Pulpit

Bénédiction pour ceux qui travaillent dans l'Église

Heber J. Grant

Conférence générale d'octobre 1944·Session du matin du premier jour·1944-10-06

Une fois de plus, mes frères, j'ai le privilège d'être avec vous en une nouvelle conférence générale de l'Église, et je rends témoignage que je sais que c'est par le pouvoir guérisseur et soutenant de Dieu que je suis ici. Dans six ou sept semaines encore, si le Seigneur le veut bien, j'entrerai dans ma quatre-vingt-neuvième année ; j'aurai accompli soixante-deux ans depuis que je suis devenu l'un des apôtres, et j'aurai servi vingt-six ans comme président de l'Église. En tout cela, et en bien d'autres choses, le Seigneur m'a richement béni ; et je suis reconnaissant de pouvoir dire que je me porte mieux maintenant que je ne l'ai été pendant certaines des semaines et des mois qui viennent de s'écouler. Je viens au bureau presque tous les jours, et je ne m'abstiens de vous parler aujourd'hui que sur le conseil de mon médecin, dont je suis habituellement l'avis.

Je remercie les saints des derniers jours du fond du cœur pour leur foi et pour leurs prières, par lesquelles ils ont supplié Dieu en ma faveur, pour son esprit, pour la santé, pour la vigueur du corps et de l'esprit. Je suis ici pour témoigner que Dieu entend et exauce la prière, et je prie pour que ses bénédictions soient sur Israël et sur tous les hommes honnêtes, partout.

Bénédiction pour ceux qui travaillent dans l'Église

Je désire tout particulièrement adresser ma bénédiction à tous les hommes et à toutes les femmes qui président dans tous les pieux de Sion à travers l'Église, dans toutes les missions, dans toutes les paroisses, dans tous les collèges de la prêtrise et dans toutes les organisations auxiliaires. Je suis convaincu, sans l'ombre d'un doute, qu'on ne saurait trouver, en aucune partie du monde, d'autres hommes et d'autres femmes donnant plus généreusement de leur temps, de leurs talents et du meilleur d'eux-mêmes pour le salut des âmes des hommes. Je suis persuadé qu'il n'existe aucun autre peuple qui consacre davantage de son temps, de son argent, de ses pensées et de son être même à l'avancement de l'œuvre de Dieu, chez nous et à l'étranger, que les saints des derniers jours. Et avec toute la puissance que Dieu m'a donnée, je désire bénir les hommes et les femmes qui donnent ainsi leur temps et leurs pensées et qui donnent des exemples dignes d'être imités, non seulement par ceux sur qui ils président, mais par tous les hommes. Tout homme et toute femme qui travaille pour le salut des âmes des hommes et qui garde les commandements de Dieu a droit d'être béni, et je prie Dieu que ses bénédictions viennent sur eux.

La foi et la protection de notre jeunesse

C'est particulièrement en cette période critique que je prie pour la jeunesse de cette génération, et pour tous ceux qui travaillent pour elle et avec elle, et qui sont responsables de son instruction. Leur vie est assaillie par de nombreuses tentations, par le mal et par les desseins de ceux que le Seigneur a choisi d'appeler des « hommes conspirateurs ». Je prie pour que ceux qui sont chez eux et ceux qui sont au loin, dans les forces armées ou ailleurs, soient préservés du mal sous toutes ses formes, par les prières et l'exemple juste de leurs parents, par le souvenir des enseignements reçus dans leur foyer et

dans l'Église, par leur propre fidélité et leur esprit de prière, et par l'influence protectrice des anges du ciel.

Une expérience me revient à l'esprit, concernant mon frère Fred, après la mort de notre père. À cause des mauvais traitements d'un beau-père et de la négligence dont il fut victime, mon frère, alors jeune homme, s'enfuit ; et frère Marriner W. Merrill, qui était alors évêque de Richmond, dans l'Utah, me raconta que la nuit qui suivit la fuite de mon frère, lui, frère Merrill, se coucha l'esprit rebelle. Il dit : « Je me suis tourné vers ma femme, sœur Merrill, et je lui ai dit : 'Je sens que le Seigneur aurait dû m'inspirer d'arracher ce garçon à l'homme qui l'a élevé. Il l'a maltraité et battu. Son père est mort, et sa mère a quitté l'Église, et maintenant il est parti dans le monde sans espoir qu'il revienne jamais.' » »

