Pulpit

L'Évangile du travail

Stephen L Richards

Conférence générale d'octobre 1939·Session de l'après-midi du deuxième jour·1939-10-07

Je vous exprime, mes frères et sœurs, mon amour, ainsi que mon amour pour la grande cause à laquelle nous sommes attachés. Je désire, cet après-midi, rendre service à cette cause en traitant de certaines questions pratiques et temporelles.

Un moyen d'accroître la prospérité

Mon sujet est l'Évangile du travail. J'attire votre attention sur les chiffres suivants, que j'emprunte à une revue actuelle :

Si chacune des cinq millions de familles (américaines) de salariés qui gagnent actuellement moins de $1250 par an pouvait obtenir $2.00 de plus par jour et par famille * * *

elles dépenseraient chaque année : $213,000,000 de plus pour le combustible, l'éclairage et les réfrigérateurs,

$224,000,000 de plus pour l'ameublement,

$285,000,000 de plus pour les automobiles et autres moyens de transport,

$208,000,000 de plus pour les services médicaux et dentaires,

$234,000,000 de plus pour les loisirs,

$73,000,000 de plus pour les soins personnels,

$416,000,000 de plus pour les vêtements,

$613,000,000 de plus pour le logement

et $800,000,000 de plus pour la nourriture.

Ces postes représenteraient au total plus de $3,000,000,000 de ventes nouvelles pour les cinq millions de familles à elles seules, et si toutes les familles des États-Unis pouvaient avoir $2.00 de plus par jour qu'actuellement, leur pouvoir d'achat serait accru de $20,000,000,000 par an.

La première question qui se pose naturellement à partir des chiffres que j'ai cités est : comment pouvons-nous obtenir $2.00 de plus par jour pour chaque famille de notre pays, et en particulier pour les cinq millions de familles à faible revenu ? Je vous donne, en substance, la réponse de l'auteur : par un travail plus abondant et de meilleure qualité de la part des travailleurs employés de notre pays.

Et comment un travail plus abondant et meilleur de la part des employés viendra-t-il augmenter tous les revenus et le pouvoir d'achat ? Réponse : premièrement, en permettant de réduire les prix, de sorte que les familles, même sans augmentation de leurs revenus actuels, puissent acheter tout ce qu'elles achètent maintenant à des prix plus bas et disposer d'un surplus suffisant pour acheter davantage et d'autres biens ; et, deuxièmement, l'augmentation du volume des marchandises achetées signifiera une production plus importante, et une production plus importante signifie l'emploi d'un plus grand nombre de travailleurs.

Il est certes banal et rebattu d'affirmer que ce dont le pays a le plus besoin, c'est de davantage de pouvoir d'achat. Tout le monde le sait. Mais il est moins évident que l'augmentation du pouvoir d'achat résulte en grande partie de la baisse des prix, et qu'en fin de compte notre véritable problème ne concerne pas tant les chômeurs que les travailleurs employés. Il en est ainsi parce que, chaque fois qu'un homme qui a un emploi accomplit son travail mieux et plus efficacement, il rend possible la réduction du prix du produit ou du service, ce qui accroît, comme je l'ai déjà souligné, le pouvoir d'achat du consommateur. Il existe une autorité très respectable et d'abondantes données statistiques pour prouver cette conclusion.

Mais la baisse des prix suit-elle toujours l'amélioration du travail et des méthodes ? Je suis désolé de dire que non, et c'est principalement parce que les prix ne baissent pas que le volume des ventes n'augmente pas, que notre prospérité est étouffée, qu'un chômage décourageant persiste, que le gouvernement poursuit des remèdes expérimentaux aussi coûteux, et que tout notre système d'entreprise libre est menacé.

Or, je suis amené à porter ces questions à votre attention parce que je crois fermement qu'il existe entre elles et les conceptions, les pratiques et les enseignements de notre Église une relation très précise, et parce que je veux que notre peuple sache que la théorie économique reconnue rend praticables et réalisables de nombreux aspects de nos enseignements.

