Discours de conférence
Joseph F. Merrill
Du Collège des douze apôtres ¶
Dire que ce sont des temps troublés, caractérisés par des luttes acharnées pour les biens, la position et le pouvoir, c'est dire une banalité. Il est tout aussi banal de dire que ces temps sont également caractérisés par l'indifférence et le doute religieux, les manquements moraux et le culte de Mammon. Ainsi, personne ne conteste la nécessité de réformes ou d'une admonition salutaire concernant de nombreuses choses. ¶
Nous qui sommes réunis ici sommes profondément préoccupés, bien sûr, par la foi et les pratiques de notre peuple. Participant de l'esprit de l'époque, il existe parmi nous plus ou moins de questionnement à propos de ces choses. Les conditions sont différentes et changent continuellement. Certaines de nos pratiques ne devraient-elles pas changer également ? Voilà une question fréquemment posée. Devant tout cela, même certains de nos membres dévoués demandent conseil sur des questions touchant notre foi et notre pratique. ¶
COMMANDEMENTS CONCERNANT LE SABBAT ¶
Une question qui préoccupe l'esprit de beaucoup, particulièrement de nos jeunes gens, est celle de savoir ce qu'est une observance appropriée du jour du sabbat — que pouvons-nous faire et ne pas faire le dimanche ? Et compte tenu de ce qu'ils voient, c'est là une question raisonnable à poser. Ils connaissent les injonctions données à Israël d'autrefois : ¶
Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier. Tu travailleras six jours et tu feras tout ton ouvrage ; ¶
Mais le septième jour est le jour du repos de l'Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes. (Exode 20:8-11.) ¶
Cette citation est bien entendu tirée des dix commandements. Mais concernant le sabbat, nous pouvons lire en outre que le Seigneur parla à Moïse, lui commandant ainsi : ¶
Parle aussi aux enfants d'Israël et dis-leur : vous ne manquerez pas d'observer mes sabbats, car ce sera entre moi et vous, et parmi vos descendants, un signe par lequel on saura que je suis l'Éternel qui vous sanctifie. ¶
Vous observerez le sabbat, car il sera pour vous une chose sainte. * * * C'est pourquoi les enfants d'Israël observeront le sabbat en le célébrant, eux et leurs descendants, comme une alliance perpétuelle. Ce sera entre moi et les enfants d'Israël un signe qui devra durer à perpétuité. (Exode 31:13-17.) ¶
Une violation de cette loi du sabbat par Israël d'autrefois était une chose si grave que le Seigneur commanda que le contrevenant soit mis à mort. ¶
Dans le cours de l'histoire israélite, nous lisons que des prophètes successifs réprimandèrent le peuple pour sa négligence ou sa profanation du sabbat. Néhémie attribua l'affliction de la nation à la perte de la protection divine par la violation du sabbat (Néh. 13: ¶
15-22). Par Ézéchiel, le Seigneur réaffirma la signification du sabbat en tant que marque de son alliance avec Israël, et réprimanda sévèrement ceux qui n'observaient pas ce jour. (Ézéch. 20:12-24.) ¶
Oui, disent nos modernes, Israël d'autrefois fut enseigné que le jour du sabbat était saint et que sa profanation était une offense très grave. Mais les conditions d'alors étaient fort différentes de celles d'aujourd'hui. Nous en convenons. ¶
ENSEIGNEMENTS DES ÉCRITURES MODERNES ¶
Mais pour se guider en matière de foi et de pratique, les saints des derniers jours ne dépendent pas entièrement de la Bible et des prophètes anciens. Heureusement, nous avons des Écritures modernes et des prophètes modernes — possessions inestimables. Le Seigneur a parlé dans cette dispensation, tout comme dans les dispensations des temps bibliques. ¶
Que nous enseignent ces Écritures et ces prophètes de nos jours concernant l'observance du sabbat et d'autres devoirs religieux ? Voyons cela. ¶
Dès le mois d'août 1831, seize mois seulement après l'organisation de l'Église, le Seigneur donna, par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, une très belle révélation, réaffirmant le code biblique d'une vie religieuse agréable à ses yeux. ¶
