Pulpit

L'œuvre missionnaire de pieu

Richard R. Lyman

1943 October General Conference·Friday Afternoon Session·1943-10-01

Le dernier message de Jésus, le Fils de Dieu, avant son ascension au ciel, fut : « Allez dans le monde entier et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. » (Marc 16:15.) Accomplir ce grand et important commandement proclamé par celui qui est le Prince de la Paix, le Roi des rois et Seigneur des seigneurs, est l'affaire première de celle-ci, son Église, l'Église de Jésus-Christ.

Et bien que, le monde entier étant en guerre, nous ne puissions pas actuellement continuer à porter notre message de l'Évangile à l'étranger, je suis heureux de rapporter que l'œuvre chez nous, dans nos missions de pieu, progresse avec une efficacité et un succès toujours croissants.

Ces missions, âgées maintenant d'un peu plus de six ans, étaient déjà en bon état de fonctionnement avant que nos missions étrangères ne doivent être fermées. Cette œuvre se fait sous la direction du Premier Conseil des soixante-dix, conformément aux instructions de cette révélation moderne qui dit : Les Soixante-dix doivent agir au nom du Seigneur sous la direction des Douze ... pour édifier l'Église et en régler toutes les affaires ... (D. & A. 107:34.)

Deux tâches

Deux tâches ont été confiées à nos missionnaires de pieu : ramener à l'activité les membres de l'Église qui sont inactifs, et porter le message de l'Évangile à ceux qui ne sont pas membres de l'Église. Vous, dirigeants de l'Église, serez heureux de savoir que ce système missionnaire de pieu, en ces six années, a ramené à l'activité dans l'Église plus de vingt-quatre mille membres inactifs. Cela représente une moyenne de quatre mille par an, plus de trois cents par mois, soit dix personnes par jour. Et de plus, il a amené dans l'Église, par conversion et baptême, plus de treize mille personnes, une moyenne de plus de deux mille par an ou près de deux cents par mois.

Et ces heureux résultats n'ont pas été obtenus sans un effort missionnaire véritable. Environ huit mille missionnaires ont tenu plus de cinquante mille réunions à domicile, ils ont distribué trente-neuf mille volumes des ouvrages canoniques de l'Église, et ils ont consacré un million et demi d'heures à cette œuvre missionnaire désintéressée. Ainsi voyez-vous que nos voisins dans les pieux et les paroisses de l'Église ouvrent leurs portes et leur cœur pour entendre le message de l'Évangile que nous avons à présenter.

Se faire des amis

Notre but est de nous faire des amis. On dit à nos missionnaires que chaque fois qu'ils se font un ennemi, ils ont commis une erreur. Le nôtre est un Évangile de douceur, d'amour et de paix. Ces ouvriers reçoivent l'instruction de ne pas argumenter, mais de discuter, avec un cœur humble et priant, avec ceux-là seulement qui sont intéressés, des principes fondamentaux d'une vie juste. Par leurs efforts pour enseigner autrui, ces fidèles ouvriers se fortifient et se raffermissent eux-mêmes dans leurs propres idéaux et normes élevés. L'enseignement constant et sincère des vertus chrétiennes leur fait ressentir l'importance et la valeur de vivre en conformité avec les idéaux et les normes de l'Église. Le haut degré de spiritualité que procure une véritable œuvre missionnaire apporte dans le cœur des missionnaires une connaissance, un témoignage et une certitude rassurants concernant le message de l'Évangile rétabli, que seules la lumière et l'inspiration du ciel peuvent conférer.

Nos missionnaires sont des hommes et des femmes humbles. Sauf de rares exceptions, ce ne sont pas des érudits théologiens formés. Leur conduite, leurs idéaux et leurs normes de vie peuvent, en bien des cas, être des facteurs de conversion aussi efficaces que les paroles qu'ils prononcent.

Doit durer à jamais

La manière simple et directe dont ils vivent, enseignent et prêchent est, vous devez l'admettre, la méthode du Christ lui-même. Et l'Évangile que nous enseignons aujourd'hui est aussi le même Évangile que le Christ lui-même a enseigné. Le message n'a pas changé. Étant la vérité, il ne peut changer ; il durera, il doit durer à jamais.