Et cette nuit-là, me raconta frère Merrill, il eut un rêve dans lequel il vit mon frère en toutes sortes de mauvaises compagnies, dans de nombreux États différents, et il vit qu'une lumière l'entourait. Dans le rêve, il dit : « Que signifie cette lumière ? » Et une voix répondit : « C'est l'influence qu'un père fidèle, craignant Dieu et le servant, peut avoir sur un fils pour l'empêcher de s'égarer et pour finalement le ramener à la vérité. »

Des années plus tard, quand mon frère revint et se joignit à l'Église, comme je l'ai raconté ici à la dernière conférence, il accomplit le rêve de frère Merrill, car frère Merrill avait dit qu'il le voyait travailler dans toute l'Église, amenant des garçons égarés à la connaissance de la vérité ; et il œuvra effectivement du Canada jusqu'au Mexique dans ce service.

Je suis certain que nous avons besoin, aujourd'hui, d'une lumière pour entourer nos garçons et nos filles, et je prie pour que l'influence protectrice de parents fidèles, craignant Dieu et le servant, les accompagne et les garde partout où ils vont. Je crois qu'avec la fidélité et l'obéissance des parents, de bonnes influences au foyer, et une instruction et un exemple appropriés donnés à la jeunesse, nous pouvons la préserver de toutes les tentations du malin.

J'éprouve de la compassion pour nos jeunes gens à cause de ces tentations qui les assaillent. Je les exhorte, comme je l'ai toujours fait, à vivre pleinement l'Évangile de Jésus-Christ. De cette manière, ils connaîtront la santé et le bonheur, ils réussiront dans cette vie et une éternité de joie les attend dans la vie à venir. Je les bénis du courage nécessaire pour affronter les problèmes qui les attendent.

Au sujet de la vertu

Je veux dire aussi, en ce moment, que le mal criant de notre époque est le manque de vertu. Il n'y a qu'une seule norme de moralité dans l'Église du Christ. On nous a enseigné, à des milliers d'entre nous qui avons été élevés dans cette Église depuis notre enfance, que le péché de perdre sa vertu vient immédiatement après le meurtre ; et je veux le dire aux pères et aux mères, aux fils et aux filles, dans notre Primaire, dans nos Associations d'amélioration mutuelle, dans nos séminaires et instituts, à l'École du Dimanche, à la Société de secours et dans tous

nos collèges de la prêtrise — je veux qu'il soit bien compris que l'usage de l'alcool et du tabac est l'un des principaux moyens dont dispose l'adversaire pour éloigner les garçons et les filles de la vertu.

Presque toujours, ceux qui perdent leur vertu commencent par prendre part à ces choses qui excitent en eux les passions, ou qui abaissent leur résistance et obscurcissent leur esprit. Consommer du tabac et de l'alcool est de nature à en faire la proie de choses qui, si l'on s'y adonne, sont pires que la mort elle-même. Il n'y a pas de vrai saint des derniers jours qui ne préférerait enterrer un fils ou une fille plutôt que de le ou la voir perdre sa vertu — sachant que la vertu a plus de valeur que toute autre chose au monde.

Le diable est prêt à aveugler nos yeux avec les choses de ce monde, et il nous priverait volontiers de la vie éternelle, le plus grand de tous les dons. Mais il n'est pas donné au diable, et aucun pouvoir ne lui sera jamais donné, de renverser un saint des derniers jours qui garde les commandements de Dieu. Aucun pouvoir n'est donné à l'adversaire des âmes des hommes pour nous détruire si nous accomplissons notre devoir. Mais si nous ne sommes pas absolument honnêtes envers Dieu, alors nous abaissons nos défenses, alors nous avons détruit une partie des fortifications qui nous protègent, et le diable peut entrer. Mais aucun homme qui était chaste et qui gardait les autres commandements du Seigneur n'a jamais perdu le témoignage de l'Évangile ; aucun homme qui avait la connaissance de la vérité ne s'est jamais détourné ni à droite ni à gauche, s'il vaquait à ses devoirs, s'il gardait la Parole de Sagesse, s'il payait sa dîme, s'il répondait aux appels et aux devoirs de sa charge et de son appel dans l'Église.

