Pulpit

Message de la Première Présidence

Heber J. Grant

1944 April General Conference·Thursday Morning Session·1944-04-06

Je suis reconnaissant que le Seigneur ait prolongé ma vie et augmenté mes forces afin que j'aie le privilège et la joie de me trouver avec vous à une nouvelle conférence générale de l'Église.

Je suis heureux de pouvoir dire que je me sens mieux maintenant que je ne l'étais à la conférence d'il y a six mois. Je suis capable de travailler près de la moitié de chaque journée à mon bureau, et parfois davantage, avec le conseil et le consentement de mon médecin. C'est sa recommandation, cependant, que je ne parle pas en ce moment, et je vous demande donc votre indulgence pendant qu'on lira ce que j'ai à dire. Si j'étais debout, parlant sous les impulsions momentanées de l'Esprit, peut-être me serait-il donné de dire davantage de choses en plus de celles qui sont ici écrites — et je demande au Seigneur qu'il dirige tous ceux qui parleront durant cette conférence, afin qu'ils parlent sous l'influence conductrice de son saint esprit, et que les choses qui sont maintenant lues, et celles qui seront encore prononcées, viennent porter davantage témoignage de la véracité de la cause pour laquelle nous sommes réunis, et apportent réconfort et conseil à tous ceux qui les entendront ou les liront.

Assis dans ce tabernacle, mon esprit retourne vers les nombreuses années qui se sont écoulées depuis que nous avons commencé à tenir des réunions ici. Je vois les dirigeants de ce peuple qui sont venus et repartis — depuis Brigham Young jusqu'à aujourd'hui — et je peux voir des générations de la Prêtrise d'Israël qui se sont rassemblées ici pour apprendre leur devoir, renouveler leur foi, et aller de l'avant pour œuvrer à l'avancement de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Des visages et des événements repassent dans ma mémoire — les visages d'hommes puissants de Dieu, dont la plupart ont depuis longtemps achevé leur œuvre ici — et vous, mes frères, avez pris leur place et poursuivez l'œuvre là où ils l'ont laissée.

La conversion de mon frère

Assis ici aujourd'hui, je me souviens de ce qui fut pour moi l'un des plus grands de tous les incidents de ma vie, en ce tabernacle. Un dimanche après-midi, il y a près de cinquante ans, je vins ici, l'un des plus jeunes des apôtres, pour assister à la réunion, et je vis pour la première fois dans l'assemblée mon frère, qui avait été insouciant, indifférent et rebelle, et qui n'avait manifesté aucun intérêt pour l'Évangile de Jésus-Christ. Mon frère, Fred, et moi, nous étions engagés dans une entreprise qui avait échoué. Nous y avions tous deux placé tout ce que nous avions, et plus encore. Sentant qu'il m'avait ruiné financièrement, et n'ayant pas cette foi qui soutient au temps de crise, Fred s'en alla dans les bois avec l'intention de mettre fin à ses jours. Finalement, il se mit à genoux et pria : « Ô Dieu, s'il y a un Dieu ! » Quand il se releva, il jeta son pistolet dans les broussailles, s'assit et m'écrivit une lettre, disant qu'il savait qu'il y avait un Dieu qui disait aux hommes de faire le bien, et qu'il y avait un diable qui inspirait aux hommes de détruire leur propre vie, ce qui n'est inférieur qu'au meurtre.

Dès qu'il eut écrit la lettre, un esprit vint sur lui lui disant : « Dès l'instant où ton frère recevra cette lettre, il insistera pour que tu sois baptisé. Tu es un bel exemplaire à baptiser ; tu es l'un des pires blasphémateurs du pays ; tu as même eu un intérêt dans une maison de jeu. » Et ainsi il jeta la lettre dans sa malle au lieu de l'envoyer par la poste.

La nuit suivante, il écrivit la même chose de nouveau, et versa encore plus de larmes, mais n'eut pas le courage de m'envoyer cette lettre non plus. Il écrivit trois lettres de la sorte et les mit toutes dans sa malle. Finalement, il écrivit encore et dit : « Heber, cette lettre-ci va être postée », et il se rendit au bureau de poste et la posta. Il lutta toute la nuit contre lui-même, se leva avant l'aube et se rendit au bureau de poste pour la retirer, et la jeta aussi dans la malle. Finalement, il écrivit encore et dit : « Cette lettre sera certainement postée. » Il la posta effectivement, et de nouveau il se leva avant l'aube et se dirigea vers le bureau de poste pour la retirer, mais il arriva près d'un grand poteau et y passa le bras autour, en disant : « Je vais rester ici et m'y tenir jusqu'à ce que le courrier soit parti », ce qu'il fit.

