Pulpit

Responsabilité personnelle et citoyenneté

John A. Widtsoe

Conférence générale d'octobre 1941·Session du samedi après-midi·1941-10-04

Du Collège des douze apôtres

Mes chers frères et sœurs, je me réjouis d'avoir de nouveau l'occasion d'assister à l'une des grandes conférences générales de l'Église. Je prie de pouvoir être dirigé par le Saint-Esprit de Dieu, afin que tout ce que je pourrai dire soit acceptable à Ses yeux et profitable pour vous.

J'ai écouté avec beaucoup d'intérêt le sermon du président de l'Église hier, et depuis lors j'ai eu à cœur de dire à mes frères et sœurs rassemblés qu'ils feraient bien de mémoriser, ou du moins d'apprendre très soigneusement, le premier extrait qu'il a lu de ses sermons, celui dans lequel, en assumant la présidence de l'Église, il fit pour ainsi dire une alliance avec Dieu et avec le peuple quant à la manière dont serait sa conduite. Il serait bon, je pense, que chacun d'entre nous, dans nos appels et activités respectifs, fasse une alliance semblable avec le Seigneur et avec ceux que nous sommes appelés à servir.

Ces rassemblements de conférence sont remarquables

Je suis toujours, en des occasions comme celle-ci, et bien d'autres, amené à m'émerveiller devant la vitalité et la croissance constante de l'Église rétablie du Christ. Il y a deux soirs, j'ai assisté au spectacle de la Prêtrise d'Aaron dans ce grand bâtiment. Il était comble, et des milliers de personnes ont dû être refusées. Comme l'a annoncé le président McKay, aux quatre sessions de cette conférence, toutes tenues en semaine, le Tabernacle a été rempli à pleine capacité, avec beaucoup de gens debout. C'est remarquable, une preuve de ce qui lie ensemble ce grand royaume de Dieu sur la terre.

La chose la plus remarquable de ces grands rassemblements est peut-être qu'il y ait tant d'hommes ici. Un ami, qui n'est ni de cet État ni de notre foi, et qui a assisté à quelques réunions de cette conférence, m'a dit hier la profonde impression que lui avaient faite ces rassemblements, et il a souligné le fait qu'il y avait tant d'hommes présents. C'est une chose unique dans l'histoire de la religion, du moins dans l'histoire de la religion moderne. Dans cette Église, du moins, il semble que les hommes rattrapent les femmes, et c'est là un certain exploit !

Le progrès de l'Église

J'ai pensé aujourd'hui, en contemplant ce vaste corps de la prêtrise, ces officiers de l'Église, que si Brigham Young et ceux qui étaient associés à lui, qui ont posé les fondations de cette structure, pouvaient voir, comme je crois qu'ils le voient, ce bâtiment dont le parterre est principalement rempli d'évêques et de leurs conseillers et de présidents de pieu et de leurs conseillers, ils ressentiraient et devraient ressentir le frisson que nous ressentons. Leurs rêves se réalisent. J'aimerais vraiment que vous puissiez tous être sur cette estrade et voir les visages de ce vaste rassemblement de saints des derniers jours. Pourtant je suppose

que personne ne devrait s'étonner ni s'émerveiller de la croissance de l'Église. Après tout, nous avons quelque chose de précieux à offrir au monde. Notre commerce est dans la vérité ; et la vérité est le ciment le plus fort pour maintenir unies les organisations humaines. Nous offrons au monde la vérité ; et une vérité si bien organisée pour les besoins humains, et amenée à la portée de la compréhension humaine, qu'elle devient la réponse aux questions profondes qui résident dans chaque cœur humain, dans chaque âme humaine. Nous répondons à ces questions. Nous offrons ce dont l'humanité a faim. J'attends avec impatience le moment où cette Église, parce qu'elle est fondée sur la vérité, conduira en toutes matières de justice à travers le monde, jusqu'à la toute fin, où tout genou fléchira et toute langue confessera que Jésus est le Seigneur.

Or, chaque fois que je pense au progrès de l'Église, je pense aussi aux milliers de personnes dévouées qui rendent notre progrès possible. La déclaration faite par le président McKay ce matin fut certainement enthousiasmante pour nous tous, au sujet du progrès de l'Église. Cela est venu du fait que des milliers et des milliers de saints des derniers jours ont accompli leurs devoirs avec dévouement, fait leur travail, vécu la loi selon leur compréhension. Par conséquent, l'Église grandit, et je crois qu'elle est acceptable pour notre Père céleste, même si tous ne font pas le meilleur qu'ils pourraient faire pour la grande cause du Seigneur.

