Pulpit

Un accroissement de la foi est nécessaire

LeGrand Richards

Conférence générale d'octobre 1939·Session du matin du premier jour·1939-10-06

Ce n'est pas la première fois que j'ai le privilège de succéder au président Charles A. Callis, mais je suis aussi fier de l'occasion de le suivre aujourd'hui que je l'étais de lui succéder dans la Mission des États du Sud.

En tant que membre de l'Épiscopat président, lorsque nous avons été mis à part pour présider les affaires temporelles de l'Église, j'ai pensé que ce devait être une responsabilité immense ; mais lorsque nous avons été nommés et mis à part pour présider la Prêtrise d'Aaron de l'Église, j'ai compris que c'était là, en effet, une responsabilité.

Au cours des six derniers mois, nous avons visité la plupart des pieux de Sion, et nous avons rencontré les dirigeants de pieu et de paroisse, discutant de sujets relatifs au Programme de la jeunesse, au Système budgétaire, et d'autres choses qui, nous le pensions, mèneraient à de meilleures normes parmi nos jeunes gens.

Un accroissement de la foi est nécessaire

Bien que j'aie toujours été impressionné par le travail merveilleux qu'accomplit l'Église, je crois que, s'il y a une chose dont nous avons besoin dans l'Église aujourd'hui plus que toute autre, c'est d'un accroissement de la foi dans le cœur de nos garçons et de nos filles envers le rétablissement de l'Évangile, envers la mission divine du prophète Joseph Smith, et envers le fait que Dieu vit, que chaque garçon et chaque fille lui rendra compte de sa vie. C'est Paul qui a dit : « Or sans la foi il est impossible de lui être agréable ; car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. »

Je crois que, si cette foi n'est pas plantée dans le cœur de nos garçons et de nos filles, ils ne pourront pas affronter les tentations de notre époque et en sortir glorieusement victorieux, fidèles à la foi, et fidèles aux normes de cette Église. Nous avons pensé que l'éducation pourrait atteindre ce but. Nous avons maintenant l'instruction obligatoire de notre jeunesse, et pourtant, aujourd'hui, il semble y avoir plus d'immoralité, plus d'usage de boissons alcoolisées, plus d'usage des choses que Dieu a interdites, qu'à toute autre époque.

Il me semble que, dans notre Église, nous devons être capables de planter dans le cœur de nos garçons et de nos filles une foi dans les promesses de Dieu, à savoir que, s'ils évitent ces choses, ils recevront de ses bénédictions. Pensez à la promesse faite à ceux qui observeront et garderont la Parole de Sagesse ! Assurément, tout père, toute mère et tout instructeur en Israël devrait vouloir que ces promesses deviennent réelles dans la vie de leurs garçons et de leurs filles : courir et ne pas se fatiguer ; marcher et ne pas faiblir ; que l'ange destructeur passe à côté d'eux et ne les frappe pas, comme il le fit pour les enfants d'Israël ; et qu'ils reçoivent de la connaissance, oui, même des trésors cachés de connaissance. C'est ce que je souhaiterais voir venir dans la vie de mes enfants.

Je me rends compte que, dans l'accomplissement de ce grand but, nous avons une grande responsabilité en tant que parents, au foyer, et en tant que dirigeants dans l'Église, car le Seigneur a placé dans l'Église des dirigeants à cette fin. Il nous a donné des apôtres, des prophètes, des pasteurs et des instructeurs, « pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ [...] afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction. »

Un manque de foi chez les jeunes de l'Église est un sujet de reproche

Ce serait une chose terrible si, en sortant des foyers de saints des derniers jours, nos garçons et nos filles en sortaient avec leur foi détruite, avec un manque de confiance envers les dirigeants de cette grande Église, un manque de foi envers les principes divins et sacrés que Dieu a établis dans l'Église en ces derniers jours ; et ce serait un grand sujet de reproche pour nous si nos garçons et nos filles sortaient de nos organisations auxiliaires, de nos quorums de prêtrise, de nos écoles ou séminaires de l'Église, avec un manque de foi envers ces grandes vérités éternelles.

