Pulpit

Expériences de Joseph Smith

George Albert Smith

Conférence générale d'octobre 1944·Session de l'après-midi du deuxième jour·1944-10-07

Je pense que personne ne pourrait se tenir ici et regarder une assemblée comme celle-ci sans être frappé de l'importance de cette occasion. Des hommes qui viennent ici de tous les coins des États-Unis pour assister trois jours à la conférence générale, en assumant les frais encourus, et qui siègent en réunion jour après jour pour être instruits par d'autres hommes, sont certainement sérieux. Pourtant, c'est la coutume de cette Église depuis le commencement.

Le but de notre réunion est que nous puissions réfléchir sérieusement et attendre le Seigneur. Nous vivons la vie éternelle, et c'est ici, dans la condition mortelle, que se trouve l'occasion que Dieu nous a donnée de

nous préparer au bonheur. J'ai parfois dit à mes amis, lorsqu'ils semblaient se trouver à la croisée des chemins, incertains de la direction à prendre : « Aujourd'hui est le commencement du bonheur éternel ou de la déception éternelle pour vous. » Nous avons notre libre arbitre ; le Seigneur ne nous l'enlèvera pas.

Expériences de Joseph Smith

Il y a environ cent vingt-cinq ans, un garçon de quatorze ans, nommé Joseph Smith, vivait avec ses parents près de Manchester, dans l'État de New York. On lui avait appris à étudier la Bible. Dans la communauté où il habitait, alors qu'il avait quatorze ans, on tenait des réveils religieux. Les diverses confessions invitaient ceux qui venaient aux réunions à se joindre à l'un de leurs groupes. Ce garçon était quelque peu incertain quant au groupe auquel il devait se joindre. Il voulait appartenir à celui qui plairait à son Père céleste.

Il avait lu dans la Bible : « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il l'a demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée », et gardant cela à l'esprit, il décida de le mettre à l'épreuve. Le Seigneur lui dirait à quelle Église il devait s'identifier.

Il alla dans les bois près de chez lui et s'agenouilla pour prier. Sa propre déclaration est qu'il vit le Père et le Fils, et qu'en réponse à sa question sur l'Église à laquelle il devait se joindre, ils lui apprirent qu'aucune d'elles ne plaisait au Seigneur, et que s'il était fidèle, une grande occasion lui serait donnée d'apporter une nouvelle lumière dans le monde. Ce fut le commencement de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

Avant cela, les gens ne croyaient pas que Dieu pouvait être vu ; ils ne croyaient pas que nous pourrions recevoir des informations supplémentaires. Ils disaient que la Bible contenait tout ce que le Seigneur avait dit et dirait. Mais lorsque ce jeune homme, qui n'avait pas encore quinze ans, écouta la voix de son Père céleste, il sut que les cieux n'étaient pas scellés et que le Seigneur pouvait parler de nouveau ; et bientôt il commença son ministère. Depuis cette époque jusqu'à aujourd'hui, les représentants de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ont parcouru de nombreuses régions du monde, et sont allés avec bonté et amour dans leur cœur, invitant leurs semblables à accepter le message de vérité, non pas à abandonner quelque bonne chose qu'ils possédaient déjà, mais à ajouter aux bonnes choses qu'ils avaient, et à se mettre en état de connaître le but de la vie.

Il en est résulté que le nombre de membres de cette Église a continué de croître. Chassés de leurs foyers à maintes reprises, sous la conduite d'un prophète de Dieu, ils s'établirent finalement au sommet de ces collines éternelles, et depuis lors, cette terre,

alors désolée et rébarbative, a continué de produire, jusqu'à ce qu'aujourd'hui elle soit comme le jardin du Seigneur.

L'importance de la prière

Lorsque les pionniers arrivèrent dans cette vallée, le 24 juillet 1847, c'était un désert. Aujourd'hui, des foyers confortables, des maisons de culte religieux, des établissements commerciaux, tout cela est venu, bâti à partir de rien, si vous voulez, par un peuple qui n'avait, en arrivant, que ce qu'il pouvait apporter dans ses chariots, et depuis lors ils ont cru en Dieu et l'ont adoré en esprit et en vérité. Ils ont envoyé plus de soixante mille de leurs propres membres dans le monde pour partager avec les autres enfants de notre Père l'Évangile de Jésus-Christ, notre Seigneur.

