Encourager les sports et pique-niques en semaine
Spencer W. Kimball
Mes frères et sœurs : je suis profondément reconnaissant du privilège de vous rendre témoignage en cette Conférence générale. ¶
Ce fut pour moi une source de joie de voir combien le peuple est unanimement heureux du choix de frère Mark E. Petersen pour travailler avec nous au Collège des Douze. Ce sera pour moi une grande joie d'être associé à lui. ¶
Impressionné par les chants de la Conférence
Cette Conférence a été des plus inspirantes. L'esprit du Seigneur semble y avoir été présent en riche abondance. J'ai été très impressionné par les chants. De nombreuses personnes qui ont entendu les sessions de la Conférence à la radio m'ont dit que les chants semblaient venir d'un grand chœur masculin entraîné. Chaque chant semblait des plus appropriés et s'intégrait parfaitement au thème de la Conférence à mesure qu'elle se déroulait. Je pense n'avoir jamais entendu le chant « I Need Thee Every Hour » chanté avec autant de puissance, de beauté et d'harmonie qu'il ne l'a été à cette Conférence par ces milliers d'hommes. Peut-être mon appréciation de ce chant venait-elle de mon sentiment d'avoir besoin de l'aide du Seigneur. ¶
Je n'ignore pas la grave responsabilité qui est la mienne en occupant cette position, et je prie sincèrement pour les bénédictions du Seigneur tandis que je me tiens devant vous. ¶
J'ai été impressionné par le chant que vous avez si bien chanté : ¶
Sion se dresse, de collines entourée, ¶
Sion, gardée par une puissance divine. ¶
Heureuse Sion, heureuse Sion, ¶
Quel sort favorisé est le tien ! ¶
Et cette pensée me vint : quel sort favorisé est le nôtre, de pouvoir nous rassembler en Conférence générale et de nous rendre témoignage les uns aux autres, ainsi que pour les nombreuses autres bénédictions dont nous jouissons. ¶
Joie dans la fraternité
En vous voyant, frères, assis dans ce grand groupe, j'ai pensé quelle merveilleuse occasion de fraternité nous avons dans cette Église, des hommes venus de toutes les régions de l'Amérique du Nord (et ils viendraient de toutes les régions du monde, si la guerre le permettait). Je me demandais combien d'entre vous connaissent le frère assis de part et d'autre. J'avais l'habitude, autrefois, d'apprécier venir un peu tôt à la Conférence et de m'asseoir là avec vous, tendant la main et disant : « Je suis Spencer W. Kimball, de Safford, en Arizona. » Alors mes frères de chaque côté me disaient d'où ils venaient — de Californie, du Canada, de l'Oregon, ou d'ailleurs dans l'Église. Puis nous parlions un peu, en attendant le début de la réunion, du blé au Canada, du saumon à Portland, ou de la culture du coton en Arizona, et de notre œuvre dans l'Église, et alors nous appréciions vraiment la Conférence, car nous nous connaissions et nous étions assis à goûter ensemble l'esprit du Seigneur. ¶
Je veux vous assurer que, de part et d'autre de chacun de vous, se trouve l'un des hommes les plus remarquables de tout ce monde, qui appartient à la plus grande fraternité détenant la sainte Prêtrise, occupant une position élevée et responsable, un homme que vous voudrez connaître. ¶
Parmi les plus grandes émotions de ma vie figurent ces conférences avec les dirigeants de la Prêtrise de l'Église, des hommes éprouvés et fidèles, lorsque nous nous rassemblons dans ce bâtiment historique en Conférence générale ; je suis reconnaissant de ce privilège d'être parmi vous. Je me tiens devant vous avec humilité, et je vous aime pour votre foi, votre intégrité et votre dévouement à l'œuvre du Seigneur. ¶
Il y a six mois, j'ai été soutenu pour la première fois par vous dans cette position de responsabilité ; c'était il y a six mois, avant-hier, lorsque je m'agenouillai aux pieds du président Heber J. Grant, notre prophète, voyant et révélateur, et que ses mains, ainsi que celles des membres du Collège des Douze et du Patriarche, furent posées sur ma tête, et que je fus ordonné apôtre du Seigneur Jésus-Christ. ¶
Une demi-année s'est écoulée, et j'ai immensément apprécié mon travail. Je suis allé du sud de l'Arizona au nord, jusqu'au nord de l'Idaho, et de Los Angeles à l'ouest jusqu'à New York à l'est, et partout où je suis allé j'ai été accueilli avec courtoisie et égard, et j'ai appris à aimer le peuple dans toute l'Église. ¶
L'Évangile résout bien des problèmes
Lors des dernières sessions de la Conférence, nous avons beaucoup entendu parler de la délinquance juvénile et adulte. Je suis certain que le fait de vivre l'Évangile de Jésus-Christ dans nos foyers résoudra la plupart de ces problèmes. Je suis certain que si nous avons la prière dans nos foyers, autour de la table, avec nos familles, et en nous couchant le soir, nos familles seront étroitement unies, et grandiront en spiritualité. Si nous avons des soirées familiales et que nous rassemblons nos couvées autour de nous, nous pourrons leur enseigner l'obéissance et la discipline. Ils viendront à aimer le foyer et la famille, et seront protégés de bien des influences vicieuses qui accroissent la délinquance. Si nous les emmenons avec nous aux réunions de sainte-cène et que nous leur enseignons leurs privilèges et responsabilités dans l'Église, nous pourrons ainsi les conduire dans les sentiers de la droiture. Si nous pouvons faire du foyer le centre de l'univers pour nos enfants, une grande partie du péché du monde pourra être évitée. ¶
