Discours d'ouverture
J. Reuben Clark Jr.
Mes frères et sœurs : je prie humblement que le temps où je me tiendrai devant vous soit rempli de paroles qui puissent être une aide, un conseil et un encouragement. ¶
Points marquants du rapport annuel
Il y a deux ou trois choses qu'il conviendrait peut-être de mentionner particulièrement à propos de notre rapport annuel. ¶
Au cours de l'année 1939, nous avons dépensé 50 000 $ de plus pour l'œuvre missionnaire qu'en 1938. Une partie de cela est sans doute due au rapatriement aux États-Unis des missionnaires qui se trouvaient en Europe, dont je parlerai davantage un peu plus loin. ¶
Bien que nos registres ne puissent être considérés comme précis, il semble néanmoins qu'au cours de l'année 1939, du 1er janvier au 31 décembre, environ 1 800 personnes aient quitté le système d'entraide. Il apparaît en outre que nous avions 2 500 chômeurs de moins le 31 décembre 1939 qu'à la même date en 1938. ¶
Comme vous l'aurez remarqué d'après les rapports, trois nouveaux pieux ont été organisés, ainsi que dix-neuf nouvelles paroisses et quarante-cinq nouvelles branches. ¶
Le taux de natalité a augmenté de six dixièmes de un pour cent ; le taux de mortalité a diminué de trois dixièmes de un pour cent ; le taux de mariage demeure le même. ¶
Bien que, comme l'indique le rapport, l'Église dans son ensemble n'ait pas encore ¶
atteint l'objectif d'un dollar par personne pour les offrandes de jeûne, nous avons néanmoins réalisé en 1939 une avancée décisive quant au nombre de donateurs d'offrandes de jeûne ainsi qu'au montant versé. Il y eut 66 631 donateurs d'offrandes de jeûne de plus en 1939 qu'en 1938. De plus, les offrandes de jeûne volontaires ont augmenté en 1939 de 95 513,00 $. Nos offrandes en denrées ont cependant diminué de 27 333,00 $. La valeur estimée des vêtements, literie, fruits et légumes en conserve, combustible et main-d'œuvre a augmenté par rapport à 1938 de 36 125,00 $. ¶
Comme frère Bennett vous l'a dit, nous avons équilibré notre budget. Ce qui suit vous donnera une idée des postes les plus importants et du pourcentage des dépenses auxquelles la dîme est consacrée : ¶
Les dépenses des paroisses et des pieux représentent 16,6 % du budget total ; les écoles de l'Église, 16,2 % ; l'œuvre missionnaire, 15,3 % ; les bâtiments de l'Église construits, 20,7 % ; l'entraide, 9,6 % ; et les autorités générales ainsi que l'entretien des bureaux généraux de l'Église, 6,3 %. ¶
Lorsque nous encourageons la dîme, frères et sœurs, ce n'est évidemment pas pour des raisons égoïstes ; c'est afin que nous puissions mieux servir les besoins de notre Église. Sans la dîme, nous serions extrêmement démunis pour les choses que nous considérons, et que le Seigneur a déclarées, essentielles. ¶
Le revenu de l'Église dépend de la foi et de la prospérité
Nous avons estimé important que l'Église vive selon ses moyens, non seulement pour elle-même en tant qu'Église, mais aussi comme exemple pour la communauté, l'État, la nation, et pour les membres eux-mêmes. ¶
Une telle conduite de la part de l'Église soulève des problèmes qui ne se posent pas pour l'administration civile, laquelle dépend principalement d'impôts qui peuvent être prévus avec précision, à l'exception de l'impôt sur le revenu et d'autres taxes spéciales semblables qui relèvent de recettes supplémentaires ou excédentaires. Il y a donc, dans les activités gouvernementales, peu d'occasions où un budget déséquilibré — c'est-à-dire où l'on dépense plus que ce qui est perçu — ne résulte pas d'un acte délibéré. ¶
Pour l'Église, la situation est tout à fait différente. Au cours des quatre dernières années, environ 87 % du revenu total de l'Église a été la dîme. Celle-ci étant une contribution purement volontaire, son montant ne peut être prévu avec précision. Son volume dépend entièrement de la fidélité du peuple. Ainsi, là où les organismes gouvernementaux jouissent d'une certitude relative quant à leurs revenus, l'Église connaît l'incertitude. ¶
De plus, les organismes gouvernementaux, connaissant leurs revenus fixes, peuvent planifier leurs dépenses avec certitude ; ils peuvent fixer leurs dépenses de manière à rester dans les limites de leurs revenus. L'Église, ne connaissant pas ses revenus, ne peut fixer ses dépenses de manière aussi certaine pour rester dans les limites de ses recettes. Son seul guide en ces matières est ce que révèle l'expérience du passé. ¶
