Pulpit

Incidents tirés de la vie missionnaire

George Albert Smith

1945 October General Conference·General Priesthood Meeting·1945-10-06

Mes frères, vous avez été très patients au cours des deux derniers jours ; vous avez passé une grande partie de votre temps en réunion. Ordinairement, on deviendrait extrêmement fatigué, mais si nous jouissons de l'esprit du Seigneur, il nous soulage de cette fatigue, et nous sommes heureux.

Incidents tirés de la vie missionnaire

Je me souviens, jeune homme et missionnaire dans les États du Sud, de la première conférence à laquelle j'ai assisté. C'était en pleine forêt, sur une ferme du Mississippi. Nous n'avions pas de sièges confortables où nous asseoir. Les frères avaient eu la permission d'abattre quelques arbres et de disposer les troncs de ces arbres en travers des souches qui restaient. Nous nous tenions en équilibre là-dessus, ou bien nous nous asseyions par terre.

Notre réunion commença tout de suite après le petit déjeuner, et nous ne pensions même pas qu'il était nécessaire de manger autre chose avant le soir. Nous restâmes et jouîmes de l'inspiration du Tout-Puissant, et nous fûmes certainement bénis, malgré les désagréments et les inconforts qui nous entouraient. À cette époque, il y avait une hostilité considérable manifestée dans le Mississippi et d'autres États du Sud, mais nous avions simplement l'impression d'être entrés dans la présence de notre Père céleste, et toute crainte et toute anxiété nous quittaient. Ce fut ma première expérience, sur le champ de mission, d'assister à une conférence, et depuis ce temps jusqu'à aujourd'hui, j'ai apprécié le fait que la compagnie de l'esprit du

Seigneur est un antidote à la fatigue, à la faim, à la crainte, et à toutes ces choses qui parfois nous accablent dans la vie.

J'ai apprécié les discours de mes frères. Il y en avait plusieurs autres que nous avions espéré entendre aujourd'hui, des hommes qui ont accompli des missions dans des pays étrangers et qui n'ont jamais eu l'occasion de faire leur rapport. Je pense que demain nous tâcherons de leur donner assez de temps pour dire, au moins, qu'ils sont heureux d'avoir eu la permission de rentrer chez eux.

Nous avons chanté « Fais ce qui est juste ». Lorsque j'étais pour la première fois sur le champ de mission, je me rendis dans une région du pays où cet hymne était, semble-t-il, connu de la communauté. Deux humbles missionnaires, après avoir marché jusque tard dans l'après-midi sous le soleil, dans la chaleur de l'été, arrivèrent à une petite maison au bas d'une colline. Lorsque les missionnaires arrivèrent, ils trouvèrent des amis qui les invitèrent à entrer pour partager leur maigre repas. Puis on leur demanda de sortir dans la fraîcheur de l'ombre de l'après-midi, sur l'un de ces confortables porches du Sud, ouverts entre deux pièces, et de chanter quelques hymnes. Ces gens n'étaient pas membres de l'Église, mais ils appréciaient les hymnes des saints des derniers jours.

Les missionnaires avaient été menacés dans cette région. L'un des hommes qui les avaient menacés avait surveillé la route et avait ainsi appris quand ils arrivaient. Il envoya un message à ses compagnons, qui sellèrent leurs chevaux, prirent leurs fusils et montèrent jusqu'au sommet de la colline surplombant la petite maison. Les missionnaires n'en savaient rien ; ils ne savaient pas qu'au-dessus même de leurs têtes, non loin de là, se trouvait un nombre considérable de cavaliers armés. Mais ils avaient l'esprit du Seigneur, et tandis qu'ils étaient assis là, dans la fraîcheur de l'après-midi, chantant des hymnes, l'hymne qui semblait avoir été préparé pour l'occasion était « Fais ce qui est juste ». Ils se trouvaient être de bons chanteurs, et leurs voix s'élevèrent dans l'air calme. Ils n'avaient chanté qu'un seul couplet lorsque le chef de la bande ôta son chapeau. Ils chantèrent un autre couplet, et il descendit de cheval, et les autres descendirent aussi de leurs chevaux, et au moment où le dernier couplet fut chanté, ces hommes étaient repentants. Sur l'avis de leur chef, ils s'en allèrent sans se faire connaître. Le chef fut si impressionné par ce qu'il avait entendu chanter les missionnaires qu'il dit à ses compagnons : « Nous avons fait erreur. Ce ne sont pas le genre d'hommes que nous pensions. Les hommes méchants ne peuvent chanter comme des anges, et ces hommes chantent comme des anges. Ils doivent être des serviteurs du Seigneur. »

Il en résulta que cet homme se convertit à l'Église et fut plus tard baptisé. Et je n'entends jamais chanter cet hymne sans penser à cette expérience si peu ordinaire, où deux missionnaires, sous l'influence de l'esprit de Dieu, détournèrent d'eux les armes de l'adversaire et amenèrent le repentir dans l'esprit de ceux qui étaient venus les détruire.