Notre Sauveur a dit : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. » D'après ce que j'observe, il me semble que l'un des commandements que nous enfreignons témérairement est celui d'observer le caractère sacré du jour du sabbat. On nous a cité, durant cette Conférence, la parole du Seigneur : ¶
Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier. Tu travailleras six jours et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l'Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes. ¶
La profanation du sabbat dénoncée
Alors que j'assistais à l'une des conférences de l'automne dernier, l'une des premières dans le sud de l'État, je logeais dans un hôtel, et tôt un dimanche matin je fus réveillé par un bruit considérable dans les couloirs et le hall de l'hôtel, et en descendant je découvris que le hall et le café voisin étaient remplis d'hommes vêtus de chemises et de casquettes de couleur, en tenue de chasse. Leurs fusils étaient propres et luisants. Ils partaient tous vers les montagnes et les canyons pour attraper leur cerf. Lorsque le jour de la Conférence s'acheva et que le soir nous trouva sur le chemin du retour, nombreuses étaient les voitures que nous avons croisées avec un cerf sur le marchepied ou sur le pare-chocs. ¶
Un autre sabbat, je traversai en voiture une région agricole, et fus attristé de trouver là des faucheuses, des presses à foin, et des hommes en sueur occupés à moissonner les récoltes. ¶
Un autre sabbat encore, je traversai en voiture la rue principale de l'une de nos plus grandes villes, et je fus consterné de trouver des files de gens debout, attendant leur tour d'entrer dans les salles de cinéma. ¶
Une autre fois encore, un grand nombre de personnes en culottes et pantalons de randonnée se rendaient en voiture vers des retraites en montagne avec des paniers de pique-nique pour jouir du beau sabbat dans les canyons. ¶
Et la parole du Seigneur continuait de résonner dans ma conscience : « Le jour de leur paix, ils ont pris mes instructions à la légère, mais le jour de leurs difficultés, par nécessité, ils me cherchent. » ¶
Je me demandais si nous devions être abaissés par l'adversité avant de vouloir servir le Seigneur. ¶
Retentissait de nouveau à mes oreilles le solennel commandement descendu du tonnerre du mont Sinaï : « Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier. » Autant que je sache, ce commandement n'a jamais été révoqué ni modifié. Chasser et pêcher le jour du Seigneur, ce n'est pas le sanctifier. Planter, cultiver ou moissonner des récoltes le jour du sabbat, ce n'est pas sanctifier le jour du Seigneur. Aller dans les canyons pour des pique-niques, assister à des matchs ou à des rodéos, à des courses ou à des spectacles, ou à d'autres divertissements ce jour-là, ce n'est pas le garder en sainte mémoire. ¶
Notre Sauveur a dit : ¶
Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux. (Matt. 5:19.) ¶
Aussi étrange que cela puisse paraître, certains de nos frères, fidèles à tous autres égards, semblent se justifier de manquer leurs réunions de sainte-cène et leurs conférences de pieu, afin de devancer tous les autres chasseurs dans la zone giboyeuse à l'ouverture de la saison. L'Église favorise les loisirs légitimes, et encourage son peuple à organiser des sorties pique-nique et à jouir du grand air pour la fraternité qu'il offre, mais avec six autres jours dans la semaine, le sabbat n'a certainement pas besoin d'être profané. ¶
Les bonnes pièces et les bons films, propres, ne sont certainement pas répréhensibles ; au contraire, ils ajoutent à notre instruction et à notre divertissement d'une manière saine, mais certainement notre peuple ne peut guère se permettre de dépenser fonds et temps pour aller à un plus grand nombre de telles activités que ce qui peut être fréquenté durant les six autres jours de la semaine. ¶
La parole du Seigneur
Il y a un temps et un lieu pour toutes les choses qui en valent la peine. Renonçons-nous à quelque chose et faisons-nous un sacrifice ? Est-ce un renoncement ? Je pense qu'il ne s'agit pas tant de renoncer à des choses ; c'est une question de déplacer les moments et de choisir les saisons. ¶
La parole du Seigneur est très précise et définitive, et vient avec une force considérable lorsqu'il dit : ¶
Et afin de te préserver plus complètement des souillures du monde, tu iras en mon saint jour à la maison de prière et tu y offriras tes sacrements. (D. et A. 59:9.) ¶