De même, alors que l'impôt sur le revenu et les taxes gouvernementales analogues — étatiques, du comté et municipales — dépendent de la prospérité du peuple, la grande majorité des taxes prélevées par ces organismes gouvernementaux portent sur les biens immobiliers et personnels, selon des conditions fixées par le pouvoir fiscal et qui varient rarement avec la prospérité du peuple. Ces taxes sont payées, que vos affaires ou vos fermes soient rentables ou non. ¶
Par contre, le revenu de l'Église dépend entièrement de la prospérité du peuple. Si les récoltes sont maigres, si les prix sont bas, si les affaires vont mal, les revenus de l'Église en souffrent proportionnellement, car c'est le revenu annuel qui est soumis à la dîme. ¶
Ainsi, non seulement votre fidélité est en jeu, mais même en supposant une fidélité entière, il reste l'incertitude du temps, des récoltes, des affaires et d'autres éléments que nul ne peut prévoir. ¶
La dîme, un fonds fiduciaire
Ces choses sont soulignées afin que personne ne puisse s'imaginer que l'Église dispose d'un trésor auquel elle pourrait puiser pour tout montant d'argent qu'elle souhaiterait. Le seul argent que possède l'Église est celui qui a été économisé sur la dîme que vous lui avez donnée dans le passé et celle que vous lui donnez maintenant, et environ 87 % du revenu annuel total, comme je l'ai déjà dit, provient de vous, année après année. ¶
Nous, les autorités de l'Église, devons donc être extrêmement prudents quant à nos engagements, sinon nous nous retrouverons, comme cela est arrivé parfois par le passé, à dépenser plus que notre revenu. ¶
Lorsque vous, évêques, présidents de pieux, présidents de mission, présidents de temple, dirigeants des auxiliaires et des écoles, agences d'entraide, et personnes dans le besoin, venez trouver l'Épiscopat président et essuyez un « non », puis venez trouver la Présidence et essuyez un « non » encore plus retentissant, veuillez ne pas croire que nous sommes insensibles, indifférents, durs, cruels, ou dépourvus de compréhension, de considération ou d'amour pour nos frères. Nous essayons simplement d'administrer l'argent du Seigneur, non pas notre argent, ni le vôtre, aussi sagement et aussi justement que le Seigneur nous donne la sagesse de le faire. Nous ne sommes pas infaillibles dans notre jugement, et nous nous trompons, mais notre prière constante est que le Seigneur nous guide dans nos décisions, et nous nous efforçons de vivre de manière à ce que nos esprits soient ouverts à son inspiration. ¶
L'Église exempte de dettes
Je puis peut-être dire ici que l'Église elle-même (je ne parle pas maintenant des paroisses et des pieux) ne doit pas un dollar au monde à quelque personne ou institution que ce soit. Tous ses biens sont libres de toute charge, quelle qu'elle soit ; son crédit n'a jamais été aussi élevé. Des rumeurs oiseuses et absurdes circulent en sens contraire, mais, frères et sœurs, je vous expose ici les faits sobres. ¶
La Première Présidence fera tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir l'Église dans cet état. ¶
Voilà pour nos finances ecclésiastiques qui, bien que loin d'être l'élément le plus important dans l'Église, n'en constituent pas moins un facteur très important de notre organisation si nous voulons poursuivre l'œuvre que nous avons commencée et que le Seigneur nous a révélé attendre de nous. En effet, nous ne pouvons accomplir cette œuvre sans vos contributions. L'œuvre est, au sens plein du terme, entre vos mains. ¶
La Première Présidence voudrait exhorter chaque membre de l'Église à suivre l'exemple donné par l'Église et à vivre selon ses moyens. ¶
Quiconque vit au-delà de ses moyens s'expose au désastre. L'argent emprunté ¶
n'est pas un revenu. Emprunter sur le compte de capital, dans les limites raisonnables de votre capacité de remboursement, peut être sain, selon les circonstances. Mais emprunter pour vivre est malsain, qu'il s'agisse d'un prêt direct ou d'un achat à tempérament. Nous exhortons les membres à être frugaux, économes, industrieux, tempérants, épargnants, et à vivre avec droiture. ¶
Le programme d'entraide
