Discours de conférence
Spencer W. Kimball
Mes frères et sœurs : c'est une expérience qui élève l'esprit. J'ai écouté avec un grand intérêt les témoignages et les remarques de mes frères. Je suis certain qu'aujourd'hui, il y a plusieurs centaines de milliers de Saints des Derniers Jours à travers le monde, représentés par vous, et qui, avec vous et avec nous, rendent aujourd'hui témoignage de la divinité de cette grande œuvre. ¶
Certains des frères ont mentionné notre grand héritage et nos ancêtres qui nous ont laissé cet héritage. Frère Widtsoe a mentionné des membres se comptant par plusieurs milliers, qui ont traversé les plaines au prix d'un grand sacrifice personnel. Il y en eut des milliers, parmi eux, qui moururent entre Nauvoo et la vallée du lac Salé et scellèrent leur témoignage de leur sang. Ils furent des martyrs pour une grande cause, comme le fut leur prophète, voyant et révélateur. ¶
Martyrs pour une grande cause ¶
Je voudrais dire quelques mots au sujet des martyrs. Webster dit qu'un martyr est celui qui souffre volontairement la mort plutôt que de renoncer à sa religion. ¶
Environ cent cinquante ans avant la naissance du Christ, vint parmi les descendants de Léhi un prophète nommé Abinadi. Sans crainte, il prêcha la repentance au roi Noé et à son peuple infidèle, coupable de tous les crimes connus des hommes. Il dénonça hardiment leurs immoralités et les appela à la repentance. « . . . Emmenez cet individu, et tuez-le », avait commandé le roi, « qu'avons-nous, en effet, à faire avec lui, car il est fou. » (Livre de Mormon, Mosiah 13:1.) Ils tentèrent de porter la main sur lui, mais il les avertit que Dieu ne les laisserait pas lui faire de mal avant que son message n'eût été délivré. ¶
Et il parla avec puissance et autorité de Dieu. (Ibid., 13:6.) ¶
Alors Abinadi prophétisa la venue du Messie, sa vie, son ministère et sa mort. Le roi commanda qu'il fût lié, jeté en prison, et le menaça : ¶
. . . tu seras mis à mort, à moins que tu ne rétractes tout ce que tu as dit de mal de moi et de mon peuple. (Ibid., 17:8.) ¶
Abinadi répondit qu'il ne rétracterait rien et, ayant été envoyé de Dieu pour délivrer un message, il continuerait jusqu'à ce que sa mission fût achevée. Lorsque son témoignage eut été pleinement rendu, ils le battirent et le brûlèrent au bûcher, martyr pour une grande cause. ¶
Il y eut ensuite Étienne, l'un des sept hommes appelés par les apôtres pour s'occuper de l'œuvre de bien-être de l'église. Et il était « . . . plein de grâce et de puissance, [et] faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. » (Actes 6:8.) Mais il fut arrêté. « Et [ils] subornèrent des faux témoins » qui témoignèrent contre lui avec toutes sortes d'accusations. Il prononça longuement un avertissement, citant les Écritures, appelant à la repentance et rendant témoignage de son Rédempteur et Seigneur, leur rappelant leur part dans sa trahison et sa crucifixion. Les hommes ne peuvent supporter d'être dénoncés pour leurs péchés. Ils le chassèrent de la ville et le lapidèrent. ¶
Il y eut Paul, qui avait donné son consentement au martyre d'Étienne, et qui devait lui aussi sceller son témoignage de son sang, car, selon la tradition, il fut malmené par la foule à Iconium, lapidé à Lystre, traîné dans les rues et laissé pour mort, emprisonné et fouetté à Philippes, maltraité à Thessalonique, arrêté à Jérusalem et envoyé à Rome, où il resta deux ans en prison. Dans la prison Mamertine, il languit neuf mois avec Pierre, et fut finalement décapité au glaive, sur l'ordre de Néron. ¶
Pierre, qui avait été témoin d'une grande partie du ministère du Seigneur, de sa transfiguration, de sa mort et de sa résurrection, et qui devint le chef de l'église, devait lui aussi sceller son témoignage de son sang. Emprisonné à maintes reprises et soumis à de nombreux sévices, les auteurs disent qu'il fut crucifié à Rome après neuf mois d'emprisonnement, et qu'il choisit d'être crucifié la tête en bas, car il s'estimait indigne de rencontrer la mort dans la même position que son Seigneur. ¶
Le martyre de Jésus le Christ ¶