Quelle que soit la grandeur de la joie et de la satisfaction qui viennent dans l'âme de ceux qui sont convertis, et dans l'âme de ceux qui sont ramenés à l'activité dans l'Église, elles ne sont pas plus grandes que la joie qui emplit le cœur des missionnaires eux-mêmes, car, comme le dit le bon livre, la Bible, ils portent en eux, brûlante, cette « paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence ». (Philippiens 4:7.)

Le but des missionnaires est d'enseigner à leurs voisins le grand plan du salut et l'Évangile rétabli, le caractère sacré de la personnalité humaine, et la fraternité des hommes.

Appel aux dirigeants

J'en appelle à vous, présidents de pieu et évêques, et à vos conseillers également, pour choisir comme missionnaires de pieu des hommes et des femmes qui ont une forte personnalité, une agréable persévérance, une connaissance approfondie de l'Évangile, et le feu d'un témoignage brûlant dans leur âme. Et j'en appelle à vous pour ne pas retirer ces fortes personnalités des collèges des soixante-dix ni de votre force missionnaire de pieu, sans avoir donné la considération la plus attentive à l'effet que de tels changements auront sur cette activité, la plus importante de l'Église.

Deux exemples illustreront ce que je veux dire par choisir comme missionnaires ceux qui en sont capables, qui sont remplis de foi, et qui sont intensément dévoués à l'œuvre.

Un grand missionnaire

Un patriarche extrêmement actif et très aimé m'a raconté que, lorsque, jeune homme, il pensait que son temps était trop précieux et lui-même trop occupé pour aller sur le terrain de mission, à une époque de sa vie où il n'avait pas assez de l'esprit désintéressé de l'Évangile pour apporter la contribution nécessaire de son temps et de son argent afin de porter le message de l'Évangile à d'autres, un grand missionnaire entra dans sa vie.

Alors qu'il menait ainsi une vie plus ou moins égoïste, il raconta qu'il était assis sur le porche de la maison de sa mère, dans le sud de l'Utah, lorsque, sortant du crépuscule et de la poussière de ces premiers jours des pionniers, vint un attelage et une calèche à une seule banquette, qui s'arrêta devant cette maison. De la calèche descendit un membre du Collège des douze apôtres. Après avoir demandé au cocher de trouver du fourrage pour les chevaux et d'être de retour à cinq heures du matin pour continuer le voyage, ce membre du Collège des douze apôtres prit place sur ce porche aux côtés du jeune homme et commença à énumérer raison après raison pour lesquelles ce jeune homme capable devrait faire les sacrifices nécessaires en temps et en argent afin de lui permettre d'aller sur le terrain de mission. Raison après raison fut donnée, appel après appel fut adressé au jeune homme tandis que les heures de la nuit s'écoulaient. Dix heures sonnèrent, puis onze, et le prédicateur déterminé de l'Évangile poursuivit son labeur. Une heure sonna, puis deux, et trois, et quatre, et enfin cinq, et ce puissant convertisseur d'hommes, sans avoir ôté ni son chapeau ni ses chaussures, dit au revoir au jeune homme, sortit vers sa calèche et s'en alla. La persévérance, la foi, le témoignage et la supplication de ce grand missionnaire, dans l'âme de qui vibrait un témoignage de la divinité du message qu'il présentait, et le « au revoir et que Dieu vous bénisse » qui accompagna sa dernière poignée de main, firent réfléchir le jeune homme si sérieusement que bientôt le véritable esprit de l'Évangile entra dans son cœur et son âme, et il partit sur le terrain de mission.

Une expérience des plus précieuses

Cette œuvre missionnaire, accomplie aux jours de sa jeunesse, dit ce patriarche aux cheveux gris, fut l'expérience la plus grande, la plus merveilleuse et la plus précieuse qui vint jamais dans sa vie. Ce patriarche, dont les labeurs sur la terre se sont achevés il y a quelques années, a laissé une grande famille d'ouvriers dévoués et désintéressés pour la justice, qui auraient tous pu être indifférents et égoïstes n'eussent été les efforts, poursuivis toute la nuit, de ce missionnaire intensément intéressé. La belle et fidèle famille de ce patriarche défunt est une riche récompense pour le sacrifice qu'il fit, en temps et en argent, pour prêcher l'Évangile, et pour faire tout son possible afin de vivre selon ses idéaux élevés.

