Une organisation remarquable
Legrand Richards
Mes frères et sœurs : Pendant nombre d'années, j'ai eu le privilège de me présenter devant vous, lors de ces réunions de conférence, en tant que président de mission de l'Église. Dans cet appel, et dans l'accomplissement des devoirs et obligations qui s'y rattachaient, j'ai trouvé une joie extrême. J'aime l'œuvre missionnaire de l'Église et le privilège qu'elle offre de rendre témoignage du Rétablissement de l'Évangile, et de la mission divine du prophète Joseph Smith, et des accomplissements de cette grande organisation. ¶
Il y a un an, j'étais soutenu comme évêque président de l'Église ; et les devoirs et responsabilités de cette charge, durant l'année écoulée, m'ont aussi apporté une grande joie et la preuve que, dans chaque branche de l'œuvre, l'inspiration et la révélation du Seigneur guident et dirigent les destinées de cette Église. ¶
Le principe du don
Dans cette charge, mes devoirs sont plus ou moins temporels, et j'y trouve satisfaction. Je voudrais attirer votre attention sur un principe que les saints des derniers jours ont appris à comprendre. Ils ont appris à connaître le sens du mot « donner ». Nous donnons de notre temps ; nous donnons de nos talents ; nous donnons de nos biens. Nos pères et mères donnent leurs garçons et leurs filles au service missionnaire de l'Église, et les épouses donnent leurs maris. Comme je l'ai souvent dit dans le champ de mission, si l'on cherche une religion facile, mieux vaut ne pas s'embarrasser du mormonisme. La plupart d'entre nous savons que nous sommes à l'appel de l'Église en tout temps. En fait, mon épouse a toujours dit que les enfants lui appartiennent, et que moi, j'appartiens à l'Église ; et je présume qu'il y a ici bien des frères, et des sœurs aussi, qui ressentent la même chose. ¶
Nous connaissons l'histoire des saints ; nous connaissons les grands sacrifices qui ont été faits. Ceux d'entre nous qui ont accompli des missions en pays étrangers ont vu les saints laisser derrière eux tout ce qui leur était cher. Nous connaissons l'histoire des pionniers, lorsqu'ils laissèrent leurs foyers derrière eux et vinrent dans ces vallées des montagnes. ¶
Durant l'année écoulée, en voyageant à travers l'Église, mon cœur a été ému par la foi des saints des derniers jours. Il semblait ne faire aucune différence qu'ils aient à parcourir dix milles, cent milles, ou deux cents milles, ils étaient toujours là quand l'appel venait. Ils ne demandent pas de rémunération ; ils ne demandent pas de remboursement de frais. Ils savent qu'ils doivent porter le fardeau de leurs jeunes missionnaires et missionnaires, et de leurs dépenses. Ils ont appris à donner, et tandis que j'étudie les Écritures et que je lis les paroles des prophètes et du Maître lui-même, il me semble que la chose par-dessus toutes les autres, dans l'Évangile de Jésus-Christ, est que les hommes doivent être disposés à donner tout ce qu'ils ont. ¶
L'Évangile exige le service
Il nous est commandé d'aimer Dieu par-dessus toute autre chose, et notre prochain comme nous-mêmes. Un homme de bien, venu trouver le Maître, dit : « Seigneur, je te suivrai partout où tu iras. » Comme s'il voulait dire à toutes les générations à venir : « Si vous me suivez, n'attendez aucune rémunération », il répondit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas un endroit où reposer sa tête. » ¶
Et à un autre il dit : « Suis-moi. » Mais celui-ci dit : « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. » Il y a bien peu d'obligations dans la vie plus importantes que d'enterrer son père, mais le Seigneur voulait faire comprendre à ses serviteurs l'importance d'un appel venu de lui, et il dit donc : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; et toi, va annoncer le royaume de Dieu. » ¶
Jeudi. 6 avril Premier jour ¶
Et un autre dit : « Seigneur, je te suivrai, mais permets-moi d'aller d'abord prendre congé de ceux qui sont chez moi. » Jésus répondit : « Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière ne convient pas au royaume de Dieu. » Il attend un service véritable mais n'offre aucune rémunération pécuniaire. ¶
Puis il envoya les Soixante-dix. Il ne leur donna rien, mais il leur donna de sa puissance, et dit : « Celui qui vous écoute m'écoute ; et celui qui vous rejette me rejette. » Et ils revinrent avec joie, disant : « Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. » ¶
Parlant encore du service, il dit : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi ; et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. Et celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi. Celui qui trouve sa vie la perdra ; et celui qui perd sa vie à cause de moi la retrouvera. » ¶
Davantage que le service est exigé
En plus de nous donner nous-mêmes, et de donner nos services, le Seigneur nous a demandé de donner de nos biens et de nos ressources. Nous avons dans l'Église des hommes qui donnent de leur temps, qui iront quand on leur demandera de prêcher, qui accompliront un devoir public, mais il leur est difficile d'accomplir le petit devoir vu en secret par eux et par Dieu seul, et par leurs officiers dirigeants. C'est pourquoi il nous est demandé de contribuer nos dîmes et nos offrandes, non seulement parce que l'Église a besoin d'argent pour se bâtir elle-même, car avant même qu'il y ait une organisation de l'Église, Dieu introduisit le principe du sacrifice afin que ses serviteurs et ses enfants puissent être éprouvés, afin qu'ils apportent le meilleur de leurs terres et de leurs troupeaux ; et, parce que l'Église n'avait pas besoin de ces choses, et qu'il n'y avait pas de pauvres à nourrir, elles étaient brûlées sur l'autel du sacrifice ; mais le don sanctifiait les âmes de ceux qui donnaient. ¶
