Les alliances que contractent les membres de l'Église
George F. Richards
Si mes remarques de ce matin s'adressent principalement aux membres de l'Église, d'autres qui écoutent, ou qui liront peut-être plus tard ce que je vais dire, pourront peut-être apprendre quelque chose des exigences, des alliances et des obligations de ceux qui se joignent à l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, ce que tous les hommes et toutes les femmes doivent faire s'ils veulent être sauvés avec une exaltation dans le royaume de Dieu. ¶
Mais vous, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui autrefois n'étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu… (1 Pierre 2:9-10.) ¶
Les alliances que contractent les membres de l'Église
Les saints des derniers jours sont le peuple de Dieu, un peuple élu, un sacerdoce royal, un peuple de l'alliance, et un peuple qui contracte des alliances. ¶
Les plus grandes et les plus importantes bénédictions que notre Père céleste réserve à ses fils et filles fidèles sont reçues par alliance. L'une des plus grandes bénédictions qu'il a à accorder est l'appartenance à son Église et à son royaume. Elle est reçue par une alliance solennelle. ¶
Lorsque je fus baptisé et confirmé membre de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, il me fut demandé de lever mon bras droit à angle droit et de contracter alliance devant Dieu, les anges et les témoins présents, que je garderais désormais les commandements de Dieu, au fur et à mesure qu'ils me seraient révélés. Ceci représente la nature de l'alliance que contracte toute personne qui est baptisée et confirmée membre de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. On en parle fréquemment comme de l'alliance contractée dans les eaux du baptême. La nature de cette alliance devrait être expliquée à tout candidat au baptême, qui devrait manifester son acceptation volontaire avant d'être baptisé. ¶
Tout homme qui a reçu la Prêtrise de Melchisédek a reçu le serment et l'alliance qui se rattachent à la prêtrise, à savoir qu'il la magnifiera ; pour ce faire, il doit vivre une vie droite et répondre à tout appel de l'autorité qui pourrait lui parvenir dans l'Église, en gardant toutes les autres alliances qu'il a contractées, ou pourrait contracter à l'avenir. Le Seigneur, de son côté, s'engage à lui donner tout ce que le Seigneur possède. ¶
Mais celui qui rompt cette alliance après l'avoir reçue et s'en détourne complètement n'aura pas la rémission des péchés dans ce monde ni dans le monde à venir. (D&A 84:41.) ¶
Les bénédictions du temple sont d'une valeur inestimable. Le but de notre existence, la vie éternelle et l'exaltation, ne peut être atteint sans elles, mais pour recevoir ces bénédictions, nous devons contracter des alliances solennelles de fidélité. ¶
Il y a une loi, irrévocablement décrétée dans les cieux avant la fondation de ce monde, sur laquelle reposent toutes les bénédictions — et lorsque nous obtenons une bénédiction quelconque de Dieu, c'est par l'obéissance à cette loi sur laquelle elle repose. (D&A 130:20-21.) ¶
Nous qui n'avons d'autre intention que d'être fidèles en toutes choses n'hésitons pas à contracter des alliances à cette fin. Chaque alliance que nous contractons avec le Seigneur est pour notre propre bien et notre propre bénédiction. S'il en est parmi nous qui sont faibles et hésitants, craignant de ne pas pouvoir garder les alliances requises de l'Évangile, ils devraient s'appuyer davantage sur l'aide que le Seigneur a promise à tous ceux-là, lorsqu'il a dit : ¶
Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux et mon fardeau léger. (Matthieu 11:28-30.) ¶
Considérer les conséquences de nos actes
Je voudrais que les saints, moi y compris, évitent autant que possible les déceptions et les chagrins, ici-bas et dans l'au-delà, résultant du péché et de la négligence. Beaucoup de nos chagrins, et les plus grands chagrins que nous éprouvons dans la vie, sont de notre propre fait, et auraient pu être évités. ¶