Quand je reçus sa lettre, au lieu de lui écrire et de lui dire qu'il devait être baptisé, je lui écrivis et lui dis : « Fred, maintenant que tu sais qu'il y a un Dieu et un diable, tu penses peut-être que je vais te demander de te faire baptiser, mais tant que tu vivras, je ne veux pas que tu sois baptisé avant que toi-même tu aies foi en la vérité de l'Évangile. »

J'achetai un Livre de Mormon et l'apportai à mon bureau, et je priai le Seigneur que, lorsque je l'ouvrirais, ce soit au meilleur passage de tout le livre pour mon frère. Il s'ouvrit au 36e chapitre d'Alma, où Alma raconte comment il allait avec les fils de Mosiah, combattant l'Église, et qu'il avait souffert les tourments des damnés, mais qu'après avoir prié le Seigneur et s'être converti à la vérité, il avait ressenti une joie exquise, et que depuis ce jour il avait travaillé sans relâche à amener des âmes à la connaissance de Dieu.

Je marquai cette page, et je marquai aussi une page au chapitre 29, où Alma dit : « Oh, que je voudrais être un ange et satisfaire le souhait de mon cœur, d'aller et de parler avec la trompette de Dieu, d'une voix qui fait trembler la terre, et d'appeler tous les peuples au repentir ! » Je sentis que ces paroles étaient les meilleures de tout le livre pour mon frère, et je remerciai le Seigneur que le livre se fût ouvert au 36e chapitre d'Alma, et de m'avoir aussi inspiré à penser au 29e chapitre. Quand, après cela, je vis Fred pour la première fois dans ce bâtiment, et que je réalisai qu'il cherchait Dieu pour obtenir lumière et connaissance concernant la divinité de cette œuvre, je baissai la tête et je priai que, si l'on me demandait de m'adresser à l'assemblée, le Seigneur m'inspirerait par la révélation de son Esprit, de parler d'une manière telle que mon frère devrait me reconnaître que j'avais parlé au-delà de mes capacités naturelles, que j'avais été inspiré du Seigneur. Je compris que s'il faisait cet aveu, alors je pourrais lui montrer que Dieu lui avait donné un témoignage de la divinité de cette œuvre.

Le président Angus M. Cannon, qui présidait la réunion, vint à moi et dit : « Frère Milton Bennion est ici et a été invité à parler, mais il peut venir un autre jour. »

Je répondis : « Je ne parle jamais longtemps. Que frère Bennion prenne tout le temps dont il a besoin et je prendrai ce qu'il en restera. »

Frère Bennion parla de son voyage autour du monde ; entre autres choses, de sa visite en Terre sainte et au sépulcre de Jésus.

Pendant qu'il parlait, je sortis de ma poche un Ready Reference que je portais toujours, et je marquai des passages qui parlent de l'œuvre par procuration pour les morts, de l'annonce que Jésus alla prêcher aux esprits en prison, et proclama l'Évangile de Jésus-Christ. J'avais l'intention de prêcher sur le fait que le Sauveur du monde n'avait pas seulement apporté l'Évangile à toute âme sur la terre, mais que cela remontait aussi jusqu'à tous ceux qui étaient morts sans en avoir connaissance, et qu'ils auraient le privilège de l'entendre. En choisissant ce sujet, je pensai : « Qu'est-ce qui touchera le plus mon frère ? » Notre père était mort lorsque Fred avait six semaines, et réalisant que l'œuvre se faisait là où son père se trouve maintenant, il me sembla que c'était le meilleur sujet que je pouvais traiter.