Le martyre de Jésus le Christ est bien établi — il suivit de près le même modèle. Sa vie fut la vie parfaite. Ses ennemis, ne trouvant en lui aucune faute, eurent recours à la loi de la foule pour mettre fin à sa vie. Il répondit à chacune de leurs questions, accomplit des miracles qui les stupéfièrent, fit du bien partout, mais les châtia et les réprimanda pour leur adultère, leur hypocrisie, leur ivrognerie. Il menaçait leur mode de vie vaniteux ; il les traita d'hypocrites, de vipères et de meurtriers de prophètes. Il avait rétabli l'Évangile et établi son royaume. Il était inévitable qu'il dût mourir pour témoigner éternellement de sa divinité. Chacune de ses paroles fut critiquée ; on l'accusa d'être un séducteur, un glouton, un buveur de vin, une personne commune fréquentant les publicains et les pécheurs. On l'appela violateur du sabbat, usurpateur d'autorité, fraudeur fiscal. On l'accusa d'hérésie et de sédition. On dit de lui qu'il était un ignorant, un blasphémateur, et on l'accusa d'être né de la fornication. Il fut arrêté, couvert de crachats, déchiré par des épines, moqué et battu. Il fut saisi par une foule vile, menée par l'un de son cercle intime qui avait malicieusement projeté de le trahir. ¶
Les principaux sacrificateurs et les anciens « tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir ». Les magistrats ne trouvèrent aucune faute. Le gouverneur examina le prisonnier, mais se lava les mains en disant : ¶
. . . Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde. (Matthieu 27:24.) ¶
Et Judas, s'étant finalement repenti, s'écria : ¶
. . . J'ai péché en livrant le sang innocent. (Ibid., 4.) ¶
Le Sauveur avait dit à ses disciples que sa mort approchait. Il devait mourir pour les péchés du monde et pour sceller son témoignage. Il le savait. Son heure était venue. Ils le crucifièrent, le Fils de Dieu, au Calvaire. ¶
Le témoignage de Joseph Smith scellé de son sang ¶
Un autre jour se lève — une nouvelle dispensation ; les cieux s'ouvrent. Le Père et le Fils rendent de nouveau témoignage à la terre. D'autres visiteurs célestes restaurent aux hommes des bénédictions inestimables, et un autre martyr donne sa vie précieuse pour témoigner à un monde infidèle, sceptique et incrédule qu'un Dieu personnel vit ; que Jésus son Fils est le Rédempteur ; et que la vérité est de nouveau rétablie. Les détails de la vie de Joseph Smith nous sont familiers. Il annonça aussitôt sa glorieuse vision du Père et du Fils et fut immédiatement opprimé et persécuté. Des scribes et des pharisiens modernes ont publié des livres et des articles diffamatoires par centaines, l'ont emprisonné une quarantaine de fois, l'ont couvert de goudron et de plumes, ont tiré sur lui, et ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour le détruire. Malgré tous leurs efforts pour lui ôter la vie, il survécut à plus de vingt années de persécution amère et violente pour accomplir sa mission, jusqu'à ce que son heure vînt. ¶
Vingt-quatre années d'enfer, il les souffrit, mais aussi vingt-quatre années d'extase il en jouit, dans ses entretiens avec des Dieux et d'autres êtres immortels ! Sa mission était accomplie — le ciel et la terre étaient de nouveau liés ; l'Église était organisée ; Brigham Young et d'autres grands dirigeants avaient été formés pour poursuivre l'œuvre ; et il avait conféré sur la tête des Douze toute clé et tout pouvoir appartenant à l'apostolat qu'il détenait lui-même, et il leur avait dit : ¶
J'ai posé les fondations et vous devez bâtir dessus, car c'est sur vos épaules que repose le royaume. ¶
Et son heure était venue de sceller de son sang son témoignage, si souvent rendu à des multitudes d'amis et d'ennemis. Son Judas était venu de son propre cercle — le gouverneur Ford fut son Ponce Pilate, Nauvoo fut son Gethsémané, et Carthage son Calvaire. Il y eut aussi des pharisiens modernes pour attiser les foules — et un autre martyr rendit témoignage. ¶
Les martyrs ont vécu pour accomplir leur œuvre ¶
Quelqu'un a dit : « N'importe qui peut fonder une religion », et Talleyrand répondit : « Oui. S'il est disposé à mourir pour elle. » Et le martyr est disposé à faire exactement cela. Mais les puissances de la terre et de l'enfer ne peuvent le saisir avant que « l'heure ne soit venue ». ¶