Je cite la section 59 de la Doctrine et Alliances : ¶
C'est pourquoi, je leur donne un commandement qui dit ceci : tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de tout ton pouvoir, de tout ton esprit et de toute ta force ; et tu le serviras au nom de Jésus-Christ. ¶
Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tu ne déroberas pas et tu ne commettras pas d'adultère, ni ne tueras, ni ne feras rien de semblable. ¶
Tu remercieras le Seigneur, ton Dieu, en toutes choses. ¶
Tu offriras un sacrifice en justice au Seigneur, ton Dieu, celui d'un cœur brisé et d'un esprit contrit. ¶
Et afin de te préserver plus complètement des souillures du monde, tu iras en mon saint jour à la maison de prière et tu y offriras tes sacrements ; ¶
car en vérité, c'est ce jour qui t'est désigné pour que tu te reposes de tes labeurs et pour que tu présentes tes dévotions au Très-Haut ; ¶
néanmoins, tu offriras tes vœux en justice tous les jours et en tout temps ; ¶
mais souviens-toi qu'en ce jour, le jour du Seigneur, tu offriras tes oblations et tes sacrements au Très-Haut, confessant tes péchés à tes frères et devant le Seigneur. ¶
Et en ce jour-là, tu ne feras rien d'autre que de préparer ta nourriture en toute simplicité de cœur, afin que ton jeûne soit parfait, ou, en d'autres termes, que ta joie soit complète. ¶
En vérité, c'est là le jeûne et la prière, ou, en d'autres termes, la joie et la prière. ¶
Et si vous faites ces choses avec actions de grâces, le cœur et le visage joyeux, sans rire beaucoup, car c'est pécher, mais le cœur réjoui et le visage joyeux — ¶
en vérité, je dis que si vous le faites, la plénitude de la terre est à vous, les bêtes des champs et les oiseaux du ciel, et ce qui grimpe aux arbres et marche sur la terre ; ¶
oui, l'herbe et les bonnes choses qui viennent de la terre, que ce soit pour la nourriture, le vêtement, les maisons, les granges, les vergers, les jardins ou les vignes ; ¶
oui, toutes les choses qui viennent de la terre, en leur saison, ¶
sont faites pour le profit et l'usage de l'homme, pour plaire à l'œil et pour réjouir le cœur ; ¶
oui, pour la nourriture et le vêtement, pour le goût et l'odorat, pour fortifier le corps et vivifier l'âme. ¶
Et il a plu à Dieu de donner toutes ces choses à l'homme, car elles sont faites pour être utilisées dans ce but avec jugement, et pas à l'excès ni par extorsion. ¶
Et il n'y a rien qui offense autant Dieu ou allume autant sa colère que ceux qui ne confessent pas sa main en toutes choses et n'obéissent pas à ses commandements. ¶
Voici, cela est conforme à la loi et aux prophètes ; c'est pourquoi, ne m'importunez plus à ce sujet. ¶
Mais apprenez que celui qui accomplit les œuvres de la justice recevra sa récompense, c'est-à-dire la paix dans ce monde et la vie éternelle dans le monde à venir. ¶
Moi, le Seigneur, je l'ai dit, et l'Esprit rend témoignage. Amen. (Doctrine et Alliances 59:5-24.) ¶
LES CONSEILS DU PRÉSIDENT JOSEPH F. SMITH ¶
Mais le critique qui désire un dimanche libre pourrait dire que cette révélation fut donnée il y a cent ans, alors que les conditions étaient également fort différentes de celles d'aujourd'hui. En réponse, j'attire l'attention sur le fait que l'Église a aujourd'hui une direction divinement inspirée, comme elle l'avait alors. Que disent ces dirigeants ? Permettez-moi de citer quelques-unes des paroles du président Joseph F. Smith, telles qu'on les trouve dans « Gospel Doctrine » : ¶
Le sabbat est un jour de repos et d'adoration, désigné et mis à part par un commandement spécial du Seigneur à l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et nous devons l'honorer et le sanctifier. Nous devons aussi enseigner ce principe à nos enfants. ¶
Il est vrai que le dimanche est un jour de repos, un changement par rapport aux occupations ordinaires de la semaine, mais il est plus que cela. C'est un jour d'adoration, un jour où la vie spirituelle de l'homme peut être enrichie. Un jour d'oisiveté, un jour de récupération physique, est trop souvent une chose bien différente du jour de repos ordonné de Dieu. L'épuisement physique et l'oisiveté sont incompatibles avec un esprit d'adoration. Une observance appropriée des devoirs et des dévotions du jour du sabbat donnera, par son changement et sa vie spirituelle, le meilleur repos que les hommes puissent connaître le jour du sabbat. ¶
