Nouvelles des missions à l'étranger
Thomas E. McKay
C'est un merveilleux privilège que nous avons, nous les frères, de nous réunir deux fois l'an dans ces grandes assemblées. Personnellement, j'en suis très reconnaissant. C'est une grande force pour moi de me trouver parmi vous, frères. J'aime rencontrer les gens et leur serrer la main. J'ai apprécié de rencontrer les dirigeants que j'ai eu le privilège de visiter dans les pieux de Sion, de mieux connaître vous et votre bon peuple. J'apprécie l'accueil que j'ai reçu, et je vous félicite aussi pour l'accueil qui a été réservé, en règle générale, par vous ou par un comité vous représentant, aux gens, en particulier aux nouveaux venus et aux membres en retrait, lorsqu'ils entrent dans vos chapelles ou vos tabernacles à ces conférences de pieu. ¶
La force vient de la prière ¶
En visitant vos conférences, j'ai saisi l'occasion, généralement lors de la session de la prêtrise, d'attirer l'attention sur la responsabilité qui repose sur chacun pour la réussite de la conférence. J'ai senti le besoin de votre soutien, comme je le sens ce matin, de vous, frères, d'un intérêt de votre foi et de vos prières ; et j'ai suggéré, et j'espère ne pas être présomptueux en le suggérant maintenant, qu'il est bon que chaque personne présente offre une prière silencieuse pour ceux qui sont appelés à parler. Je sais que chacun en sera fortifié ; cela vous aidera à vous concentrer et à garder votre esprit sur ce qui est dit, et je suis certain que les orateurs en profiteront. Je crois fermement au pouvoir de la prière. J'aime méditer et répéter le premier couplet du cantique : Avant de quitter ta chambre ce matin, as-tu pensé à prier ? ¶
Au nom du Christ, notre Sauveur, as-tu imploré une faveur aimante, comme un bouclier pour aujourd'hui ? ¶
Oh, comme la prière repose celui qui est las ! La prière changera la nuit en jour : ainsi, quand la vie devient sombre et morne, n'oublie pas de prier. ¶
La vie est déjà sombre et morne pour bien des familles dont les fils ont été signalés « tués ou disparus au combat », et je crains qu'elle ne soit « sombre et morne » pour beaucoup, beaucoup d'autres encore avant la fin de cette terrible guerre ; alors, je vous en prie, « n'oubliez pas de prier ». ¶
En parlant de prière, je voudrais recommander à tous ceux qui sont ici de se procurer le petit sermon donné par le frère Richard L. Evans lors de son émission d'il y a une semaine, le dimanche 28 mars, et aussi, j'en suis sûr, vous voudrez un exemplaire des remarques opportunes qu'il a données hier sur l'usage croissant du blasphème. En fait, tous ses sermons méritent d'être écoutés et lus. ¶
Oui, je crois en la prière, et j'ai toujours été reconnaissant lorsque ceux qui sont appelés à prier se souviennent de nos membres dans les pays déchirés par la guerre. Nos frères et sœurs apprécient ces prières ; ils apprécient ce que la présidence de l'Église fait pour eux sur le plan financier, ainsi que le fait d'être présents dans leurs prières. Il y a rarement une lettre que je reçois des frères présidant dans ces missions qui n'exprime de la reconnaissance pour les prières des saints ici, à Sion. Ces lettres se font de plus en plus rares et espacées ; il devient de plus en plus difficile de recevoir des lettres ; en fait, des missions des Pays-Bas, d'Allemagne et de Tchécoslovaquie, nous n'avons rien entendu depuis l'entrée en guerre des États-Unis. Jusqu'à il y a un mois environ, nous recevions occasionnellement des nouvelles de Belgique et de France, par l'intermédiaire de la Suisse. Ces dernières semaines, cependant, même les lettres venant de Suisse ont cessé d'arriver, et nos lettres nous sont revenues, marquées : « Service suspendu ; retour à l'expéditeur. » Nous recevons encore régulièrement des nouvelles de Suède, et de temps à autre du Danemark et de Norvège, par l'intermédiaire de la Suède. La dernière nouvelle que nous avons reçue de France venait de Paris, non pas directement à moi, mais par l'intermédiaire d'un membre qui reçut une lettre via Genève et me la rapporta. ¶
Guérison par la foi ¶