Plus que jamais auparavant, nous, en tant que peuple, sommes dispersés à travers le monde ; nous portons tous, pour ainsi dire, sur nos épaules, la réputation de l'Église. Et les jeunes gens et les jeunes filles d'aujourd'hui qui pensent faire preuve d'habileté en ayant un peu de vin et un peu d'alcool chez eux, et en faisant ce que le Seigneur leur dit de ne pas faire, posent les fondations qui mèneront finalement à leur destruction. Ils ne peuvent continuer à transgresser les commandements du Seigneur sans se retrouver dans les rapides. Et que sont les rapides ? Les rapides de la consommation modérée d'alcool mènent, neuf fois sur dix, à la consommation excessive, et la consommation excessive mène à la destruction du corps, de l'esprit et de la foi.

Tout saint des derniers jours qui croit véritablement aux commandements contenus dans les Doctrine et Alliances ne doit avoir aucune considération pour son avancement dans la vie s'il ne garde pas ce qu'on appelle la Parole de Sagesse. Il n'y a absolument aucun bienfait pour un être humain à transgresser la Parole de Sagesse, mais il y a tout à gagner, moralement, intellectuellement, physiquement et spirituellement, à lui obéir.

Que dit le Seigneur à ceux qui obéissent à ses commandements ?

Et tous les saints qui se souviennent de garder et de pratiquer ces paroles, marchant dans l'obéissance aux commandements, recevront la santé en leur nombril et de la moelle pour leurs os ;

Et ils trouveront de la sagesse et de grands trésors de connaissance, oui, des trésors cachés ;

et ils courront et ne se fatigueront pas, et ils marcheront et ne faibliront pas. Et moi, le Seigneur, je leur fais la promesse que l'ange destructeur passera à côté d'eux, comme pour les enfants d'Israël, et ne les frappera pas. (D&A 89:18-21.)

Puissent tous les pères et toutes les mères régler leur vie de telle sorte que leur exemple soit une inspiration pour leurs enfants, et puissent tous comprendre que chaque saint des derniers jours porte, dans une certaine mesure, sur ses épaules, la réputation de l'Église du Christ. Nous nous efforçons d'élever nos enfants pour qu'ils craignent Dieu et vivent une vie digne d'être imitée par tous les hommes. Puissions-nous lire les révélations du Seigneur Tout-Puissant et de son Fils Jésus-Christ, qui nous ont été données et qui sont contenues dans les Doctrine et Alliances ; puissions-nous les lire avec un cœur en prière et humble, recherchant auprès de Dieu la puissance et la force de les vivre, que nous soyons chez nous ou loin de chez nous ; et puissions-nous écouter et suivre le conseil de nos dirigeants qui sont avec nous aujourd'hui, je le prie de toute la puissance que je possède.

Le pouvoir de la prière

J'ai peu ou pas de crainte pour le garçon ou la fille, le jeune homme ou la jeune femme, qui supplie honnêtement et consciencieusement Dieu chaque jour pour être guidé par son esprit. Je suis certain que, lorsque la tentation viendra, ils auront la force de la surmonter grâce à l'inspiration qui leur sera donnée. Supplier le Seigneur de nous guider par son esprit place autour de nous une sauvegarde, et si nous recherchons sincèrement et honnêtement la direction de l'esprit du Seigneur, je peux vous assurer que nous la recevrons. Je suis convaincu que l'une des plus grandes et des meilleures choses au monde pour garder un homme vrai et fidèle dans l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ est de supplier Dieu en secret, au nom de son Fils, pour être guidé par son esprit saint. Je suis convaincu que l'une des plus grandes choses qui puissent survenir dans un foyer, pour amener les garçons et les filles de ce foyer à grandir dans l'amour de Dieu et dans l'amour de l'Évangile de Jésus-Christ, est d'avoir la prière familiale.

Ce n'est pas seulement au père de la famille de prier, mais aussi à la mère et aux enfants de le faire, afin qu'ils participent de l'esprit de prière et soient en harmonie avec l'esprit du Seigneur. Je crois que très peu de ceux qui ont eu une fois la connaissance de l'Évangile s'égarent, que très peu perdent leur foi, s'ils ne négligent jamais leurs prières en famille et leurs supplications secrètes à Dieu.