Quand vint le moment pour moi de parler, je me souviens d'être debout ici à cette chaire, sentant que c'était peut-être le plus grand de tous les grands thèmes que nous, Saints des derniers jours, avions à proclamer au monde. Je posai le livre, ouvert à cette page. Je dis : « Je ne saurais vous dire exactement pourquoi, mais jamais auparavant de toute ma vie je n'ai désiré autant l'inspiration du Seigneur que je la désire aujourd'hui. » Je demandai au peuple sa foi et ses prières. Je priai pour l'inspiration du Seigneur, et je ne repensai plus au livre depuis cet instant jusqu'à ce que je me rasseye trente minutes plus tard. J'achevai mes remarques à trois heures douze, m'attendant à ce que le président George Q. Cannon, également présent, me succède. Frère Angus Cannon vint à la tribune supérieure et dit : « Frère George, il reste quarante-huit minutes pour vous ; voulez-vous occuper le reste du temps ? »

Frère George Q. Cannon refusa, et indiqua qu'il pensait que ce serait un bon moment pour clore la réunion. Mais frère Angus refusa de prendre « non » pour réponse, et dit : « Je ne vais pas gaspiller trois quarts d'heure. Si vous ne parlez pas, j'appellerai quelqu'un d'autre pour occuper le reste du temps. »

Frère Cannon dit finalement : « Très bien, je dirai quelque chose. » Et il se leva et dit en substance : « Il y a des moments où le Seigneur Tout-Puissant inspire quelque orateur par les révélations de son Esprit, et il est si abondamment béni de l'inspiration du Dieu vivant que ce serait une erreur pour quiconque de parler après lui, et l'une de ces occasions a été aujourd'hui, dans le discours de frère Grant, et je demande donc au président Angus Cannon d'appeler quelqu'un à offrir la bénédiction, après que le chœur aura chanté, et de lever la séance. » Naturellement, frère Angus ne put faire autrement.

Quand je m'assis après mon discours, je me souvins que mon livre était encore ouvert sur la chaire. Le président George Q. Cannon était assis juste derrière moi, dans le siège du Président, et je l'entendis se dire à lui-même : « Dieu soit loué pour la puissance de ce témoignage ! » En entendant cela, je me souvins que j'avais oublié le sermon que j'avais eu l'intention de prononcer, et les larmes jaillirent de mes yeux comme la pluie, et je posai mes coudes sur mes genoux et mis mes mains devant mon visage, afin que les gens près de moi ne voient pas que je pleurais comme un enfant. Je sus, en entendant ces paroles de George Q. Cannon, que Dieu avait entendu et exaucé ma prière. Je sus que le cœur de mon frère avait été touché.

Je consacrai mes trente minutes presque entièrement à un témoignage de ma connaissance que Dieu vit, que Jésus est le Christ, et aux merveilleuses et prodigieuses œuvres du prophète Joseph Smith, rendant témoignage de la connaissance que Dieu m'avait donnée que Joseph Smith fut en vérité un prophète du vrai Dieu vivant. Je ne prendrai pas le temps ici de répéter tout ce sermon, mais je voudrais en rappeler quelques paragraphes. J'avais dit : « Cela présente sans doute un profond intérêt pour tous les Saints des derniers jours ici présents, ainsi que pour ceux qui ne sont pas membres de l'Église, ... d'écouter un récit qui a un rapport avec la vie et les œuvres de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. C'est un fait remarquable que nous ne pouvons jamais lire les œuvres qu'il a accomplies, ni écouter d'autres en parler du grand œuvre qu'il a réalisé, sans y prendre plaisir, alors que d'autre part, il n'y a rien de si intéressant dans la vie et l'histoire d'aucun autre individu qu'à force de l'entendre ou de le lire encore et encore nous n'en soyons lassés. Je peux témoigner, de ma propre expérience, que plus je lis souvent la vie et les œuvres de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, plus grandes sont la joie, la paix, le bonheur, la satisfaction qui emplissent mon âme en contemplant ce qu'il a fait.

