Conseils en temps de guerre
J. Reuben Clark Jr.
Mes frères : je crois n'avoir jamais connu de moment plus éprouvant que celui qui m'attend maintenant. Nous avons entendu parler de la guerre, de ses buts, et de notre part en elle. J'ai le malheur de me souvenir un peu de l'histoire ; la plus grande partie de ma vie adulte a été consacrée aux relations entre les nations. Je souhaiterais que le tableau soit aussi clair et certain pour moi qu'on l'a dépeint, tant quant à ses enjeux qu'à son issue. ¶
Je ne vais pas prêcher un sermon ce soir, frères. Il y a certaines choses qu'il me semblait bon de passer en revue avec vous. Elles concernent surtout nos affaires temporelles, bien que pas entièrement. Je viens à vous en profonde humilité. Je ne crois pas m'être jamais senti plus faible. ¶
Une aide pour les hommes sous les drapeaux ¶
Nous avons, sur State Street, comme le savent tous les présidents de pieu et tous les évêques parmi vous, un foyer de mission, ou plutôt un foyer pour les militaires saints des derniers jours. Nous y avons logé un comité qui s'efforce de servir de lien entre les soldats et vous, frères. Je voudrais dire brièvement quelques mots sur le travail de ce comité et solliciter votre aide supplémentaire. ¶
Avant cela, j'aimerais recueillir quelques faits. Que tous ceux qui ont servi sous l'uniforme de leur pays pendant la Première Guerre mondiale se lèvent. (Plusieurs centaines se levèrent.) ¶
Merci, frères. Si je puis le dire, j'étais moi aussi alors sous les drapeaux. ¶
Je voudrais que tous ceux qui ont maintenant des fils dans l'armée se lèvent. (Près d'un tiers de l'assemblée se leva.) Veuillez rester debout. Je voudrais ajouter à ce nombre tous ceux qui ont des petits-fils sous les drapeaux, et ajouter encore ceux qui ont des fils ou des petits-fils susceptibles d'être appelés sous les drapeaux. Voulez-vous tous vous lever, s'il vous plaît. (Environ les deux tiers ou les trois quarts de l'assemblée se levèrent.) ¶
Merci, frères. ¶
Le président Grant a actuellement sous les drapeaux, ou en instance d'incorporation, y compris ses petits-gendres, dix-huit hommes. ¶
Cette affaire de guerre va se faire sentir très vivement chez nous. ¶
Il y a bien longtemps, en octobre, nous avons fait savoir aux présidents de pieu que nous allions imprimer de la documentation à distribuer aux garçons. Nous avons fait imprimer le Livre de Mormon, en voici un exemplaire (le montrant), qu'ils peuvent porter dans leur poche de poitrine. Nous avons également fait imprimer un petit livre que nous appelons Principes de l'Évangile, fondé sur le Compendium. Il ne sera pas aussi volumineux que ce Livre de Mormon. Nous en avons fait imprimer suffisamment pour qu'ils puissent être distribués à chacun de nos garçons sous les drapeaux. ¶
Nous avons demandé à chacun de vous, présidents de pieu, d'envoyer les noms et adresses des hommes de vos pieux sous les drapeaux, en les obtenant des parents, par l'intermédiaire des évêques. C'était en octobre. Dix pieux n'ont même pas accusé réception de ces instructions. Nous n'avons aucune nouvelle d'eux. Au total, 239 paroisses et 42 branches n'ont fait aucun retour. Les retours qui ont été faits ont souvent été si imparfaitement remplis qu'il est presque impossible d'en déduire les noms, et plus particulièrement les adresses. Or, nous allons vous envoyer, frères, vous les présidents de pieu, autant d'exemplaires de ce Livre de Mormon et des Principes de l'Évangile que vous avez indiqué avoir de garçons sous les drapeaux dans vos pieux. ¶
Nous allons vous demander de veiller à ce qu'ils soient expédiés par la poste à ces garçons, à ces adresses. Nous vous enverrons probablement un formulaire et vous demanderons de rédiger une nouvelle déclaration concernant les garçons, indiquant leurs adresses, leurs noms, et ainsi de suite. Il est très difficile, pour ceux qui compilent ces noms, d'être certains que vous avez correctement indiqué les faits les concernant ; la différence entre « sen » et « son » n'est pas toujours observée, et d'autres inexactitudes semblables s'y glissent. ¶