Le bonheur dans le travail honnête

Nous avons toujours anobli le travail et réprouvé l'oisiveté. Nos livres, nos sermons, nos dirigeants, y compris tout particulièrement notre président actuel, ont glorifié le labeur. La ruche laborieuse de l'abeille — Déséret — a été notre emblème. Le travail joint à la foi est un point cardinal de notre doctrine théologique, et notre état futur, notre ciel, est envisagé en termes de progression éternelle par un labeur constant.

Ce principe fondamental de l'honneur du travail a cruellement besoin d'être appliqué dans le monde d'aujourd'hui. Toutes les combines frauduleuses, les rackets, la corruption gouvernementale et la démoralisation publique généralisée trouvent leur origine et leur soutien principalement dans le défaut de reconnaître la dignité et le bonheur qui découlent du labeur honnête.

Qu'est-ce que le travail honnête ? Je crois qu'il ne peut être justement interprété qu'en termes de service, et la valeur d'un véritable service se mesure au gain de quelqu'un d'autre. Un tel concept n'est pas seulement chrétien, il est aussi au fondement de toute entreprise saine et rentable. Il en existe d'innombrables démonstrations. Le genre de travail qui produit un meilleur produit à moindre coût est ce que notre économie nationale exige. Il y a au moins deux facteurs indispensables dans ce genre de travail et dans l'efficacité qu'il produit. Premièrement, l'intégrité, qui inclut la loyauté ; et deuxièmement, la compétence. Nul ne peut réussir s'il n'est pas digne de confiance. S'il travaille pour autrui, il doit faire siens les intérêts de son employeur. S'il travaille pour lui-même, il doit être fidèle et loyal envers son entreprise, sinon il échouera. Le genre de service qui ne fait que « surveiller l'horloge », sans autre intérêt pour le travail que de toucher son salaire journalier, est aussi responsable des faillites que n'importe quel autre facteur que je connaisse.

Nos travailleurs ne doivent pas seulement être loyaux, ils doivent aussi être capables de réussir. Sur les marchés de biens et de services hautement concurrentiels, qu'ils soient locaux, nationaux ou internationaux, ce sont généralement la compétence et le discernement qui font la différence. La compétence est en général le fruit de la formation et de l'éducation. Les plus compétents ont non seulement eux-mêmes les meilleures chances, mais ils contribuent le plus au succès de l'entreprise à laquelle ils sont associés. C'est un fait notable que, pendant les années de dépression, avec bien sûr quelques exceptions, en particulier dans les centres industriels, le travailleur véritablement compétent s'est peu trouvé parmi les chômeurs, et même lorsqu'il s'est trouvé sans emploi, c'était le plus souvent attribuable à des manipulations arbitraires de la structure des prix des services ou des biens.

Définition du travail qualifié

D'autre part, notre histoire récente démontre que le travailleur non qualifié a la vie dure. Ses services sont les premiers dont on se passe. Il est le moins recherché. Et, je regrette de le dire de crainte de blesser des sentiments, il apporte la moindre contribution au progrès économique. En disant cela, je veux que vous compreniez que je ne limite pas le travail qualifié aux professions libérales, aux artisans, ni à aucun groupe de cols blancs ou autre qui pourrait considérer indigne de lui d'accomplir un travail honnête. Je considère comme travailleur qualifié tout homme qui a cultivé la capacité d'accomplir exceptionnellement bien la tâche qui lui est assignée. Je connais des fossoyeurs experts dont l'habileté force mon admiration et mon estime.

