Pulpit

Discours de conférence

S. Dilworth Young

1946 April General Conference·General Priesthood Meeting·1946-04-06

En regardant ce vaste nombre de Saints des Derniers Jours, je commence à comprendre, et à avoir quelque idée, pourquoi il m'arrive de ne pas reconnaître les gens quand je remonte la rue pendant une conférence. J'ai rencontré tant d'entre vous au cours de l'année passée, et j'ai été si aimablement reçu, que j'ai fait quelque effort, quelque tentative, pour vous reconnaître quand je vous vois. C'est une tâche presque désespérée. Permettez-moi de vous remercier pour vos nombreuses bontés et d'exprimer l'espoir que vous comprendrez, si je vous rencontre dans la rue, que je ne me souvienne pas de votre nom. Si j'ai l'air un peu perdu, j'aimerais être comme Earl J. Glade, qui disait qu'il n'abordait jamais un homme qu'il avait rencontré sans le saluer ainsi : « Je vous connais. Je vous ai rencontré à tel endroit. » Il en est de même pour moi. Si vous me dites : « Je vous connais. C'est ici que je vous ai vu », alors je crois que je m'en souviendrai mieux.

Je voudrais, ce soir, donner une voix à certains de ceux qui n'en ont pas ; je voudrais parler pour les jeunes gens de vingt, vingt et un, vingt-deux et vingt-trois ans. Je voudrais aussi leur parler, si vous le permettez, et si le Seigneur veut bien m'accorder la sagesse, car ils ont besoin qu'on leur parle autant que d'être parlé en leur faveur.

Un sermon édifiant

Il y a de nombreuses années, j'ai lu des choses qui m'ont grandement élevé l'esprit. J'ai lu dans un livre qu'un homme du nom de Wilford Woodruff racontait avoir assisté un jour à une réunion où se trouvait Parley P. Pratt. Frère Pratt dit qu'il avait chevauché une longue distance pour se rendre au lieu de la réunion. Son sujet était : « Vous joindrez-vous à nous dans le Camp de Sion pour aller délivrer les saints du Missouri ? » Lorsqu'il demanda le privilège de parler, il déclara qu'il ne parlerait que quelques minutes, car il était très fatigué. Il commença dès la tombée de la nuit, comme on disait à l'époque, et parla jusqu'après minuit. Frère Woodruff resta assis tout au long de ce long sermon, transporté et édifié. Il dit à peu près ces mots :

J'étais si transporté que tout l'or du monde n'aurait pu m'empêcher de partir avec cette compagnie.

Je me suis dit que j'aimerais, moi aussi, être transporté de cette manière

aussi.

La conversion de Wilford Woodruff et de Lorenzo Snow

Et j'ai lu encore qu'un homme du nom de Lorenzo Snow se rendait au collège d'Oberlin, dans l'Ohio. Il écrivit à sa sœur en ces termes :

S'il n'y a rien de mieux que ce qu'on trouve ici, au collège d'Oberlin, alors adieu à toutes les religions.

Il lui dit qu'il n'y avait absolument rien pour lui là-bas, mais plus tard, lorsqu'il entendit les anciens prêcher et qu'il reconnut dans leur témoignage les paroles du salut, il fut transporté, et il ne put se joindre à l'Église assez vite.

Enfant, je regardais les portraits de Wilford Woodruff et de Lorenzo Snow, des hommes à la barbe grise, dans leurs dernières années, et je me disais : « Ça devait être facile pour eux. Ils savaient que l'Évangile est vrai. Ça devait vraiment être facile pour eux de l'accepter. » Lorsque j'appris plus tard que Wilford Woodruff n'avait que vingt-six ans lorsque cette expérience avec Parley P. Pratt lui arriva, et que Lorenzo Snow n'en avait que vingt-deux, alors je pus commencer à entrevoir quelque espoir pour les jeunes gens.

Ces hommes ont pris leur décision alors qu'ils étaient aussi jeunes que vous l'êtes, vous, jeunes gens. Ils n'ont pas attendu qu'un témoignage leur vienne graduellement. Ils avaient, tout jeunes hommes, étudié les paroles du Christ dans la Bible depuis quelques années, et lorsque le moment vint pour eux de l'entendre, ils étaient disposés à l'accepter. Ils prièrent avec ferveur pour obtenir un témoignage, pour recevoir le Saint-Esprit, et il leur vint. Pour Lorenzo Snow, il vint avec une telle force et une telle puissance que, pendant plusieurs nuits, dit-il, il pouvait entendre des chuchotements et des bruissements, et il se sentait comme baigné de feu. Son esprit était élevé, et il comprenait les Écritures comme il ne les avait jamais comprises auparavant.