Responsabilité personnelle

Cela m'amène à un principe que je voudrais vous exposer — un principe très simple, connu de tous ; mais parfois les choses les plus simples sont les plus importantes ; et parfois aussi, les choses les plus simples sont celles que l'on oublie le plus facilement. L'appartenance à cette Église comporte une responsabilité personnelle. L'Évangile du Seigneur Jésus-Christ présente la doctrine du salut individuel. Il n'y a pas de salut collectif dans le royaume de Dieu. Un par un, nous entrons dans la gloire du Seigneur. Je fais mes alliances seul. J'entre dans les eaux du baptême. Personne ne peut le faire à ma place tant que je vis sur terre. La foi, le repentir, le baptême, le don du Saint-Esprit, et toutes les choses qui se rapportent à l'Évangile ; je dois les accepter moi-même. Je ne peux placer ce fardeau sur personne d'autre. L'un des principes les plus simples, comme je l'ai dit, de tous les principes de l'Évangile, et l'un des plus importants, est que nous acceptions la responsabilité personnelle pour l'œuvre du royaume de Dieu.

Cela, je pense, n'est illustré nulle part mieux que dans notre œuvre du temple. Nous avons des milliers de noms dans nos registres, mais nous devons accomplir l'œuvre pour eux nom par nom, nom par nom ; et même alors, une fois que cela a été fait, chacun des morts, après que cette œuvre a été accomplie pour lui ici, doit, par sa propre volonté, accepter l'œuvre accomplie, avant qu'elle ne devienne effective.

Nous devrions tous nous efforcer de cultiver le sentiment de responsabilité personnelle pour l'œuvre de ces derniers jours. Une église n'est qu'une collection d'individus. Toute organisation, une nation, n'est qu'une collection d'individus. L'Église n'est pas plus grande que la somme totale des activités des individus qui lui appartiennent ; la nation n'est pas plus grande non plus. Nous devrions accepter cette responsabilité personnelle : Ceci est mon Église, non l'Église de mon évêque, l'Église de mon

président de pieu, l'Église du président Grant. Dans mon domaine d'activité, dans le cadre de mon appel, je suis tout aussi responsable du bien-être de cette Église que n'importe lequel des frères qui peuvent présider les différentes divisions de l'Église. Ce n'est qu'en comprenant ce principe et en le pratiquant que nous parviendrons, réellement, à faire de cette splendide organisation une œuvre pleinement acceptable pour notre Père céleste.

En ce qui concerne cette grande conférence, le même principe s'applique. Les instructions données de cette tribune sont-elles pour moi ou pour mon voisin ? Il y a une tentation, tandis que nous sommes assis ici et que nous entendons les anciens principes de l'Évangile discutés encore et encore, de nous dire : « Tiens, c'est pour mon voisin. Frère Jones, juste au coin, a besoin de cette instruction. Je la lui transmettrai quand je rentrerai chez moi. » Mais le conseil m'est destiné, à moi. Ces instructions de conférence n'ont ni vertu ni valeur pour moi, à moins que je ne les accepte comme si elles m'étaient adressées, pour être intégrées dans ma vie, pour être utilisées par moi dans mon travail quotidien.

Nul ne peut accepter pleinement la responsabilité, la responsabilité personnelle, comme il le devrait, pour le bien-être de cette œuvre, à moins d'apprendre le grand art secret de l'oubli de soi. Nous devons apprendre à nous oublier nous-mêmes dans une grande cause, à nous plonger dans cette grande cause, à nous abandonner à cette grande cause. L'âme de l'homme ne parvient jamais à sa pleine stature si l'individu reste debout devant nous en pensant : Que vais-je retirer de cela ? Seuls ceux qui ont appris à se donner à une cause permettent à leur âme de grandir jusqu'à sa pleine stature. Cela aussi mérite une considération importante de notre part.

Visite à la mission canadienne

Je reviens tout juste de la mission canadienne, une splendide mission, en bon état, présidée par notre collègue et bon ami, David A. Smith. J'y ai rencontré les missionnaires, et à maintes reprises ils m'ont dit : « C'est le moment le plus heureux de notre vie. Nous n'avons jamais passé un aussi bon moment. » La raison en est, bien sûr, qu'ils pratiquaient précisément l'art de l'oubli de soi. Ils se donnaient à une cause. Après notre retour de nos missions, si nous nous donnons à la grande cause du Seigneur chez nous, nous aurons une satisfaction égale, une joie égale. Il n'y a aucune raison pour que notre service missionnaire soit plus heureux que tout autre service dans l'Église, si seulement nous apprenons le grand principe de l'oubli de soi, ou de l'abandon à une grande cause.