« C'est aussi une source de joie sans bornes pour moi, et cela remplit mon cœur au-delà de mon pouvoir d'expression, de contempler le fait que Dieu notre Père céleste et notre Seigneur Jésus-Christ ont visité la terre et de nouveau révélé l'évangile à l'homme ; et cela me remplit d'action de grâces et de gratitude, bien au-delà de mon pouvoir de le dire, qu'il m'ait béni d'une connaissance de la divinité de l'œuvre à laquelle nous nous consacrons. Le Seigneur, à cet égard, n'a fait acception de personne. Les humbles, les pauvres, les ignorants (pour ce qui est de l'instruction de ce monde) ont été aussi abondamment bénis de Dieu de ce témoignage que ceux qui ont eu plus abondamment des choses de ce monde. Nous trouvons des gens qui ont été rassemblés de toutes les nations de la terre, en accomplissement des prophéties qui furent prononcées il y a des milliers d'années, que les saints seraient amenés au sommet des montagnes et que le Seigneur y établirait son œuvre ; et ce peuple est béni d'un témoignage de la divinité de l'œuvre à laquelle il se consacre. ... Aucune puissance sur la face de la terre, pas la sagesse de tous les sages réunis, n'aurait jamais pu unir les cœurs et les âmes des Saints des derniers jours comme Dieu les a unis. ...

« Alors que je visitais St. George et que je m'entretenais avec le président du pieu de Sion de St. George, je fus vivement rappelé à la foi qui brûle dans le cœur des Saints des derniers jours. Il parlait de ses premières expériences, et il me raconta qu'un jour le président Young lui avait dit : « Frère McArthur, dans dix jours, je souhaite que vous soyez prêt à partir en mission en Europe, et je m'attends à ce que vous soyez absent pendant quatre, et peut-être sept ans. » Ce jour-là même où on lui dit de se préparer, un enfant lui naquit, et quand il rentra chez lui, l'enfant avait plus de quatre ans.

« En partant pour cette mission, il n'avait pas les moyens ..., mais il vendit une propriété qui valait trois ou quatre fois plus que ce qu'il en obtint ; en fait, quelques mois plus tard, elle changea de mains pour environ quatre fois plus que ce pour quoi il l'avait vendue. Il fit ce sacrifice, et sans un seul dollar de récompense, il partit vers les nations de la terre et passa quatre ans de sa vie à proclamer l'évangile, déclarant que l'ange que l'on avait vu voler au milieu des cieux, portant l'évangile éternel pour le prêcher à ceux qui habitent sur la terre, était venu, et que Joseph Smith était un prophète de Dieu qui en témoignait.

« Frère McArthur me raconta bien des incidents de sa mission qui étaient vraiment remarquables. Entre autres choses, il dit que le prophète Joseph Smith lui rendit visite pendant qu'il était en mission. Et je vous dis aujourd'hui que ... des milliers, oui, des dizaines de milliers d'hommes et de femmes se lèveront et témoigneront, comme frère McArthur me l'a témoigné, que Dieu notre Père céleste les a bénis, qu'il leur a donné des manifestations de son approbation de leurs travaux, inspirés par le Saint-Esprit ; et ils vous témoigneront, en toute solennité et sans aucune excitation, qu'ils savent par eux-mêmes qu'ils sont engagés dans l'œuvre de Dieu ...

« Plus d'une fois j'ai entendu le président Wilford Woodruff dire, en privé et en public, qu'il avait entendu le prophète Joseph Smith leur déclarer que les Saints des derniers jours viendraient encore aux vallées des montagnes Rocheuses et deviendraient un peuple grand et prospère. Nous nous tenons aujourd'hui comme témoignage vivant devant le monde de la divinité de la mission du prophète Joseph Smith. Pourquoi ? Parce que notre présence même dans ces montagnes est un accomplissement des prédictions de cet homme inspiré. ... Je me tiens devant vous aujourd'hui comme un simple garçon, et pourtant Joseph Smith fut martyrisé alors qu'il avait un an de moins que moi. ... Quand nous contemplons ce qu'il a fait ... c'est en vérité une merveille et un prodige. En parlant de cela, je pense à ... l'ouvrage, Figures of the Past, écrit par Josiah Quincy, qui fut un homme d'État et un philanthrope. On y trouve la déclaration suivante : « Il n'est nullement improbable qu'un futur manuel scolaire, à l'usage des générations encore à naître, contiendra une question du genre : Quel Américain historique du dix-neuvième siècle a exercé l'influence la plus puissante sur les destinées de ses concitoyens ? Et il n'est nullement impossible que la réponse à cette interrogation puisse s'écrire ainsi : Joseph Smith, le prophète mormon. »