Maintenant, quelques mots sur l'œuvre d'entraide. La grande sagesse de nos dirigeants, passés et présents, jusqu'au début de la dépression mondiale, ne se manifeste nulle part mieux que dans leur politique constante de faire vivre l'Église selon ses moyens et de mettre un peu de côté chaque année pour les jours difficiles. S'ils ne l'avaient pas fait, mais avaient au contraire dépensé année après année toute la dîme que vous avez versée, nous serions entrés dans cette dépression sans autre actif que notre revenu courant, sans réserves, avec des recettes diminuées, et sans autre choix que de réduire drastiquement nos activités régulières vitales afin de porter secours aux nécessiteux. Mais, telle que la situation se présentait, nous avons pu augmenter la part de l'Église dans notre programme de construction, afin d'aider les chômeurs nécessiteux. Nous avons pu, pendant deux ans, dépenser plus que nos recettes afin de poursuivre notre œuvre d'entraide, tout en restant entièrement solvables et avec un crédit intact pour un jour de plus grand besoin. Cela s'est fait sans emprunter un seul dollar. ¶
Je vous le répète, l'Église ne doit pas un dollar à aucune personne, société ou institution au monde, en dehors des factures mensuelles courantes ordinaires, qui sont réglées à la fin de chaque mois ; elle n'a d'hypothèque sur aucun de ses biens. ¶
Le rapport déjà lu montre le montant dépensé pour l'œuvre d'entraide par l'Église au cours du dernier exercice civil. Mais des milliers de dollars de produits ont été cultivés et distribués dont nous n'avons pas de compte précis. ¶
En outre, il y a eu l'entraide de voisin à voisin — une somme très considérable — ainsi que les activités des collèges de la prêtrise et d'autres activités dont nous n'avons pas de registre précis. ¶
Puis-je m'arrêter ici pour dire que j'espère que chaque membre présent à la Conférence saisira l'occasion de descendre à l'entrepôt de l'évêque et de visiter cette merveilleuse exposition. Faites-le entre les réunions, avant les réunions et après les réunions. Vous y ressentirez une émotion comme vous en avez rarement connu, où l'œuvre de chaque pieu est représentée par une exposition des produits mêmes qu'il a fabriqués. Ne manquez pas, frères et sœurs, et particulièrement vous qui participez à l'œuvre d'entraide, de visiter et d'examiner cette merveilleuse exposition. J'ai dit aux frères ce matin que, cette œuvre continuant de croître, ils seraient un jour obligés d'essayer d'obtenir les bâtiments de la foire d'État, près de la rivière, pour y présenter leur exposition. ¶
De plus, les rapports que vous avez entendu lire de temps à autre au cours de cette Conférence concernant les dépenses d'entraide ne couvrent que ce qui a été effectivement distribué au peuple. Aucun compte n'a jusqu'à présent été tenu des actifs matériels — immobilisations, biens immobiliers, biens personnels — qui ont été consacrés à l'œuvre d'entraide, une partie des fonds provenant ¶
de vous, frères et sœurs, dans les régions, une partie provenant des fonds généraux de l'Église. Mais au cours des quatre années durant lesquelles le programme d'entraide a fonctionné, nous avons accumulé environ un demi-million de dollars d'actifs matériels, de bâtiments et d'équipement, tous employés dans l'œuvre d'entraide. ¶
Du blé à entreposer
Nous construisons actuellement, comme vous le savez, un grand silo à grain qui pourra entreposer environ 300 000 boisseaux de céréales. Nous avions en réserve environ 190 000 boisseaux de blé, que nous sommes en train de remplacer. À ce sujet, je voudrais vous lire une partie d'une lettre datée du 26 août 1918, signée par la Première Présidence sous Joseph F. Smith, par l'Épiscopat président sous C. W. Nibley, et par la Société de secours sous Emmeline B. Wells, concernant le réinvestissement du fonds de blé de la Société de secours. ¶
Après avoir attiré l'attention sur la vente du blé au gouvernement à cette époque, la lettre se termine par ces deux paragraphes : ¶
L'argent reçu pour le blé que le gouvernement a pris doit être conservé dans les banques et porter intérêt. Il ne doit en aucun cas être prêté ou utilisé à quelque fin que ce soit autre que l'achat de blé, car c'est un fonds fiduciaire sacré qui ne peut être utilisé qu'aux fins pour lesquelles il a été donné. ¶
Lorsque le moment sera venu de réinvestir cet argent dans l'achat de blé, vous en serez avisés par l'Épiscopat président et le conseil général de la Société de secours. ¶