Mais dès l'instant où un homme cesse de supplier Dieu pour obtenir son esprit et sa direction, aussitôt il commence à devenir un étranger pour lui et pour ses œuvres. Lorsque les hommes cessent de prier pour obtenir l'esprit de Dieu, ils placent leur confiance dans leur seule raison, et ils perdent peu à peu l'esprit de Dieu, tout comme des amis proches et chers deviennent des étrangers l'un pour l'autre s'ils cessent de s'écrire ou de se rendre visite. Nous devrions tous prier pour que Dieu ne nous laisse jamais un seul instant sans son esprit pour nous aider et nous assister à résister au péché et à la tentation.

Réconfort pour ceux qui sont dans le deuil

Je veux dire que mon cœur s'épanche dans la plus profonde des sympathies et dans l'une des prières les plus profondes et les plus sincères que j'aie jamais offertes, pour que l'influence réconfortante du Seigneur soit accordée aux frères et aux sœurs qui ont en ce moment des fils, des frères, des pères et des maris à la guerre. Je prie pour que le Seigneur bénisse chacun des garçons partis au service, et qu'il aide chacun d'eux à vivre selon les principes de l'Évangile, afin que chacun puisse avoir droit aux bénédictions du Seigneur, dans toute la mesure conforme à sa sagesse.

Je prie de toute mon âme et de tout mon cœur pour que cette guerre prenne fin dès que le Seigneur jugera bon d'y mettre un terme. Et pour ces foyers qu'a endeuillés la perte d'êtres chers par la mort, puissent la paix, la compréhension et le réconfort de notre Père céleste y demeurer sans faillir. Et à vous qui êtes endeuillés par la cruauté de la guerre, je dis : n'envisagez pas une vie de soucis, de troubles et d'angoisse, mais attachez-vous seulement aux devoirs et aux responsabilités d'un seul jour, et en accomplissant chaque jour les devoirs qui vous incombent, le fardeau sera allégé, malgré toute la douleur qui pourra survenir dans votre vie et les nombreuses choses qu'il pourra vous être difficile de supporter. Je connais l'angoisse de vos sentiments, et je peux vous dire cela à partir des douleurs de ma propre vie. Je n'ai été béni que de deux fils. L'un mourut à l'âge de cinq ans et l'autre à sept ans. Mon dernier fils mourut d'une maladie de la hanche. J'avais nourri de grands espoirs qu'il vivrait pour répandre l'Évangile chez nous et à l'étranger et qu'il serait un honneur pour moi. Mais il me fut enlevé, comme certains de vos fils vous ont été enlevés. Et jamais de ma vie je ne suis aussi reconnaissant pour l'Évangile de Jésus-Christ que lorsque des membres de ma famille ou des amis bien-aimés sont rappelés dans leur demeure pour recevoir leur récompense finale. Il n'y a rien, dans les révélations que Dieu a données à Joseph Smith, pour quoi je sois plus reconnaissant que les citations suivantes tirées de ce qu'on appelle « La Vision », c'est-à-dire la section 76 des Doctrine et Alliances :

Et ceci est l'Évangile, la bonne nouvelle dont la voix venue des cieux nous a rendu témoignage :

qu'il est venu dans le monde, lui, Jésus, afin d'être crucifié pour le monde, de sanctifier le monde et de le purifier de toute injustice ;

que, par son intermédiaire, tous ceux que le Père a mis en son pouvoir et faits par lui seront sauvés ;

lui qui glorifie le Père et sauve toutes les œuvres de ses mains, sauf ces fils de perdition qui renient le Fils après que le Père l'a révélé. (D&A 76:40-43.)

Et maintenant, après les nombreux témoignages qui ont été rendus de lui, voici le témoignage, le dernier de tous, que nous rendons de lui : qu'il vit !

Car nous le vîmes, et ce, à la droite de Dieu ; et nous entendîmes la voix rendre témoignage qu'il est le Fils unique du Père —

que par lui, à travers lui et en lui, les mondes sont et furent créés, et que les habitants en sont des fils et des filles engendrés pour Dieu. (D&A 76:22-24.)

Je sais, aussi certainement que je sais quoi que ce soit dans cette vie, que Jésus-Christ est en vérité le Sauveur de l'humanité, et que Dieu a jugé bon d'

établir l'Église de Jésus-Christ sur la terre. Je remercie le Seigneur d'avoir une connaissance durable de Dieu, notre Père, et de Jésus-Christ, son Fils, et d'avoir le plaisir de rendre témoignage, devant le monde entier, de cette connaissance que je possède.