« ... Les Saints des derniers jours ont vu des dizaines de prophéties qu'il a prononcées s'accomplir à la lettre. Quiconque venait en sa présence était impressionné par l'influence et l'esprit qu'il manifestait. Nombreux sont les hommes que j'ai rencontrés qui ont raillé le défunt prophète Brigham Young, et j'ai persuadé de tels hommes de venir avec moi pour le rencontrer, et ils sont toujours revenus de cette rencontre inspirés d'une révérence pour cet homme, parce que l'Esprit de Dieu l'entourait jour après jour. Je vous dis que c'est par l'inspiration de Dieu, et non par le pouvoir de l'homme, que Joseph Smith, que Brigham Young, que John Taylor, que Wilford Woodruff ont pu unir les cœurs des Saints des derniers jours et établir et édifier l'Église de Jésus-Christ. Sans la lumière et la conduite de l'Esprit de Dieu, l'œuvre de Dieu sur la terre ne pourrait réussir ; elle s'effondrerait et tomberait en poussière. ...

« Je veux dire aux Saints des derniers jours qu'il nous incombe, ayant reçu un témoignage de la divinité de l'œuvre à laquelle nous nous consacrons, d'ordonner ainsi nos vies au jour le jour, afin que gloire soit rendue à l'œuvre de Dieu par les bonnes actions que nous accomplissons, laissant ainsi luire notre lumière afin que les hommes, voyant nos bonnes actions, glorifient Dieu. Aucun peuple sur la face de la terre n'a été béni comme l'ont été les Saints des derniers jours ; aucun peuple n'a jamais eu les nombreuses manifestations de la bonté, de la miséricorde et de la longanimité de Dieu qui nous ont été accordées, et je dis que nous, plus que tous les hommes et femmes sur la terre, devrions vivre des vies pieuses et droites. Que Dieu nous aide à le faire, telle est ma prière et mon désir. ... »

Voilà, en bref, dans l'esprit et dans la substance, ce que je prêchai à mon frère sous l'inspiration de l'Esprit du Seigneur, en ce tabernacle, le 26 janvier 1896. J'avais alors trente-neuf ans !

Le lendemain matin, mon frère vint dans mon bureau et dit : « Heber, j'étais à une réunion hier et je t'ai entendu prêcher. »

Je dis : « La première fois que tu entends ton frère prêcher, j'imagine ? »

« Oh, non, dit-il, je t'ai entendu bien des fois. J'arrive généralement en retard et je vais dans la galerie. Je pars souvent avant la fin de la réunion. Mais tu n'as jamais parlé comme tu l'as fait hier. Tu as parlé au-delà de tes capacités naturelles. Tu étais inspiré du Seigneur. » C'étaient les paroles mêmes que j'avais prononcées la veille dans ma prière au Seigneur !

Je lui dis : « Pries-tu encore pour obtenir un témoignage de l'évangile ? »

Il dit : « Oui, et j'en deviens presque fou. »

Je demandai : « Sur quoi ai-je prêché hier ? »

Il répondit : « Tu sais bien sur quoi tu as prêché. »

Je dis : « Eh bien, dis-le-moi. »

« Tu as prêché sur la mission divine du prophète Joseph Smith. »

Je répondis : « Et j'étais inspiré au-delà de mes capacités naturelles ; et je n'ai jamais parlé auparavant, à aucun moment où tu m'as entendu, comme j'ai parlé hier. Attends-tu que le Seigneur prenne un gourdin pour t'assommer ? Quel autre témoignage veux-tu de l'Évangile de Jésus-Christ qu'un homme parlant au-delà de ses capacités naturelles et sous l'inspiration de Dieu, lorsqu'il témoigne de la mission divine du prophète Joseph Smith ? »

Le sabbat suivant, il me demanda le baptême.

Persévérer jusqu'à la fin

Dieu notre Père céleste a promis que ceux qui seront fidèles jusqu'à la fin seront sauvés dans son royaume. Cela remplit mon cœur d'une joie indicible lorsque je vois les vétérans âgés se lever et rendre témoignage de la vérité de l'évangile. ... Je me réjouis aussi lorsque je vois la jeunesse d'Israël dans la voie du devoir, les fils et petits-fils de ceux qui ont travaillé avec énergie à l'avancement de ce royaume. Cela remplit mon cœur de gratitude et d'action de grâces que le témoignage du Saint-Esprit demeure dans les fils et filles de ceux qui ont été fidèles à la cause de Dieu.

