Pulpit

Nous le savions, nos mères le savaient

George Albert Smith

1943 April General Conference·Monday Evening Session·1943-04-05

J'espère pouvoir bénéficier de votre foi et de vos prières, afin d'être conduit à dire quelque chose d'utile, car je me rends compte que le temps est très précieux lorsque tant d'hommes sont réunis que ce soir.

Il y a des milliers de choses dont on pourrait parler, mais si notre Père céleste me bénit, les quelques sujets que j'aborderai seront ceux qui me seront donnés pendant que je serai debout.

La gravité de la guerre

Le monde est dans un état terrible. Les allusions qui ont été faites ce soir et pendant cette conférence au fait que beaucoup de nos jeunes gens sont au loin, dont certains ne reviendront peut-être jamais, et certaines de nos jeunes filles aussi, éveillent naturellement en nous le sentiment que nous voulons faire de notre mieux — non seulement que nous le décidions, mais que nous ayons la force de le faire. Il y a environ un mois, nous avons fait le compte de mes parents dans la famille Smith, et il y en avait plus de soixante-dix déjà engagés, et depuis lors, un certain nombre d'autres sont partis. On nous a dit ici que nous avons approximativement vingt-cinq mille membres de l'Église qui sont maintenant au front ou qui se préparent à y aller. Ceci est grave pour nous, et bien que les journaux regorgent des succès des forces alliées, et qu'on nous parle des canons et des bombes puissants qu'on utilise contre ceux qui s'opposent à nous, il n'en demeure pas moins que nous sommes engagés dans une terrible lutte, et que les instruments de guerre de l'autre côté peuvent être tout aussi puissants et tout aussi efficaces contre nous. Je ne ressens pas l'assurance que certains éprouvent en raison de notre force physique lorsque je réalise que seulement un tiers des habitants du monde sont susceptibles d'être de notre côté, du fait qu'ils sont chrétiens ou qu'ils croient en la mission divine de Jésus-Christ. Les deux tiers du monde n'ont jamais accepté le christianisme, et il n'en faudrait pas beaucoup pour faire basculer des nations aujourd'hui inactives, si je puis employer ce mot, du côté de ceux qui cherchent à détruire la liberté dont jouit l'humanité.

La foi des jeunes gens lamanites

Je pense à l'expérience des Néphites, lorsqu'ils traversaient leurs périlleuses épreuves, et comment tout juste deux mille soixante garçons, des jouvenceaux comme Hélaman les appelait, se trouvèrent face à face avec des hommes d'expérience et entraînés à la guerre, et ils avancèrent sans poser de question, et lorsqu'on les rassembla du champ de bataille, chacun d'eux ayant été blessé, après une série de batailles, deux cents d'entre eux s'étant évanouis par perte de sang, aucun n'avait perdu la vie. Quand on leur demanda : « Comment avez-vous pu le faire ? Comment avez-vous pu avoir cette foi ? », ces garçons, comme ceux qui partent maintenant, sans doute âgés de dix-huit ans et un peu plus, répondirent en souriant : « Nous le savions, nos mères le savaient. » (Voir Alma 57:19-22.)

Je pense que c'est là l'un des plus grands hommages jamais rendus à la maternité — que dans des circonstances telles que celles qu'elles vivaient, entourées d'ennemis, elles aient pu enseigner à leurs enfants cette foi en Dieu qui les porterait jusqu'au bout et les ramènerait chez eux sans perdre la vie.

Je me suis demandé : « Les mères d'Israël ont-elles préparé leurs fils ? » Ont-elles enseigné à ces garçons qui doivent nous représenter sur le champ de bataille qu'eux aussi peuvent être préservés ; que Dieu prendra soin d'eux s'ils sont dans la ligne de leur devoir ; et je veux dire que si nos mères l'ont fait, les pères ont beaucoup à être reconnaissants, car certains pères ne prennent pas beaucoup de temps de nos jours pour enseigner de telles choses à leurs enfants.

