il l'entendait, et il a joui du privilège d'une grande presse libre. Mais, d'autre part, nous constatons que la philosophie du malin voudrait nous enseigner qu'après tout, notre gouvernement devrait être centralisé entre les mains d'un ou deux hommes. Certains préconisent de changer la forme de notre gouvernement. Ils préconisent la mise au pas de l'industrie et du travail. Ils préconisent que les dépenses déficitaires soient le moyen sûr de la prospérité. Ils voudraient pervertir la Constitution. Ils se sont efforcés, par le biais des divers systèmes éducatifs de ce grand pays, de nous enseigner des doctrines contraires aux doctrines et aux principes sur lesquels cette grande république est fondée. Ils voudraient restreindre notre liberté de culte. Ils voudraient perturber les relations familiales. Et ainsi, en comparant ¶
ces deux grands systèmes, nous pouvons aisément constater qu'ils ne sont qu'un prolongement de cette grande bataille qui eut lieu dans le monde des esprits. ¶
Lorsque je pense à ces sages, George Washington, Jefferson et Franklin, je pense à des hommes qui furent des serviteurs de Dieu, suscités dans le but d'établir la Constitution et d'établir ce grand gouvernement. Thomas Jefferson fut doté d'en haut d'un pouvoir prophétique. Si vous étudiez les doctrines de la démocratie telles que les préconisait Thomas Jefferson il y a cent trente ans, vous constaterez qu'à bien des égards nous nous sommes écartés des principes qui ont fait de nous une nation grande et puissante. ¶
Déclaration de Jefferson sur le gouvernement centralisé ¶
Ceux qui voudraient changer notre forme de gouvernement en centraliseraient tous les pouvoirs et toutes les fonctions entre les mains de quelques-uns. Référons-nous à cet homme de Dieu, Thomas Jefferson, que le Seigneur suscita pour aider à établir cette grande république. Qu'a dit Jefferson au sujet du gouvernement centralisé ? ¶
Notre pays est trop vaste pour que toutes ses affaires soient dirigées par un seul gouvernement, et je crois vraiment que si le principe d'une loi commune en vigueur dans les États-Unis venait à prévaloir, cela deviendrait le gouvernement le plus corrompu de la terre. Quelle multiplication du champ des combines, de la spéculation, du pillage, de la construction d'offices et de la course aux fonctions résulterait de l'absorption de tous les pouvoirs des États entre les mains du gouvernement général ! La véritable théorie de notre Constitution est assurément la plus sage et la meilleure : que les États soient indépendants pour tout ce qui les concerne eux-mêmes, et unis pour tout ce qui concerne les nations étrangères. ¶
Au cours des années écoulées, les États ont cédé bon nombre de leurs droits au gouvernement fédéral. En conséquence, nous devenons, à bien des égards, une nation étroitement surveillée. Cet homme de Dieu le comprit, nous avertit et nous mit en garde afin que nous protégions nos droits en tant qu'États et en tant qu'individus. ¶
Jefferson prévoyait le temps où, si nous étions réglementés dans nos affaires, dans toutes nos entreprises, un jour de famine surviendrait. Je vais vous lire l'une de ses déclarations : « Si nous étions dirigés depuis Washington pour savoir quand semer et quand récolter, nous manquerions bientôt de pain. » ¶
Nous vivons précisément ce jour-là. Nous avons vu le besoin de pain ; nous avons vu le besoin de viande ; nous avons vu le besoin de sucre ; nous avons vu le besoin de bien des nécessités de la vie. Je suis certain que ce sage homme de Dieu jouissait de l'inspiration de l'esprit de prophétie lorsqu'il fit la déclaration ci-dessus. ¶
Il y a ceux qui voudraient changer notre forme de gouvernement, qui voudraient nous embrigader dans toutes nos entreprises. Il ne faudrait que peu de temps pour que des hommes soient appelés à accomplir un travail, qu'ils soient qualifiés pour le faire ou non. Ils seraient contraints au joug du travail sans aucune possibilité d'exprimer leurs propres désirs. Le servage dominerait bientôt la vie du peuple. ¶
Et de nouveau, ce sage homme de Dieu vit que si jamais venait le temps où nous serions embrigadés, nous perdrions notre indépendance, nous perdrions toutes les bénédictions qui nous sont venues par la Constitution des États-Unis. Il dit ceci, en parlant de l'embrigadement, qui n'est rien de plus ni de moins que le nazisme, le communisme ou le fascisme, ces formes de gouvernement qui ont asservi les peuples de l'Allemagne, de la Russie, de l'Italie et d'autres nations. ¶
Si nous devions adopter des « ismes » étrangers, ¶