Au cours de mes voyages, j'ai appris quelques cas où nos jeunes gens avaient été retirés de nos institutions parce que les parents avaient le sentiment que leur foi était détruite, plutôt que fortifiée ; et je pense que c'est là un sujet de reproche.

Dieu a placé cette grande armée de dirigeants dans l'Église comme sentinelles sur les tours d'Israël, et je crois que le Seigneur attend des présidents de pieu et des évêques de paroisse qu'ils sachent que rien n'est enseigné qui puisse détruire la foi de leurs garçons et de leurs filles. Permettez-moi d'être un peu plus précis. J'ai rencontré une jeune femme qui m'a raconté ce qu'on lui avait enseigné dans l'une de nos institutions. On lui avait dit que les bénédictions patriarcales n'étaient pas réellement destinées à nous révéler ce que le Seigneur nous réservait, mais qu'elles étaient de belles pensées susceptibles de nous encourager à essayer de vivre mieux. Or, si cela était vrai, ce serait très bien ; mais en ce qui me concerne, cela n'est tout simplement pas vrai. Si c'était vrai, je pense qu'il faudrait alors reconnaître l'une de ces deux choses : que Dieu a retiré son Esprit de cette Église, ou que nous n'avons pas besoin de patriarches dans l'Église.

Valeur des bénédictions patriarcales

J'attire votre attention sur les bénédictions patriarcales données sur la tête des fils d'Israël d'autrefois, lorsque leur père Jacob, le Patriarche, dit : « Assemblez-vous et je vous annoncerai ce qui vous arrivera dans la suite des temps. » L'une des grandes vérités fondamentales du mormonisme repose sur la promesse faite sur la tête de Joseph, lorsqu'il lui fut promis une nouvelle terre jusqu'aux limites extrêmes des collines éternelles, car ses bénédictions devaient dépasser les bénédictions de ses ancêtres.

J'ai eu le privilège d'être élevé dans le foyer d'un patriarche. Aujourd'hui, mon père est le Patriarche président en exercice de l'Église, et il serait peut-être plus approprié que ce soit lui qui parle de ce sujet plutôt que moi ; mais j'ai reçu ma première bénédiction de ses mains lorsque j'avais huit ans, et je veux vous dire que toute la philosophie de ce monde ne pourrait me faire croire que mon père savait, de sa propre connaissance et de son propre entendement, ce qu'il prononçait sur ma tête. Cette bénédiction a été un guide pour moi toute ma vie, et je remercie Dieu de l'avoir reçue alors que j'étais un garçon de huit ans.

Des épisodes qui fortifient la foi

Alors que je travaillais aux champs avec mon père, tout jeune garçon, j'ai reçu l'un des plus grands témoignages qui me soit jamais venu, et cela par le moyen d'une bénédiction patriarcale donnée. Mon père nous a raconté, à nous trois garçons occupés avec lui à combler une vieille cave, une visite qu'il avait faite la veille au soir pour donner une bénédiction patriarcale, et après qu'il eut ôté ses mains de la tête du frère béni, une certaine déception fut exprimée du fait que Père ne lui avait pas promis qu'il guérirait et vivrait, car il était très malade. Père nous raconta cette expérience, et s'il n'y avait pas eu d'inspiration dans cette Église, et pas d'inspiration dans l'appel de patriarche, où en serait aujourd'hui la foi de ses garçons ? Il dit que, lorsqu'il posa les mains sur la tête de ce frère, quelque chose sembla lui dire qu'il ne devait pas lui donner une trop belle bénédiction pour cette vie, car ses jours étaient comptés. Il lui promit donc la bénédiction de la vie éternelle pour sa fidélité, et alors la déception fut exprimée, et la voix de l'inspiration vint de nouveau, et il dit : « Si je suis inspiré par l'Esprit du Seigneur, le frère Un Tel ne vivra pas plus de tant d'heures, » et il nous indiqua l'heure.

Comme nous travaillions encore ensemble, un bon frère passa le long de la vieille haie. Père l'appela et lui demanda s'il savait comment allait le frère Un Tel. Il dit qu'il était décédé. Père demanda l'heure et il nous la dit. Alors Père nous regarda, car c'était exactement l'heure qu'il nous avait indiquée.