Devoir envers les mères et les épouses

Ce soir, en regardant cette grande assemblée d'hommes, plus de cinq mille, je réalise la force de la sainte Prêtrise ; sachant que nous sommes les représentants de la divinité et que les hommes dans cette salle ont le pouvoir qui vient de Dieu de le représenter sur la terre. Je le sais, et en même temps je réalise qu'il existe une force dans les foyers des Saints des Derniers Jours où se trouvent nos épouses, nos mères et nos filles, et que, lorsqu'il s'agit de foi en Dieu et de prière, elle égale tout ce que les hommes peuvent rassembler. Je crains que nous les négligions parfois. Je me demande ce soir si les hommes qui sont ici, qui sont venus à cette grande conférence pour adorer Dieu, qui sont ici pour être instruits sous l'influence de l'Esprit du Seigneur — ont laissé chez eux des foyers, des maisonnées où se trouve une famille d'enfants en plus de l'épouse. Je me demande : « Combien d'entre vous, ici ce soir, avant de venir attendre le Seigneur, avez pris dans vos bras la femme qui se tenait à vos côtés, la mère de vos enfants, et lui avez dit que vous étiez reconnaissants qu'elle entretienne le feu du foyer pendant que vous ne pouviez pas être là ? » Je me demande si nous apprécions les filles de Dieu comme Il les apprécie. Chérissons-nous leurs vertus, leur foi, leur dévotion et leur maternité comme le fait notre Père céleste ?

Il est écrit dans le Livre de Mormon qu'il a réprimandé toute une lignée d'hommes parce que le cœur de leurs épouses avait été brisé par leur négligence, et que leurs enfants, élevés dans leurs foyers, avaient perdu confiance en eux. C'étaient là des hommes de l'Église dont je parle, et le Seigneur les a réprimandés et leur a fait comprendre que, s'ils ne se repentaient pas de leur négligence, ils ne devaient pas espérer ses bénédictions. Aussi je veux dire à ce groupe de la Prêtrise ce soir : prier est une chose et les prières sont importantes, mais c'est en vivant que nous acquerrons du pouvoir auprès de notre Père céleste. Vivre l'Évangile de Jésus-Christ nous donnera de l'influence auprès de nos semblables parmi les enfants des hommes. Garder les commandements de Dieu nous donnera une force et une assurance que rien d'autre ne peut nous donner.

Je suis heureux que tant de frères puissent venir à cette conférence, et j'espère que lorsque nous rentrerons des réunions qui se tiennent ici, chacun de nous, retournant au foyer qui lui est si précieux et qui est tout ce que beaucoup d'entre nous possèdent, le fera résolu, qu'avec l'aide du Seigneur, nous honorerons ses filles. Nous chérirons leur amour ; nous leur serons fidèles et nous les aiderons à faire ce qu'elles ont à faire lorsque pères, maris et frères sont absents.

Je pense que ce soir, il n'y a pas au monde de peuple qui ait autant de raisons d'être reconnaissant que nous. Conscient de nos privilèges et de nos possibilités, je suis reconnaissant de ma propre expérience, élevé dans un foyer de Saints des Derniers Jours ; enseigné à prier aux genoux de ma mère. Mon père a passé des années sur le champ de mission ; ma mère a offert onze fois sa vie pour nous mettre au monde, et elle a donné sa vie jour après jour pour nous former afin que nous soyons de véritables Saints des Derniers Jours. Et ce n'est là qu'une seule famille. Je pense à toutes ces familles que nous représentons — je pense à vos parents et grands-parents, qui sont sortis du monde pour l'amour de l'Évangile, qui étaient disposés à donner tout ce qu'ils possédaient afin que vous, vos enfants et les enfants de vos enfants ne soyez pas trahis par la ruse astucieuse de l'adversaire, ne vous détourniez pas de la droiture et ne participiez pas aux choses que notre Père céleste nous a interdit de toucher.

Éloge pour la retransmission du Tabernacle

Voici quelques-unes des pensées qui me sont venues à l'esprit pendant cette grande conférence, assis ici sur l'estrade, écoutant les voix de ces serviteurs du Seigneur qui ont été divinement mandatés par Dieu pour le représenter, et qui nous ont enseigné et nourris du pain de vie pendant que nous écoutions leurs paroles. Je suis reconnaissant pour le grand orgue et le chœur du Tabernacle qui diffusent depuis ce bâtiment chaque jour du sabbat. Depuis des années, ils enchantent le monde de cantiques de louange que notre Père céleste nous a bénis de pouvoir apprécier, et avec eux, de brefs sermons qui ont touché beaucoup de cœurs. On m'a souvent demandé qui est cet homme qui fait les annonces lors de la retransmission du Tabernacle ? Et je suppose que frère Evans a reçu des centaines de lettres de félicitations pour sa contribution. Ce qu'il dit est bref, mais c'est ce qu'il pense que le Seigneur voudrait que son serviteur dise en son saint jour.