J'ai le privilège de voyager beaucoup à travers le pays. Je vois de nombreuses terres agricoles. Je remarque souvent que, d'un côté d'une clôture, se trouve une zone de culture rabougrie, de mauvaises herbes, de parcelles stériles et de désolation improductive, tandis que de l'autre côté de la même clôture, séparé seulement par une simple ligne de démarcation, avec le même sol potentiel, les mêmes droits d'eau, le même air, le même soleil, le même climat, s'étend un champ — un champ d'une beauté indescriptible, avec l'abondante productivité que la nature accorde au cultivateur habile. Je vois du bétail gras et du bétail maigre, de bonnes maisons et de pauvres maisons. J'entre dans des magasins — certains sont attrayants, la marchandise y est si bien disposée, le service si efficace et courtois que les articles se vendent, tandis que dans d'autres, peut-être sur le même pâté de maisons, on constate de la négligence, de mauvais achats, un manque de sens de la présentation, et le propriétaire se demande pourquoi les clients ne viennent pas. On trouve des stations-service partout. Il n'est pas rare d'en voir quatre situées aux quatre coins d'un carrefour important. Parfois, une seule sur les quatre réussit. Ce n'est sûrement pas l'emplacement qui est le facteur déterminant. Des millions de dollars presque innombrables sont aujourd'hui investis dans les automobiles. Ces machines coûtent cher à l'achat et à l'entretien. Certaines durent longtemps et rapportent à leurs propriétaires des rendements raisonnables sur l'investissement, de plus d'une manière. D'autres sont rapidement ruinées, et leur dépréciation est énorme et honteuse.

Or, quel est le facteur déterminant de ces résultats contrastés, et d'une multitude d'autres qui leur sont comparables ? C'est, bien sûr, à de rares exceptions près, l'équation personnelle, l'habileté et l'énergie du propriétaire ou de ses employés, ou des deux.

Le capitalisme dans son vrai sens

Cette doctrine du travail est au tout premier fondement du système capitaliste. Beaucoup de gens comprennent et interprètent mal le capitalisme. Ils pensent que, parce que le mot « capital » sert à désigner le système, son but principal est d'enrichir des hommes qu'on appelle habituellement capitalistes, et dont la richesse, craint-on, est trop souvent accumulée aux dépens des classes les plus pauvres. J'admets qu'il existe des cas, bien trop nombreux, où cela se produit. Mais ce n'est pas la véritable conception du capitalisme. Le système capitaliste, dans son essence intime, n'est guère plus, s'il est quelque chose de plus, que le droit libre de l'homme de travailler, de choisir son travail et de jouir des fruits de ses efforts. À mon estime, c'est une chose des plus précieuses, et elle est indispensable à la liberté dont l'Amérique se targue. C'est le seul système d'entreprise libre éprouvé et vérifié dans ce monde, et tout autre système qui s'y oppose est fondé sur une restriction de la liberté personnelle. Pour ma part, je ne veux pas la perdre.

Mais nous la perdrons si nous ne la comprenons pas et n'en reconnaissons pas les vertus. Ce n'est pas le système capitaliste lui-même qui rend certains hommes riches et d'autres pauvres. Ce sont les hommes eux-mêmes qui le font, là encore avec quelques exceptions. Le système ne fait qu'offrir les possibilités. Il comporte, bien sûr, des abus, comme il doit toujours y en avoir dès lors que l'humanité est en cause. Il ne garantit pas que tous les hommes seront riches, et il convient de noter que tous les systèmes qui le garantissent ne réussissent généralement qu'à rendre tout le monde pauvre. Éradiquer les abus au sein du système est presque aussi difficile que de réformer l'humanité. Mais qui préconiserait de tuer l'humanité parce qu'elle est lente à se réformer ? À ce propos, j'aurai le plaisir de souligner dans un instant l'incidence de la religion sur certains des problèmes du capitalisme.

La nécessité de la coopération

Nous devons être patients envers notre système américain. Il faudra longtemps pour en éliminer les imperfections de fonctionnement. Pour être patient, il faut être tolérant — tolérant envers autrui et ses opinions. Tout ce que nous faisons en Amérique est un composé de nombreuses opinions. L'élément unificateur de nos affaires nationales est un but et un désir communs. J'aime à penser que tous les Américains, quelle que soit la diversité de leurs vues sur les méthodes et les politiques, ont le désir commun de préserver nos libertés fondamentales, dont l'une des plus importantes est notre système d'entreprise libre. Aussi hésité-je à mettre en cause les motifs des hommes, même lorsque je ne suis pas d'accord avec leurs méthodes. Je fais ces observations parce que je veux plaider pour une coopération intelligente entre tous ceux qui ont de la considération pour nos institutions et nos principes américains.