Je voudrais prendre le temps d'évoquer ma rencontre avec ce membre. De 1909 à 1912, je présidais la mission suisse-allemande. La France, à cette époque, appartenait à cette mission ; en fait, nous avons aujourd'hui cinq missions là où il n'y en avait qu'une alors. Nous venions de tenir une splendide conférence à Lausanne pour le district français. Après la session de clôture, nous avons été invités dans un foyer où l'un des membres de la famille était très malade, une belle jeune fille, tout juste adolescente, toujours joyeuse et pleine de foi ; nous désirions très sincèrement et ardemment l'aider. Nous avons fait une prière avec la famille, puis nous lui avons donné une bénédiction, et dans cette bénédiction nous lui avons promis qu'elle guérirait. Elle avait la tuberculose et était alitée depuis des années. En rentrant cette nuit-là de Lausanne à Zurich, notre siège, je dois avouer que j'étais inquiet à cause de la promesse que nous avions faite. Elle avait tant de foi, tout comme sa famille, et je craignais que si cette promesse ne se réalisait pas, cela pût ébranler sa foi. J'ai prié humblement pour que le Seigneur accomplisse cette promesse, et de nouveau, avant de me coucher cette nuit-là, j'ai prié, et j'ai continué à prier. Quelques mois après cette conférence à Lausanne, je fus relevé pour rentrer chez moi. Environ deux ans plus tard, je me trouvais dans l'annexe du temple, me préparant à y entrer, lorsqu'une dame s'approcha de moi, saisit ma main dans les deux siennes et me dit : « Oh, Frère McKay, Frère McKay. » C'était cette même jeune sœur, complètement rétablie ; et maintenant, pour montrer sa reconnaissance envers notre Père céleste pour le rétablissement de sa santé, elle consacre autant de temps qu'elle le peut au travail du temple. C'est elle qui m'a apporté la bonne nouvelle de Paris, que nos membres là-bas tiennent encore leurs réunions. Sa sœur vit à Paris, et la lettre indiquait que nos quelques membres là-bas se rassemblent chez elle pour leurs réunions. ¶
Rapports des missions d'Europe ¶
Nous avons aussi reçu une lettre très intéressante de Suisse, non pas directement à moi, mais à quelques-uns de mes amis, de Zurich. Une très belle conférence de la Société de secours a eu lieu. Environ cent femmes étaient présentes. Nous avons une photographie d'elles, que nous faisons imprimer dans le Relief Society Magazine. Elles ont toutes l'air heureuses, mais cette lettre disait que des milliers de personnes, dans certains des pays voisins de la Suisse, meurent. ¶
Nous avons aussi reçu une lettre très intéressante d'Alep, en Syrie, une lettre à laquelle, je crois, il a fallu bien réfléchir, et je sais qu'il a fallu des heures au frère pour l'écrire en anglais ; elle fut postée le 13 novembre 1942, et reçue le 17 mars 1943. Je la cite telle qu'elle a été écrite : Moi et tous les saints sommes très heureux d'avoir de vos nouvelles et de pouvoir répondre à notre président sur notre condition en ce temps de guerre, qui est par la grâce du Père céleste, grâce au Seigneur, qu'il nous garde fidèles à ses guides terrestres. ¶
J'envoie le rapport de trois mois de la branche, et nous nous préparons à envoyer nos rapports annuels. Vous pouvez connaître nos conditions par les rapports. Les réunions de la Société de secours et des Associations d'amélioration mutuelle ont commencé le 1er octobre. Presque deux mois furent des vacances. ¶
Nous avons très soif d'avoir de vos nouvelles tout le temps si possible. Cela nous aide beaucoup. Tous les membres vont bien et prient pour que notre cher prophète soit béni et que sa santé s'améliore, afin qu'il guide son peuple en ces jours sombres. Transmettez nos meilleurs vœux aux missionnaires qui sont sur ce continent. Nous prions le Seigneur de fortifier nos guides de l'Église, nos présidents, nos membres, et tous les cœurs honnêtes. ¶
Puis-je lire un bref passage de la dernière lettre reçue de la mission suédoise ? ¶
Le travail dans la mission a repris avec une vigueur renouvelée par toutes les organisations dès le début de ce mois. L'unité fut particulièrement bonne et la volonté d'offrir, grande. Le coût de la vie n'a cessé d'augmenter. Si l'on compare les prix de l'été 1942 à ceux de 1935, on constate que le poisson a augmenté en moyenne de 125 %, la viande de 95 %, les légumes-racines et les fruits de 109 %, l'épicerie de 54 %, le pain de 41 %, les produits laitiers, les œufs et la margarine de 38 %, et la farine de 25 %. Au total, cela représente une hausse de 63 % pour les provisions. Quant au chauffage et à l'éclairage, aux vêtements, etc., on constatera que le coût de la vie, depuis l'entrée en guerre de septembre 1939, a augmenté d'environ 40 %. ¶