En quête d'un témoignage

Cela me plaît, et je vous dis, à vous jeunes gens, que vous pouvez vivre la même expérience si vous le voulez. Il vous suffit de le vouloir assez ardemment, car on ne peut pas rester indécis à ce sujet ; ou bien c'est vrai, ou bien ce ne l'est pas. Si vous décidez que c'est vrai et que vous demandez au Seigneur de vous donner un témoignage, si vous le demandez avec sincérité et vérité, vous recevrez ce témoignage. Ces hommes ont obéi au prophète de Dieu. Vous pouvez, vous aussi, obéir au prophète de Dieu d'aujourd'hui, et vous pouvez en retirer la même joie et le même bonheur. Il a besoin de courage pour continuer, tout comme vous, et les hommes qui ont été soutenus par cette conférence comme prophètes, voyants et révélateurs — seize au nombre — en ont besoin également. Ils ont leurs moments de découragement, mais ce qui leur donne le courage de continuer, c'est votre fidélité.

Hommage à Mark Austin

Nous avons tous du respect pour les personnes âgées. Nous, jeunes gens, savons qu'elles ont été éprouvées et ne se sont pas trouvées en défaut. Elles se tiendront debout et soutiendront le tabernacle aussi longtemps qu'il en aura besoin.

J'ai appris une leçon au cours de l'année passée, et je vais vous la transmettre : il m'a semblé, tandis que le président Smith parcourt cette Église, qu'il se trouve des hommes fermes, les bras tendus, tenant fermement les cordes du tabernacle pour que les vents ne puissent l'emporter. Toute leur vie, ils ont montré par leurs œuvres qu'ils soutiennent le président et l'Église. J'ai vu un tel homme, et je voudrais le désigner. Je vais me permettre d'être personnel, et j'espère que la personne dont je vais parler me pardonnera si je l'embarrasse.

J'ai observé frère Mark Austin travailler dans l'œuvre de bien-être. Il a plus de quatre-vingts ans. Depuis des années et des années, il a été un rempart pour les frères qui président cette Église. Quoi qu'on lui demandât de faire, il le faisait. Moi, jeune homme, en l'observant, j'ai puisé un nouveau courage à l'idée que je pourrais, d'une manière ou d'une autre, me montrer aussi fidèle que lui l'a fait et le fait encore. L'âge ne l'arrête pas quand frère Romney lui confie une mission de fin de semaine dans une conférence. Il est toujours là, peu importe la distance, peu importe l'inconfort qu'il endure. C'est un véritable gentilhomme. Il n'interfère jamais ; il ne se met jamais en travers du chemin de personne ; mais il accomplit tranquillement ce qui lui est confié, pour la gloire de Dieu et pour l'honneur de la prêtrise de l'Église, au nom du prophète de Dieu.

Nous, jeunes gens, et vous qui avez vingt, vingt et un, vingt-deux ans, pouvons apprendre à suivre cet exemple. Cela ne vient pas facilement ; il faut environ soixante ans pour y parvenir, mais une fois là, on possède une sérénité de conscience et un bonheur que rien sur terre ne peut égaler.

Ces seize hommes que nous soutenons sont honorés. Ils sont soutenus comme prophètes du Dieu vivant. Vous, jeunes gens, pouvez être tout autant honorés si vous obéissez aux paroles des prophètes de Dieu. Voyez-vous, un prophète ne peut pas prophétiser beaucoup sans quelqu'un à qui adresser ses paroles, et il ne peut demander de l'aide s'il n'a personne à qui la demander. C'est vous. C'est vous qui devez entendre la parole, puis aller de l'avant et lui obéir.

Les premiers missionnaires ont donné l'exemple

Nous parlons souvent de Brigham Young, et nous parlons de Heber C. Kimball, deux hommes qui étaient aussi proches l'un de l'autre que des frères. Nous parlons souvent de Parley P. Pratt, d'Orson Pratt, de David W. Patten, le premier grand martyr, et d'autres, comme exemples de grands hommes. Mais il en est parmi vous qui sont aussi grands.