Nous sommes, mes frères et sœurs, conformément à cette décision qui fut alors prise, en train de réinvestir l'argent du blé dans du blé, et nous entendons le maintenir ainsi réinvesti dans le cadre du plan d'entraide de l'Église. Cette démarche a l'approbation entière et sans réserve des sœurs de la Société de secours à qui, en fait, ce fonds appartient. ¶
Ce qui reste à faire
Je ne prendrai pas le temps de vous parler des diverses activités du programme d'entraide, mais je voudrais dire que je suis fermement convaincu que nous sommes maintenant suffisamment organisés et avons maintenant assez d'expérience pour que, si nous y consacrons toutes nos énergies, nous puissions nous nourrir, nous vêtir et nous loger nous-mêmes. Je pense qu'il n'y a aucun doute à ce sujet. ¶
Il nous reste deux autres choses à faire. Premièrement, nous devons consacrer nos énergies à trouver du travail pour les personnes qui ont besoin d'assistance. J'y reviendrai dans un instant. Ensuite, si nous trouvons du travail pour elles, nous serons alors bien avancés vers leur réhabilitation dans leur vie spirituelle et civique. C'est la deuxième œuvre, et, en un sens, la plus importante que nous ayons à accomplir. ¶
Enfin, je désire exhorter vous, travailleurs d'entraide, vous, présidents de pieux, vous, évêques, présidents de branches, sociétés de secours locales et toutes les autres agences, à ne pas attendre qu'on vous dise, depuis le siège, chaque détail de ce que vous devez faire. Vous connaissez le problème local mieux que nous. Faites face au problème qui se pose dans vos différentes ¶
localités selon ses besoins. Le régimentement est un fléau qui menace toutes les activités de l'Église. ¶
Économie dans la construction des bâtiments
L'un des plus grands problèmes de l'Église est de fournir les bâtiments nécessaires à la poursuite de nos activités nombreuses et exigeantes. ¶
Nous avons, je pense, tendance à rendre nos bâtiments un peu trop élaborés et trop ornés. ¶
Il existe une nécessité toujours présente, qui se fait sentir avec une fréquence croissante, de subdiviser les paroisses et les pieux. Il n'est pas rare que la nouvelle paroisse ou le nouveau pieu désire un foyer un peu meilleur que celui qu'il quitte. C'est comme un jeune homme qui se marie et s'attend à ce que le nouveau foyer pour lui-même et son épouse soit meilleur que celui que chacun d'eux a quitté. Cela est bien, à condition que le jeune marié puisse y parvenir par lui-même ; sinon, non. ¶
Là où l'ancien foyer paroissial est élaboré et vaste, des dispositions devraient être prises pour une occupation conjointe par la paroisse mère et la nouvelle paroisse. Nous essayons cela dans plusieurs endroits et trouvons que c'est un plan réalisable et convenable, à condition que le peuple pratique les vertus chrétiennes de désintéressement, de patience, de charité, de concessions mutuelles — surtout de dons. ¶
Nos besoins toujours croissants, augmentant dans une plus grande proportion que nos revenus, rendent ce genre d'arrangement d'année en année plus important et nécessaire. ¶
Les salles de loisirs devraient être conçues pour desservir des unités aussi grandes que possible. Alors que dans les communautés peu peuplées, les salles de loisirs paroissiales peuvent souvent être souhaitables, dans les zones plus densément peuplées, des efforts devraient être faits pour offrir aux jeunes une association plus large que celle que fournit une seule paroisse. ¶
En parlant d'une nouvelle paroisse et d'une nouvelle maison de réunion pour elle, je voudrais féliciter publiquement l'exemple que viennent de donner les première et deuxième paroisses de Tremonton en construisant un bâtiment pour la nouvelle paroisse. D'autres paroisses de l'Église ont suivi un plan semblable. L'ancienne paroisse — Tremonton Première — dit à la nouvelle paroisse : « Nous paierons la moitié du coût de sa nouvelle maison de réunion à la paroisse, et la nouvelle paroisse pourra payer l'autre moitié. » En conséquence, l'ancienne paroisse réunit 12 000 $ pour aider à construire le nouveau foyer de leurs anciens amis et associés, et l'évêque de l'ancienne paroisse et son peuple rapportent se sentir mieux à propos de cet effort qu'à propos de tout ce que la paroisse ait jamais fait. Je recommande cet exemple à toutes les paroisses en division. ¶