Il en est résulté que nous avons continué d'être heureux ; nous traversons les épreuves de la condition mortelle comme les autres, mais nous avons eu une ancre qui a rendu nos vies délicieuses, et lorsque nous avons été dans le doute, comme le prophète Joseph Smith lorsqu'il était enfant, nous avons ce réconfort : si nous allons vers le Seigneur dans la prière, il nous donnera du réconfort.

Il a été fait mention, dans cette conférence, de l'importance de rechercher le Seigneur dans la prière. Et nous devrions savoir que nos prières ne nous serviront pas à grand-chose si nous ne nous repentons pas de nos péchés. La foi, le repentir, le baptême par immersion pour la rémission des péchés, l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit, sont les enseignements fondamentaux de notre Père céleste envers nous, et ont été le fondement de l'Église depuis son organisation.

Les missionnaires dans les forces armées

Il a été fait mention du fait que nous sommes engagés dans une terrible guerre. Nous y sommes impliqués, si loin que nous soyons des scènes du conflit. Mais il y a deux guerres qui se déroulent, l'une pour la destruction de la vie et des biens humains, l'autre pour la destruction du bonheur éternel. Cette dernière est la plus grave car elle est éternelle.

Aujourd'hui, nous avons relativement peu de missionnaires régulièrement appelés dans le monde, mais nous avons environ quatre-vingt mille membres de l'Église dans les forces armées de notre nation. S'ils ont été correctement instruits dans leurs foyers, et s'ils ont profité de cet enseignement et conformé leur vie à l'inspiration qui devrait en découler, ils sont tous des missionnaires. Ainsi, il y a aujourd'hui dans le monde, par l'exemple sinon par le précepte, quatre-vingt mille missionnaires travaillant pour la cause du Maître, démontrant par leur conduite qu'ils savent que Dieu vit et que Jésus est le Christ.

Beaucoup d'entre eux ne reviendront peut-être pas ; un certain nombre d'entre eux ont déjà donné leur vie afin que la liberté de conscience et de religion demeure dans le monde, mais ils ont affronté leurs épreuves en croyant qu'ils accomplissaient leur devoir envers Dieu autant qu'envers leur pays. Ils ont cette assurance, s'ils ont gardé les commandements de Dieu, qu'ils vivent la vie éternelle, qu'ils ressusciteront d'entre les morts, et qu'ils retrouveront la compagnie de ceux qu'ils aiment lorsque cette terre aura été purifiée de toute impureté et sera devenue le royaume céleste.

Aujourd'hui, vous, les hommes, êtes ici avec cette pensée sérieuse à l'esprit, et lorsque vous lisez les journaux -- et il est très pénible de lire les journaux -- et lorsque vous examinez les revues publiques qui arrivent sur votre table, vous voyez que non seulement le monde est en guerre, mais qu'il s'abreuve de la souillure et de la dégradation de l'humanité par le mot imprimé, et par les informations qui sont diffusées à grande échelle. Je pensais aujourd'hui que si les revues que je trouve sur les tables de mes frères et sœurs, les revues populaires de notre époque, avaient été apportées chez ma mère lorsque j'étais enfant, on m'aurait refusé le privilège de regarder les images et de lire les histoires. Il y a en elles tant de choses qui avilissent et détruisent la moralité de l'humanité. Mais nous continuons sereinement notre chemin et nos enfants y sont exposés. Si nous sommes correctement instruits, c'est une joie d'avoir dans nos foyers la pureté de la vertu, la douceur de la droiture.

Une conversation avec un évêque catholique

Il y a un certain nombre d'années, je voyageais en train avec l'un de nos éminents évêques catholiques -- un homme de très beau caractère -- et tandis que nous conversions et échangions nos impressions, il fit quelques remarques au sujet de la foi des saints des derniers jours et de leur haut niveau de moralité, et laissa entendre qu'il aimerait savoir pourquoi nous étions capables de maintenir une condition aussi désirable.