Événements des derniers jours prophétisés

Pendant que les frères parlaient aujourd'hui, une Écriture m'est revenue à l'esprit, et je voudrais en lire un passage, car il me semble que nous vivons précisément l'époque à laquelle elle se réfère. Je pense au troisième chapitre de la Deuxième épître à Timothée, qui dit ceci :

Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains,... ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien,... ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là. Il en est parmi eux qui s'introduisent dans les maisons, et qui captivent des femmes d'un esprit faible et borné, chargées de péchés, agitées par des passions de toute espèce....

Mais les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes. Toi, demeure dans les choses que tu as apprises, et reconnues certaines, sachant de qui tu les as apprises ; dès ton enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ. Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. (2 Tim. 3.)

Et donc, mes frères, nous vivons dans les derniers jours ; nous approchons d'un temps, si nous n'y sommes déjà, où « ... la paix sera enlevée de la terre, et le diable aura pouvoir sur ses possessions. » (D. et A. 1:35.) Nous avons de la chance d'avoir été rassemblés des nations de la terre dans l'Église. Il a de la chance, ce grand corps de prêtrise, ce soir, peut-être le plus grand groupe de détenteurs de la prêtrise jamais réuni à la fois dans cette maison, chacun représentant du Seigneur.

Exhortation à la fidélité

Je suis reconnaissant de vous voir si nombreux ici ce soir, laissant de côté d'autres choses qui auraient pu être faites. Vous avez été occupés, dans bien des cas, toute la journée, et pourtant, lorsque la prêtrise est convoquée, vous venez comme pour dire : « Me voici, Seigneur. » Si, dans nos foyers, nous vivons de telle sorte que l'esprit du Seigneur demeure avec nous, nous serons toujours prêts à dire, lorsque l'appel viendra : « Me voici, Seigneur. »

Ce soir, je me félicite avec vous, que dans le calme paisible de ces collines éternelles, dans le confort de cette grande maison de Dieu, il nous soit permis de nous réunir, non pour planifier notre élévation financière, notre élévation sociale, mais pour planifier comment nous pouvons trouver notre place dans le royaume des cieux, pour y demeurer éternellement avec Jésus-Christ, notre Seigneur. Nous serons tous tentés ; aucun homme n'est libre de la tentation. L'adversaire usera de tous les moyens possibles pour nous tromper ; il a essayé de le faire avec le Sauveur du monde, sans succès. Il l'a essayé avec bien d'autres hommes qui ont possédé l'autorité divine, et parfois il trouve un point faible, et l'individu perd ce qui aurait pu être une grande bénédiction s'il était resté fidèle. Je veux donc vous supplier, mes frères, d'être comme des ancres dans la communauté où vous vivez, afin que d'autres soient attirés vers vous et se sentent en sécurité. Laissez votre lumière briller de telle sorte que d'autres, voyant vos bonnes œuvres, aient le désir dans leur cœur de vous ressembler. Où que vous alliez, gardez à l'esprit le fait que vous représentez celui qui est l'auteur de notre être. La prêtrise que vous détenez n'est pas la prêtrise de Joseph Smith, ni de Brigham Young, ni d'aucun autre homme qui a été appelé à diriger l'Église, chez nous ou à l'étranger. La prêtrise que vous détenez est le pouvoir de Dieu, qui vous a été conféré d'en haut. Il a fallu que des êtres saints soient envoyés sur la terre il y a un peu plus de cent ans pour rétablir cette glorieuse bénédiction qui avait été perdue à la terre pendant des centaines d'années. Nous devrions assurément être reconnaissants pour nos bénédictions.

Souvenez-vous que tant que nous chercherons le Seigneur et garderons ses commandements du mieux que nous le savons, l'adversaire n'aura aucun pouvoir sur nous pour nous conduire à une transgression qui pourrait nous faire perdre notre place dans le royaume céleste.