Ils ont reçu des comptes rendus très favorables dans deux des principaux journaux publiés à Stockholm. Voici les titres : « Les terrains d'entraînement et les casernes de Salt Lake », « Coopération chrétienne », « Soixante-dix centres d'entraide ». Le président dit ensuite que l'article était bien écrit du début à la fin. De même, le Svenska Dagbladet, un autre grand quotidien de Stockholm, avait ces titres — « Les mormons dans l'Utah, une secte religieuse mais aussi une organisation coopérative »... « Les disciples de Brigham Young, pionniers dans le domaine des affaires scolaires et du travail d'entraide ». Cet article était également très bon et se terminait ainsi : Les mormons, leur Église, et leurs activités, tout cela qu'on appelle parfois de la charlatanerie, mais c'est un fait qu'il y a beaucoup à étudier dans l'Utah dans le domaine de l'éducation, des activités sociales, de l'industrie et de la coopération. ¶
Bien sûr, nous recevons régulièrement des lettres de la mission britannique. Leur rapport annuel pour 1942 montre : nombre de membres, 6 491, nombre de branches passé de 71 à 75, nombre de Sociétés de secours de branche de 46 à 51, écoles du dimanche de 53 à 62. Les organisations des Associations d'amélioration mutuelle, des Abeilles et de la Primaire ont progressé au cours de l'année... 51 baptêmes, léger recul ; 52 décès, hausse de 20. Les autres statistiques demeurent à peu près les mêmes qu'en 1941. Les fêtes de la moisson, les réunions d'union, les activités de Prêtrise, les réunions de branche, les réunions à domicile, et les autres activités de district et de branche ont été plus nombreuses que l'année précédente. ¶
Le Seigneur a été miséricordieux et bon envers nous dans la mission britannique. Il n'y a, à notre connaissance, aucune épreuve parmi nos membres. Nos foyers ont été bénis, bien que deux familles aient subi des pertes de biens à cause de l'action ennemie. Leur vie a été miraculeusement préservée. ¶
Dans la mission britannique, ils accomplissent une œuvre missionnaire très splendide. Ils ont eu quatre-vingt-douze missionnaires à plein temps depuis le début de la guerre et près de quatre cents missionnaires à temps partiel (beaucoup d'entre eux étant des sœurs), la plupart œuvrant dans les soixante-quinze branches. ¶
Nécessité manifeste du travail d'entraide ¶
Je pense parfois, frères, en écoutant les rapports des ouvriers de l'entraide lors de nos réunions d'entraide aux conférences trimestrielles — pas très souvent, mais occasionnellement nous entendons une note décourageante — chacun travaille maintenant, occupé à gagner de l'argent, et nous ne voyons pas la nécessité de suivre le conseil des frères et de planter des récoltes, la Prêtrise prenant les devants. Nous donnerons l'argent, disent-ils. J'espère que vous, frères, qui avez cette attitude, vous souviendrez que nous avons trente-deux mille membres de notre Église, nos frères et sœurs, dans ces pays déchirés par la guerre, rien que dans les missions européennes. J'espère voir le jour, et bientôt, où nous pourrons utiliser les bombardiers pour transporter là-bas du blé, et d'autres denrées et vêtements, au lieu de bombes. Ce jour viendra, et lorsqu'il viendra, ce ne sont pas les dons d'argent qui nourriront les nécessiteux, frères ; ils ne peuvent manger l'argent, ni acheter de la nourriture avec, car elle ne sera pas là, même s'ils avaient l'argent. Rappelez-vous donc que c'est de nourriture qu'ils auront besoin. Cette remarque me revient, et je la donnerai en terminant ; mon père avait souvent l'occasion de l'employer avec nous, les garçons. L'un des garçons conduit les exercices aujourd'hui, et je pense que mon père l'a employée avec lui aussi souvent qu'avec les trois autres frères, sinon plus. Lorsque nous nous plaignions un peu de ne pas pouvoir jouer au base-ball, ou peut-être aller à la pêche le dimanche, il s'entretenait avec nous, et terminait généralement par : « Rappelez-vous ceci, les garçons : "Le chemin du conseil est le chemin de la sécurité." » ¶
Que Dieu nous aide tous à nous en souvenir, et à garder tous les commandements de Dieu, afin que nous ayons la joie dans cette vie et l'exaltation dans la vie à venir, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