Je me confiai à lui et dis : « Depuis les genoux de ma mère, on m'a appris que ce corps qui est le mien devait être gardé sacré, comme le tabernacle d'un esprit immortel. On m'a appris, enfant, qu'être pur dans ma vie était très important. En fait, dis-je, à une occasion, mon père m'a appelé auprès de lui alors que je n'étais qu'un jeune homme, et il a dit : "Mon fils, j'ai quelque chose à te dire." » Et je dis à l'évêque : « J'aimais mon père ; je le vénérais presque, et tout ce qu'il me disait pénétrait profondément dans mon âme. Il a dit : "Mon fils, il y a des rapports de mal dans la communauté ; de mauvais hommes et de mauvaises femmes arrivent de différentes régions du pays, un ou deux à la fois. J'espère que tu les éviteras, mais si par hasard un homme méchant devait entrer dans notre foyer et tenter de porter atteinte à l'honneur de ta mère ou de ta sœur, je veux que tu saches, de la part de ton père, que je m'attendrais à ce que tu défendes cet honneur au péril de ta vie. Alors, a-t-il dit, ce n'est pas tout. Je t'impose la même obligation à l'égard de la femme et de la fille de tout autre homme." »

Tandis que l'évêque me regardait, je dis : « Cela a pénétré dans mon âme,

et cela m'a servi d'armure tandis que je voyageais à travers le monde, et cela m'a été une joie de présenter aux autres enfants de notre Père cette norme de vertu : non seulement nous ne devons pas laisser souiller la nôtre, mais nous devons veiller à ce qu'aucune autre famille ne soit souillée. »

Il me regarda et dit : « Je vous remercie pour cette suggestion. Je n'ai jamais rien entendu de tel. J'espère que vous n'aurez pas d'objection si je la répète parmi les miens. »

Il est regrettable que dans le monde aujourd'hui, dans bien des cas, les hommes n'apprécient pas que ce temple qu'est le corps est sacré et devrait être tenu comme tel, que ce corps qui est le nôtre nous a été donné comme un tabernacle pour l'esprit pendant que nous sommes ici dans la condition mortelle, mais que l'esprit qui habite ce tabernacle vient de Dieu. Il en est le Père. Si les hommes s'en rendaient compte, combien ils seraient plus soigneux de protéger ce tabernacle et de le garder sain et agréable.

Le besoin de repentir

Pensez à ce qui nous est présenté dans le monde aujourd'hui. Non seulement l'humanité s'est-elle égarée des enseignements moraux de notre Père céleste, car on nous a dit ici aujourd'hui que parmi les forces armées, ceux qui font face à la mort, un grand pourcentage d'entre eux ne mènent pas une vie morale. Je suis heureux de dire que je crois que dans ce groupe qui est sorti de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, il y en a des milliers qui reviendront chez eux aussi purs qu'ils sont partis, s'ils reviennent, et s'ils ne nous reviennent pas vivants, ils seront prêts à se tenir en présence de leur Créateur et à rendre compte du temps qu'ils ont passé sur terre, et à lui expliquer pourquoi ils s'y trouvent maintenant, parce qu'ils ont offert leur vie mortelle pour protéger leurs semblables.

Aujourd'hui, je pense au besoin non seulement de la prière, non seulement de la foi -- le monde enseigne cela aussi -- mais je pense au besoin, au besoin sublime, si je puis employer ce terme, du repentir des choses du monde et du renoncement aux tentations qui affligent l'humanité.

Nous sommes dans l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours parce que nous désirons la vie éternelle dans le royaume céleste. Nous ne pouvons avoir ce genre de vie à moins de nous garder purs. Peu importerait qui est l'homme, de qui il est le fils, à quelle famille il appartient, ou à quelle Église il appartient, s'il souille son corps, il devra un jour en rendre compte à Dieu pour sa vie ignoble.