Que devons-nous faire le jour du sabbat ? * * * Honorez le jour du sabbat et sanctifiez-le, tout comme le Seigneur nous l'a commandé. Allez à la maison de prière. Écoutez les instructions. Rendez témoignage de la vérité. * * * Quand nous rentrons chez nous, réunissons la famille. Chantons quelques cantiques, lisons un chapitre ou deux de la Bible, du Livre de Mormon ou de la Doctrine et Alliances, et discutons des principes relatifs à l'avancement dans la connaissance divine. * * * ¶
Il est impérativement nécessaire, en tout temps, et spécialement lorsque nos fréquentations ne nous apportent pas le soutien moral et spirituel dont nous avons besoin pour progresser, que nous allions à la maison du Seigneur pour adorer et nous mêler aux saints, afin que leur influence morale et spirituelle puisse aider à corriger nos fausses impressions et à nous rétablir dans cette vie que les devoirs et les obligations de notre conscience et de la vraie religion nous imposent. ¶
La raison de cette conduite requise le jour du sabbat est clairement énoncée dans les révélations. C'est afin que l'on puisse se préserver plus complètement des souillures du monde ; et c'est dans ce but également que les saints sont tenus d'aller à la maison de prière et d'offrir leurs sacrements le jour du sabbat. ¶
Maintenant, quelle est la promesse faite aux saints qui observent le sabbat ? ¶
Vendredi, 5 avril ¶
Il lut alors, tirée de la révélation donnée dans la section 59 de la Doctrine et Alliances, les paroles du Seigneur que j'ai déjà récitées, et poursuivit en disant : ¶
Toutes ces bénédictions sont promises à ceux qui gardent les commandements, parmi lesquels l'important est d'observer correctement le jour du sabbat. Le Seigneur n'est pas satisfait des gens qui connaissent ces choses et ne les pratiquent pas. ¶
Il poursuivit ainsi : ¶
Les hommes ne se reposent pas de leurs labeurs lorsqu'ils labourent, plantent, transportent et bêchent. Ils ne se reposent pas lorsqu'ils s'attardent toute la journée du dimanche autour de la maison, à faire les petites tâches qu'ils étaient trop occupés pour faire les autres jours. ¶
Les hommes ne montrent pas de zèle et d'ardeur dans leur foi et leur devoir religieux lorsqu'ils se précipitent tôt le dimanche matin en automobile vers les canyons, les lieux de villégiature ou de divertissement, avec leur femme et leurs enfants. Ce n'est pas en recherchant le plaisir et la détente qu'ils offrent leur temps et leur attention à l'adoration du Seigneur ; ils ne peuvent pas non plus ainsi se réjouir dans l'esprit de pardon et d'adoration qui accompagne la prise de la sainte-cène. ¶
Les gens n'observent pas la sanctification du jour du sabbat lorsqu'ils passent la journée à flâner autour de la buvette ou du restaurant du village, à jouer, à se promener, à pêcher, à chasser ou à se livrer à des sports physiques, à des excursions et à des sorties. Ce n'est pas là la conduite qui les gardera sans tache du monde, mais bien plutôt celle qui les privera des riches promesses du Seigneur, leur donnant du chagrin au lieu de la joie, et de l'inquiétude et de l'anxiété au lieu de la paix qui accompagne les œuvres de justice. ¶
Je terminerai ma lecture du président Smith par ces mots : ¶
Jouons et prenons nos loisirs à cœur joie durant les autres jours, mais le jour du sabbat, reposons-nous, adorons, allons à la maison de prière, prenons la sainte-cène, mangeons notre nourriture en simplicité de cœur, et offrons nos dévotions à Dieu, afin que la plénitude de la terre soit à nous, et que nous ayons la paix dans ce monde et la vie éternelle dans le monde à venir. (Gospel Doctrine, pages 304-309.) ¶
L'APPEL DE LA PREMIÈRE PRÉSIDENCE ¶