Le remords de conscience, résultant du péché, est l'un des plus grands chagrins, et le plus difficile à guérir. Personne ne peut se permettre de commettre le péché. Il n'y a aucune satisfaction à en tirer qui puisse justifier le chagrin et le remords qui en résultent. Beaucoup de nos chagrins dans la vie sont le résultat de notre manque de réflexion. Nous faisons des choses imprudentes, nuisibles à nous-mêmes et aux autres, sans avoir d'abord bien réfléchi et considéré les conséquences inévitables. Cette pensée est soulignée dans l'histoire intitulée « Clarence et sa mère » : ¶
Une femme, devenue veuve avec un enfant, fut obligée de prendre du linge à laver pour vivre. Un matin, la mère appela Clarence plus tôt que d'habitude, en disant : « Nous avons une plus grande lessive que d'habitude, et il nous faudra beaucoup de bois. » Clarence ne se plaignit pas, mais s'habilla, et, se rendant au tas de bois, en coupa et en rapporta une caisse pleine. Puis il écrivit un petit mot à sa mère et le mit sous son assiette à table. Quand la mère retourna son assiette, elle trouva le mot de Clarence, qui disait ceci : « Maman doit à Clarence 50 cents pour avoir coupé une caisse de bois pleine. » Le visage de la mère s'assombrit un instant, puis elle alla chercher ses maigres économies, y trouva 50 cents, les rapporta et les donna à Clarence. On ne dit pas grand-chose à table, et la mère mangea fort peu de son petit déjeuner. ¶
Le lendemain matin, quand ils retournèrent leurs assiettes à table, il y avait un mot de la mère à Clarence qui disait ceci : « Clarence, débiteur envers sa mère, pour être descendue dans la vallée de l'ombre de la mort afin de lui donner la vie, rien ; pour le gîte et le couvert pendant neuf ans, rien ; pour l'habillement, le lavage et le raccommodage de ses vêtements pendant neuf ans, rien ; total, rien. » ¶
Clarence n'avait pas réfléchi jusqu'au bout à la question, ni pensé combien il devait à sa mère, ni au fait que le dur travail qu'elle devait accomplir était autant pour le bien du garçon que pour elle-même, ni à l'occasion qui lui était ainsi offerte de montrer son amour et sa reconnaissance envers sa mère pour ce qu'elle avait fait et faisait encore pour lui. Clarence n'avait pas songé à quel point il était redevable envers sa mère, ni au fait qu'il ne pourrait vivre assez longtemps, ni travailler assez dur, pour acquitter pleinement la dette de gratitude qu'il lui devait. Beaucoup d'entre nous, adultes, font des choses tout aussi répréhensibles par manque de réflexion. ¶
Beaucoup de membres de l'Église, jeunes et vieux, par insouciance et manque de réflexion, poursuivent dans la vie une voie qui leur causera sûrement un grand chagrin à l'avenir, à eux-mêmes et à ceux qui les aiment le plus, s'ils ne changent pas de voie. Et même s'ils devaient un jour se repentir et amender leur conduite, il se pourrait, comme pour Saul de Tarse, qu'ils gardent pour toujours une écharde dans la chair. ¶
Ma sympathie va à tous ceux-là, et je voudrais les aider à voir et à choisir la meilleure voie. ¶
Il y a aujourd'hui dans l'Église plus de 45 000 hommes de plus de vingt et un ans détenant une charge dans la Prêtrise d'Aaron, qui, s'ils en étaient dignes, auraient dû être ordonnés à la charge d'ancien dans la Prêtrise de Melchisédek à dix-neuf ans, selon l'ordre de l'Église, mais qui n'ont jamais reçu la Prêtrise de Melchisédek, ni les dotations, ni les bénédictions de scellement dans la maison du Seigneur. ¶
