Pulpit

La Guerre mondiale a apporté l'espoir

Melvin J. Ballard

Conférence générale d'octobre 1938·Session du matin du troisième jour·1938-10-09

Il y a vingt et un ans, nos pères, nos frères et nos fils s'enrôlaient dans la grande lutte de la Guerre mondiale ; ils répondaient à l'appel selon lequel nous allions rendre le monde sûr pour la démocratie, et nous étions amenés à espérer et à croire que ce serait la dernière grande guerre, la guerre qui mettrait fin à la guerre.

Quand la guerre fut terminée, nous avons vu nation après nation abandonner leurs formes de gouvernement monarchiques et devenir des républiques, à l'image de cette nation, et nos cœurs étaient remplis de joie à la perspective qu'enfin la démocratie et la paix allaient régner.

Un retour rapide à des conditions pires

Depuis lors, nous avons été profondément troublés de voir nation après nation abandonner sa démocratie et revenir à une condition que certains d'entre nous jugent pire que la condition sous les tsars, les kaisers et les souverains, vers une dictature. Aujourd'hui, nous voyons les nations de la terre dépenser plus d'argent qu'à toute autre époque de leur histoire pour construire, sur mer et sur terre, du matériel en vue de guerres futures. C'est un triste tableau, et pourtant je suppose que notre souhait était le père de notre pensée, et nous avions espéré voir la fin de la lutte et des dissensions dans ce monde.

L'Évangile seul peut apporter la paix

Mais le Seigneur savait qu'il ne pouvait y avoir de paix que selon certains principes ; la paix ne pouvait venir par des traités remplis de haine, de malice, de cupidité et d'égoïsme. La paix ne pouvait venir par la puissance des armées, elle ne peut venir que d'une seule manière. Il a offert cette voie au monde il y a cent ans, et plus de soixante mille missionnaires de l'Église ont porté ce message aux nations de la terre, leur offrant la paix par l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, qui produit une véritable et authentique fraternité.

Le Seigneur savait qu'il n'y aurait qu'un petit nombre à accepter ce message. La majorité le rejetterait. Il a préparé pour ce petit nombre un refuge de paix ; mais en ce qui concerne le monde, il a dit — (je lis la 1ère section de Doctrine et Alliances) :

Et de plus, en vérité, je vous le dis, ô habitants de la terre : Moi, le Seigneur, je suis disposé à faire connaître cela à toute chair ;

car je ne fais pas acception de personnes, et je veux que tous les hommes sachent que le jour vient rapidement ; l'heure où la paix sera enlevée de la terre et où le diable aura pouvoir sur ses possessions n'est pas encore arrivée, mais elle est proche.

Le Seigneur aura, lui aussi, pouvoir sur ses saints, et il règnera au milieu d'eux.

La paix enlevée de la terre, et le diable ayant pouvoir sur ses possessions. Au cours de ces cent dernières années, ou depuis que ces paroles ont été prononcées, il est venu dans le monde plus de lumière et de connaissance dans le domaine de la science, par le laboratoire et par d'autres moyens, que dans tous les âges qui l'ont précédée, et si tout cela était employé pour soulager la souffrance humaine, la paix et la prospérité pourraient régner ici-bas, et la pauvreté pourrait être abolie.

Mais quand nous voyons les hommes et les nations dépenser leurs richesses à utiliser le moteur à explosion, le laboratoire, l'avion, comme moyens de destruction humaine, certes le diable s'est emparé des bénédictions et des privilèges que le Tout-Puissant avait voulu employer pour amener la paix, et il les emploie à détruire ce sur quoi il perdra bientôt le droit de régner. Si le diable n'est pas présent dans ce genre de guerre qui se déroule dans les tranchées de première ligne, qui fond sur les pauvres femmes et enfants sans défense, laisse tomber ses bombes meurtrières et les assassine, alors je ne connais rien qui se soit jamais produit dans ce monde qui ressemble autant à l'œuvre du diable que cela. Il règne au milieu des hommes.

Mais ce n'est pas un tableau dont nous devons nous décourager. L'espoir n'est que différé, car les promesses se réaliseront.

Les périls pour notre pays viendront de l'intérieur

Je lis encore un autre avertissement, tiré cette fois de la 45e section du livre de Doctrine et Alliances, où le Seigneur a dit, au sujet de cette nation, ou de ce pays d'Amérique (je lis les versets 68 et 69) :

Et il arrivera chez les méchants que tout homme qui ne voudra pas prendre l'épée contre son voisin devra nécessairement fuir en Sion pour se mettre en sécurité.

Des hommes de toutes les nations sous le ciel s'y rassembleront, et ce sera le seul peuple qui ne sera pas en guerre.