Plan d'embellissement approuvé
Je voudrais approuver le plan qui tient tant à cœur à l'évêque Ashton, celui d'embellir nos villes, nos maisons de réunion, nos foyers. Il y a beaucoup à faire ; mais la peinture, à elle seule, est déjà un merveilleux embellisseur. Il y a un vieux dicton de ranch selon lequel « le gras est une jolie couleur ». La peinture est le gras des granges, des clôtures et des foyers. ¶
J'ai déjà parlé du problème consistant à fournir du travail à ceux qui ont besoin d'assistance. Évêques, procurez de la peinture à l'homme de l'entraide. Qu'il peigne sa propre maison ; répare sa propre clôture ; plante des arbres dans sa propre ¶
Vendredi, 5 avril Premier jour ¶
cour, ou du gazon ; qu'il nettoie sa cour. Si vous faites cela, la moitié de votre travail de réparation humaine est accomplie, et la moitié la plus difficile, en plus. ¶
Peignez vos maisons de réunion, votre hôtel de ville, réparez vos trottoirs, gardez vos parcs ou terrains publics d'aspect soigné, entretenez vos clôtures. ¶
Les auxiliaires au service des foyers
L'appel de ces temps troublés parvient avec le plus d'insistance aux oreilles des dirigeants des associations auxiliaires. Ils reconsidèrent l'ensemble de leur domaine en vue de voir ce qu'ils peuvent faire pour répondre aux besoins de notre époque. Ils entreprennent de définir plus clairement leurs domaines d'activité, de supprimer les doublons et les chevauchements — afin d'éliminer le gaspillage croissant d'efforts, de temps et de fonds. ¶
L'une de leurs principales préoccupations sera d'alléger le fardeau des évêques et des présidents de pieux, de soulager le peuple d'autant de charges financières que possible, de réduire les activités excessives en général, et d'aider le foyer à assumer ses fonctions normales dans la formation de la vie des jeunes. Car, quoi qu'on puisse dire ou faire, si le foyer n'est pas sain, la majorité des jeunes s'engagera dans des voies interdites. Le problème ici n'est pas d'abord les enfants, mais les parents qui ont été encouragés — sans le vouloir, si nous voulons être charitables — à remettre l'éducation des jeunes aux écoles, aux auxiliaires et à d'autres organismes. Ce plan ne réussira jamais. Les pères et les mères doivent savoir qu'ils sont responsables de l'existence de leurs enfants, et, ayant assumé cette responsabilité, ils ne peuvent, aux yeux de Dieu, s'y dérober, la reporter sur d'autres, ou négliger la responsabilité de bien les élever, sous peine de se placer eux-mêmes sous la condamnation. ¶
L'un des principaux buts, sinon le but principal, des auxiliaires doit être d'aider les parents à aider leurs enfants, et cela peut être efficacement réalisé par l'intermédiaire du foyer. ¶
L'éducation de l'Église
Nous tentons, dans l'éducation, l'expérience d'étudier l'Évangile par une méthode semi-scientifique. Nous tâtonnons quelque peu, n'ayant pas encore trouvé nos vrais repères. Pour autant que je sache, aucune autre Église ne tente ce que nous tentons. Dans certaines Églises, les membres sont invités à ne pas se soucier des doctrines, mais à faire ce que leurs dirigeants leur disent. Les saints des derniers jours sont tenus, par commandement divin, d'apprendre tout ce qu'ils peuvent au sujet de l'Évangile. ¶
Des critiques — de rang élevé et de rang inférieur — appliquent des méthodes scientifiques à l'étude de la religion, avec des résultats quelque peu désastreux pour de nombreux dogmes sectaires. Mais nous appliquons le système au plan de vie et de salut de l'Évangile tel qu'il a été révélé dans les derniers jours. Nous ne pourrions certainement pas survivre à cette expérience si nous ne détenions pas la vérité. ¶
Mais nous progressons, et, d'une manière générale, la foi de nos jeunes va croissant. Là où cela n'est pas vrai, la faute en incombe largement à l'instruction donnée. Un effort sincère est fait pour veiller à ce que le sectarisme ne fasse pas partie de notre enseignement éducatif, ¶
et à ce que les vérités de l'Évangile soient enseignées dans leur simplicité. Les responsables de notre système éducatif s'efforcent avec ardeur d'atteindre ce but. ¶
Nous ne saurions justifier de dépenser la dîme du pauvre, l'obole de la veuve — et la grande majorité de notre dîme est de cet ordre —, pour tout autre genre d'enseignement doctrinal de l'Église que celui qui enseigne l'Évangile et son rétablissement dans leur plus grande simplicité, sans mélange d'aucune vue humaine. ¶