Responsabilité de la citoyenneté

Je me demande si j'ose dire que si nous creusons dans les motifs de l'humanité, nous trouverons que les horreurs de ce jour, la guerre, et toutes les difficultés qui nous entourent en ce moment, tant chez nous qu'à l'étranger, sont enracinées dans l'échec des hommes à assumer la responsabilité personnelle envers l'organisation à laquelle ils appartiennent. Dans les gouvernements démocratiques, du moins — et toutes les nations européennes actuellement en guerre ont une base démocratique, bien qu'elles s'en soient écartées — si chaque homme dans ces pays avait ressenti sa responsabilité personnelle envers sa nation, je doute que cette

guerre, ces horreurs sanglantes, pèseraient sur le monde comme c'est le cas aujourd'hui.

Nous sommes trop enclins, je pense, à chercher des causes complexes, des choses lointaines, alors qu'en réalité les problèmes touchent directement nos foyers dans la simplicité de la vie et de l'action. La vie n'est pas très complexe, après tout, si nous l'analysons soigneusement et bien. Ceci n'est pas le pays du président Roosevelt. C'est mon pays, et je dois aider à en faire ce qu'il devrait être. Ceci n'est pas l'Église du président Grant. Elle est la mienne, et je dois aider à en faire ce qu'elle devrait être. Voilà mon message pour vous ici aujourd'hui.

L'amour pour le Seigneur se manifeste en gardant les commandements

Maintenant, dans la minute ou deux qui me restent, rassemblons ces pensées en disant que pour être personnellement responsables du bien-être de cette Église, nous devons faire ce que le président Grant nous a dit de faire : garder les commandements, parler en bien de l'Église, ne trouver aucun défaut, chercher le bien, et accomplir les devoirs qui nous sont assignés. Dans notre petit champ de travail, quel qu'il soit, accomplissons notre tâche aussi fidèlement que le président Grant accomplit la sienne. Alors, tous ensemble, nous serons capables de bâtir une institution merveilleuse, une institution acceptable pour notre Père céleste, le royaume de Dieu sur la terre.

Garder les commandements a été, depuis le début, le message du président Grant à cette Église. J'ai noté ici, en pensant à ce sujet, que le Seigneur dit au prophète Joseph Smith : « Si tu m'aimes » — et ce matin nous avons eu un sermon merveilleux sur l'amour opposé à la haine, un sermon qui restera longtemps dans nos mémoires — « Si tu m'aimes, tu me serviras et garderas tous mes commandements. » Puis nous avons la promesse donnée par le même prophète des derniers jours :

« Celui qui est fidèle sera protégé. » — Cela signifie beaucoup : « Celui qui est fidèle sera protégé et recevra beaucoup de fruits en bénédiction. » Et alors la parole du prophète d'autrefois me revient, disant que si nous faisons toutes ces choses, frères et sœurs, hommes et femmes de l'Église, en acceptant notre responsabilité en tant que membres individuels de l'Église, la promesse du prophète d'antan se réalisera :

Un seul d'entre vous en poursuivait mille, car l'Éternel, votre Dieu, combattait pour vous.

LES PAROLES DE NÉPHI À SES FRÈRES

Je pense que je peux prendre encore une minute, puis j'aurai terminé. Néphi eut ses difficultés. Ses frères ne le soutenaient pas, ne soutenaient pas leur père, Léhi, ils étaient en rébellion contre le Seigneur. Alors, un jour, leur frère Néphi les prit en main et tenta de remédier à la situation, de les convertir :

Et je leur dis : Avez-vous interrogé le Seigneur ?

Et ils me dirent : Non, car le Seigneur ne nous révèle rien de la sorte.

Voici, je leur dis : Comment se fait-il que vous ne gardiez pas les commandements du Seigneur ? Comment se fait-il que vous vouliez périr à cause de l'endurcissement de votre cœur ?

Citer ce discoursJohn A. Widtsoe, « Responsabilité personnelle et citoyenneté », Conférence générale d'octobre 1941, Session du samedi après-midi (1941-10-04). Pulpit Vault, 1941-10-john-a-widtsoe-personal-responsibility-and-citizenship. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).