La ligne de démarcation entre le bien et le mal

Je voudrais répéter quelque chose que j'ai dit bien des fois comme guide à certains de ces jeunes hommes. C'était un conseil de mon grand-père, dont j'ai reçu le nom. Il disait : « Il y a une ligne de démarcation bien définie entre le territoire du Seigneur et le territoire du diable. Si tu restes du côté du Seigneur de cette ligne, l'adversaire ne peut venir t'y tenter. Tu es parfaitement en sécurité tant que tu restes du côté du Seigneur de la ligne. Mais, » disait-il, « si tu passes du côté du diable de la ligne, tu es sur son territoire, et tu es en son pouvoir, et il travaillera sur toi pour t'éloigner le plus possible de cette ligne, sachant qu'il ne peut réussir à te détruire qu'en te tenant loin de l'endroit où se trouve la sécurité. »

Toute sécurité, toute droiture, tout bonheur se trouvent du côté du Seigneur de la ligne. Si tu gardes les commandements de Dieu en observant le jour du sabbat, tu es du côté du Seigneur de la ligne. Si tu t'adonnes à tes prières secrètes et à tes prières familiales, tu es du côté du Seigneur de la ligne. Si tu es reconnaissant pour la nourriture et que tu exprimes cette gratitude à Dieu, tu es du côté du Seigneur de la ligne. Si tu aimes ton prochain comme toi-même, tu es du côté du Seigneur de la ligne. Si tu es honnête dans tes relations avec ton prochain, tu es du côté du Seigneur de la ligne. Si tu observes la Parole de Sagesse, tu es du côté du Seigneur de la ligne. Et ainsi je pourrais parcourir les dix commandements et les autres commandements que Dieu a donnés pour nous guider, et dire encore une fois que tout ce qui enrichit nos vies, nous rend heureux et nous prépare à la joie éternelle est du côté du Seigneur de la ligne. Trouver à redire aux choses que Dieu nous a données pour nous guider n'est pas du côté du Seigneur de la ligne. Se poser en receveur de rêves et de visions pour guider la famille humaine n'est pas du côté du Seigneur de la ligne ; et lorsque des hommes, comme ils l'ont parfois fait afin de réussir dans une voie ou une autre, sont venus vers une personne ou des personnes en disant : « J'ai eu ce rêve, et voici ce que le Seigneur veut que nous fassions », vous pouvez savoir qu'ils ne sont pas du côté du Seigneur de la ligne. Les rêves, les visions et les révélations de Dieu aux enfants des hommes sont toujours venus par son serviteur régulièrement désigné. Vous pouvez avoir des rêves et des manifestations pour votre propre réconfort et votre propre satisfaction, mais vous n'en aurez pas pour l'Église, à moins que Dieu ne vous désigne pour occuper la place qu'il a donnée à ses prophètes d'autrefois et de nos jours, et à moins que vous n'ayez été divinement mandaté pour faire ce qu'il veut que vous fassiez.

Ainsi, frères, nous n'avons pas besoin d'être trompés — il sera facile de l'être — mais nous n'avons pas besoin de l'être si nous honorons Dieu en nous honorant nous-mêmes, nos familles et nos bien-aimés, et nos associés dans les places qu'ils occupent avec droiture.

L'Évangile doit être prêché

C'est un jour et une époque merveilleux où nous vivons. Il ne sera pas long avant que les serviteurs du Seigneur retournent de nouveau vers les nations de la terre en grand nombre. On m'a demandé, il y a quelques heures à peine : « Va-t-on rouvrir la mission d'Europe ? » Je puis vous dire que la mission d'Europe n'a jamais été fermée. Nous avons dû rappeler beaucoup de ceux qui s'y trouvaient, mais nous avons laissé des hommes détenteurs de l'autorité divine. Par désignation, ils ont continué de servir les fidèles, et l'œuvre du Seigneur reste ancrée dans ces pays. Il ne sera pas long avant que ne parte du siège de l'Église une direction pour remettre en ordre tout ce qui doit l'être, avec pouvoir, force et foi, en donnant à ces peuples là-bas une autre occasion, dans bien des cas des occasions qu'ils avaient négligées par le passé, et dans d'autres cas des occasions qu'ils n'ont encore jamais eues.