Avez-vous jamais entendu parler de Zera Pulsipher ? Beaucoup d'entre vous ne l'ont pas entendu ; certains, peut-être. En lisant l'Histoire de l'Église, j'apprends à connaître nombre de ces grands hommes qui se sont élevés et dont la biographie a été écrite, mais si l'on lit attentivement ces livres, on constate qu'une grande proportion d'entre eux ont d'abord entendu l'Évangile par l'intermédiaire de Zera Pulsipher, et, très probablement, c'est lui qui les a baptisés. Son nom est mentionné à maintes reprises dans les récits comme celui d'un homme qui allait prêchant l'Évangile. En savez-vous quelque chose ? Personne ne le sait. Ce n'était pas sa vocation de devenir président de l'Église ; ce n'était pas sa prérogative de présider aucun des grands conseils de l'Église, mais, jeune homme d'environ vingt-deux ans, ayant entendu la voix du prophète, il obéit et alla répandre la bonne nouvelle parmi les enfants des hommes. Parce qu'il y croyait, parce qu'il était sincère en cela, le Seigneur le bénit, et il fut l'instrument par lequel beaucoup de grands hommes entrèrent dans l'Église.

Vous avez entendu dire, dans cette conférence, et vous l'entendrez sans doute encore, je suppose, à plusieurs reprises, que béni soit celui, et combien heureux sera celui qui fait un converti dans le royaume de notre Père. Si je me souviens bien, Heber C. Kimball et ses compagnons convertirent environ trois mille personnes durant les tout premiers mois de leur séjour à Preston, en Angleterre. Mais connaissez-vous les noms des cinq jeunes gens qui ont apporté l'Évangile à Brigham Young et à Heber C. Kimball ? L'un s'appelait Eliot Strong. Un autre s'appelait Eleazer Miller. Les trois autres étaient Alpheus Gifford, Enos Curtis et Daniel Bowen. Quelle joie ils auront dans le royaume de leur Père avec les grands prophètes du Seigneur et les trois mille convertis de Preston, et les nombreux milliers d'autres qu'en Angleterre ces convertis firent à leur tour ! Tel est le lot de chaque jeune homme qui me fait face ce soir, et de chaque jeune homme dans l'Église, s'il choisit d'obéir à l'appel. Il peut connaître la même joie en allant de l'avant, et s'il ne devient jamais grand dans l'Église comme organisateur, il peut devenir grand dans l'Église par les personnes qu'il convertit à l'Évangile.

Appeler les jeunes gens en mission

Béni soit le jeune homme qui, croyant, part dans le monde à l'appel du prophète et recherche les honnêtes gens de la terre. Il n'y a guère d'homme dans cette salle dont les parents ou les grands-parents ne soient le fruit d'une telle œuvre. Je voudrais adresser un appel aux jeunes gens, en appuyant ce que j'ai entendu à la dernière conférence. Le président Smith a lancé un appel général pour que les jeunes gens de l'Église répondent aux appels en mission. Un grand nombre de ces jeunes gens ont appris, dans le passé, de leurs parents et des autorités de leur paroisse, que les appels ne viennent généralement pas sur demande générale. J'entends par là qu'ils croient qu'ils doivent rester tranquillement chez eux et attendre que l'inspiration du Seigneur inspire aux évêques de venir les appeler. Si je le comprends bien, je pense que le président Smith souhaite que chaque jeune homme sente qu'il peut aller trouver son évêque et se porter volontaire, en disant : « Je suis disposé à partir. » Je crois que c'est ainsi qu'il faut l'interpréter. Quoi qu'il en soit, si un jeune homme ne ressent pas cela et pense qu'il doit attendre que l'évêque vienne, je pense que l'évêque devrait aller trouver chaque jeune homme de la paroisse qui mène une vie pure et juste et qui est revenu de la guerre, peu importe depuis combien de temps, et lui en parler, en le conseillant, lui et sa famille.