Le Seigneur, semble-t-il, a compris que certains hommes peuvent donner un service plus facilement que de l'argent ou des biens. Nous avons la leçon du jeune homme riche qui vint trouver le Maître, lui demandant ce qu'il devait faire pour hériter la vie éternelle. Il lui fut dit qu'il devait « garder les commandements », à quoi il répondit : « J'ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse, que me manque-t-il encore ? » Il nous est dit, dans le récit de Marc : « Jésus, l'ayant regardé, l'aima. » Il l'aima pour les bonnes choses qu'il avait faites, et chercha à lui montrer le chemin de la perfection, et lui répondit donc : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens et suis-moi. » Mais le jeune homme s'en alla tout triste, « car il avait de grands biens ». ¶
Le prophète Malachie déclara que, dans les derniers jours, le Seigneur enverrait son messager pour préparer le chemin devant lui, et il fit appel à Israël — et j'interprète cela comme désignant l'Israël des derniers jours — pour qu'il revienne à lui, et il promit qu'il reviendrait à eux ; et ils dirent : « En quoi devons-nous revenir à toi ? » Et il dit : « Dans vos dîmes et vos offrandes, * * * * car vous m'avez trompé, la nation tout entière. Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu'il y ait de la nourriture dans ma maison. » ¶
Et je veux vous dire, mes frères et sœurs, que nous avons besoin des dîmes des saints afin que le royaume puisse avancer, car il sera bâti aussi rapidement que la foi des saints pourra le bâtir, et il est retardé là où la foi fait défaut. ¶
Les promesses du Seigneur
Et ainsi le Seigneur a entrepris de promettre à ceux qui apporteraient leurs dîmes et leurs offrandes ensemble, qu'il réprimanderait pour eux le dévorateur, et qu'un livre de souvenir serait écrit devant lui pour ceux qui craignaient le Seigneur : « Ils seront à moi, dit l'Éternel des armées, ils m'appartiendront, au jour que je prépare. * * * * Alors vous verrez de nouveau la différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas. » ¶
Or, en tant que membre de l'Épiscopat président, je sens que la maison du trésor du Seigneur devrait être renouvelée. Nous avons entendu le rapport aujourd'hui. Beaucoup a été accompli ; la foi des saints ne fait pas défaut, car nos recettes ont été égales à celles de n'importe quelle année passée ; mais il y en a encore beaucoup qui manquent de la foi nécessaire pour faire leur part dans l'avancement du royaume de Dieu sur la terre. ¶
L'emploi devrait être assuré
Dans notre bureau, nous sommes en contact avec bon nombre de nos frères qui sont sans emploi. Certains d'entre eux sont des hommes de choix de l'Église, des hommes qui ont travaillé avec diligence et consenti de grands sacrifices, qui ont envoyé leurs garçons et leurs filles en mission, et mon âme a été émue de compassion. Je crois que si mon plus grand désir devait s'accomplir, ce serait de pouvoir procurer un emploi à tous ces excellents hommes, serviteurs dignes de Dieu. Nous pouvons contribuer à les nourrir et à les vêtir, et nous le ferons ; mais nous devons aussi, en tant qu'évêques, officiers de collège et directeurs du travail de paroisse, mettre tout en œuvre pour leur procurer un emploi. À cet égard, je remercie le Seigneur pour ce grand Programme d'entraide de l'Église, qui apporte une aide si remarquable. Mais je crois que nous devrions, en tant qu'évêques et officiers de collège, avoir un peu plus d'égard à nous asseoir avec nos frères pour étudier leurs besoins et voir s'il n'y a pas suffisamment de génie parmi les dirigeants des paroisses, des pieux et des collèges de la prêtrise pour être en mesure de procurer des activités à ces excellents hommes. ¶
Or, le Maître nous dit que lorsqu'il viendra dans sa gloire, et tous les saints anges avec lui, et que devant lui seront rassemblées toutes les nations, alors, comme le berger sépare ses brebis d'avec les boucs, il les séparera les unes des autres, et à ceux qui seront à sa droite il dira : « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger et vous m'avez recueilli ; j'étais nu et vous m'avez vêtu ; j'étais malade et vous m'avez visité ; j'étais en prison et vous êtes venus vers moi. » ¶
Alors les justes lui répondront, disant : « Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim et t'avons-nous donné à manger, ou avoir soif et t'avons-nous donné à boire ? Quand t'avons-nous vu étranger et t'avons-nous recueilli, ou nu et t'avons-nous vêtu ? Ou quand t'avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi ? » ¶
Alors il leur dira : « Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites. » ¶
En terminant, permettez-moi de vous dire, mes frères et sœurs, que je pense que c'est une chose grandiose et glorieuse que le Seigneur ait rétabli son Église, qui, si efficacement, et sans frais d'administration, est capable de faire tant pour prendre soin des malheureux parmi ses membres. Je sens que les évêques et les présidents de pieu, et ceux qui président avec eux dans les paroisses et les pieux de Sion, devraient prendre conscience de la grande responsabilité qui est la leur et ne devraient pas la considérer à la légère, mais devraient faire tout ce qu'ils peuvent pour prendre soin de leurs frères. ¶
Que Dieu accorde que son Esprit, son inspiration et sa révélation puissent toujours guider les destinées de cette Église. De tous les hommes qui sont des exemples pour l'Église dans cet esprit de don, notre digne président en est un. Je me souviens, comme beaucoup d'entre vous, que lorsqu'il fut soutenu comme président de l'Église, il dit qu'il ne demanderait jamais à quiconque de donner davantage, en proportion de sa capacité de donner, qu'il ne le ferait lui-même, ni d'être plus fidèle à observer les commandements du Seigneur que lui ; et nous l'aimons tous pour son noble exemple. ¶
Que Dieu bénisse les saints des derniers jours, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