Expérience dans l'œuvre des séminaires
Milton R. Hunter
de la prêtrise, et tout l'auditoire de la radio : je me tiens devant ce groupe rassemblé aujourd'hui dans une profonde humilité, tremblant et faible. Je n'ai pas de mots pour exprimer les sentiments intenses qui m'ont complètement rempli durant les vingt-quatre dernières heures. Plus je contemple l'appel qui m'a été adressé, plus la responsabilité se dresse, immense, devant mon esprit, et plus je reconnais ma faiblesse et mon incapacité à remplir cette fonction. Je sais que, sans l'aide de Dieu, la tâche sera trop grande, mais j'espère et je prie de tout mon cœur d'avoir son Saint-Esprit avec moi, afin que, dans ce nouvel appel, je puisse être un serviteur digne pour aider à proclamer l'Évangile de Jésus-Christ. Je fais alliance devant mon Père céleste et devant vous que je ferai de mon mieux, que je donnerai tout mon temps et mes talents, et tout ce dont Dieu m'a béni, pour l'édification de son Église et de son royaume ici sur cette terre. ¶
J'espère que vous me pardonnerez ce matin si je dis quelques mots personnels, mais, au cours des vingt-quatre dernières heures, avec un changement aussi soudain survenu dans ma vie, mon esprit est retourné en arrière sur les événements de ma vie passée, ainsi que sur mon avenir. Je désire exprimer, avec l'aide du Seigneur, quelques-uns de mes sentiments, quelques-uns de mes espoirs. ¶
Expérience dans l'œuvre des séminaires
J'ai toujours aimé l'Évangile de Jésus-Christ plus que tout autre chose dans la vie. J'ai continuellement œuvré dans l'Église depuis mon enfance, avec bonne volonté et bonheur. L'Évangile et les occasions de servir dans l'Église ont été la plus grande bénédiction et la plus grande joie de ma vie. Lorsque je fréquentais le séminaire de l'école secondaire, sous la direction de l'un de nos excellents instructeurs, frère William Tew, je décidai que, si j'en avais un jour l'occasion, j'aimerais être instructeur de séminaire et consacrer mon temps et toute ma vie à enseigner l'Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ. Avec cette pensée à l'esprit, je poursuivis mes études. L'ancien Joseph F. Merrill m'offrit l'occasion, que j'acceptai avec joie, et c'est avec bonheur que j'entrepris cette œuvre. ¶
J'ai eu le grand privilège de passer dix-sept ans dans le système d'éducation de l'Église, dans les séminaires de l'école secondaire et dans les instituts. Ce furent des années de grand bonheur pour moi, des années qui, je le sais, m'ont offert de merveilleuses occasions. Tout au long de cette période, je n'ai jamais laissé passer l'occasion de rendre témoignage aux étudiants de la véracité de l'Évangile et d'essayer de les aider, avec toutes les preuves possibles, à acquérir un témoignage de l'Évangile, et à acquérir les connaissances et le juste esprit qui soutiendront cette grande Église de notre Maître à laquelle nous appartenons. ¶
Je voudrais, à cette occasion, faire remarquer aux parents des jeunes gens de l'Église, ainsi qu'à la Première Présidence et aux dirigeants de l'Église, que j'ai découvert, en travaillant avec les jeunes, qu'ils sont formidables ; qu'ils sont merveilleux ; qu'ils sont remplis du témoignage de l'Évangile ; qu'ils sont tout aussi fermes, tout aussi vrais, tout aussi fidèles, j'en suis sûr, que l'étaient leurs parents ou leurs grands-parents. Je n'ai jamais vu, de ma vie, plus de foi manifestée par un groupe de personnes que je n'en ai vu parmi les jeunes de notre Église avec lesquels j'ai eu le privilège de travailler. Je ne crains pas pour l'avenir de l'Église tant que nos jeunes seront d'une aussi belle qualité, et tant qu'ils resteront remplis de l'esprit de l'Évangile et continueront à mener le genre de vie qu'ils mènent actuellement. Je suis certain qu'ils prendront en temps voulu la direction de l'Église et la poursuivront très efficacement. J'accepte la promesse faite au prophète Joseph, que l'Évangile est sur la terre pour n'en être jamais retiré et pour n'être jamais donné à un autre peuple. ¶
Nous devrions remercier la présidence de l'Église et tous ceux qui œuvrent pour cette grande cause, qui ont rendu possible notre système éducatif. Ils favorisent les grandes occasions dont nous bénéficions à travers lui. Je parle de ce sujet précisément ce matin en raison de mon contact étroit, durant de nombreuses années, avec cette œuvre particulière. Je suis convaincu que le programme éducatif est entièrement conforme à l'Évangile tel qu'il a été révélé au prophète Joseph Smith -- qu'« il est impossible à un homme d'être sauvé dans l'ignorance » ; que « nous ne sommes sauvés qu'à la mesure de la connaissance que nous acquérons » ; que « la gloire de Dieu, c'est l'intelligence ». Le programme éducatif est également tout à fait conforme aux pratiques de l'Église depuis le commencement, durant les jours des pionniers, et jusqu'à l'époque actuelle. Nous sommes un peuple qui sait qu'il doit acquérir la connaissance de la vérité afin de pouvoir progresser vers la divinité. Aussi j'exprime mon appréciation à la Première Présidence et à ses associés pour le privilège que j'ai eu de passer dix-sept ans dans cette excellente œuvre, ainsi que pour toutes les occasions que j'ai eues dans l'Église. ¶
