Confiance exprimée envers les dirigeants de l'Église
J. Reuben Clark Jr.
Mes frères et sœurs, j'ai confiance que, pendant les quelques instants où je me tiens devant vous, je pourrai avoir part à votre foi et à vos prières, afin que ce que je dis soit utile, du moins à quelques-uns d'entre nous. ¶
Le vaste éventail de sujets qui ont été abordés à cette conférence montre l'étendue de l'Évangile de Jésus-Christ et nous montre comment, dans cet Évangile et dans le plan de l'Évangile, le Seigneur a pourvu à tous nos besoins. Il n'y a aucun aspect de la vie que nous ayons à vivre qui ne soit pleinement couvert par les principes de l'Évangile. ¶
Confiance exprimée envers les dirigeants de l'Église ¶
Comme cela a été observé à maintes reprises, et comme je l'ai moi-même mentionné, nous entrons dans une nouvelle ère de l'histoire de l'Église. Nous avons eu de grands dirigeants dans le passé : le président Smith, le président Young, le président Taylor, le président Woodruff, le président Snow, le président Smith, le président Grant, et maintenant le président George Albert Smith. Chacun de ces frères, dans le passé, a eu l'amour, la confiance et le respect de tout Saint des derniers jours qui vivait comme il devait vivre. Seuls ceux qui ne servaient pas le Seigneur ont parlé en mal. Il en est de même aujourd'hui que par le passé. ¶
Puis-je dire que nous regrettons aujourd'hui, et tout au long de cette conférence, non seulement la présence, mais aussi les exhortations du président Grant — un grand homme, tant estimé de tous ceux qui l'ont connu, dans l'Église et hors d'elle, un homme aux principes inébranlables, un homme qui a vécu comme il a prêché, un homme qui ne connaissait pas la fausseté, un homme honnête et véridique, un homme respecté et aimé, à qui j'ai donné toute la loyauté que j'avais. Le monde n'oubliera pas de sitôt le président Grant. ¶
Venons-en maintenant au président Smith, et je dis à nouveau que je lui donne toute ma loyauté, tout mon respect, et que je lui donnerai tout l'amour que j'ai donné au président Grant. Si je ne le faisais pas, je ne serais pas digne du choix qu'il a fait. Que Dieu m'aide à accomplir mon devoir. ¶
L'inspiration continue, nécessaire à la croissance de l'Église ¶
Frère Stephen L Richards a dit hier quelques mots, comme d'autres, à propos de la croissance de cette Église. Il y a eu une croissance merveilleuse. Vous vous souviendrez qu'après la mort du Sauveur, Paul nous dit qu'environ cinq cents personnes s'assemblèrent et qu'il leur apparut. Nous pouvons supposer, je crois, que ce nombre représentait plus ou moins le total de la congrégation qu'il avait pu rassembler. Quelques jours après la Pentecôte, Pierre, prêchant dans le temple, s'adressa à cinq mille personnes, dont beaucoup semblaient être des croyants. Mais la croissance de l'église à partir de ce moment-là, bien que grande, ne semble jamais avoir approché la nôtre en nombre. Je me souviens vaguement avoir lu quelque part qu'il y avait peut-être cent mille membres à la fin des cent premières années. Nous en comptons près d'un million. Ces cent mille, ou quel que soit le nombre exact, allèrent de l'avant, mais les archives montrent qu'après l'âge apostolique, après la mort des apôtres, les gens commencèrent à s'éloigner de la vérité. Certains auteurs affirment que l'inspiration cessa. C'est peut-être pourquoi ils ne se sont pas développés plus rapidement, et nous avons certainement connu une croissance si rapide parce que l'inspiration et la révélation, dont frère Widtsoe a parlé, sont demeurées avec nous pendant toutes ces années. Mais même du temps des apôtres, un éloignement commença à se manifester, comme cela ressort clairement des épîtres de Paul, de Pierre, de Jean, de Jacques et de Jude. Les gens commencèrent à s'égarer, et cet égarement s'accrut au cours des siècles suivants, prenant, semble-t-il, de la vitesse à mesure qu'il se poursuivait. ¶