La mort n'a aucune terreur réelle pour un vrai saint des derniers jours. Un saint des derniers jours fidèle a été béni d'un témoignage de la divinité de l'œuvre à laquelle nous prenons part, et il sait que, lorsqu'il passera de l'autre côté, une éternité de joie et de bonheur l'attend ; et c'est ce que je vous promets — à vous qui avez vécu avec droiture et qui offrez votre vie au service de votre pays, et à vous qui vivez avec droiture et qui restez à attendre, et parfois à pleurer.

La liberté et la Constitution

Tout saint des derniers jours fidèle croit que la Constitution des États-Unis a été inspirée de Dieu, et que cette terre de prédilection et cette nation ont été préservées jusqu'à ce jour dans les principes de liberté, sous la protection de Dieu.

Voici quelques déclarations de Lincoln

« Que le peuple connaisse la vérité, et le pays est sauvé. »

« Que nul ne faiblisse s'il pense avoir raison, et nous réussirons. »

« Osons accomplir notre devoir tel que nous le comprenons. »

La citation suivante d'Abraham Lincoln, concernant le respect de la loi, mérite elle aussi d'être souvent répétée ;

Que chaque Américain, que chaque ami de la liberté, que chaque personne bien disposée envers sa postérité, jure par le sang de la révolution de ne jamais violer, dans la moindre mesure, les lois du pays, et de ne jamais tolérer qu'elles soient violées par d'autres. Comme les patriotes de soixante-seize l'ont fait pour soutenir la Déclaration d'indépendance, que chaque Américain engage de même sa vie, ses biens et son honneur sacré pour soutenir la Constitution et les lois. Que chaque homme se souvienne que violer la loi, c'est fouler aux pieds le sang de son père et déchirer la charte de sa propre liberté et de celle de ses enfants. Que le respect de la loi soit inspiré par chaque mère américaine à l'enfant qui balbutie sur ses genoux. Qu'il soit enseigné dans les écoles, dans les séminaires et dans les collèges. Qu'il soit écrit dans les abécédaires, dans les manuels d'orthographe et dans les almanachs. Qu'il soit prêché en chaire, proclamé dans les assemblées législatives et appliqué dans les tribunaux de justice. En un mot, qu'il devienne la Religion politique de la Nation.

Je cite ici deux versets d'une déclaration de l'Église contenue dans la section 134 des Doctrine et Alliances, concernant notre croyance touchant les gouvernements et les lois en général, telle qu'elle fut adoptée à l'unanimité par une assemblée générale de l'Église il y a plus d'un siècle :

Nous croyons que les gouvernements ont été institués par Dieu pour le bénéfice de l'homme et qu'il tient les hommes pour responsables de leurs actes vis-à-vis d'eux, tant pour la promulgation de lois que pour leur application pour le bien et la sécurité de la société.

Nous croyons qu'aucun gouvernement ne peut vivre en paix si ne sont arrêtées et ne demeurent inviolées des lois qui garantissent à chacun la liberté de conscience, le droit à la propriété et la protection de la vie. (D&A 134:1-2.)

Ces principes sont fondamentaux pour notre croyance, fondamentaux pour notre protection. Et dans les desseins du Seigneur, les sauvegardes qui ont été incorporées dans la structure fondamentale de cette nation sont, si nous les préservons, la garantie, pour tous les hommes qui y demeurent, contre les abus, les tyrannies et les usurpations. Depuis mon enfance, j'ai compris que nous croyons absolument que la constitution de notre pays est un instrument inspiré, et que Dieu a dirigé ceux qui l'ont créée et ceux qui ont défendu l'indépendance de cette nation. À ce sujet, j'ai souvent le plaisir de citer la déclaration de Joseph Smith au sujet de la Constitution :

La Constitution des États-Unis est un glorieux étendard ; elle est fondée sur la sagesse de Dieu. C'est une bannière céleste ; elle est, pour tous ceux qui jouissent des douceurs de la liberté, comme l'ombre fraîche et les eaux revigorantes d'un grand rocher dans une terre aride et fatiguée. Elle est comme un grand arbre sous les branches duquel des hommes de tout climat peuvent être protégés des rayons brûlants du soleil.