Lorsque j'obtins mon doctorat en Californie, on m'offrit l'occasion d'enseigner à l'institut de Logan. J'étais ravi ; mais lorsque je me rendis en Californie et l'annonçai aux professeurs sous la direction desquels j'avais poursuivi mes études supérieures, ils essayèrent de me persuader de ne pas retourner enseigner en Utah. Ils voulaient que j'enseigne l'histoire, le domaine dans lequel j'avais effectué mes travaux spécialisés, mais j'en parlai à ma femme -- qui est une saint des derniers jours très fidèle et dévouée, et une compagne remarquable -- et ses sentiments s'accordaient avec les miens. Nous reconnûmes que nous avions une grande occasion, à Logan, d'aider les jeunes de l'Église, et nous sentîmes que nous voulions élever notre famille en Utah ; c'est ainsi que nous tournâmes le dos à cette suggestion et retournâmes dans notre État d'origine. Nous avons été très heureux de cette décision. ¶
Témoignages personnels
Avant de terminer mes remarques, je voudrais rendre mon témoignage. Je sais que Dieu vit. Je sais que Jésus-Christ est son Fils bien-aimé. Il est le Sauveur du monde, le Rédempteur, l'auteur du plan du salut éternel. Je sais que Dieu, le Père éternel, par l'intermédiaire de son Fils unique, a rétabli l'Évangile sur la terre par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, dans notre dispensation ; que c'est le véritable Évangile ; que c'est la puissance de Dieu pour le salut. Je sais que, si nous vivons selon ces principes éternels, nous obtiendrons une grande récompense, même celle de la vie éternelle dans le royaume de Dieu. Je sais que notre Père céleste est bon ; qu'il entend et exauce les prières ; qu'il est plein de grâce et de bonté au-delà de notre compréhension ; et qu'il se plaît à bénir ceux qui gardent ses commandements. Le Saint-Esprit a rendu ce témoignage à mon âme avec tant de force que j'en suis aussi certain que je le suis de ma propre existence. Je prie de pouvoir toujours vivre digne de conserver ce témoignage. ¶
Chacun, dans cet auditoire, a sans doute vécu de nombreuses expériences qui lui ont témoigné de la bonté de Dieu et lui ont donné un témoignage de la véracité de l'Évangile rétabli. C'est là que réside la force du mormonisme. J'aimerais vous faire part d'une ou deux de mes expériences. ¶
Au moins deux fois dans ma vie, j'ai été à l'article de la mort, et j'ai été ramené à la vie par le pouvoir de la prêtrise, par la bonté de Dieu. Un jour de juin, alors que j'avais vingt et un ans, j'avais grimpé sur le mât à foin pour l'enfiler afin que nous puissions rentrer notre récolte. Juste au moment où j'avais terminé, le hauban se rompit, et le mât s'écrasa au sol. Il se brisa en de nombreux morceaux. La fourche à foin atterrit, les dents pointées vers le haut, à quelques pas seulement de l'endroit où j'atterris moi-même. Bien que j'eusse fait une chute de près de quinze mètres, la seule blessure que je reçus fut un pied cassé. Le choc, bien sûr, fut terrible. J'allai me coucher, et le lendemain je pensai pouvoir me lever. Je sortis du lit en rampant, et immédiatement tout devint noir, mais, par le pouvoir de Dieu, je fus rétabli en santé et en force. ¶
Onze ans plus tard, lorsque j'obtins mon doctorat, ma condition physique était mauvaise parce que j'avais travaillé très dur. J'enseignais au séminaire de Provo. En novembre, je me rendis à Salt Lake City et me fis extraire les dents de sagesse. Sur le chemin du retour, une tempête se leva, et en vingt-quatre heures je fus gravement malade. Une infection à streptocoques s'était installée dans ma gorge, et pendant les trois semaines suivantes je fus à l'article de la mort. Le médecin n'avait aucun espoir que je me rétablisse. L'évêque vint chez nous et, aussi doucement qu'il le put, dit à ma femme que je ne pourrais pas me rétablir. Mais les instructeurs de séminaire avec qui je travaillais venaient chaque jour et m'administraient. Jamais je n'eus, dans mon esprit, la pensée que je ne guérirais pas. Je savais qu'il y avait encore beaucoup de choses en ce monde que je devais accomplir. En trois semaines, je sortis du lit et retournai dans ma classe. Il fallut cependant une année pour éliminer complètement l'infection de mon organisme. Je suis certain que c'est grâce à l'aide et aux bénédictions de Dieu que je fus rétabli à la vie. À mon retour à l'école, les étudiants me demandèrent à quoi j'attribuais mon rétablissement d'une maladie aussi grave. Je leur rendis témoignage à cette occasion, et je l'ai fait en bien d'autres occasions depuis, que c'était grâce au pouvoir de la prêtrise et à la bonté de Dieu que ma vie avait été préservée. ¶
Je veux rendre mon témoignage aujourd'hui que je sais que ces choses sont vraies et que mon Père céleste a été bon et généreux envers moi, me bénissant plus abondamment que je ne l'ai mérité. Je souhaite sincèrement, et je prie, d'avoir le plein soutien et la foi de tous les membres de l'Église, et la même aide de Dieu dans l'accomplissement de mes devoirs en tant que membre du Premier Conseil des soixante-dix. C'est ma prière humble au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