Mais il n'y a rien de plus douloureux, rien qui apporte plus grand regret à mon cœur, que de voir les fils et filles de ceux qui ont été fidèles se détourner de l'Évangile du Christ ; mais je crois que si nous, Saints des derniers jours, nous nous levons dans la puissance et la majesté de notre appel, dans le témoignage de Jésus-Christ qui brûle dans nos cœurs, et faisons notre devoir et gardons les commandements de Dieu notre Père céleste comme nous devrions les garder, et donnons à nos enfants des exemples dignes d'imitation, peu d'entre eux se détourneront du chemin du droit.

Allez où vous voudrez parmi les anciens d'Israël, parcourez l'Église d'un bout à l'autre, et vous trouverez un témoignage brûlant dans le cœur des Saints des derniers jours que ceci est l'œuvre du Dieu Tout-Puissant et que son Fils Jésus-Christ l'a établie. Vous trouvez ce témoignage, vous l'entendez rendu, mais vivons-nous toujours la vie des Saints des derniers jours ? Vivons-nous comme nous devrions vivre, compte tenu du grand témoignage qui nous a été donné ? Gardons-nous ses commandements comme nous devrions le faire ? Nous portons sur nos épaules la réputation, pour ainsi dire, de l'Église, chacun de nous.

Quand je regarde autour de moi et réalise combien de ceux qui ont été merveilleusement bénis du Seigneur sont tombés en chemin, cela m'emplit d'humilité. Cela m'emplit de l'esprit de mansuétude et d'un désir ardent que je puisse toujours chercher à connaître l'esprit et la volonté de Dieu, et à garder ses commandements plutôt qu'à suivre mes propres désirs.

Le pécheur repentant

Il n'y a rien au monde de plus splendide que d'avoir dans nos cœurs le désir de pardonner au pécheur s'il se repent seulement. Mais je veux dire ceci : ne pardonnez pas au pécheur s'il ne se repent pas. « À ceci vous saurez si un homme se repent de ses péchés — voici qu'il les confessera et les abandonnera. » Il appartient au Seigneur, cependant, et à moins qu'ils ne confessent leurs péchés, nous ne sommes pas tenus de pardonner, mais quand ils se repentent vraiment et sincèrement, c'est l'une des obligations qui nous incombent de pardonner à ceux qui ont péché.

Le diable est prêt à aveugler nos yeux avec les choses de ce monde, et il nous dépouillerait volontiers de la vie éternelle, le plus grand de tous les dons. Mais cela n'est pas donné au diable, et aucun pouvoir ne lui sera jamais donné de renverser un Saint des derniers jours qui garde les commandements de Dieu. Aucun pouvoir n'est donné à l'adversaire des âmes des hommes pour nous détruire si nous faisons notre devoir. Si nous ne sommes pas absolument honnêtes avec Dieu, alors nous baissons la garde, alors nous avons détruit une partie des fortifications qui nous protègent, et le diable peut entrer. Mais jamais un homme n'a perdu le témoignage de l'Évangile, jamais un homme ne s'est détourné à droite ou à gauche, ayant la connaissance de la vérité, vaquant à ses devoirs, gardant la Parole de Sagesse, payant sa dîme, répondant aux appels et devoirs de sa charge et de son appel dans l'Église.

Il y en a qui demandent sans cesse à savoir ce que le Seigneur veut d'eux, et qui semblent hésiter pour cette raison. Je suis pleinement convaincu que tout ce que le Seigneur veut de vous et de moi, ou de tout autre homme ou femme dans l'Église, c'est que nous accomplissions pleinement notre devoir et gardions les commandements de Dieu.

Priez toujours

L'une des exigences faites aux Saints des derniers jours est qu'ils soient fidèles à s'acquitter de leurs prières, tant secrètes que familiales. L'objet que notre Père céleste a en exigeant cela est que nous soyons en communication avec lui, et que nous ayons un canal ouvert entre nous et les cieux par lequel nous puissions faire descendre sur nous les bénédictions d'en haut. Aucun individu qui est humble et priant devant Dieu, et qui le supplie chaque jour pour la lumière et l'inspiration de son Saint-Esprit, ne s'élèvera jamais dans l'orgueil de son cœur, ni ne sentira que l'intelligence et la sagesse qu'il possède lui suffisent entièrement.