Nous avons également préparé un annuaire, donnant l'emplacement de toutes nos chapelles et églises à travers les États-Unis, en Angleterre et en Australie. Nous voudrions que vous, présidents de pieu, passiez au Foyer de l'Église pour les militaires, au 41 North State Street, juste au-dessus d'Eagle Gate, avant de rentrer chez vous, et que vous vous procuriez suffisamment d'exemplaires de ces annuaires afin d'en donner un à chacun de vos garçons sous les drapeaux, et nous vous demandons de les distribuer par l'intermédiaire des évêques, afin que les évêques puissent en donner un à chaque parent ayant un fils sous les drapeaux. ¶
Lorsque vous nous envoyez ces noms, nous les transmettons aux missions, et là où se trouvent les camps, les présidents de mission ont réparti les zones entre eux, pour les aider à entrer en contact avec vos garçons. L'annuaire aidera les garçons à retrouver le contact avec leur Église. ¶
Frères, je ne pense pas qu'il soit nécessaire, après ce qui a été dit ce soir, d'insister auprès de vous sur l'importance de nous envoyer ces noms, d'insister auprès de vous sur l'importance de veiller à ce que chaque garçon -- le vôtre et celui de tout le monde -- reçoive un exemplaire de ces livres. Ils auront besoin de tout ce qu'ils pourront tirer de ces livres pour les aider à vivre dans la droiture. ¶
Nous recevons toutes sortes de lettres des garçons sur le terrain nous racontant le travail qu'ils accomplissent. Nous leur avons demandé de s'organiser en groupes d'Amélioration mutuelle, et de poursuivre leurs activités religieuses. Nous avons reçu deux ou trois lettres d'un garçon en Afrique du Nord -- c'est tout ce que nous savons quant à sa localisation -- mais il nous dit qu'ils tiennent des réunions de sainte-cène, qu'ils administrent la sainte-cène, qu'ils prêchent, qu'ils essaient de se soutenir les uns les autres, d'affermir la foi les uns des autres. ¶
Or, frères, veuillez prêter attention à ceci. Procurez-vous vos annuaires avant de rentrer chez vous. Nous vous enverrons des exemplaires des livres, avec des instructions. Puis, voulez-vous bien nous renvoyer les nouvelles listes corrigées, afin que nous puissions les transmettre aux missions. ¶
Envoyez vos livres à vos garçons ; donnez-leur toute l'aide que vous pouvez, et cet acte, ajouté à vos lettres et à vos prières, sera à peu près tout ce que vous pourrez faire. ¶
La dîme ¶
Maintenant, je veux remercier les frères de l'Église pour leur réponse en matière de dîme. Le frère Grant vous a remerciés dans son message d'ouverture. Je voudrais vous dire deux ou trois faits sur la dîme. L'un est que 95 pour cent de tous les payeurs de dîme de l'Église paient moins de 200 dollars par personne, ce qui représente 67 pour cent du total de la dîme. Ainsi, la dîme est payée par les membres aux moyens modestes et les pauvres de l'Église. Et bien que ce ne soit pas nécessaire, je peux ajouter à l'assurance que vous a donnée le président Grant qu'il considère ces fonds comme des fonds fiduciaires du caractère le plus élevé, qu'il n'autorise leur dépense que pour des fins ecclésiastiques, et que, bien que nous semblions actuellement avoir beaucoup d'argent, nous essayons de le préserver aussi soigneusement que nous le savons, car nous prévoyons qu'un temps viendra où nous en aurons besoin, s'il a encore une valeur alors. ¶
Le frère Marion G. Romney nous a lu hier des instructions anciennes envoyées par la Première Présidence, traitant de la question des pensions, aumônes ou allocations dites de l'État. Vous vous souvenez qu'en une occasion, le Sauveur a parlé du devoir qui unit parents et enfants, et il l'a fondé sur cette affirmation du Décalogue : « Honore ton père et ta mère. » Ce serait une chose grave, frères, si l'un de vous, ou l'un de nous, rejetait ses parents sur l'État. ¶
L'Église est prête, avec votre aide et votre assistance, à prendre soin de ceux qui ont besoin d'une telle assistance, et si l'un des saints a rejeté ses parents, voyez si vous ne pouvez pas les amener à les reprendre et à subvenir eux-mêmes à leurs besoins, et s'ils ont besoin d'aide pour cela, qu'ils s'adressent à l'évêque et l'obtiennent de la bonne manière. ¶
Songez-y, frères, rejeter la mère qui vous a portés et nourris, le père qui vous a engendrés, et laisser l'État s'occuper d'eux -- et de tels cas existent. ¶