Étant âgés de plus de vingt et un ans, une grande proportion d'entre eux sont des hommes mariés, et en tant qu'hommes de l'Église, ils ne peuvent recevoir les dotations et les ordonnances de scellement du temple sans avoir d'abord reçu la Prêtrise de Melchisédek. Il est clair qu'ils n'ont pas été mariés selon la nouvelle alliance éternelle, et que s'ils ont des enfants, ceux-ci ne sont pas nés dans cette alliance. Si les parents d'enfants ainsi nés désirent un jour les avoir pour l'éternité, les enfants devront être scellés à leurs parents, mais cela est impossible tant que le père ne détient pas la Prêtrise de Melchisédek. Si un homme de cette catégorie venait à mourir avant sa femme, il n'a aucune assurance, s'il a rejeté ces ordonnances, que sa veuve ira au temple, après qu'une année se sera écoulée, se faire sceller à son défunt mari et faire sceller leurs enfants à eux. Elle peut décider de se faire sceller à un autre homme digne d'aller au temple, qui aura prouvé son amour pour elle et son désir de l'avoir pour épouse pour l'éternité. De telles décisions sont fréquemment prises, et alors la mère veut faire sceller ses enfants à elle-même, et le seul moyen d'y parvenir est de les sceller à la mère et à l'homme auquel elle est scellée. Ceci fait, le père a perdu sa femme, et il a perdu ses enfants. Ces membres adultes de la Prêtrise d'Aaron, ayant femme et enfants, ont-ils bien réfléchi à cette question, et décidé de courir le risque de perdre leur femme, leurs enfants, et leur propre salut ? Un tel manque de réflexion, une telle indifférence et une telle négligence peuvent se révéler une source de chagrin éternel. ¶
été. (Extrait de « Maud Muller ».) ¶
… dans le Seigneur, la femme n'est pas sans l'homme, ni l'homme sans la femme. (1 Corinthiens 11:11.) ¶
Une plénitude de gloire ne peut être obtenue en dehors des liens du mariage, dans la nouvelle alliance éternelle, et rien de moins qu'une plénitude de gloire ne sera satisfaisant en fin de compte. Ce sera bien dommage si, par insouciance et négligence, des hommes de l'Église venaient à perdre leur femme, leurs enfants et leur salut. Ce sont là parmi les plus grandes bénédictions que notre Père ait à donner. Le prophète Joseph Smith a laissé une déclaration écrite selon laquelle, lorsque Dieu offre à un homme une connaissance ou une bénédiction, et qu'il la rejette, cet homme est condamné. (Compendium, p. 279.) Si, par négligence, un homme perd sa femme, ses enfants et son salut, ce serait là une condamnation qu'il se serait lui-même infligée. ¶
Notre devoir envers nos morts
Il naît en tout homme de l'Église une responsabilité envers ses ancêtres décédés, celle de les retrouver par la recherche généalogique, puis d'accomplir pour eux le travail du temple, ou de le faire accomplir — toutes les ordonnances de l'Évangile nécessaires aux vivants étant tout autant nécessaires aux morts. Depuis la visitation d'Élie au prophète Joseph Smith et à Oliver Cowdery, dans le temple de Kirtland, le 3 avril 1836, des sociétés généalogiques ont été organisées et des bibliothèques généalogiques établies dans ce pays et dans d'autres, et l'esprit d'Élie s'est manifesté parmi les peuples du monde, dans leur recherche pour connaître leurs ancêtres décédés (voir Comp., p. 282), et des milliers d'histoires familiales ont été publiées et placées dans ces bibliothèques, et ainsi rendues accessibles aux membres de l'Église. Nous voyons en cela la main du Seigneur se manifester par l'intermédiaire de non-membres de l'Église, pour accomplir ses desseins dans la rédemption des morts. ¶
La recherche généalogique est le premier pas à franchir dans l'œuvre de rédemption des morts, et comme le travail du temple ne peut être accompli tant qu'on n'a pas suffisamment d'informations pour identifier les morts dans les registres, cela met l'importance de la recherche généalogique sur un pied d'égalité avec le travail du temple lui-même. ¶
Le prophète Joseph Smith a dit que « la plus grande responsabilité que Dieu nous ait imposée dans ce monde est de rechercher nos morts. » (Comp., p. 254.) Cela comprend à la fois la généalogie et le travail du temple. ¶
Si, tant que nous sommes en vie, nous négligeons entièrement ce devoir sacré envers nos morts, il ne fait aucun doute que nous serons justement blâmés par eux lorsque nous les rencontrerons. Avons-nous réfléchi à cette question et tiré des conclusions justes quant à ce que sera notre avenir en ce qui concerne cet aspect de notre œuvre religieuse et de notre responsabilité ? ¶
Il faut espérer qu'en fin de compte il ne nous viendra ni déception ni remords à cause de la négligence. ¶