... ce sera comme en Europe, où chaque homme doit être brochet ou goujon, marteau ou enclume. Nos fonctionnaires et les leurs sont des marchandises sorties du même atelier, faites des mêmes matériaux, et par la même main. Si les États regardent avec indifférence cette descente silencieuse de leur gouvernement dans le gouffre qui doit tout engloutir, il ne nous restera plus qu'à pleurer sur ce caractère humain qui ne peut être maîtrisé que par une verge de fer, et sur ceux qui blasphèment contre l'homme en le déclarant incapable de se gouverner lui-même. ¶
La dette entraîne la servitude ¶
Il y a donc ceux qui voudraient changer notre forme de gouvernement, ces hommes méchants dont le Seigneur parla dans une révélation au prophète Joseph comme complotant et projetant de supprimer ce que le Seigneur nous avait donné ; l'une de leurs lignes d'attaque est celle de la dette perpétuelle. Il peut vous intéresser de savoir, et sans doute le savez-vous déjà, que l'un des plus grands défenseurs de l'un de ces « ismes », Lénine, le grand révolutionnaire russe, a dit : « En ce qui concerne l'Amérique, nous laisserons l'Amérique dépenser et se ruiner elle-même jusqu'à la faillite, puis nous prendrons le pouvoir. » ¶
Qu'a dit Thomas Jefferson, ce sage homme du Seigneur, au sujet de la dette perpétuelle ? Il a dit : ¶
Je ne suis pas de ceux qui craignent le peuple. Nous dépendons de lui pour la continuation de notre liberté. Et pour préserver son indépendance, nous ne devons pas laisser nos dirigeants nous accabler d'une dette perpétuelle. Nous devons choisir entre l'économie et la liberté, ou la prodigalité et la servitude. ¶
J'espère que nous ne sommes pas allés si loin, dans cette nation qui est la nôtre, qu'à cause de la prodigalité que nous avons connue, nous nous soyons attiré la servitude. ¶
Le moment est venu. Le moment est venu, si nous voulons préserver notre indépendance et notre liberté, de faire savoir à ceux entre les mains de qui nous avons remis les affaires du gouvernement, que nous ne tolérerons plus des dépenses extravagantes continuelles, car aussi sûrement que cette politique se poursuivra, nous serons confrontés à la faillite, et avec la faillite viendra cette chose inévitable et redoutable que nous appelons la révolution. Et avec la révolution vient l'occasion, pour ceux qui, à l'intérieur des frontières de notre pays, voudraient détruire notre gouvernement, d'intervenir et de prendre le pouvoir. Ils voudraient aussi changer notre forme de gouvernement, et qu'a dit ce sage homme du Seigneur, Thomas Jefferson, au sujet de ce changement ? ¶
J'ai dit au président Washington que si l'équilibre des trois grands pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire, pouvait être préservé, si le pouvoir législatif pouvait être maintenu indépendant, je ne craindrais jamais le résultat d'un tel gouvernement ; mais que je ne pouvais m'empêcher d'être inquiet lorsque je voyais que le pouvoir exécutif avait englouti le pouvoir législatif. Lorsque tout le gouvernement, intérieur et extérieur, dans les petites choses comme dans les grandes, sera attiré vers Washington comme centre de tout pouvoir, cela rendra impuissants les contrepoids que les gouvernements exercent les uns sur les autres, et il deviendra aussi vénal et oppressif que le gouvernement dont nous nous sommes séparés. ¶
Frères et sœurs, telles sont les paroles de l'un des serviteurs inspirés de Dieu, l'un de ceux dont il nous a dit, par révélation, qu'il l'avait suscité pour aider à établir le gouvernement des États-Unis. ¶
Les bienfaits de la liberté ¶
Je vous demande de comparer les fruits de cette grande république avec les fruits de ces nations où l'on a accepté, ou où l'on a imposé, ces « ismes » du malin. Par exemple, aux États-Unis, avec environ six pour cent de la population mondiale sur six pour cent de sa superficie, l'Amérique jouit de quarante-quatre pour cent de la richesse productive du monde. Trente millions de familles vivent dans des foyers américains évalués à cent deux milliards de dollars. Elles cultivent six millions et demi de fermes d'une valeur estimée à cinquante-huit milliards de dollars. Les familles américaines jouissent de l'usage de vingt-cinq millions d'automobiles, de dix-neuf millions de téléphones et de quarante-cinq millions de postes de radio. ¶
Et ainsi, je pourrais continuer à vous montrer les fruits, les fruits temporels, qui nous sont venus parce que nous avons eu le privilège de vivre sous un gouvernement fondé sur le principe divin du libre arbitre. Ces chiffres, après tout, frères et sœurs, sont un hommage à la sagesse de notre système de gouvernement, avec sa liberté et son initiative individuelle qui ont toujours été le ressort de ces réalisations. ¶