Il existe un grand besoin de coopération dans le domaine économique. Nos citoyens doivent eux-mêmes être instruits pour comprendre les systèmes dans lesquels ils vivent et travaillent. Ils doivent en savoir assez pour établir l'éducation appropriée pour eux-mêmes et pour leurs enfants et pour parvenir à leurs propres conclusions. Je crois qu'il n'est ni sage ni sûr de laisser la détermination de nos systèmes et politiques d'éducation exclusivement aux éducateurs professionnels. Je ne sous-estime pas le précieux service de nos enseignants. Je souhaiterais toujours bénéficier de leurs conseils d'experts, mais je suis convaincu que les usagers des écoles devraient avoir une voix beaucoup plus grande qu'ils ne l'ont actuellement dans l'établissement des programmes, des politiques et de la gestion scolaires. C'est là un sujet distinct en soi, que je ne développerai pas davantage. Je le mentionne parce qu'il a une incidence directe sur le travail et les conditions économiques qui font l'objet de mon sujet.

L'Évangile du travail

Revenons maintenant à l'Évangile du travail — et c'est un véritable Évangile, si jamais Dieu nous a donné un message et un principe pour notre salut. Il semblerait évident, sans plus de commentaire, que la diffusion de cet Évangile du travail est absolument indispensable à la résolution des problèmes de notre économie individuelle et nationale. Je pense que nous pouvons poser comme règle presque infaillible, tant les exceptions sont rares, que le travailleur loyal, compétent, qualifié et industrieux réussit. Sa loyauté, c'est son caractère. Il se la forge lui-même. Sa compétence s'acquiert par la formation et l'éducation. Le génie lui-même n'est guère plus que la capacité d'un travail dur et soutenu.

Je suis favorable à une plus grande concentration de nos processus éducatifs sur le développement des compétences utiles. L'étudiant qui sort d'un lycée, d'un collège ou d'une université sans la capacité de servir de manière utile a échoué, quel que soit son savoir prétendu. Je veux bien que le terme « utile » s'applique à toute forme d'entreprise humaine qui contribue au bien-être de l'humanité, mais j'exige que cette utilité soit consciente dans l'esprit et le cœur de l'étudiant lui-même.

Que pourrions-nous faire de mieux que d'enseigner à chaque garçon et à chaque fille, et à nous-mêmes en même temps, que l'ambition de toute vie devrait être une contribution distincte au bien-être économique de tout le peuple.

Un appel à l'éducation économique

Aux fins de cette discussion, je mets l'accent sur l'éducation économique. Je suis certain que, dans la perspective à long terme de notre existence, cet accent n'est pas mal placé. Il n'est pas mal placé, car le bonheur, le contentement et le progrès ne viennent qu'aux personnes qui ne sont pas entravées par le dénuement et la pauvreté, et qui sont capables de préserver la vraie dignité d'homme ou de femme dans une indépendance et une prospérité raisonnables. L'autonomie elle-même est un corollaire nécessaire du principe de l'entreprise libre.

Il n'y a aucun péché dans la propriété, et tout homme et toute femme peut être propriétaire, s'il ou si elle le veut. Tous ne peuvent pas être propriétaires fonciers ou possesseurs de grands biens, mais tous peuvent être propriétaires de leurs services, développés et exécutés de manière à en faire des éléments indispensables au progrès du peuple.