Pauvreté et crime

L'autre cas : lors d'une conférence de pieu récemment, j'ai cité les paroles du regretté président Charles W. Eliot, de l'université Harvard, selon lesquelles l'alcool est la cause principale de la pauvreté, du crime et de la misère de l'humanité. Et à la clôture de la conférence, où j'avais exhorté les gens à venir de l'avant pour rendre un service missionnaire, spécialement pour aider ceux qui, malheureusement, ont l'habitude de la boisson, un homme s'avança et tendit la main avec enthousiasme en s'exclamant : « Donnez-moi le nom d'un homme qui a l'habitude de boire ! » Ce bon frère expliqua alors que l'Évangile était entré dans sa vie seulement quelques années auparavant, alors qu'il était lui-même un ivrogne sans espoir. C'était l'Évangile du Maître, dit-il, qui l'avait si bien transformé qu'il était parvenu à surmonter l'habitude de boire. Et avec un élan d'enthousiasme, il dit : « Donnez-moi le nom d'un homme qui boit. Je le rencontrerai le matin avant qu'il ne commence sa journée de travail. J'irai à lui à midi et je mangerai mon repas avec lui. Et lorsque sa journée de travail sera terminée, je le prendrai par la main, je le conduirai loin du débit de boissons, et je le ramènerai chez lui, homme sobre. Je le ferai avec joie », dit-il, « avec l'espoir de pouvoir être utile en lui enseignant l'Évangile, lequel Évangile lui permettra de surmonter cette habitude. Je suis prêt à faire tout mon possible pour aider à amener dans sa vie la même joie que l'abandon de l'habitude de boire a apportée dans la mienne. »

Le plus grand message

Vous qui êtes ici rassemblés, dirigeants de l'Église de Jésus-Christ, savez que rien de ce que l'Église a à faire ne peut surpasser en importance la prédication de l'Évangile de Jésus-Christ. Son grand message doit être porté à tous les peuples du monde ; il doit être prêché aux riches comme aux pauvres, aux instruits comme à ceux qui ont eu peu d'occasion d'aller à l'école, à toute l'humanité, partout, en préparation au retour de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ; et cette grande œuvre ne peut être accomplie avec succès que par une génération d'hommes et de femmes hors du commun. Je vous exhorte donc à appeler dans ce service missionnaire de pieu ceux qui sont les plus qualifiés pour présenter le message joyeux, ceux qui peuvent œuvrer efficacement, ceux qui sont eux-mêmes véritablement convertis et qui portent brûlant dans leur âme un témoignage sans cesse de cette grande œuvre.

Vous êtes appelés

Et en tant que serviteur du Seigneur, dont le devoir est d'apporter mon aide à cette grande œuvre majeure, cette puissante entreprise missionnaire, je vous dis, dans le langage de la révélation qui nous est venue par le prophète Joseph Smith : « Vous êtes appelés à inviter ce peuple au repentir », et n'oubliez pas que « si vous travaillez toute votre vie à appeler ce peuple au repentir et que vous m'amenez ne fût-ce qu'une seule âme », dit Jésus, le Fils de Dieu, « comme votre joie sera grande avec elle dans le royaume de mon Père ! Or, si votre joie est grande avec cette seule âme que vous m'aurez amenée dans le royaume de mon Père, comme elle sera grande si vous m'en amenez beaucoup ! » (D. & A. 18:14-16.)

Pour ces nombreuses raisons, j'en appelle donc à vous, dirigeants de l'Église, pour que vous fassiez tout votre possible pour entrer dans le service missionnaire de pieu et pour y retenir ceux qui sont les plus capables et les plus véritablement convertis, afin que la prédication de l'Évangile de charité, d'amour, de pardon, de paix et de fraternité des hommes puisse avancer efficacement. Puissiez-vous, puissions-nous tous, viser à accomplir cela. Je le prie humblement au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.

Citer ce discoursRichard R. Lyman, « L'œuvre missionnaire de pieu », 1943 October General Conference, Friday Afternoon Session (1943-10-01). Pulpit Vault, 1943-10-lyman-the-stake-missionary-work. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).