Rendons grâce au Seigneur pour cette promesse. Je ne crains aucun ennemi étranger venant troubler cette nation. Nos périls viendront tous de l'intérieur. Il est vrai que le prophète a vu la Constitution suspendue comme par un fil, mais, grâce au Seigneur, il n'a jamais vu ce fil se rompre. Il a vu ce peuple jouer un rôle marquant, faisant contrepoids aux autres pour la préserver. Car, après tout, il est destiné, selon la parole du Seigneur, à devenir le sauveur et la bénédiction de toute chair, et non seulement des peuples des États-Unis. Et après avoir fait l'expérience des dictatures et d'autres méthodes, les nations, ayant enfin tiré la leçon et s'y étant préparées, seront disposées à recevoir l'offrande du Seigneur, après avoir beaucoup souffert.

Elles auraient pu s'épargner tout cela, car si toutes les nations de la terre avaient reçu le message de l'Évangile, comme l'ont fait vos pères venus de ces nations étrangères, y aurait-il la paix dans le monde ? Oui. Si l'esprit qui est dans le cœur de vous, Allemands, vous, Scandinaves, vous, Anglais, vous, Écossais, qui êtes dans cette Église, était dans le cœur de tous vos compatriotes vivant aujourd'hui dans ces pays étrangers, la guerre ne pourrait exister. Il y aurait la fraternité et il y aurait la paix.

Je dis donc que je ne suis troublé que par les problèmes qui pourraient surgir ici, chez nous. Vous, étudiants de l'histoire, savez bien que les circonstances défavorables, la pauvreté, le besoin, le chômage et la dépréciation de la valeur de la monnaie des diverses nations européennes ont jeté les bases des dictatures ; des dictateurs inconnus se sont levés, offrant une sécurité contre le besoin, contre la pauvreté, contre le manque, et, comme des hommes qui se noient et s'accrochent à une paille, les nations de la terre ont accepté cette offre, et vendu leurs libertés contre du pain.

Ce n'est pas là l'esprit de l'un des fondateurs de cette république, qui disait : « Donnez-moi la liberté ou donnez-moi la mort. » La liberté, l'une des choses les plus précieuses, doit être préservée. J'ai dit en bien des endroits à nos frères et sœurs Saints des derniers jours convertis venus de l'étranger : « Je ne peux pas vous en vouloir d'être fiers de vos origines anglaises, écossaises ou allemandes, mais lorsque vous vous êtes joints à cette Église et que vous êtes venus en Amérique, vous auriez dû dire adieu à tout cela, et ce n'est pas à moi de glorifier les dictateurs qui règnent aujourd'hui, quelle que soit la valeur que je puisse attribuer à leurs services envers la nation dont je suis originaire ; ce n'est pas à moi de les glorifier, mais de devenir loyal envers le gouvernement de la nation dans laquelle je vis. » J'espère que nous ne trouverons aucun membre Saint des derniers jours en train de glorifier les conditions qui règnent dans leurs foyers du Vieux Monde.

Promesses faites par le Seigneur au sujet de Sion

Le Seigneur a encore dit, dans la 115e section du livre de Doctrine et Alliances, qu'il avait pourvu à la sécurité des membres de l'Église, même dans ce pays. Je lis ce qui suit :

Et que le rassemblement au pays de Sion et dans ses pieux soit pour la défense, le refuge contre la tempête, et contre la colère lorsqu'elle sera déversée sans mélange sur toute la terre.

Voici le lieu de refuge — l'Amérique. Quand j'ai lu, la semaine dernière, le récit des gens quittant Londres et Paris pour se rendre dans les campagnes, creusant des tranchées sur leurs pelouses, des chambres à gaz étant construites dans chaque foyer, chacun se préparant à revêtir soudainement un masque à gaz, comme si en quelques heures ces villes pouvaient être englouties dans un terrible raid comme la guerre moderne en réserve, je me suis dit : « Rendons grâce à Dieu pour les océans Atlantique et Pacifique qui nous séparent (du moins du danger immédiat) de ces périls. » Il n'y a nulle part sur la terre un lieu aussi sûr que ces États-Unis, et c'est le devoir de chaque Saint des derniers jours d'être loyal envers ce gouvernement.

C'est pourquoi l'Église entreprend ce programme d'entraide, afin de libérer du dos du Gouvernement, et du dos de l'État, tous ceux qui peuvent tenir debout par leurs propres moyens. Beaucoup d'entre vous, personnes âgées, pourraient se sentir quelque peu offensées qu'on vous demande si vous pouvez subvenir à vos propres besoins sans devenir un fardeau pour l'État ou la Nation, car nous pouvons nous reposer sur notre Gouvernement au point de compromettre son crédit et de produire les conditions mêmes qui entraîneraient les mêmes révolutions et les mêmes troubles qui engloutissent le Vieux Monde. Que Dieu nous bénisse afin que nous n'en arrivions pas là, et que les Saints des derniers jours montrent la voie !