Si nous nous tenons ensemble, si nous travaillons épaule contre épaule, si nous nous élevons à la dignité de notre prêtrise, et si nous assumons les obligations que Dieu nous a données, nous prendrons soin des nôtres ; et nous le pouvons. Ne vous laissez pas bercer d'illusions par quelque slogan mensonger, religieux, gouvernemental ou social, prétendant que l'État doit une subsistance à chaque homme. « C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain » (Genèse 3:19). ¶
Les principes fondamentaux de l'entraide ¶
Maintenant, parlons de l'Entraide. Nous avons toujours considéré l'Entraide comme étant établie pour les nécessiteux ; et lorsque nous parlions des nécessiteux, nous pensions à ceux qui n'avaient pas assez à manger ou à se vêtir ; mais il y a maintenant un nouveau groupe de nécessiteux -- ceux qui auront besoin d'aide pour poursuivre leur travail -- qu'ils soient fermiers, commerçants ou industriels. Au bon vieux temps où j'étais garçon, nous avions coutume d'échanger notre travail. Vous, les hommes de la campagne, vous savez tous cela, et ceux qui sont aussi grisonnants que moi sont passés par là. Frères, l'homme qui a une récolte à rentrer est tout aussi nécessiteux que quiconque. Veillez à ce que vos collèges de la prêtrise soient organisés de manière à ce que ce besoin puisse être satisfait, et ne rejetez pas ce travail sur la Chambre de commerce. C'est votre responsabilité. ¶
Depuis plusieurs années, nous parlons des jardins d'entraide. Souvenez-vous, nous avons commencé cela il y a quelque temps, bien avant que l'on n'ait songé aux jardins de la Victoire, et nous vous avons pressés de vous mettre en groupes, si vous ne pouviez pas obtenir un lopin de jardin pour vous-même, de cultiver ce dont vous aviez besoin, et, l'ayant récolté, de le « transformer », comme on dit maintenant. Or, avec toute la ferveur dont je suis capable, je vous exhorte de nouveau à suivre cette voie. Je ne sais pas à quel point cette pénurie alimentaire est grave, mais je sais ceci : nous ne pouvons pas nourrir le monde, nous nourrir nous-mêmes, combattre le monde, et fournir des armes et des munitions au monde, et néanmoins survivre. Je sais quelle est la situation ici, car je suis dans une position où je me dois de le savoir. ¶
Je veux dire quelque chose de plus : jusqu'à présent, vos denrées transformées à domicile n'ont pas été touchées. Vous n'avez pas eu à les compter. Bien sûr, en principe, il est un peu difficile de voir la différence, d'une part, entre l'homme qui, prévoyant et essayant de prévenir une future pénurie, est allé sur le marché il y a un, deux ou trois ans et a acheté et entreposé des denrées, et, d'autre part, l'homme qui, dans le même but, est allé cultiver sa propre nourriture puis a fait sa propre transformation. Si l'on peut rationner ce qui vous appartient et que vous avez acheté, on peut, de la même façon, rationner ce qui vous appartient et que vous avez cultivé. Gardez donc cela aussi à l'esprit. Vos propres denrées transformées seront probablement la dernière chose que l'on touchera, mais vous feriez bien de garder à l'esprit qu'elles pourraient être rationnées, sinon effectivement réquisitionnées. ¶
Cependant, je ne vois pas d'autre voie sage que de cultiver tout ce que vous pouvez. Ne gaspillez rien. Essayez d'aider ceux qui ne peuvent pas cultiver leur propre nourriture. Transformez-en assez pour nourrir votre famille, et si vous devez ensuite la céder, vous aurez fait votre part, et le jugement et la responsabilité du résultat reposeront sur quelqu'un d'autre. ¶
Je voudrais dire quelque chose sur un autre point. Depuis le début du Plan d'entraide, on nous a pressés d'essayer de faire un grand nombre de choses. Des temps comme ceux-ci rendent les hommes prolifiques en théories ; ils sont remplis d'idées folles. L'une des choses les plus difficiles que nous ayons eues à faire a été de nous en tenir à notre tâche, de veiller à ne pas nous engager dans des voies d'activité que nous ne pourrions pas mener à bien avec succès, car l'Église -- n'oubliez pas ceci, frères -- l'Église ne doit pas échouer ! ¶