Ainsi, nous qui avons reçu un enseignement adéquat, nous devrions inculquer dans la vie de nos familles le sérieux, non seulement de nous garder tels que nous devrions être, mais aussi, si nous devions commettre une erreur, combien grand est le besoin de repentir avant qu'il ne soit trop tard. Mettons donc de l'ordre dans nos maisons. Lorsque nous écrivons à nos bien-aimés qui sont dans l'armée, la marine et l'aviation, envoyons-leur un message de confiance. Disons-leur

: « Nous comptons sur vous », comme la mère patricienne qui donna un bouclier à son fils partant pour l'armée et dit : « Reviens avec lui ou sur lui. » Ainsi pourrions-nous dire à ces garçons, par lettre, si nous ne les avons pas déjà formés : « Reviens pur, ou ne reviens pas du tout. »

Voilà l'Évangile de Jésus-Christ ; voilà le but de cette conférence. La raison pour laquelle nous sommes ici aujourd'hui, c'est que nous croyons sincèrement que nous sommes les fils de Dieu et qu'il désire que nous soyons heureux à jamais, et la vie qui doit nous rendre heureux est celle qui se conforme aux enseignements de l'Évangile de Jésus-Christ, notre Seigneur. Veillons à ce que, où que nous allions, nous enseignions par le précepte l'Évangile du repentir, et que par notre conduite nous vivions l'Évangile du repentir et de la foi en Dieu ; et dans la prière, allons à lui et implorons-le de nous donner le pouvoir de résister au mal et de nous attacher à ce qui est juste, afin qu'à la fin nous puissions avoir la compagnie de ceux que nous aimons, tout au long des âges de l'éternité, et cela ici même sur cette terre, lorsqu'elle deviendra le royaume céleste.

Voilà pourquoi nous sommes ici aujourd'hui, frères. Voilà la bénédiction que Dieu nous a donnée dans l'Évangile de Jésus-Christ -- c'est cette ancre qui devrait nous rendre invulnérables à tout mal, si nous le lui permettons.

Un témoignage

En conclusion, permettez-moi de dire, sachant que je me tiens ici comme l'un des plus âgés parmi vous, que je vous laisse mon témoignage. Ce n'est pas pour moi quelque chose d'imaginaire ; je sais que Dieu vit ; je sais que Jésus est le Christ ; je sais que Joseph Smith est un prophète du Dieu vivant, aussi sûrement que je sais que je me tiens ici et vous parle ; et avec cette connaissance dans mon âme, je supplie que nous allions de l'avant avec foi, avec ferveur dans la prière, avec espoir et courage pour recevoir des mains de notre Père céleste un accueil glorieux lorsque la condition mortelle cessera et que nous passerons à l'immortalité. Je prie qu'il en soit ainsi pour nous et pour tous ceux que nous aimons, où qu'ils soient.

Un appel en faveur de ceux qui ont besoin de réconfort

Un mot de plus. Souvenons-nous des mères de ces hommes qui sont dans le champ missionnaire et dans les forces armées -- car c'est la même chose pour les deux -- souvenons-nous de ces bonnes femmes, et là où elles sont endeuillées, allons au-devant d'elles pour réconforter leur cœur. Elles n'ont pas donné leur propre vie, mais elles ont donné ce qui est plus précieux que la vie elle-même, et nous leur devons, après les sacrifices qu'elles ont faits pour mettre au monde des enfants, de les entourer des bras de notre amour et de leur faire sentir que nous compatissons avec elles, et que nous sommes reconnaissants qu'elles puissent continuer, attendant le rassemblement de la famille lorsqu'il aura finalement lieu.

Que Dieu vous bénisse, et que la paix soit dans vos cœurs et dans vos foyers.

Citer ce discoursGeorge Albert Smith, « Expériences de Joseph Smith », Conférence générale d'octobre 1944, Session de l'après-midi du deuxième jour (1944-10-07). Pulpit Vault, 1944-10-george-albert-smith-experiences-of-joseph-smith. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, catalog.churchofjesuschrist.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).