Nous devons prêcher l'Évangile aux pays d'Amérique du Sud que nous avons à peine touchés. Nous devons prêcher l'Évangile à toute région d'Afrique où nous ne sommes pas encore allés. Nous devons prêcher l'Évangile à l'Asie. Et je pourrais continuer ainsi dans toutes les parties du monde où il ne nous a pas encore été permis d'aller. Je considère la Russie comme l'un des champs les plus fertiles pour l'enseignement de l'Évangile de Jésus-Christ. Et si je ne me trompe, il ne sera pas long avant que les gens qui s'y trouvent désirent savoir quelque chose de cette œuvre qui a réformé la vie de tant de gens. Nous avons quelques-uns de ce pays qui appartiennent à l'Église, des personnes remarquables et capables qui pourraient être appelées, le moment venu, à retourner dans la patrie de leurs parents et à y porter le message si nécessaire à toute l'humanité. Notre obligation la plus importante, mes frères, est de partager avec les enfants de notre Père toutes ces vérités fondamentales, toutes ses règles et ses préceptes qui nous préparent à la vie éternelle, connus sous le nom d'Évangile de Jésus-Christ. Tant que nous n'aurons pas fait cela dans toute la mesure de notre pouvoir, nous ne recevrons pas toutes les bénédictions que nous pourrions autrement recevoir. Mettons donc de l'ordre dans nos propres foyers, préparons nos garçons et nos filles, et nous-mêmes, afin que, si nous sommes appelés à aller dans les diverses régions de la terre, nous soyons prêts à y aller. Ce sera notre grande mission.

La joie dans l'œuvre de l'Église

Je veux vous remercier encore une fois pour la joie que j'ai eue de votre compagnie pendant mon long ministère. Je travaille depuis de nombreuses années. Ma première ordination à un office dans la Prêtrise d'Aaron fut à celui de diacre, à deux rues d'ici même où je me tiens. J'ai été baptisé dans le City Creek, à un pâté de maisons d'ici. J'ai été confirmé membre de l'Église à deux rues d'ici. Mais depuis cette époque, et depuis que j'ai reçu ce don de mon Père céleste, pour lequel je n'ai pas de mots pour exprimer ma gratitude, il m'a appelé à me rendre dans bien des régions de la terre, et plus d'un million de milles ont été parcourus depuis que j'ai été appelé au ministère. J'ai voyagé dans bien des pays et sous bien des climats, et partout où je suis allé, j'ai trouvé de bonnes gens, des fils et des filles du Dieu vivant qui attendent l'Évangile de Jésus-Christ, et il y en a des milliers, des centaines de milliers, des millions, qui accepteraient la vérité s'ils savaient seulement ce que nous savons.

Frères, soyons humbles, soyons pleins de prières, soyons généreux de nos moyens, soyons désintéressés dans notre attitude envers nos semblables. Que nos vies soient telles que nos foyers seront toujours la demeure de la prière et de l'action de grâces, et que l'esprit du Seigneur y sera toujours présent.

Promesses faites aux fidèles

En conclusion, permettez-moi de dire, où que nous soyons, souvenons-nous qu'une portion de l'autorité divine nous a été conférée, et que nous représentons donc le Maître du ciel et de la terre. Et dans la mesure où nous honorerons cette belle et merveilleuse bénédiction, nous continuerons à croître en grâce devant le Seigneur ; nos vies continueront à s'enrichir ; et à la fin, le bonheur éternel dans le royaume céleste sera notre récompense. C'est à cela que sert l'Évangile. Vivons pour en être dignes chaque jour de notre vie, et je prie que, lorsque viendra le temps pour nous de partir, nous ne sentions pas avoir négligé aucun de nos êtres chers, aucun de nos voisins et amis, en manquant de partager avec eux ce qui est plus précieux que tout ce que le monde peut donner, parce que c'est le don de Dieu lui-même.

Je prie que la paix, l'amour et le bonheur demeurent dans vos cœurs et dans vos foyers, et que nous allions de l'avant avec une détermination renouvelée à être dignes de la paix, car elle ne peut demeurer avec nous que lorsque nous vivons nous-mêmes les commandements de notre Père céleste et que nous l'honorons.

Que la paix demeure avec vous et avec vos bien-aimés, et frères, entourez vos familles des bras de votre amour, et unissez-les ensemble dans ce lien d'affection qui assurera le bonheur éternel.

J'invoque sur vous la faveur de notre Père céleste, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursGeorge Albert Smith, « Incidents tirés de la vie missionnaire », 1945 October General Conference, General Priesthood Meeting (1945-10-06). Pulpit Vault, 1945-10-george-albert-smith-incidents-from-missionary-life. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).