Abinadi, menacé par les soldats de Noé, s'écria : ¶
Ne me touchez pas, car Dieu vous frappera si vous portez la main sur moi, car je n'ai pas remis le message que le Seigneur m'a envoyé remettre ; . . . c'est pourquoi, Dieu ne souffrira pas qu'on me fasse mourir maintenant. (Livre de Mormon, Mosiah 13:3.) ¶
Vous voyez que vous n'avez pas le pouvoir de me tuer ; c'est pourquoi, je finis mon message . . . et alors, peu importe où je vais, du moment que je suis sauvé. (Ibid., 13:7-9. Italiques de l'auteur.) ¶
La vie avait été agréable, mais même la mort n'était pas amère, car, comme Dieu l'a dit : ¶
. . . ceux qui meurent en moi ne goûteront pas la mort, car elle leur sera douce. (D. & A. 42:46.) ¶
On se souviendra que Pierre fut délivré de la prison par un ange et protégé de bien des façons jusqu'à ce que son œuvre fût achevée. Et Paul de même. Aucune violence ne put lui ôter la vie avant qu'il eût rendu son témoignage à Rome, en Grèce et en d'autres pays. Mais finalement il fit à Timothée cette déclaration prophétique : ¶
Car pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon départ approche. J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. (2 Tim. 4:6,7.) ¶
Il n'y avait aucune crainte dans son approche de l'éternité — seulement l'assurance et la calme résignation devant le martyre inévitable auquel il faisait face. Il ne voulait pas mourir, mais était disposé à sceller ainsi son témoignage du Rédempteur. ¶
Bien que le Sauveur se fût trouvé à maintes reprises dans les situations les plus périlleuses, il était clair que sa vie ne pouvait lui être ôtée avant que son œuvre ne fût achevée. Une grande foule l'avait entouré, et il y avait beaucoup de tumulte dans le temple. ¶
. . . ils cherchaient à se saisir de lui et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue. (Jean 7:30.) ¶
Et de nouveau : ¶
. . . Jésus continua de parcourir la Galilée car il ne voulait pas séjourner en Judée parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir. (Ibid., 7:1.) ¶
Ses frères l'exhortaient et lui disaient : ¶
. . . Pars d'ici, et va en Judée afin que tes disciples voient aussi les œuvres que tu fais. . . . Si tu fais ces choses, montre-toi toi-même au monde. Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui. Jésus leur dit alors : Mon temps n'est pas encore venu. (Ibid., 7:3-6.) ¶
Mais lorsque l'œuvre fut établie, l'Église organisée, les clés remises, les apôtres formés, il dit à ses frères : ¶
. . . Allez à la ville chez un tel et vous lui direz : Le maître dit : Mon temps est proche ; je célèbrerai chez toi la Pâque avec mes disciples. (Matthieu 26:18.) ¶
Puis le Seigneur était allé à Gethsémané pour épancher son cœur devant Dieu. Là, il avait dit de nouveau à ses bien-aimés Pierre, Jacques et Jean, qui étaient assis là, endormis, pendant qu'il priait : ¶
. . . Vous dormez maintenant, et vous vous reposez ! Voici, l'heure est proche, et le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs. (Ibid., 26:45.) ¶
Joseph Smith avait, lui aussi, reconnu l'incapacité de ses ennemis à mettre fin prématurément à son ministère. Il avait dit : ¶
Tous les ennemis à la surface de la terre peuvent rugir et déployer toute leur puissance pour causer ma mort, ils ne peuvent rien accomplir, à moins que quelqu'un parmi nous, qui a joui de notre compagnie — qui nous a appelés frère, qui nous a salués d'un baiser — et qui, par le mensonge et la tromperie, excite contre nous la colère et l'indignation — nous ayons un Judas au milieu de nous. ¶
Son heure était venue, son ministère achevé. Maintenant ses ennemis pouvaient prévaloir. ¶
La vie des martyrs donnée volontairement ¶
Dans le modèle du martyre entre une phase volontaire. Dans chaque cas, le martyr aurait pu sauver sa vie en renonçant à son œuvre. On avait dit à Abinadi qu'il serait mis à mort. Mais il répondit : ¶
. . . je ne rétracterai pas les paroles que je t'ai dites . . . car elles sont vraies ; et pour que tu saches qu'elles sont certaines, j'ai souffert de tomber entre tes mains. Oui, et je souffrirai jusqu'à la mort, et je ne rétracterai pas mes paroles, et elles resteront comme témoignage contre toi. Et si tu me tues, tu verseras le sang innocent, et cela restera aussi comme témoignage contre toi au dernier jour. (Livre de Mormon, Mosiah 17:9, 10.) ¶