Il y a un autre message que l'on trouve dans la 103e section du livre de Doctrine et Alliances, qui fut donné à l'heure la plus sombre de l'Église, à un moment où les Saints avaient été chassés du Missouri. Ils étaient dans une détresse extrême, beaucoup s'étaient détournés, et alors le Seigneur dit :

Mais en vérité, je vous dis que j'ai lancé un décret que mon peuple réalisera —

Quelle merveilleuse promesse ! Elle est entièrement conditionnelle. Je veux attirer votre attention sur les conditions :

J'ai lancé un décret que mon peuple réalisera, s'il écoute dès cet instant les instructions que moi, le Seigneur, leur Dieu, je vais leur donner.

Voici, ils vont commencer, dès cet instant, car je l'ai décrété, à vaincre mes ennemis.

Et en veillant à observer toutes les paroles que moi, le Seigneur, leur Dieu, je leur dirai, ils ne cesseront jamais de vaincre, jusqu'à ce que les royaumes du monde soient soumis sous mes pieds, et que la terre soit donnée aux saints pour qu'ils la possèdent pour toujours et à jamais.

Le plan du Seigneur doit être suivi

Nous devons nous conformer à ces conditions ; nous devons nous en tenir aux appels qui ont été lancés durant cette conférence ; nous devons nous en tenir à la parole du Seigneur telle qu'elle a été donnée à ce peuple, à observer et à garder les commandements, à garder la Parole de Sagesse. Vous, jeunes gens, nous ne vous demandons pas de renoncer à votre tabac, à votre alcool et à vos autres mauvaises pratiques, à l'immoralité, simplement pour vous punir ou pour vous refuser ce que vous pensez être des privilèges auxquels vous avez droit. Nous voyons votre destinée, mais nous savons que vous ne pouvez avancer vers cette destinée, pour porter l'œuvre du Tout-Puissant jusqu'à la victoire triomphante sur les nations de la terre, à moins que vous ne vous en teniez au plan du Seigneur. Si vous y souscrivez, si vous payez vos dîmes et vos offrandes, si vous vous en tenez à la Parole de Sagesse, si vous restez loyaux et fidèles envers cette Église, il n'y a aucune puissance sur la terre ni dans l'enfer qui puisse empêcher ce peuple de marcher vers sa glorieuse destinée, d'être la lumière du monde, et de finalement gagner le monde au Christ.

Quand ce jour viendra — car ce n'est que par lui que la paix peut venir — alors les épées seront transformées en socs de charrue, et les lances en serpes. Que Dieu nous aide à prendre conscience de notre immense responsabilité, non seulement envers nous-mêmes et l'Église, mais envers le monde entier, et envers le royaume du Rédempteur, qui triomphera sur la terre. Que Dieu hâte ce jour glorieux, je le prie, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Émission du Chœur et de l'Orgue du Tabernacle

Pendant la période de 10 h 30 à 11 h 00, le programme suivant de musique chorale et d'orgue a été présenté par le Chœur et l'Orgue du Tabernacle dans le cadre des travaux de la Conférence générale, et a été diffusé par radio dans tous les États-Unis et le Canada, grâce à l'obligeance du Columbia Broadcasting System, à partir de la station KSL, Salt Lake City :

« Listen to the Lamb » (Nathaniel Dett) Chœur

« Erotik » (Grieg) Orgue

« A Mighty Fortress is our God » (Luther) Chœur

« Deep River » (arrangement de l'organiste) Orgue

« Behold the Great Redeemer Die » (Careless) Chœur

Sélections d'hymnes Orgue

« And the Glory of the Lord » Chœur

Le chœur était dirigé par J. Spencer Cornwall. Les accompagnements à l'orgue et le solo d'orgue ont été joués par Frank W. Asper.

Émission de l'Église des ondes

Immédiatement après l'émission du Chœur et de l'Orgue du Tabernacle, le programme suivant a été présenté dans le cadre de la série « Church of the Air » du Columbia Broadcasting System :

Le Chœur du Tabernacle et l'assemblée se sont joints pour chanter l'hymne « High on the Mountain Top ».

Les voix masculines du Chœur ont chanté l'hymne « The Morning Breaks, The Shadows Flee ».

Citer ce discoursMelvin J. Ballard, « La Guerre mondiale a apporté l'espoir », Conférence générale d'octobre 1938, Session du matin du troisième jour (1938-10-09). Pulpit Vault, 1938-10-melvin-j-ballard-world-war-brought-hope. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).