La droiture donne de la force

Maintenant, frères, nous serons bientôt loin d'ici. Vous irez à votre champ de travail et moi au mien. Nous nous mêlerons aux Saints des Derniers Jours et à ceux qui ne sont pas membres de l'Église, et je vous dis que, si nous voulons avoir de l'influence auprès de ceux que nous allons voir en quittant cet endroit, nous devons avoir le pouvoir de Dieu pour leur témoigner que nous sommes ce que nous prétendons être. Être membre de l'Église et détenir la Prêtrise ne nous mènera nulle part si nous n'en sommes pas dignes. Le Seigneur a dit que chaque bénédiction que nous désirons est conditionnée par l'obéissance à ses commandements. Nous pouvons tromper nos voisins, et nous pouvons nous tromper nous-mêmes en pensant que tout va bien, mais si nous ne gardons pas les commandements de notre Père céleste, si nous ne portons pas dignement cette sainte Prêtrise si précieuse, nous ne trouverons pas notre place dans le royaume céleste — nous ne trouverons pas notre association et notre compagnie avec les épouses et les filles qui n'ont pas détenu la Prêtrise, mais qui se sont montrées à la hauteur et ont gardé les commandements de Dieu et vécu des vies droites.

Il y a beaucoup d'hommes dans cette Église qui n'ont pas de descendance masculine. Notre président bien-aimé, assis ici ce soir, n'a pas de fils, mais Dieu l'a béni de merveilleuses épouses et filles, et elles l'ont honoré, ont soutenu ses mains, l'ont appuyé et soutenu. D'autres hommes sur cette estrade ont été bénis de grandes familles qui trouvent leur joie à faire ce que le Seigneur désire qu'ils fassent et qui apportent honneur et crédit à l'Église à laquelle ils s'identifient. Ce sont vos frères et sœurs et les miens. Combien nous devrions être reconnaissants que notre sort ait été placé dans des conditions aussi favorables. Peu importe la force de nos armées, si nous sommes surpassés en nombre par ceux qui ne croient pas en Dieu. Peu importe la puissance des engins de destruction que nous préparons, ils pourraient être détruits par ce que l'ennemi peut amener contre nous, mais si nous avons la confiance de notre Père céleste, si nous avons son amour, si nous sommes dignes de ses bénédictions, toutes les armées du monde ne peuvent pas nous détruire, ne peuvent pas briser notre foi, et ne peuvent pas vaincre l'Église qui porte le nom du Fils de Dieu.

Lisez au dix-neuvième chapitre du deuxième livre des Rois comment Sanchérib, roi assyrien, chercha à renverser Jérusalem. Ézéchias, le roi qui représentait Israël, supplia le Seigneur de le délivrer, tandis que Sanchérib se moquait de lui, disant : « Ne pense pas que tes prières à ton Dieu puissent t'aider. Partout où je suis passé et où j'ai déjà pris, ils priaient. Tu es sans défense » ; et le lendemain matin, une grande partie de l'armée assyrienne fut trouvée morte sur le sol, et Jérusalem avait été préservée par le Seigneur. Il est notre force, frères, votre Père et le mien, le Père de tous ; si seulement nous en sommes dignes, il nous préservera comme il préserva les fils d'Hélaman, et comme il préserva Daniel des lions, et les trois enfants hébreux de la fournaise ardente, et six cent mille descendants d'Abraham lorsqu'il les fit sortir d'Égypte sous la conduite de Moïse et noya l'armée de Pharaon dans la mer Rouge. Il est le Dieu de cet univers. Il est le Père de nous tous. Il est tout-puissant et il nous promet sa protection si nous vivons de manière à en être dignes. Permettez-moi de vous lire un paragraphe de la toute première section de la Doctrine et Alliances où il dit : car je ne fais pas acception de personnes, et je veux que tous les hommes sachent que le jour vient rapidement ; l'heure où la paix sera enlevée de la terre et où le diable aura pouvoir sur ses possessions n'est pas encore arrivée, mais elle est proche.