Le Sauveur avait dit : ¶
. . . je donne ma vie pour mes brebis. . . . Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner et j'ai le pouvoir de la reprendre. (Jean 10:15, 18.) ¶
Lorsque Pierre, dans le jardin, avait tranché l'oreille de l'un des serviteurs du grand prêtre, Jésus lui dit : ¶
. . . Remets ton épée à sa place. . . . Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père qui me donnerait à l'instant plus de douze légions d'anges ? (Matt. 26:52, 53.) ¶
Les derniers événements de la vie de Joseph Smith ¶
Joseph Smith ne voulait pas mourir. Il avait tant de raisons de vivre, avec sa famille, ses amis, son intérêt pour le royaume en expansion, et il était encore jeune, mais bien qu'il eût espéré et prié pour que la coupe pût passer, il savait que cela était inévitable. Il dit : ¶
Je vais comme un agneau à l'abattoir. Mais je suis calme comme un matin d'été ; j'ai la conscience libre de toute faute envers Dieu et envers tous les hommes. Je mourrai innocent et l'on dira un jour de moi — « il fut assassiné de sang froid ». ¶
Combien il voulait vivre ! Il s'attarda en passant devant sa ferme et dit avec mélancolie : ¶
Si certains d'entre vous avaient une telle ferme et savaient qu'ils ne la reverraient plus, ne voudriez-vous pas y jeter un dernier regard ? ¶
Et en quittant Nauvoo, ses yeux pleins de nostalgie contemplèrent la belle cité. ¶
C'est l'endroit le plus charmant et le meilleur peuple qui soit sous les cieux — ils savent bien peu les épreuves qui les attendent. ¶
Ses adieux à Frère Wells furent empreints de pathétique : « Je désire que vous chérissiez ma mémoire. » Et tandis qu'il attendait le coup infâme dans la prison de Carthage, il avait dit : ¶
Pose ta tête sur mon bras en guise d'oreiller, Frère Fullmer — j'aimerais revoir ma famille — je voudrais à Dieu pouvoir encore une fois prêcher aux saints à Nauvoo. ¶
Ce fut son Golgotha ; il semblait le savoir. Il avait dit : ¶
Mes garçons, si je ne reviens pas, prenez soin de vous-mêmes. Je vais comme un agneau à l'abattoir. ¶
Et ce fut bien un massacre ! Les coups de feu retentirent ! Et le sang des martyrs coula librement, car Hyrum, son frère aîné, avait choisi de rester avec lui. Ce sang précieux s'infiltra dans la terre, scellant un témoignage impérissable et sans réplique qui continua de résonner dans les esprits et les cœurs. ¶
Il rendit témoignage : ¶
J'avais réellement vu une lumière, et au milieu de cette lumière, je vis deux Personnages, et ils me parlèrent réellement . . . J'ai réellement eu une vision, et qui suis-je pour résister à Dieu ? Et pourquoi le monde pense-t-il me faire renier ce que j'ai vraiment vu ? Car j'avais eu une vision, je le savais, et je savais que Dieu le savait, et je ne pouvais le nier ni ne l'osais. ¶
Il approcha et affronta réellement sa tragédie. Ses dernières paroles furent : « Ô Seigneur, mon Dieu ! » ¶
Le testament rendu effectif par la mort du testateur ¶
Dans les dernières heures de la vie du martyr survient une paisible sérénité qui déjoue toutes les explications humaines. C'est un défi sans réponse pour ceux qui voudraient rationaliser et expliquer. ¶
Abinadi faisait face à ses ennemis en triomphateur : ¶
. . . [ils] n'osèrent pas porter la main sur lui, car l'Esprit du Seigneur était sur lui ; et son visage brillait d'un resplendissement extrême, comme celui de Moïse pendant qu'il était sur la montagne du Sinaï, pendant qu'il parlait avec le Seigneur. (op. cit., 13:5.) ¶
Ils le lièrent et « lui flagellèrent la peau à l'aide de fagots », et lorsque les flammes commencèrent à le brûler, il prophétisa à leur sujet et s'écria : ¶
« Ô Dieu, reçois mon âme ! » Il mourut et scella la vérité de ses paroles par sa mort. (Ibid., 17:13-20.) ¶
Et comme la sentence de mort tombait sur Étienne, ¶
. . . tous ceux qui siégeaient au sanhédrin, ayant fixé les regards sur lui, son visage leur parut comme celui d'un ange. (Actes 6:15.) ¶
Comme la foule bestiale lançait férocement des pierres pour ôter cette vie innocente, le jeune martyr leva les yeux et vit les cieux ouverts, et vit ¶