Et telle doit être la Constitution des États-Unis pour tout saint des derniers jours fidèle qui vit sous sa protection. Que le Seigneur l'aide à penser droit et à suivre une voie droite, sans égard pour un avantage personnel, un intérêt de faction ou une opinion politique, devrait être la prière quotidienne de tout saint des derniers jours. Je vous conseille, je vous exhorte, je vous en supplie : ne permettez jamais, dans la mesure où vous avez voix au chapitre ou de l'influence, qu'on s'écarte des principes de gouvernement sur lesquels cette nation a été fondée, ni qu'on méprise les libertés qui, par l'inspiration de Dieu notre Père, furent inscrites dans la Constitution des États-Unis.

La vie éternelle, le plus grand des prix

Comprenons que Dieu est plus puissant que toute la terre. Comprenons que si nous sommes fidèles à garder les commandements de Dieu et à chérir les principes qu'il a inspirés, ses promesses s'accompliront à la lettre. Car il a dit que pas un iota ni un point ne tombera à terre sans s'accomplir. Le problème, c'est que l'adversaire des âmes des hommes aveugle leur esprit. Il leur jette, pour ainsi dire, de la poussière dans les yeux, et ils sont aveuglés par les choses de ce monde, et l'adversaire obtient un pouvoir sur eux et les prive de leur liberté, ce qu'il a d'ailleurs tenté de faire dès le commencement.

Je vous dis, saints des derniers jours, que la perle de grand prix, c'est la vie éternelle. Dieu nous a dit que le plus grand de tous les dons qu'il puisse accorder à l'homme est la vie éternelle. Nous travaillons pour obtenir ce grand don, et il sera nôtre si nous gardons les commandements de Dieu. Une chose fondamentale pour un saint des derniers jours est d'être honnête. Une autre est de tenir sa parole aussi fidèlement que son engagement écrit ; de se résoudre à ce qu'en aucune circonstance, si difficile soit-elle, avec et par l'aide du Seigneur, il ne cesse de consacrer sa vie et ses meilleures énergies à tenir sa promesse ; et qu'il ne se permette jamais qu'un avantage personnel le conduise à compromettre ses principes.

Je vous dis qu'il n'est pas chose insignifiante de détenir la prêtrise de Dieu — d'avoir le droit d'influencer pour le bien les puissances des cieux ; et ce n'est pas non plus une chose légère pour nous de négliger d'honorer la prêtrise de Dieu chez ceux qui président sur nous, ni de faire fi de leur conseil. Ma foi est telle que je pourrais renoncer à tout ce que je possède plutôt que de m'écarter jamais de l'œuvre des derniers jours. Je considère toutes choses comme rien en comparaison d'avoir l'esprit de Dieu pour me guider. Et je vous promets, en tant que serviteur du Dieu vivant, que tout homme et toute femme qui obéit aux commandements de Dieu prospérera dans la droiture, que toute promesse faite par Dieu s'accomplira sur sa tête, et qu'ils grandiront et croîtront en sagesse, en lumière, en connaissance, en intelligence, et par-dessus tout, dans le témoignage du Seigneur Jésus-Christ. Que Dieu aide chacun d'entre nous qui avons la connaissance de l'Évangile à le vivre, afin que notre vie en prêche la vérité.

Je vous laisse mon témoignage que Dieu vit, que Jésus est le Christ, que Joseph Smith fut et est un prophète de Dieu. Comment le sais-je ? Je le sais aussi certainement que je sais que je vis. Je connais la chaleur ; je connais le froid ; je connais la joie, et je connais la douleur ; et je vous dis qu'à l'heure de la douleur, à l'heure de l'affliction, à l'heure de la mort, Dieu a entendu et exaucé mes prières, et je sais qu'il vit. Je vous laisse mon témoignage.

Puisse Dieu diriger toutes les paroles prononcées en cette conférence. Puisse-t-il bénir notre jeunesse au loin, et nous-mêmes chez nous, et donner sa direction aux dirigeants des nations, et hâter l'accomplissement de ses desseins. Qu'il vous bénisse, tous autant que vous êtes, ainsi que tout homme et toute femme honnêtes qui vivent sur la face de la terre, telle est ma prière humble, et je la présente avec humilité au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursHeber J. Grant, « Bénédiction pour ceux qui travaillent dans l'Église », Conférence générale d'octobre 1944, Session du matin du premier jour (1944-10-06). Pulpit Vault, 1944-10-heber-j-grant-blessing-to-those-who-work-in-the-church. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).