Quelle chose pitoyable ce serait si cela s'arrêtait là, car nous pouvons voir la puissance de l'adversaire dans le monde et la destruction qu'accomplissent ceux qui sont ses émissaires ; mais, poursuivant, le Seigneur dit : Le Seigneur aura, lui aussi, pouvoir sur ses saints, règnera au milieu d'eux et descendra en jugement sur . . . le monde.

Quelle promesse, mais elle est entièrement conditionnée par notre droiture, non par autre chose, ni par notre richesse ni par notre force numérique, ni par notre isolement du monde, mais par notre droiture.

Un témoignage des bénédictions de Dieu

En conclusion, je veux vous rendre mon témoignage, mes frères. Je remercie d'abord les centaines d'entre vous qui m'ont permis de continuer comme je l'ai fait, tout en me tenant aux côtés de mes associés dans la direction de l'Église, pour encourager notre peuple et leurs voisins à garder les commandements de Dieu, et ce soir, quand je pense à l'état du monde et que je réalise que le seul endroit où il existe un semblant de paix est le pays où nous vivons, et avec la promesse de Dieu qu'il sera avec — non pas les membres de l'Église, je ne l'interprète pas ainsi ; non pas nécessairement les hommes qui détiennent la Prêtrise, je ne l'interprète pas ainsi non plus — il sera avec ses Saints qui sont dignes d'être appelés Saints, et son pouvoir et sa protection seront sur eux jusqu'à ce que les travaux de leur vie soient achevés. Je sais que Dieu vit. Je sais que Jésus est le Christ. Je sais que Joseph Smith était un prophète du Dieu vivant, aussi sûrement que je sais que je vis. Je sais que la Prêtrise que vous détenez, frères, est divine ; que vous êtes des représentants de la Divinité, et que si vos vies se conforment aux désirs de notre Père céleste concernant sa Prêtrise, aucune puissance au ciel ni sur la terre ne peut vous empêcher d'obtenir les bénédictions que Dieu a dit qu'il accorderait à ceux qui gardent ses commandements. Aimons-nous les uns les autres. On a parlé ici de bonté pendant cette conférence. Si jamais il y eut un temps où nous ayons besoin d'être bons, c'est maintenant. Si jamais il y eut un temps où nous ayons besoin d'être patients, c'est maintenant, et si nous voulons garder l'un des commandements de Dieu qu'il a dit être le second par ordre d'importance, nous aimerons notre prochain comme nous-mêmes. Quand nous ferons cela, ils ne seront pas attristés par notre conduite. Je vous remercie pour votre compagnie. Je remercie mes frères des Autorités générales de l'Église, avec qui je suis si étroitement associé, pour leur bonté envers moi. Je remercie notre président bien-aimé, qui, dans son âge avancé, continue à nous encourager à être fidèles et à témoigner de sa connaissance que Dieu vit, que Jésus est notre Sauveur, et que Joseph Smith était un prophète suscité par le Seigneur. Vous avez entendu ces témoignages bien des fois, ainsi que les témoignages d'autres personnes qui sont ici. Vous avez entendu les témoignages de ceux qui sont déjà allés recevoir leur récompense. Ceux-ci sont vrais, mes frères. Ces témoignages ne sont pas prononcés à la légère ni donnés avec insouciance. Ce sont la vérité.

Sachant que, dans un avenir pas très lointain, l'homme qui vous parle en ce moment devra se tenir devant Dieu et répondre des actes accomplis dans le corps et des paroles prononcées ici, sachant cela, et réalisant la gravité d'une mauvaise interprétation ou d'une fausse représentation, avec joie, allégresse et amour, je vous rends mon témoignage que l'Évangile tel qu'enseigné par les Saints des Derniers Jours est la puissance de Dieu pour le salut. Ceci est mon témoignage et je le rends au nom de Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Citer ce discoursGeorge Albert Smith, « Nous le savions, nos mères le savaient », 1943 April General Conference, Monday Evening Session (1943-04-05). Pulpit Vault, 1943-04-smith-we-knew-our-mothers-knew. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).