Tout jeune homme digne de cette Église a le droit d'être appelé en mission, sans exception. Je pense qu'aucun homme qui occupe une place présidente dans une paroisse ou un pieu n'a le droit de négliger un seul jeune homme pour les raisons que nous avons habituellement données et données cette année. J'ai entendu bien des gens dire, en bien des endroits où je suis allé : « Eh bien, nos garçons sont partis longtemps ; ils devraient rester à la maison quelque temps. Accordez-leur du repos. Laissez-les avoir quelques mois chez eux avant d'être appelés de nouveau. » Je vous le dis : il ne restera pas beaucoup de jeunes gens à la maison, que vous les appeliez ou non. Ils ne resteront pas chez eux. Ils ont quitté le foyer pour toujours. Ils reviendront y faire des visites, c'est vrai, mais ils iront à l'école, ou ils se marieront, ou ils feront quantité d'autres choses. Mais ils ne resteront pas chez eux. Ce n'est donc pas une raison. Si un jeune homme est capable de partir en mission, on devrait lui en donner la possibilité. Qu'il la refuse s'il le veut, mais ne prenez pas la décision à sa place. Assurez-vous qu'il ne veut pas partir avant de cesser de le lui proposer.

Pensez-vous qu'il n'y a pas de besoin ? Pensez-vous que nous ne pouvons pas les employer ? Dans la mission dont j'étais membre, il y a vingt-cinq ans, un an après la Première Guerre mondiale, il y avait deux cents missionnaires. C'est le nombre de ceux qui étaient partis pour ce champ de mission. Dans cette même mission aujourd'hui, ils sont moins de quarante, un an après la fin de cette guerre. Beaucoup de jeunes gens répondent, c'est vrai, et certaines de nos installations sont actuellement mises à rude épreuve pour les accueillir, mais ils ne répondent pas assez vite, et on ne les appelle pas assez vite. Un grand nombre de jeunes gens échappent à l'appel sans même avoir été invités à partir en mission. Ils ont dans l'esprit et dans le cœur d'aller à l'école, et ils devraient aller à l'école. Ils peuvent aller à l'école, mais je crois véritablement qu'il n'y a pas d'école sur terre qui ne puisse attendre deux ans pendant que la parole du Seigneur est portée à travers le monde. Je ne connais pas de meilleure école pour un jeune homme que d'aller dans le monde à la recherche des humbles, défendant son Église, apprenant à s'entendre avec les gens, enseignant les choses du royaume de Dieu à son propre cœur et au cœur des autres. Il en reviendra plus fort et meilleur. Il pourra ensuite poursuivre ses études et en tirer bien davantage, sachant qu'il a fait la volonté du Seigneur et qu'il a agi comme son serviteur sur la terre, à la demande du prophète de Dieu.

Le désir de servir en mission

Tel est le lot de tout jeune homme qui veut le faire. Peu m'importe qui il est. Mais je vous dirai, à vous, jeunes gens de toute cette Église, une seule phrase : il faut que vous le vouliez. Je le répète : il faut que vous le vouliez. Le Seigneur peut mettre dans le cœur de la Présidence de l'Église et du Collège des Douze le désir de vous appeler en mission, si vous êtes disposés à l'accepter, mais il faut que vous le vouliez accepter.

J'ai parlé récemment à bien des jeunes gens qui désirent accepter cet appel. Wilford Woodruff voulait accepter. Il voulait se joindre au Camp de Sion ; on l'avertit qu'il pourrait mourir, qu'il risquait fort de perdre la vie. Il dit : « Peu m'importe. Je veux y aller quand même. » Lorenzo Snow voulait partir en mission. Dès l'instant où il fut baptisé et confirmé, et où la Prêtrise d'Aaron lui fut conférée, il fit son bagage et se rendit à pied auprès des missionnaires. Il faut que vous le vouliez pour partir.

Mes jeunes amis, si nous voulons avoir assez de missionnaires, il faut que vous le vouliez aussi. Non pas à moitié, non, non pas avec le sentiment que : « J'irai si je suis appelé ; peut-être que j'aimerai cela, peut-être pas », mais plutôt : « Au nom du Dieu vivant, je prendrai sa parole, et avec sa puissance sur mes épaules, j'irai par toute la terre, où que je sois envoyé, et je rendrai témoignage au monde que l'Évangile a été rétabli, que Joseph Smith était un prophète, que le président George Albert Smith est un prophète, et que cette Église est le véritable royaume de Dieu. » Si vous faites cela, vous ne le regretterez jamais tant que vous vivrez, et l'Église grandira à pas de géant. Avant que vous ne vous en rendiez compte, elle remplira toute la terre. Que Dieu accorde que cela arrive bientôt. Je le demande au nom du Christ. Amen.

Citer ce discoursS. Dilworth Young, « Discours de conférence », 1946 April General Conference, General Priesthood Meeting (1946-04-06). Pulpit Vault, 1946-04-s-dilworth-young-conference-address. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).