Les résultats des méthodes déloyales

Voulez-vous maintenant examiner avec moi un autre aspect de la situation économique. J'ai avancé la doctrine, dont je fais honneur à un autre, selon laquelle la baisse des prix accroît le pouvoir d'achat du consommateur et favorise l'emploi, et qu'un service meilleur et plus efficace, rendu par des travailleurs loyaux, rend possible la baisse des prix. Pourquoi le public ne bénéficie-t-il pas toujours des méthodes perfectionnées et d'un service plus efficace ? La réponse est : le manque de clairvoyance et l'égoïsme de la part de certains hommes de l'industrie. Ce manque de clairvoyance et cet égoïsme se manifestent surtout sous deux formes — premièrement, ce qu'on appelle les ententes restreignant le commerce ; et deuxièmement, le contrôle et la manipulation arbitraires et déraisonnables de la main-d'œuvre. Bien que ces deux éléments n'aient pas le même statut juridique, je les place tous deux dans la même catégorie, car ils produisent sensiblement le même effet sur notre économie nationale. Tous deux tendent à faire monter les prix pour le consommateur et ne lui font pas profiter des avantages découlant de meilleures méthodes et d'un service plus efficace ; tous deux accroissent plutôt qu'ils ne réduisent le chômage, et tous deux favorisent l'animosité et la discorde industrielles, là où la coopération et l'unité sont si nécessaires. Nous avons des lois pour traiter du premier — les ententes restreignant le commerce. Peut-être qu'un jour il y aura une réglementation légale adéquate de la main-d'œuvre.

Mais ce n'est pas aux aspects juridiques de la situation que je m'intéresse à présent le plus. Ce qui m'inquiète, ce sont les motifs douteux et les dispositions des hommes, ainsi que le manque de prévoyance manifeste dans de tels dispositifs et politiques anti-économiques. Comment un fermier gagnant $3.00 par jour peut-il payer un plâtrier à $2.00 de l'heure ? Combien de laine à 20c faut-il pour payer des costumes à $60 ? Comment un employé modestement rémunéré, si grand que soit le besoin de sa famille, peut-il construire une maison lorsque les prix contrôlés des matériaux et de la main-d'œuvre le soumettent à une hypothèque à vie sur son gagne-pain pour rembourser la dette ? Je suis parfaitement conscient que le profit est le nerf des affaires, et je n'ai aucune objection à l'incitation au profit, mais je n'ai aucune sympathie pour l'avarice et la stupidité qui, à la longue, suppriment les profits et étouffent la prospérité. Il semblerait presque que le privilège du profit ne devrait pas être accordé à ceux qui, soit par ignorance, soit par manque de principes humanitaires, ne sont pas capables d'en être investis. C'est ici que le concept de la fraternité humaine joue un rôle si important. Nul, s'il reconnaît la Paternité de Dieu et l'humanité comme ses enfants, ne peut tolérer avec équanimité les inégalités et les injustices que cet égoïsme entraîne. Je suis certain que notre système d'entreprise libre ne pourrait trouver de plus grande garantie de succès que dans une véritable fraternité chrétienne.

Les éléments du succès

Cependant, je ne suis pas défaitiste. Je crois qu'il y a plus de bien que de mal dans les hommes, et que le bien triomphera. Je suis certain, aussi, que le peuple des États-Unis, par le travail, créera de la richesse et, dans cette création, donnera de l'emploi et du bonheur, pourvu seulement que les lois naturelles sur lesquelles l'entreprise libre a été fondée soient laissées libres de s'exercer. Mais la richesse ne peut être créée en quantité suffisante pour se répandre et apporter la prospérité à tout le peuple si ces lois sont sérieusement enfreintes par un groupe quelconque de notre société — le capital, la main-d'œuvre ou le gouvernement. Rien d'autre que le travail ne peut créer de la richesse en notre époque — le travail productif du travailleur. D'autres manipulations peuvent sembler le faire, mais elles ne créent pas la richesse réelle qui nourrit, vêt, loge et rend les gens heureux. Le Gouvernement ne peut pas le faire, car, en dernière analyse, il ne possède pas les éléments essentiels à la création de richesse. En lui-même, il n'a ni capital ni main-d'œuvre. Tout ce qu'il peut faire, c'est prendre à l'un pour donner à l'autre. Il prend par l'impôt, sa seule source ultime de revenu ; et il donne sous forme de salaires, de subventions, de primes et de bien d'autres manières, mais il ne crée pas de richesse, et la création de richesse est au fondement de la prospérité.