Certains frères sont désireux de créer des coopératives. Nous sommes tout à fait disposés à ce qu'ils aillent de l'avant dans tout plan de ce genre qu'ils déterminent eux-mêmes, mais nous vous demandons de vous souvenir qu'il faut un commerçant pour diriger une coopérative ; n'importe qui ne peut pas le faire. Cela implique de grands et difficiles problèmes de crédit -- crédit aux amis et crédit aux voisins, qui peuvent être de bons ou de mauvais risques. Mais allez de l'avant avec vos coopératives si vous le souhaitez, si vous sentez que vous êtes faits pour cela. Mais souvenez-vous, je vous en prie, que les coopératives ne font pas partie du Plan d'entraide. Ce plan a pour objet de prendre soin des besoins de ceux qui sont dans le besoin et la détresse, non d'économiser ou de faire de l'argent pour des groupes. ¶
Je voudrais que vous accordiez la considération la plus attentive à ces choses que j'ai nommées. Il y a un ou deux autres points que je veux mentionner. ¶
Problèmes sociaux ¶
Depuis presque la fondation de cette Église, nous avons considéré le mariage comme l'une des relations les plus saintes dans lesquelles nous entrions, le mariage pour le temps et pour l'éternité, un foyer ici-bas et un foyer dans l'au-delà. Or, vous ne pouvez être mariés ainsi qu'au temple, et seuls les membres dignes de l'Église peuvent entrer dans le temple. Personne d'autre n'y entre. Le rite n'est célébré pour personne d'autre que les membres dignes. ¶
Une longue expérience a montré que les mariages entre nos jeunes gens et des jeunes gens non membres de l'Église ne réussissent généralement pas bien. Dans la grande majorité des cas, c'est le contraire qui se produit. Ces mariages mixtes ne peuvent être célébrés au temple. ¶
De plus, nous soutenons une norme unique de chasteté pour les garçons et pour les filles. Nous considérons l'impureté comme un péché voisin du meurtre. ¶
Pour ces raisons, nous avons dès le début découragé les mélanges sociaux indiscriminés entre nos jeunes gens et des jeunes gens qui, comme nous avons inventé l'expression, « ne sont pas des nôtres ». ¶
Nous sommes maintenant appelés à sacrifier nos fils. Je ne vous ai pas demandé de vous lever, mais je suis certain qu'il y a ici beaucoup d'hommes qui ont perdu des fils. J'ai perdu un gendre, aussi cher à mon cœur que mon propre fils. Il a été emporté presque dès la première explosion à Pearl Harbor. Mais le point que je veux souligner est que, parce que nous devons sacrifier nos fils, ce n'est pas une raison pour sacrifier nos filles. ¶
Toute considération de foi, de principes de vie droite, de doctrine de l'Église et de normes de l'Église exige que nous protégions, comme nous protégerions nos vies, la chasteté de nos filles. Il y a toutes sortes d'influences à l'œuvre pour saper ces normes. On m'a dit l'autre jour que nous avons une nouvelle expression, que les jeunes filles qui fument et boivent et font peut-être d'autres choses parlent de « nouveaux Mormons » par opposition aux « vieux Mormons ». Je veux leur dire que ceux qui abandonnent les normes et les principes de l'Église ne sont pas Mormons du tout. ¶
Mais nous devons tous être de « vieux Mormons ». Nous sommes tous un peu trop sensibles aux louanges d'autrui. Nous sommes trop désireux que les gens disent de belles choses sur nous. Nous devons aller de l'avant, que les gens nous louent ou nous blâment. Nous devons protéger la chasteté de nos filles, quoi que l'on en dise. ¶
Aux jeunes filles de l'Église ¶
Je veux dire quelque chose aux jeunes filles de l'Église, et comme c'est un sujet délicat, j'ai écrit ce que je désire dire. ¶
Vos frères, vos fiancés, vos jeunes maris sont dans les forces armées de leur pays. Ils sont partis avec des promesses de dévouement et de fidélité envers vous, des promesses qu'ils se garderaient purs. Vous espérez, priez et attendez qu'ils tiennent leurs promesses à la lettre. Vous avez fait vos propres promesses en retour, oralement ou dans votre cœur. Vous attendez d'eux qu'ils tiennent leurs promesses ; ils attendent de vous que vous teniez les vôtres. Celui qui viole sa promesse, quel qu'il soit, n'a aucun droit d'exiger de l'autre qu'il la respecte. ¶