Le retrait des missionnaires d'Europe
Je voudrais dire quelques mots au sujet du retrait des missionnaires d'Europe. Le 24 août 1939, comme il devenait de plus en plus évident que nos missionnaires n'étaient plus les bienvenus, que ce soit dans les pays belligérants ou neutres d'Europe occidentale, il fut demandé aux présidents de mission européens de renvoyer en Amérique tous les missionnaires, à l'exception d'un très petit nombre qui resteraient temporairement pour assurer les divers sièges de mission. ¶
Nous avons eu la bénédiction d'avoir en Europe, à cette époque, l'ancien Joseph Fielding Smith et sœur Smith pour conseiller les divers présidents de mission et diriger l'ensemble de la situation. Il y avait alors dans nos missions, y compris les épouses et les enfants des présidents, 697 personnes, dont 611 jeunes hommes et 63 jeunes femmes missionnaires, les 23 autres étant des présidents de mission, leurs épouses et leurs enfants. ¶
Le premier groupe de missionnaires venus d'Europe débarqua à New York le 7 septembre, et le dernier groupe, accompagné de l'ancien Joseph Fielding Smith et de sœur Smith, débarqua le 6 novembre 1939. ¶
Ces missionnaires de retour furent accueillis par le président Frank Evans et sœur Evans au siège de la mission des États de l'Est, à New York. Les missionnaires revinrent sur 23 navires, chacun devant être accueilli et les missionnaires transportés vers leurs logements provisoires. Les bagages lourds manipulés dépassèrent 1 500 pièces ; il y eut plus de 10 000 lettres et autres colis postaux. Chacun de ces 674 missionnaires dut être logé et pris en charge. Beaucoup débarquèrent sans fonds, et des fonds durent leur être avancés — environ 146 petits prêts furent accordés, tous remboursés sauf un petit montant. L'argent reçu des parents dut être distribué, il y eut des télégrammes et des câblogrammes à traiter, des fournitures de bureau à procurer, et de nombreux autres actes de secours. ¶
De plus, comme la plupart de ces missionnaires n'avaient pas accompli une mission complète, ils durent être réaffectés à leur arrivée à de nouveaux champs de travail. Le président John H. Taylor, du Premier Conseil des soixante-dix, fut envoyé à New York pour diriger ce travail. Sur les 674 missionnaires, 414 anciens et 32 missionnaires femmes furent réaffectés, les autres furent libérés. ¶
Le président et sœur Evans furent également chargés d'envoyer ces 446 missionnaires réaffectés vers leurs nouveaux champs de travail, et les 228 libérés vers leurs foyers. ¶
Le coût total de ce service assuré par le président Evans, pour la prise en charge de tous ces missionnaires, présidents de mission et familles — un total de 697 personnes —, ne s'éleva qu'à 2 271,47 $, soit 3,26 $ par personne, pour le débarquement, le logement, la nourriture et le transport des navires au siège et du siège au train. ¶
Le président Taylor assista le président Evans dans tout ce travail. C'est véritablement une grande œuvre. Tout le groupe fut déplacé des régions troublées d'Europe vers les États-Unis, puis, de là, vers leurs nouveaux champs de travail ou vers leurs foyers, sans un seul accident ni un seul cas de maladie, hormis une maladie chronique. Tout le groupe fut évacué d'Europe en trois mois, à une époque où des dizaines de milliers d'Américains assiégeaient les guichets des grandes compagnies de navigation pour obtenir un passage, et les anciens n'avaient aucune réservation. Chaque fois qu'un groupe était prêt à embarquer, l'espace nécessaire était disponible, même lorsque les tentatives de réservation quelques heures auparavant avaient échoué. ¶
Les présidents de mission européens reçurent l'ordre de remettre leurs missions entre les mains des frères locaux. Cela fait, ils reçurent aussi l'ordre de rentrer chez eux. Les premiers partirent le 1er décembre 1939, et les derniers débarquèrent à New York le 4 mars 1940. ¶
Pendant la tournée européenne du président Grant il y a trois ans, les saints furent exhortés maintes et maintes fois à apprécier et à assumer pleinement leurs responsabilités en tant que membres de l'Église et détenteurs de la prêtrise. Ils furent exhortés à cesser de s'en remettre autant aux anciens. La situation actuelle donne tout son sens à ce conseil. ¶