Je tiens à préciser clairement que je n'attaque pas les motifs ni les intentions du Gouvernement ou des organismes gouvernementaux qui ont cherché à faire face à des situations d'urgence et à des difficultés par une législation abondante, nouvelle et expérimentale. Je n'ai jamais souhaité l'échec d'aucune de ces expériences. J'ai toujours souhaité leur succès, et je pense que certaines ont réussi. Je décline toute intention ou tout effort visant à influencer la politique partisane. Mon seul désir est d'exposer les principes d'une saine économie tels que je les conçois et y crois, et tels que je les considère en harmonie avec les principes bien établis et éprouvés de notre religion.

J'espère reconnaître aussi pleinement qu'il se doit la séparation de l'Église et de l'État. J'espère aussi reconnaître l'influence de la religion sur la vie — non seulement la vie spirituelle, mais aussi la vie sociale, économique, morale et politique. La vie n'est pas une chose faite de segments séparables. C'est tout un cours de conduite, une unité d'expérience et d'existence, et chaque aspect de notre vie affecte tous les autres. C'est ainsi que je justifie un sermon sur l'économie.

La paix repose sur un fondement économique

Si cela nécessite une justification supplémentaire, je désigne l'état du monde. Voyez la ruée effrénée des nations vers le territoire et le pouvoir ! Qu'y a-t-il au fondement de cette lutte horrible et inhumaine ? Principalement l'avantage économique, le contrôle des marchés mondiaux, des débouchés pour l'industrie, afin d'obtenir davantage de nourriture, davantage d'indépendance et davantage des commodités de la vie. Oh, il est vrai que quelques-uns peuvent être poussés par un désir personnel d'agrandissement, mais les véritables raisons pour lesquelles les masses sont amenées à entrer et à persévérer dans une telle guerre impie les unes contre les autres résident dans des considérations économiques. Ainsi, la paix, cette chose la plus désirée, la plus priée, et apparemment la plus insaisissable et la plus inaccessible du monde moderne, se révèle reposer sur des fondements économiques. Cependant, l'économie qui soutiendra la paix sera tempérée par l'amour fraternel, la considération mutuelle, et des conceptions intelligentes et équitables de la vie commune des hommes sur la terre.

Le devoir des membres de l'Église

Nous, membres de l'Église, sommes peu nombreux parmi les populations du monde. Nous pouvons difficilement compter sur notre nombre pour exercer une grande influence, mais les idées sont plus puissantes que le nombre, et je crois que, si nous en avons la volonté, nous pouvons répandre depuis notre sein l'Évangile d'un service digne, honnête, loyal et efficace, comme il n'a pas été prêché dans le monde depuis bien longtemps. Nous pouvons exalter l'autonomie, une virilité et une féminité laborieuses, la solidarité familiale et la coopération communautaire, et démontrer combien elles sont essentielles à un état civilisé. Nous pouvons montrer que l'amour fraternel est plus qu'un idéal éthéré, et qu'il agit réellement et concourt à la prospérité et au bonheur. Je ne connais nulle part d'autre peuple aussi bien préparé, par son organisation, sa direction, ses dispositions et son expérience, pour cette entreprise.

Je suis reconnaissant que nous ayons fait un pas dans la direction de notre possibilité et de notre devoir. Ce pas a servi à ouvrir nos cœurs à des considérations bienveillantes et charitables, et aussi à ouvrir notre esprit à de nouvelles et grandes voies de service. Nous bâtirons sur le début que nous avons fait. Nous produirons des travailleurs meilleurs et plus efficaces qui, à leur tour, produiront des produits et des services meilleurs et plus abondants.

Nous ne croyons pas à la doctrine de la pénurie. Nous croyons à la production et à l'abondance. Nous croyons que la terre est conçue pour être la demeure confortable de l'homme, et nous croyons que les justes en hériteront. Des hommes bons, unis, ne peuvent échouer. L'Amérique libre, bien qu'elle puisse chanceler, finira par trouver la paix, la prospérité et le bonheur. L'Église du Christ montrera la voie. Amen.

Citer ce discoursStephen L Richards, « L'Évangile du travail », Conférence générale d'octobre 1939, Session de l'après-midi du deuxième jour (1939-10-07). Pulpit Vault, 1939-10-stephen-l-richards-the-gospel-of-work. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).