. . . la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. (Ibid., 7:55.) ¶
et comme son corps meurtri et sanglant avait atteint la limite de l'endurance physique, il tomba à genoux et s'écria d'une voix forte : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! » et une autre âme avait scellé son témoignage de son sang. ¶
Le Sauveur supporta l'humiliation, la moquerie, la douleur physique avec patience et tolérance, mais il ne voulait pas mourir. Il aimait la vie malgré ses persécutions. Il pria : ¶
. . . Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi ; toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. (Matt. 26:39.) ¶
Et vinrent alors sa trahison, ses procès, si dérisoires fussent-ils, et son exécution. ¶
Bien que sa vie précieuse lui fût ôtée par des êtres dépravés et sans scrupules, ¶
. . . Jésus dit : Père, pardonne-leur ; car ils ne savent pas ce qu'ils font. (Luc 23:34.) ¶
Comme sa vie s'échappait, il s'écria d'une voix forte : ¶
Père, je remets mon esprit entre tes mains. (Ibid., 23:46.) ¶
Paul dit plus tard : ¶
Car là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée. Un testament, en effet, n'est valable qu'en cas de mort, puisqu'il n'a aucune force tant que le testateur vit. Voilà pourquoi c'est avec du sang que même la première alliance fut inaugurée. (Héb. 9:16-18.) ¶
Mais ils avaient rendu témoignage ; la vérité était établie ; le sang avait coulé ; et le témoignage se dresserait éternellement contre ceux qui avaient rejeté la vérité et qui furent les artisans de ces tragédies. ¶
Le sang des martyrs, semence de l'Église ¶
Mais les martyrs ne meurent pas. Ils vivent, encore et encore. Lorsque le Sauveur dit : « Tout est accompli », il faisait référence à son expérience mortelle, car sa crucifixion ne marqua qu'une étape dans son pouvoir toujours croissant. Des centaines de millions de personnes ont été influencées pour le bien par cette vie parfaite et cette mort de martyr. Il avait lui-même dit : ¶
Et quiconque donnera sa vie pour ma cause, à cause de mon nom, la retrouvera. (D. & A. 98:13.) ¶
Son œuvre continue de se répandre jusqu'à ce jour. ¶
Le sang des martyrs est la semence de l'Église. ¶
Étienne mort est plus grand qu'Étienne vivant. Ses sermons continuent d'inspirer ses lecteurs. ¶
Lorsque Néron livrait les autres chrétiens aux lions, dit-on, il envoya Paul, citoyen romain, au bourreau et au billot. Peut-être, mais peu importe. Paul marche et parle dans chaque maison de la chrétienté. (Book of Courage.) ¶
Et Joseph Smith, notre prophète : ¶
Il aurait pu céder et périr, mais, se tenant résolu, il vit à jamais. ¶
Son œuvre ne fut pas perdue. Son témoignage avance résolument, à l'infini. Comme Alma avait porté le flambeau pour Abinadi, comme les apôtres l'avaient porté pour le Sauveur, vinrent alors Brigham Young et les Douze pour poursuivre l'œuvre du Rétablissement. ¶
Les hommes ne donnent pas leur vie pour perpétuer des mensonges. Le martyre dissipe toute question quant à la sincérité du martyr. Les personnalités ne survivent pas aux âges. Elles s'élèvent comme une étoile filante, brillent un instant avec éclat puis disparaissent de la vue, mais un martyr pour une cause vivante, comme le soleil, brille à jamais. De grands personnages, des étudiants, des hommes d'affaires, des scientifiques, suivirent le jeune prophète jusqu'à sa mort. Ils ne furent pas trompés. Ils le perdirent dans le martyre, mais, inspirés par la divinité de la Cause, ils allèrent de l'avant sans hésitation. Des milliers donnèrent une vie qu'ils auraient pu sauver, dans le Missouri, dans l'Illinois, et en traversant les plaines, et aujourd'hui un grand peuple, salué pour son instruction, son sens pratique et sa vertu, se dresse pour rendre témoignage que le martyre de Joseph Smith, comme celui des martyrs qui l'ont précédé, est une autre des preuves infaillibles de la divinité de l'Évangile de Jésus-Christ, rétabli dans sa plénitude par ce prophète humble. ¶
Je rends témoignage, mes frères et sœurs, que ceci est l'Évangile de Jésus-Christ, que Joseph Smith est un prophète de Dieu, et qu'il continuera de vivre éternellement. Ce témoignage, je le rends au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