Prie toujours afin de sortir vainqueur ; oui, afin de vaincre Satan et d'échapper aux mains des serviteurs de Satan qui soutiennent son œuvre. (D&C 10:5.) Priez toujours afin de ne pas vous relâcher, jusqu'à ce que je vienne. (D&C 88:126.)

Nos jeunes gens sous les drapeaux

Entre quarante-cinq et cinquante mille jeunes gens de cette Église portent en ce moment l'uniforme de leur pays respectif. Certains d'entre eux sont ici aujourd'hui, et des milliers sont dispersés sur des fronts lointains dans de nombreux pays. J'espère et prie que chaque garçon ressentira dans son cœur : « Je veux savoir ce qui est juste et pur et saint, et je veux que Dieu m'aide. » Je veux que chaque soldat Saint des derniers jours se mette à genoux et prie Dieu de l'aider à mener une vie pure, et à prêcher l'Évangile partout où il se trouve par la façon dont il vit. Il ne nous est imputé aucun péché parce que nous sommes tentés, pourvu que nous résistions à la tentation. Mais nous n'avons pas le droit de nous approcher de la tentation, ni en fait de faire ou de dire quoi que ce soit sur quoi nous ne pouvons honnêtement demander la bénédiction du Seigneur ; ni de visiter aucun lieu où nous aurions honte d'emmener notre sœur ou notre bien-aimée. Le bon Esprit ne nous accompagnera pas sur le terrain du diable, et si nous nous tenons seuls sur un terrain appartenant à l'adversaire des âmes des hommes, il peut avoir le pouvoir de nous faire trébucher et de nous détruire. Nous ne pouvons pas manier des choses sales et garder les mains propres. La vertu est plus précieuse que la vie.

Je prie le Seigneur de vous bénir, vous, nos jeunes gens dans les forces armées du monde, afin que notre Père céleste soit avec vous pour vous soutenir et augmenter votre foi jour après jour ; afin que vous soyez préservés dans vos épreuves, vos difficultés, vos souffrances, avec la force de faire face aux événements de chaque jour et avec l'assurance que le Seigneur, votre Dieu, vous apportera, à sa manière et en son temps, une compensation éternelle pour votre sacrifice, tandis que vous marcherez dans ses voies et vivrez des vies conformes à la Prêtrise que vous portez.

Je prie pour les épouses, les enfants, les mères et les pères de ces hommes qui servent leur pays de par le monde, afin qu'ils soient soutenus dans leur attente, que leurs craintes anxieuses soient apaisées, que réconfort et assurance viennent dans leur vie.

Je prie pour la paix ; pour la sagesse, la révérence et l'humilité de la part des dirigeants des nations ; pour le repentir, et un retour vers les voies de la droiture de la part de tous les hommes.

Je prie pour les Saints des derniers jours dans toutes les nations, chez eux et à l'étranger, et sur les îles de la mer ; je prie afin qu'ils aient la force et la foi de vivre avec droiture, et je leur tends de nouveau la main de la fraternité.

Je prie pour les hommes droits partout. À tous les enfants de Dieu qui sont dignes d'être appelés ainsi, j'envoie mes bénédictions, car nous sommes tous les enfants de notre Père au ciel, et héritiers de ses bénédictions, selon notre fidélité et notre obéissance.

Je prie pour les affligés, pour les endeuillés, pour les opprimés, afin qu'ils soient consolés.

Ce dont le monde a besoin aujourd'hui plus que toute autre chose, c'est une foi entière en Dieu, notre Père, et en Jésus-Christ, son Fils, en tant que Rédempteur du monde. Le message de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au monde est que Dieu vit, que Jésus-Christ est son Fils, et qu'ils sont apparus au jeune garçon, Joseph Smith, et lui ont promis qu'il serait un instrument entre les mains du Seigneur pour rétablir l'Évangile de Jésus-Christ dans cette dispensation. Je laisse ce témoignage comme témoin à tout le monde, et je le fais au nom de celui dont c'est l'œuvre, le Seigneur Jésus-Christ même. Amen.

Citer ce discoursHeber J. Grant, « Message de la Première Présidence », 1944 April General Conference, Thursday Morning Session (1944-04-06). Pulpit Vault, 1944-04-grant-message-of-the-first-presidency. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).