Lorsque je fus appelé à ma première mission, j'entrai dans le bureau du frère George Reynolds sur des béquilles, la jambe dans un plâtre. Il dit : « Que venez-vous faire ici ? » Je dis : « Je viens répondre à un appel en mission. » Il dit : « Il me semble que vous feriez mieux de rentrer chez vous et de vous soigner. » Je dis : « Je serai prêt à partir à la date fixée. » Il dit : « Quand voulez-vous partir ? » Je dis : « En avril, avec mes autres amis. » C'était en février.

Je me rendis à Tooele, où vivait mon père, patriarche de Dieu. Je lui dis que je voulais une bénédiction afin de pouvoir partir en mission, et mon père me promit que je partirais et que je ne serais pas handicapé par ma claudication — et je ne perdis jamais un jour de travail. Je jetai mes béquilles quelques jours avant le moment du départ, et je partis en mission.

Or, voici quelques années, sept ans exactement, ma femme et moi avons déposé dans la tombe notre fils aîné, qui avait presque seize ans — le plus grand chagrin qui soit jamais entré dans notre vie. Nous avions eu quatre filles avant sa naissance. Moins d'un an auparavant, nous l'avions amené, lui et son jeune frère, dont l'écart d'âge n'était que de seize mois, au bureau du Patriarche de cette Église, le frère Hyrum G. Smith, qui leur donna à chacun une bénédiction.

Or, je vous le demande, supposez que le Patriarche eût su que l'un de ces garçons allait mourir dans l'année, n'aurait-il rien pu lui promettre ? Qu'aurait-ce signifié pour le fils aîné, s'il était sorti du bureau du Patriarche sans aucune promesse et sans aucune bénédiction, tandis que le plus jeune aurait eu toutes les promesses et toutes les bénédictions, alors que l'aîné aimait vraiment Dieu et gardait ses commandements ? Lorsque ce garçon mourut, et que je me réunis avec mes conseillers — car j'étais alors président du pieu de Hollywood — je leur dis : « Il n'y a qu'une chose, si seulement Dieu pouvait nous faire comprendre la bénédiction de ce garçon. » Je dis : « Je voudrais que vous, mes frères, nous aidiez, si vous le pouvez, afin que sœur Richards et moi puissions être consolés. »

Quelques soirs après, j'emmenai sœur Richards faire une promenade. Nous demandâmes au plus jeune garçon s'il voulait venir avec nous. Il dit : « Non. Je crois que je vais rester à la maison. » Le lendemain matin était un dimanche. Il entra et grimpa sur le lit de sa mère, tenant à la main les deux bénédictions patriarcales, et il dit : « Mère, pendant que vous étiez sortis en promenade hier soir, j'ai lu ces bénédictions. » Il dit : « Vous voyez, vous ne les aviez pas comprises. »

Je pense que, pour bien vous exposer la chose, je vais vous lire quelques mots des deux bénédictions, telles qu'elles furent données par le Patriarche. Dans la bénédiction du fils aîné, celui qui est décédé, le Patriarche dit :

Car ce sera ton privilège de porter la sainte prêtrise et d'aller même parmi des étrangers et en terres étrangères, en défense de la vérité et de la droiture.

Cela, nous ne pouvions le comprendre. Et au plus jeune garçon il dit :

Car tu porteras la sainte prêtrise en défense de la droiture et de la vérité, tant dans ton pays qu'à l'étranger.

Le garçon dit : « Tu vois, Mère, je vais œuvrer dans mon pays et à l'étranger, mais, » dit-il, « LeGrand devait aller vers des terres étrangères et un peuple étranger ; » et il dit : « Ils ne sont pas sur cette terre. Nous connaissons toutes les terres de cette terre et nous connaissons tous les peuples qui s'y trouvent. »

Et au fils aîné, le Patriarche dit : « Et en temps voulu, ton foyer sera une demeure digne des esprits de tes bien-aimés ; » et au plus jeune garçon il dit : « Tu jouiras des conforts d'un foyer heureux et des bénédictions d'une paternité honorée, car tu verras ta postérité grandir autour de toi, pour t'honorer de la même manière que tu as honoré tes parents. » Or, inversez les bénédictions et donnez la bénédiction du plus jeune garçon à l'aîné, et il n'y aurait aucune explication. Il dit : « Mère, tu vois, le foyer de LeGrand doit être le foyer des esprits de ses bien-aimés, et mon foyer doit être ici sur cette terre, où je verrai mes enfants grandir autour de moi. »

Vous ne pouvez pas me dire que Dieu, le Père éternel, n'a pas donné à ce garçon de quatorze ans l'inspiration et la révélation nécessaires pour comprendre ces bénédictions, et nos cœurs en ont été consolés.