Et maintenant, je vous donne un exposé des vues de l'administration du président Grant concernant l'observance du sabbat. Il y a quelques années, la Première Présidence publia un éditorial sur ce sujet dans le Deseret News. Il était intitulé « Sunday and The Home » (Le dimanche et le foyer) et se lisait ainsi : ¶
Le jour du Seigneur est un jour saint — et non un jour de congé. Il a été mis à part comme jour de repos et d'adoration. Un sabbat sacré engendre la révérence envers Dieu. Il ne lui est pas agréable que ce jour soit consacré à la recherche du plaisir dans les lieux de divertissement ou ailleurs. ¶
Les écoles du dimanche et les réunions ont été organisées de manière à convenir aux besoins du peuple et à laisser une part considérable du jour du sabbat libre de rendez-vous ecclésiastiques. Nous exhortons sincèrement le peuple à honorer fidèlement ses rendez-vous de réunion et à utiliser cette portion du dimanche non consacrée aux réunions pour favoriser les liens familiaux au foyer, dans le but de stimuler et d'établir une plus grande loyauté envers le foyer, une compagnie plus étroite entre parents et enfants, et des relations plus intimes entre tous les proches. ¶
Nous croyons qu'il n'est pas nécessaire pour les familles d'aller au-delà de leur propre foyer ou de celui de leurs proches pour la détente et la compagnie qui conviennent au jour du sabbat, et nous décourageons donc les déplacements au-delà de ce qui est nécessaire à cette fin et à l'assistance aux réunions prévues. ¶
Que tout travail non nécessaire soit suspendu, et que rien n'encourage la présence des membres de l'Église dans les lieux de divertissement et de loisirs le jour du sabbat. Si le dimanche est passé dans nos réunions et dans nos foyers, de grandes bénédictions viendront à nos familles et à nos communautés. ¶
HEBER J. GRANT, ANTHONY W. IVINS, CHARLES W. NIBLEY, 1er septembre 1928. Première Présidence. ¶
L'OBSERVANCE DU SABBAT, UNE BÉNÉDICTION ¶
Ainsi, si nous voulons plaire au Seigneur, nous devons entre autres garder saint le jour du sabbat. Et la manière de le faire n'a pas fondamentalement changé depuis les jours de Moïse et d'Israël d'autrefois jusqu'à nos jours. ¶
Mais, chose triste à voir, le monde chrétien moderne a presque oublié la sainteté du sabbat. Pour la grande majorité, ce jour a cessé d'être saint. Il est devenu un jour de congé, un jour d'amusements et de recherche du plaisir, de toutes sortes d'activités étrangères à l'adoration et à la sainteté. ¶
Je parle de ces choses parce que certains de nos propres membres deviennent mondains à l'égard du sabbat. Cela déplaît certainement au Seigneur, qui retiendra assurément des bénédictions qui auraient pu être obtenues. ¶
Nous lisons dans la Doctrine et Alliances ces paroles : ¶
« Il y a une loi, irrévocablement décrétée dans les cieux avant la fondation de ce monde, sur laquelle reposent toutes les bénédictions ; et lorsque nous obtenons une bénédiction quelconque de Dieu, c'est par l'obéissance à cette loi sur laquelle elle repose. » (Doctrine et Alliances 130:20-21.) ¶
C'est là une loi de l'univers, régissant les choses matérielles, comme tous les hommes de science le savent. Par le prophète Joseph Smith, nous apprenons qu'elle s'applique aussi aux choses spirituelles. ¶
Les bénédictions divinement promises pour la sanctification du sabbat du Seigneur sont inestimables, comme l'indiquent les Écritures. Que nul saint des derniers jours ne sacrifie donc ces bénédictions en allant à la pêche, à la chasse au cerf, jouer au golf, chercher des divertissements, faire des promenades en voiture, assister à des sports, des cinémas et des jeux, ou en se livrant à d'autres activités qui violent le sabbat. ¶
Frères et sœurs, montrons notre confiance dans le Seigneur et dans la divinité de cette Église en nous abstenant de participer aux pratiques coupables de Babylone, si communes de toutes parts. En tout cas, aussi certainement que la nuit suit le jour, nous récolterons finalement ce que nous aurons semé. Que le Seigneur nous aide à semer avec sagesse et bien, je le prie au nom du Christ notre Seigneur, amen. ¶