Ils commencèrent à intégrer dans les enseignements de l'église des éléments destinés à rendre le christianisme un peu plus acceptable aux philosophes de l'époque. Ils y apportèrent quelque chose des doctrines de Platon, quelque chose des philosophies de l'Orient, ils y introduisirent le dualisme, et mêlèrent tout cela à un peu de christianisme, créant en réaction le culte et les croyances connus sous le nom de montanisme. Insensiblement, ils s'éloignèrent. Pourquoi s'éloignèrent-ils ? Parce qu'ils cherchaient à satisfaire la pensée, la philosophie et le raisonnement des hommes, afin d'obtenir leur soutien et probablement leurs éloges. C'est ainsi que naquit le gnosticisme. Le montanisme fut une tentative de retour aux principes premiers de l'Évangile. De ces deux courants, ainsi que d'autres doctrines philosophiques et intellectuelles qui furent introduites, se développèrent les croyances et les pratiques chrétiennes qui furent finalement établies avec leur siège à Rome. ¶
Mise en garde contre les changements dans l'ordre établi de l'Église ¶
Il y a là une leçon profonde pour nous aujourd'hui. Déjà, des doctrines qui n'ont ni part ni place dans les doctrines pures de l'Évangile rétabli s'introduisent parmi nous. Ces hérésies s'infiltrent insidieusement. Elles nous viennent des philosophies des hommes, et pour une bonne part, des philosophies des érudits chrétiens de notre époque. Elles rendent nos doctrines, comme elles ont rendu les croyances chrétiennes primitives, plus acceptables à nos philosophes, mais tout aussi sûrement qu'elles ont détruit l'église chrétienne aux premiers temps, elles nous détruiront tout aussi sûrement si nous ne les arrêtons pas là où elles en sont. ¶
Il est facile de voir aussi comment l'église chrétienne primitive s'est éloignée des pratiques simples que le Seigneur avait établies et que ses apôtres suivaient. ¶
Je veux dire un mot en particulier à vous, frères et sœurs, qui venez de contrées lointaines, vous qui vivez dans les régions périphériques de l'Église, entourés comme vous l'êtes par la masse des gens qui ne croient pas ce que vous croyez ; vous êtes soumis à leurs influences, à leurs relations sociales, à leurs habitudes et à leurs coutumes. Vous constatez inévitablement qu'ils cherchent à vous entraîner, et vous, étant humains, devez lutter pour ne pas être entraînés. Préservez, je vous le dis, frères et sœurs, la simplicité de nos rites, si peu nombreux soient-ils, et de nos cérémonies. Ne commencez pas à introduire des habits élaborés et un cérémonial dans l'administration de la Sainte-Cène. Je vous étonnerais si je vous disais jusqu'où l'on rapporte que certains sont allés. ¶
Je vous en prie, ne nous dites pas : « Vous ne comprenez pas, vous êtes ici, et nous sommes dans ces grandes zones métropolitaines, et vous ne connaissez pas nos problèmes. » Eh bien, certains d'entre nous les connaissent. Certains d'entre nous ont vécu dans de grandes zones métropolitaines. Il n'y a aucune zone où, par exemple, la Sainte-Cène ne puisse être administrée simplement. Votre situation n'est pas particulière, inconnue. ¶
De plus : vous avez parfois de longues distances à parcourir pour vous rendre à vos réunions, mais il en va de même pour les habitants de bien des régions rurales de cet État, de l'État au sud, et de l'État au nord. Ils s'en accommodent, et vous le pouvez aussi. N'essayez pas d'en arriver à pouvoir accomplir tout votre culte en quelques heures, le dimanche matin. Ne faites pas cela. Ce que j'espère que vous comprenez, c'est ceci : n'essayez pas de changer l'ordre établi de l'Église pour l'adapter à ce qui vous paraît être une situation particulière qui vous est propre. Vous n'êtes pas dissemblables, vous êtes pareils, et si vous changez, et que quelqu'un d'autre change pour convenir à sa commodité et à sa situation particulière, puis quelqu'un d'autre encore ailleurs, et ainsi de suite, nous en viendrons à un moment où notre unité, non seulement d'observance, mais de foi, cessera. ¶
Je vous en supplie, mes frères et sœurs, tenez ferme la barre de fer. ¶
Vous ne vous tromperez jamais en suivant les instructions et le conseil de celui qui se tient à la tête, comme porte-parole de Dieu sur la terre. ¶
Que le Seigneur nous donne la foi et la force, qu'il nous donne la détermination, puissions-nous être vaillants, puissions-nous avoir du courage, puissions-nous toujours vivre simplement, puissions-nous adorer Dieu dans nos cœurs, et non simplement par cérémonie ; puissions-nous être véritablement son peuple, c'est ce que je prie humblement au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