Vraiment, les bénédictions du Seigneur ont accompagné cette grande entreprise. ¶
Les responsabilités de la prêtrise
Pour nos propos d'aujourd'hui, nous pouvons dire que la prêtrise est l'autorité de Dieu conférée aux hommes pour le représenter dans certaines relations entre les hommes et entre les hommes et Dieu. C'est une responsabilité redoutable. Elle impose certaines obligations aux détenteurs de la prêtrise entre eux, ainsi qu'entre eux et l'ensemble des membres, et entre eux et la Divinité. ¶
L'appartenance à un collège est quelque chose de plus qu'un nom. Le Seigneur a rendu on ne peut plus clair, par des commandements répétés, que c'est sur la prêtrise, dans sa forme organisée, et non simplement sur les individus qui la détiennent, que repose la responsabilité d'instruire, d'encourager et d'avertir le peuple. Le Seigneur a désigné précisément les devoirs de la prêtrise à cet égard, degré par degré. Il n'a donné à la prêtrise aucune autorité pour se dégager de cette responsabilité d'instruire, d'encourager et d'avertir, en déléguant ce devoir à quelqu'un d'autre, individuellement ou collectivement. Le Seigneur tiendra donc la prêtrise, en tant que telle, responsable de l'instruction juste et appropriée des membres de l'Église dans la voie de la vie et du salut. ¶
La prêtrise ne doit ni oublier ni se dérober à cette grande responsabilité. L'Église peut fournir une aide et un soutien par le biais des organisations auxiliaires, des écoles et d'autres moyens pour accomplir cette œuvre, mais l'Église ne peut ni ne cherche à dégager la prêtrise des obligations de ce commandement divin, ni à l'autoriser à s'y dérober ou à l'esquiver. Vous, détenteurs de la prêtrise, courbez le dos et assumez ce fardeau placé par Dieu. Le Tout-Puissant l'attend, il le commande même. Votre manquement à le faire apportera le malheur au peuple et la condamnation sur vous-mêmes. ¶
Les conditions du monde
Nous pouvons rendre à notre Père céleste nos fervents remerciements pour le fait que son esprit de paix plane encore sur ce pays, et que la guerre ne nous a pas, jusqu'ici, accablés de ses maux et de ses misères. ¶
Je voudrais reprendre, par référence, tout ce que j'ai dit en octobre dernier au sujet de la guerre, de ses causes et de ses iniquités. ¶
Les femmes de l'Église
Je voudrais dire un mot aux femmes de l'Église, ce « premier secours » de la prêtrise dans ses épreuves et ses tribulations. Je m'émerveille que nos épouses acceptent de vivre avec nous, avec tous nos grognements, nos défauts et nos manquements. ¶
Depuis le commencement, les femmes de l'Église chrétienne ont manifesté une foi et un dévouement incomparables. Un seul apôtre se tint près de la croix pendant que le Christ était crucifié, mais Marie, la mère, était là, ainsi que Marie-Madeleine, et Marie, la mère de Jacques et de Joses, et la mère des enfants de Zébédée, et les femmes qui l'avaient suivi depuis la Galilée. Ce fut Marie-Madeleine qui fut la première au tombeau lorsque le sabbat fut passé, et c'est à elle que le Christ accorda, la première parmi les mortels, la vue de son corps ressuscité. ¶
Depuis lors jusqu'à maintenant, la femme a réconforté et soigné l'Église. Elle a porté plus de la moitié des fardeaux, elle a fait plus de la moitié des sacrifices, elle a souffert la plus grande part des chagrins et des douleurs. ¶
Dans l'Église moderne, c'est elle qui a possédé la foi constante et sans question, la connaissance pure, qui a encouragé la prêtrise et l'a maintenue en marche contre vents et marées. Sa confiance aimante, son dévouement loyal furent l'ancre fidèle qui a tenu bon lorsque les tempêtes étaient les plus violentes. ¶
Pour tout cela, nous sommes plus reconnaissants que nous ne saurions le dire. Nous demandons humblement au Seigneur de vous aider, sœurs, à l'avenir comme par le passé. Nous, prêtrise, avons besoin de votre courage, de votre constance, de votre foi, de votre connaissance, de votre témoignage, pour nous encourager et nous garder dans le droit chemin. ¶
Sœurs de l'Église, la chasteté de la jeunesse de l'Église est en grande partie entre vos mains. Vous devez placer la vertu sur son trône souverain ; vous devez ramener la pudeur, laisser la beauté de rougeurs chastes orner encore vos joues. ¶