Voici une époque où chacun de nos manquements est attribué à la guerre. Il est peut-être des temps et des circonstances où nous devons travailler sept jours par semaine, lorsque l'industrie ou les exigences de la guerre l'imposent, mais sommes-nous certains que nous ne travaillons jamais le sabbat sans nécessité, pour le « salaire majoré » qui est accordé, pour les fonds supplémentaires qu'il procure ? ¶
Souvenons-nous, le Seigneur a dit : « Tu travailleras six jours et tu feras tout ton ouvrage : mais le septième jour est le jour du repos de l'Éternel, ton Dieu ; tu ne feras aucun ouvrage. » Vous notez ici que le commandement est double ; il est clairement dit que tu travailleras les six jours — nulle place ici pour le paresseux, pour la flânerie au travail, ou pour l'absentéisme. Et tout aussi ferme est le commandement selon lequel, le sabbat, « tu ne feras aucun ouvrage ». Même à notre époque moderne, le commandement est venu de nouveau par l'intermédiaire d'un prophète moderne : ¶
Et en ce jour-là, tu ne feras rien d'autre que de préparer ta nourriture en toute simplicité de cœur. (D. et A. 59:13.) ¶
Il ne suffit pas de s'abstenir de faire les choses qui empêcheraient ce jour d'être sanctifié, mais il y a certaines choses bien précises que nous devrions faire pour honorer le sabbat. Il nous est demandé d'aller à la maison de prière, nous devons offrir nos sacrements au Très-Haut ; nous devons jeûner et prier aux moments appropriés ; et nous devons nous tenir en des lieux saints ; nous devons nous reposer et adorer. ¶
Se reposer ne signifie pas flâner indolemment à la maison toute la journée, ou s'affairer au jardin, mais une assiduité constante aux réunions pour le culte du Seigneur, s'abreuvant à la fontaine de la connaissance et de l'instruction, jouissant de la famille et trouvant élévation dans la musique et le chant. Un homme bon, mais dans l'erreur, que je connaissais, prétendait tirer bien davantage d'un bon livre le dimanche que de l'assistance à une réunion de sainte-cène, disant que les sermons n'étaient guère à la hauteur de ses exigences. ¶
Mais je dis que nous n'allons pas aux réunions du sabbat pour être divertis ou amusés ; nous y allons pour adorer le Seigneur. C'est une responsabilité individuelle, et quoi que l'on dise en chaire, si l'on souhaite adorer le Seigneur en esprit et en vérité, on peut le faire en assistant à ses réunions, en prenant la sainte-cène, et en contemplant les beautés de l'Évangile. Si la réunion de sainte-cène est pour vous un échec, c'est vous qui avez échoué. Nul ne peut adorer à votre place, vous devez rendre vous-même votre propre service au Seigneur. ¶
Encourager les sports et pique-niques en semaine
Maintenant que le printemps est là et que l'été suivra bientôt, nos frères présidents dans toute l'Église pourraient anticiper les problèmes de profanation du sabbat et encourager un programme de substitution. ¶
On pourrait encourager les sports, pique-niques et spectacles en semaine, et exhorter les frères à planifier leurs excursions de chasse et de pêche pendant les jours de semaine, en évitant le sabbat, plutôt que de l'inclure dans leur itinéraire. ¶
Un groupe de séminaire avait une fois planifié un service au sommet des montagnes, et ils se sentaient tout à fait justifiés dans cette excursion puisqu'ils avaient prévu une réunion de témoignages comme partie de celle-ci. Ils eurent effectivement leur réunion, et une heure spirituelle fut appréciée, mais après cette heure, le pique-nique fut consommé, les jeunes gens, en tenues rustiques de montagne et en pantalons, firent des randonnées et des escalades, et transformèrent le reste de la journée en une journée habituelle de plaisir et de divertissement. Certainement, ce ne fut pas un jour saint ; l'heure de dévotion ne l'empêcha pas de devenir une journée de loisirs. ¶
Un conseil scout avait l'habitude d'organiser son camp d'été de sorte que les scouts se déplaçaient vers le camp un sabbat, et en revenaient le sabbat suivant. Nos garçons Saints des derniers jours étaient privés de leurs activités de prêtrise pendant deux dimanches, et pourtant ne recevaient aucun scoutisme ces jours-là. Une suggestion amicale aux autorités du conseil amena un changement, de sorte que la période du camp se déroulât de jour de semaine à jour de semaine, et que l'unique dimanche entre les deux fût consacré à un service spirituel pour les garçons présents au camp. ¶
Beaucoup peut être fait pour substituer des activités en semaine à celles du dimanche. Un grand bien peut être accompli par un programme éducatif anticipant et précédant la période où le sabbat risque d'être enfreint. ¶
Suivons le prophète Josué — c'est l'un de mes passages préférés des Écritures — il a dit : ¶
Maintenant, craignez l'Éternel et servez-le avec intégrité et fidélité... choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir... Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel. (Josué 24:14, 15.) ¶
Afin que nous vivions les commandements de Dieu et les enseignions aux hommes, afin que nous rendions notre dévotion au Très-Haut et gardions le jour du sabbat saint, je prie au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen. ¶