Sommes-nous vraiment sûrs d'avoir pleinement rempli notre devoir envers nos voisins et nos associés qui ne sont pas des nôtres, dans un effort pour leur faire connaître le fait du rétablissement de l'Évangile ? C'est un temps d'avertissement, et celui qui a été averti doit avertir son prochain. (Voir D&A 88:81.) ¶
Avons-nous réfléchi à cette question et satisfait notre conscience sur ce point ? Nous avons toujours devant nous l'espoir de la récompense et la crainte du châtiment ou de la déception, comme autant d'incitations à faire ce que nous savons devoir faire, et à ne pas faire ce que nous savons ne pas devoir faire, tout cela contribuant au salut, car il est écrit : ¶
… jusqu'à la loi le péché était dans le monde. Or, le péché n'est pas imputé, quand il n'y a pas de loi (Romains 5:13), et… là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas non plus de transgression. (Romains 4:15.) ¶
Un témoignage du rétablissement de l'Évangile
Nous avons reçu l'Évangile, la loi, et nous ne serons justifiés que lorsque nous aurons vécu la loi telle que nous la comprenons. Nous ne serons pas non plus justifiés de vivre dans l'ignorance de la loi, alors que nous avons d'aussi merveilleuses occasions d'apprendre et de connaître. ¶
En tant que témoin du Seigneur Jésus-Christ, je désire vous rendre mon témoignage que je sais que l'œuvre à laquelle nous, saints des derniers jours, sommes attachés, est l'œuvre du Seigneur, l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, rétabli sur la terre en cette dispensation de l'Évangile, dans la plénitude des temps, avec tous ses dons, ses ordonnances et ses bénédictions, par l'intermédiaire de Joseph Smith, que Dieu a suscité pour être le puissant prophète des derniers jours. C'est la puissance de Dieu pour le salut de tous ceux qui en reçoivent les ordonnances et en obéissent aux préceptes. Elle est enseignée, pratiquée et administrée avec autorité aux croyants repentants par les saints des derniers jours, communément appelés « mormons ». Son effet sur celui qui l'accepte avec sincérité est de l'établir dans des habitudes de conduite qui font une vie meilleure, un caractère plus noble, une paix plus pleine et plus durable, et un plus grand espoir de vie éternelle. Elle exerce sur la vie de chacun un effet à la fois modérateur et stimulant, le retenant de faire le mal et le stimulant à faire le bien. Elle enseigne le chemin de la vie et du salut, et encourage à y marcher. ¶
L'Évangile m'enseigne que je suis un fils, né esprit, de Dieu le Père éternel, un frère de Jésus-Christ, de la plus noble naissance et lignée. Il m'enseigne que j'ai hérité du Père ces qualités et ces attributs qui, dans leur perfection, font de Dieu le Père ce qu'il est ; que je suis placé ici sur la terre dans le but, en partie, de perfectionner en moi les qualités et attributs de la Déité qui y ont été implantés, avec le commandement : ¶
Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. (Matthieu 5:48.) ¶
Il est aussi écrit : ¶
Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant, ¶
Voilà en effet une aspiration élevée, mais à la fois scripturaire et raisonnable. Il est écrit que les choses terrestres sont à l'image des choses célestes. Il est tout à fait naturel que le Fils désire devenir semblable à son Père, que ce soit dans un sens terrestre ou céleste. Dans cette pensée, et cette possibilité, il y a un grand réconfort, et un encouragement à contracter toute alliance nécessaire de fidélité, et à garder fidèlement les alliances contractées. ¶
Nous avons la responsabilité, donnée de Dieu, de prêcher cet Évangile du royaume dans le monde entier en témoignage à toutes les nations avant que la fin ne vienne ; et nous invitons tous les hommes à venir au Christ dans son royaume, par l'obéissance aux lois, aux ordonnances et aux préceptes de son Évangile, dont nous sommes les représentants et les témoins. ¶
Que le Seigneur ajoute ses bénédictions sur nous tous, selon nos divers besoins, telle est ma prière, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