Les promesses du Seigneur, sûres de s'accomplir

Ma foi en Dieu et en ses desseins éternels est telle que je ne doute jamais qu'il ait fait une provision adéquate pour l'accomplissement de chaque promesse, et pour achever et parfaire l'œuvre qu'il a ici commencée. Dans une révélation au prophète Joseph, il dit : « Ses desseins n'échouent pas, et il n'y a personne qui puisse arrêter sa main. » Et encore : « Je vous donne un nouveau commandement, que moi, le Seigneur votre Dieu, je suis lié lorsque vous faites ce que je dis, et lorsque vous ne faites pas ce que je dis, vous n'avez pas de promesse. » Et lorsque nous recevons une promesse du Seigneur par ses serviteurs, j'ai la foi que cette promesse se réalisera si nous gardons ses commandements, sinon dans cette vie, du moins après cette vie.

Or, je vous demande si vous comprenez toutes les choses contenues dans les Écritures ? Le Sauveur n'a-t-il pas dit, lorsqu'il enseignait en paraboles, et que ses disciples vinrent lui demander pourquoi il parlait en paraboles : « Parce qu'il vous a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux et que cela ne leur a pas été donné. » ?

Si j'en avais le temps, je voudrais me référer à quelques-unes des prophéties de l'ancien Israël. Je lisais l'autre jour dans le Livre de Mormon que, lorsque le Christ notre Seigneur apparut ici, dans ce pays d'Amérique, il cita quelques-unes des prophéties d'Ésaïe, et il rendit son témoignage solennel et sacré, en tant que Dieu du ciel, que chaque prophétie d'Ésaïe s'accomplirait ; et il s'y trouve des prophéties qu'aucun homme savant de ce monde ne pourrait interpréter ni expliquer, sans la connaissance et les renseignements venus par le rétablissement de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Je me demande parfois pourquoi nous allons chercher auprès du monde l'explication des Écritures, alors que nous avons les révélations de Dieu, le Père éternel, pour nous guider,

À vous, hommes qui avez le privilège de présider les pieux de Sion, je sens qu'il est de votre responsabilité, en tant que sentinelles sur les tours d'Israël, de veiller à ce que chaque patriarche de votre pieu vive dignement pour jouir de l'inspiration de son appel, et qu'aucun ne continue dans ce saint service si son esprit venait, d'une manière ou d'une autre, à s'affaiblir avec l'âge avancé.

Une foi vivante, une puissance salvatrice

Or, je vous le dis, je pense que ce dont nous avons besoin aujourd'hui plus que toute autre chose est de planter dans le cœur de nos garçons et de nos filles cette foi vivante en Dieu, afin que, comme David d'autrefois, ils puissent sentir et savoir qu'il n'existe aucun lieu si sombre et aucun endroit si éloigné et si reculé que l'œil qui voit tout de Dieu ne soit pas sur eux, et qu'ils devront rendre compte de leurs actes.

En conclusion, puis-je vous laisser ces paroles tirées du carnet de notre garçon, telles qu'il les avait recopiées des paroles d'Alma : « Et aussi, ne vous fiez à personne pour qu'il vous instruise ou exerce un ministère parmi vous, si ce n'est un homme de Dieu, marchant dans ses voies et gardant ses commandements. »

J'espère que, dans tout Israël, dans les foyers, dans les institutions et dans les quorums de la prêtrise, nous ne serons jamais accusés de détruire la foi dans la vie et dans le cœur de nos garçons et de nos filles.

Que Dieu vous bénisse, je le prie, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursLeGrand Richards, « Un accroissement de la foi est nécessaire », Conférence générale d'octobre 1939, Session du matin du premier jour (1939-10-06). Pulpit Vault, 1939-10-legrand-richards-an-increase-of-faith-needed. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).