Or, je vous demande de comparer ces réalisations et ces fruits avec ceux des nations qui ont adopté un système où les hommes et les femmes sont embrigadés, où ils n'osent exprimer leurs pensées ni jouir du droit d'adorer Dieu selon ce que leur dicte leur conscience. Ont-elles obtenu de tels résultats ? Vous et moi savons qu'elles ne l'ont pas fait, et qu'elles ne le pourront jamais, car tant que l'individu est enchaîné, il n'y aura aucune possibilité de progrès individuel. Et l'une des choses grandes et glorieuses de notre république, c'est que c'est l'individu qui compte, et que l'État n'est là que pour le servir. Il ne devient pas un simple pion de l'État ni un rouage d'une grande machine ; il est l'objectif du gouvernement. Et tant que l'individu sera l'objectif de ce grand gouvernement, vous pouvez être pleinement assurés que nous continuerons à progresser et à jouir à l'avenir de toutes les bénédictions dont nous avons joui dans le passé. ¶
La Constitution doit être appréciée. Il est d'une importance vitale que, dans nos foyers, nous enseignions à nos ¶
enfants que ce grand gouvernement et sa loi fondamentale nous ont été donnés par Dieu, qu'il a inspiré les hommes qui ont rédigé la Constitution des États-Unis. Oh, je crains que dans nos écoles on n'accorde que peu de considération à la Constitution ! Je crains que nos jeunes gens et nos jeunes filles n'apprennent pas grand-chose sur cette grande république, et cela étant, il est temps que, dans nos foyers, nous, en tant que parents, assumions la responsabilité d'enseigner à la jeunesse du pays la vérité même que Dieu a révélée pour l'établissement de la Constitution des États-Unis et l'organisation de notre république. ¶
Responsabilité des fonctionnaires publics ¶
Il est temps que les fonctionnaires publics considèrent le fait de servir dans une fonction gouvernementale comme un appel grand et sacré, non pas un appel où ils reçoivent des avantages particuliers pour eux-mêmes, mais un appel où ils sont disposés à servir le peuple au mieux de ses intérêts. ¶
Chaque fois que je pense à l'obligation de servir dans une fonction gouvernementale, me vient à l'esprit l'un de ces vieux patriotes qui vécurent peu après la guerre d'Indépendance et avant la guerre de Sécession, Henry Clay. Lorsqu'il s'apprêtait à déposer le manteau qui reposait sur lui en tant que l'un des serviteurs de son grand État, il dit : ¶
Je puis, avec une confiance inébranlable, en appeler à l'Arbitre divin pour attester de la vérité de cette déclaration : que je n'ai été mû par aucun dessein impur ni par aucun motif personnel, que je n'ai recherché aucun agrandissement personnel, mais que, dans tous mes actes publics, j'ai eu un regard plein et unique et un cœur chaleureux et dévoué, dirigés et consacrés à ce qui, selon mon meilleur jugement, me paraissait être le véritable intérêt de mon pays. ¶
Plût à Dieu que tout fonctionnaire public eût cette attitude, et je suis certain que, s'ils l'avaient, nous recevrions de leurs mains un service qui perpétuerait et préserverait les grands principes sur lesquels repose cette république. Nous avons été bénis de prophètes de Dieu, qui, de temps à autre, ont attiré notre attention sur la Constitution des États-Unis en tant que révélation de Dieu. ¶
Brigham Young déclara, et je suis certain qu'il exprimait les sentiments de nous tous, lorsqu'il dit : ¶
Nous devons soutenir la Constitution des États-Unis et toutes les lois justes. Nous nous attacherons à la Constitution de notre pays et au gouvernement qui révère cette charte sacrée des droits des hommes libres et, s'il le faut, nous verserons notre meilleur sang pour la défense de tout principe bon et juste. ¶
Un Français que je ne connais pas fit cette déclaration : ¶
On a dit que l'Amérique est le seul pays qui prétende écouter les enseignements de ses fondateurs comme s'ils étaient encore vivants. ¶
Je prie humblement que nous fassions plus que prétendre écouter les enseignements des fondateurs de cette grande nation, que nous fassions de ¶
leurs enseignements une partie de notre religion, afin que nous apprenions à connaître ces grands hommes de l'époque révolutionnaire, que nous les révérions et que nous les élevions comme des serviteurs de Dieu ; c'est ce que je prie que nous fassions tous, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