De plus, vous, jeunes femmes et jeunes filles dont les bien-aimés sont sous les drapeaux, vous attendez d'eux qu'ils se gardent purs dans l'esprit et dans le cœur aussi bien que dans le corps. Vous attendez d'eux qu'ils se souviennent que le Seigneur a dit : « Quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur » (Matthieu 5:28) ; et qu'à notre époque il a ajouté : « Si quelqu'un commet l'adultère dans son cœur, il n'aura pas l'Esprit, mais reniera la foi et sera dans la crainte » (D. & C. 63:16). Pour qu'ils soient libres de ce péché du cœur, vous attendez d'eux qu'ils se tiennent tout à fait à l'écart des fréquentations sociales avec de mauvais compagnons, hommes ou femmes. Vous attendez d'eux qu'ils renoncent à ces amusements ou distractions légères ou frivoles qui pourraient conduire à ce péché -- vous attendez cela d'eux bien qu'ils soient exposés, sur des périodes répétées, au risque d'une mort immédiate, périodes qui font naître un besoin impérieux d'intervalles de détente et de délassement, afin que la raison puisse conserver son trône et que la folie soit tenue à l'écart. ¶
Voilà tout ce que vous attendez d'eux. ¶
Ne peuvent-ils pas légitimement attendre autant de vous ? Ne peuvent-ils pas justement attendre que vous aussi demeuriez libres non seulement du péché corporel, mais également de ce péché du cœur ? Ne peuvent-ils pas attendre que si eux, qui sont exposés aux horreurs et aux misères de la guerre, exposés à la tension et à l'épreuve du combat mortel, souvent au corps à corps, s'ils, pour rester purs et sans tache, doivent demeurer au camp, loin des distractions sociales qui apportent la tentation, alors vous qui vivez dans la paix, la tranquillité et la sécurité du foyer, des parents et des amis, renonciez, vous aussi, aux frivolités de la détente sociale, afin de vous garder assurément pures et sans tache pour eux ? Assurément, votre sacrifice est comme une taupinière comparée à leur montagne. Pour le dire au prix le plus bas, la simple loyauté sportive exigerait cela de vous. Le souvenir de la foi engagée l'exigerait. ¶
Je vous exhorte, jeunes femmes et jeunes filles, à vous souvenir que, dans l'échelle des crimes, l'impureté vient tout de suite après le meurtre. Ne vous exposez pas à sa peine. Le Seigneur a dit : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu » (Matthieu 5:8). ¶
Le grand paradoxe ¶
Quel tragique spectacle l'homme offre aujourd'hui à son Dieu. Nous nous sommes justement vantés, depuis près de cent ans, que dans celle-ci, la dernière dispensation de la plénitude des temps, le Seigneur répandait son inspiration et ses bénédictions sur le monde entier, dévoilant à ses enfants des secrets dont les anciens n'avaient jamais rêvé, leur donnant pouvoirs et domination sur les forces de la nature, soumettant presque l'univers. Regardez ce que le dernier siècle nous a donné en art, en littérature, en science, en découvertes, pour notre bénédiction et notre avancement. Dieu nous a donné tout cela pour nous bénir. Et considérez maintenant qu'à cette heure terrible, chaque dispositif, chaque invention, chaque découverte que Dieu nous a donnés pour nous bénir sont employés pour nous détruire les uns les autres dans l'une des guerres les plus barbares de tous les temps. Dieu ne tiendra pas pour innocents ceux qui sont responsables de cette hécatombe. ¶
Que Dieu nous donne force et pouvoir de résister au mal. Vous, frères, ici, l'autorité gouvernante de l'Église, vous avez entre les mains un pouvoir presque infini, pourvu que vous le saisissiez et que vous magnifiiez votre appel en vivant dans la droiture. Les frères vous ont, aujourd'hui, redit maintes fois vos responsabilités. Personnellement, je pense toujours à la responsabilité qui est la mienne ; cela m'aide à demeurer, du moins raisonnablement, humble. Mais pensez aussi au pouvoir que vous possédez, le pouvoir de bénir, le pouvoir de guérir, le pouvoir de faire tout ce que le Seigneur veut que l'on fasse. Le Seigneur nous tiendra responsables de l'exercice de ce pouvoir. Puisse-t-il vous aider, je le répète, à magnifier votre appel. Puissiez-vous être capables d'apporter au peuple, dans les temps à venir, le réconfort et la consolation. Puisse-t-il vous aider à édifier leur foi, à accroître leurs témoignages, à développer leur connaissance, afin que vous puissiez véritablement honorer sa prêtrise, en exerçant pleinement les fonctions qu'elle comporte. ¶
Que Dieu nous bénisse toujours, je le prie humblement, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