Mères en Israël, enseignez à vos fils à honorer et à révérer, à protéger jusqu'au bout, la pureté féminine ; enseignez à vos filles que leur joyau le plus précieux est un corps pur et sans souillure ; enseignez à vos fils comme à vos filles que la chasteté vaut plus que la vie elle-même. Ce sont là les devoirs que la prêtrise attend principalement de vous, de porter et de maintenir dans ce berceau de toutes les vertus — le foyer vertueux. Nous, prêtrise, aiderons autant que notre nature le permettra, mais le fardeau de cette tâche est maintenant, et a toujours été, dans sa plus grande part, le vôtre. Si vous ne le faites pas, le monde entier sombrera dans un chaos de péché et de corruption. Que Dieu vous aide dans votre tâche ! ¶
À la jeunesse de l'Église
Puis-je dire de nouveau à la jeunesse de l'Église, et d'abord à vous, filles : cet homme ou ce jeune homme qui exige, sans le mariage, comme prix de sa faveur ou de son amour, la jouissance de votre corps, n'a en réalité rien d'autre que chagrin et déchéance à vous donner en retour ; et ensuite, à vous, fils : cette femme qui vous offre son corps hors des liens du mariage vous invite à un festin qui apporte la maladie et la corruption qui vous souilleront jusqu'à la mort. Et tout homme ou toute femme qui exige, comme prix de sa faveur ou de son amitié, l'abandon de l'une quelconque de vos normes de vie justes, ne vous offre rien qui vaille la peine d'être acheté. Ce que cela vous apporte est aussi faux que le mal lui-même. ¶
Je dis tout cela avec gravité, et avec toute la solennité dont je suis capable, sachant, comme je le sais, aussi vrai que je vis, que je dis la vérité. ¶
Un hommage aux organisations
Je veux remercier toutes les organisations de l'Église pour la grande aide qu'elles apportent à la poursuite de l'œuvre de l'Église. Peut-être ne devrais-je pas dire « aide », peut-être devrais-je dire qu'elles poursuivent l'œuvre elles-mêmes, car nous, frères, ici au sommet, serions impuissants sans la fidélité exemplaire de vous, frères et sœurs. Je sais que la grande majorité s'efforce de vivre avec droiture et de bien agir, et je sais que le Seigneur les bénira dans leurs efforts. ¶
La loyauté apporte des bénédictions
Le Seigneur se réjouit de votre loyauté envers ceux qui détiennent l'autorité, dans la paroisse, le pieu et l'Église. L'œuvre ne peut continuer à grandir sans cette loyauté, et cette loyauté ne doit pas être conçue comme une loyauté envers les individus, mais comme une loyauté envers l'œuvre, envers la charge, envers l'autorité que l'individu représente. C'est la loyauté envers la prêtrise du Dieu Tout-Puissant. L'individu lui-même s'efface devant l'autorité divine qu'il possède. David chercha le pardon pour avoir levé la main contre l'oint du Seigneur, même si cet oint cherchait à lui ôter la vie. C'est le vrai principe de loyauté appliqué presque jusqu'à la dernière extrémité. ¶
Depuis Caïn jusqu'à aujourd'hui, le refus de suivre l'autorité de Dieu n'a apporté que condamnation. Aaron, Miriam, Coré et ses partisans, tout le camp d'Israël souffrirent lorsqu'ils se plaignirent ou se rebellèrent contre Moïse. Il en fut de même tout au long de l'histoire humaine des rapports de Dieu avec les hommes. ¶
Depuis les premiers jours de cette Église, des mécontents, des apostats, des « esprits chagrins », se sont déchaînés en calomnies, en mensonges, en railleries, contre ceux que Dieu a appelés à diriger le peuple. Ils traitèrent ainsi le prophète, et frère Brigham, et, à un moindre degré, chaque président qui a suivi. Mais le Seigneur a toujours fait prospérer l'Église tandis qu'elle suivait leur direction. Les détracteurs sont tombés dans l'oubli qu'ils méritaient. Il en sera toujours ainsi. Le prophète du Seigneur s'est toujours tenu au-dessus et au-delà des critiques de ces détracteurs injustes. Il a toujours vécu, comme notre dirigeant vit aujourd'hui, dans la lumière bienveillante de l'approbation du Seigneur, bénéficiaire des plus précieuses bénédictions du Seigneur, manifestées ouvertement à ceux qui veulent bien regarder. ¶
Puisse le Seigneur continuer à faire demeurer son Esprit avec nous en tout temps. Puisse-t-il être avec nous pendant le reste de cette Conférence ; puisse-t-il, en particulier, bénir et rendre au président Grant une pleine santé et une pleine vigueur, je le prie humblement au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