La vraie éducation
Levi Edgar Young
Mon esprit et mon cœur sont remplis des nombreuses pensées saintes qui ont été exprimées aux réunions de cette conférence. Je suis toujours reconnaissant lorsque j'ai l'occasion d'écouter la parole de Dieu telle qu'exprimée par ses serviteurs. ¶
Un passage des Écritures, familier à chacun ici présent, est celui que l'on trouve dans le livre de Jacques du Nouveau Testament. On y lit : ¶
Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu'il la demande avec foi, sans douter. ¶
Ce sont là les mots qui eurent une si grande influence sur la vie du prophète Joseph Smith, et c'est en les lisant qu'il se rendit dans les bois et pria pour obtenir la sagesse et la compréhension, et Dieu lui répondit par sa présence même. ¶
Il y a quelques jours, nous avons reçu à l'université un visiteur très distingué — Sir Herbert Ames. Versé comme il l'est dans les affaires du monde, ce n'est que récemment qu'il eut un entretien personnel avec le célèbre dictateur d'Allemagne, Adolph Hitler. Dans une conférence donnée devant les étudiants de l'université, il prit pour sujet : « La situation actuelle en Allemagne. » Le tableau qu'il traça de l'Allemagne et de la jeunesse de ce pays n'avait rien d'encourageant. Il nous dit que tous les garçons de plus de douze ans sont soumis chaque jour à un entraînement rigoureux, et vêtus de chemises noires, l'uniforme prescrit pour la jeunesse par le gouvernement hitlérien. Dans les écoles publiques, on leur apprend à faire le salut nazi. Lorsque les garçons atteignent dix-huit ans, ils sont prêts à apprendre la tactique militaire de leur pays. Chaque garçon reçoit alors un fusil, et jusqu'à l'âge de trente-cinq ans, l'entraînement quotidien lui enseigne la science de la guerre. De cette manière, le mot d'ordre de l'ancien chef militaire Bismarck reste vivant, à savoir : « La force prime le droit. » La jeunesse allemande se tourne vers l'esprit de guerre comme jamais auparavant. Au cours des cent dernières années, l'Europe a été plongée dans la guerre. Elle a été littéralement « baignée de sang ». Aujourd'hui, chaque nation européenne se prépare à la guerre, à l'exception des petites nations comme la Hollande et la Scandinavie. ¶
Une question réfléchie fut posée au savant distingué par un étudiant en sciences politiques. C'était celle-ci : « Que pouvons-nous faire pour contrebalancer l'état d'esprit militariste des Européens d'aujourd'hui ? » C'était une question pertinente, et intéressante. N'avons-nous pas hérité de l'esprit de guerre de nos ancêtres, qui partaient au combat pour protéger leurs foyers, puis pour conquérir ? Il semble que l'homme moderne hérite de toute la combativité innée et de tout l'amour de la gloire de ses ancêtres. Aujourd'hui, les horreurs de la guerre deviennent une fascination pour l'homme. La guerre est « la vie forte », nous dit-on, et « les impôts de guerre sont les seuls que nous ne rechignons pas à payer ». ¶
Nos idéaux ici, en Amérique, sont bien éloignés des idéaux de conquête et de pillage. L'idéal de la liberté civique américaine a toujours retenu le gouvernement de faire la guerre par conquête. Le gouvernement des États-Unis n'est jamais entré en guerre, sauf pour protéger ses idéaux et son peuple. ¶
Je ne parle pas en pacifiste. Les saints des derniers jours ne sont pas pacifistes au sens où ce terme est compris aujourd'hui. Par le passé, notre peuple a protégé le drapeau de son pays, et nos ancêtres ont pris part à la Révolution américaine, qui aboutit à la rédaction de la Constitution des États-Unis. On trouvera toujours les saints des derniers jours à protéger la Constitution de ce gouvernement. ¶
Qu'est-ce qui contrebalancera la guerre ? Que deviendra l'équivalent religieux de la guerre ? Comme je l'ai dit, nous avons hérité du type guerrier. Nos ancêtres ont fait naître la combativité dans nos os et notre moelle. Que l'opinion publique vote pour la guerre, rien ne pourra arrêter ni empêcher notre entrée en guerre. Je crois que les saints des derniers jours possèdent l'équivalent moral et religieux de la guerre. Si le célèbre conférencier et homme d'État britannique assistait à notre réunion de Prêtrise ce soir, qui doit se tenir dans ce vieux bâtiment célèbre, il trouverait dix mille hommes disciplinés pour la paix — disciplinés dans les principes de la loi et de la justice, dans l'amour de tous les peuples et dans la paix pour toute l'humanité. Et si tous les frères de la Prêtrise se rassemblaient ici, on en compterait aisément dix fois dix mille, animés des mêmes rêves et des mêmes idéaux. Ces hommes ne sont pas disciplinés pour la guerre, mais pour la paix, pour l'amour de l'humanité et de Dieu. Quel plus beau noyau pourrait-on trouver pour l'équivalent moral et religieux de la guerre ? Cela montre que le caractère martial peut être façonné sans la guerre. Ce qu'il faut donc, c'est que nous enflammions le tempérament civique, comme par le passé les nations ont enflammé le tempérament militaire. Si un étranger voyait la Prêtrise rassemblée ce soir, il serait convaincu que ce corps organisé d'hommes se voue à l'idéal des activités les plus pacifiques, à savoir le service de Dieu. ¶
La seule chose qui puisse alors vaincre la guerre et apporter la paix, c'est l'homme lui-même — l'homme au sein du groupe social et religieux, se disciplinant dans les voies du Seigneur, disciplinant sa pensée, purifiant son cœur, et s'unissant dans un grand plan de la Prêtrise de Dieu. Ce sera là l'équivalent moral et religieux de la guerre. ¶
Le distingué homme d'État anglais a dit : « Le peuple qui se prépare à la guerre a un cri de bataille. » Eh bien, nous avons nous aussi un cri de bataille. Ce cri est contenu dans ces mots : « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu. » Toute âme a le droit de demander la sagesse. Et pourtant il y a des centaines de « cris de bataille » pour la paix qui pourraient être entendus. Puis-je en proposer un autre ? Dans quelques jours, le jour de Pâques sera célébré dans toute la chrétienté. Quels mots plus nobles pourrait-on choisir pour la régénération de l'homme et sa purification que les mots de saint Marc dans sa description de la résurrection de Jésus-Christ notre Seigneur ? ¶
Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates afin d'aller embaumer Jésus. ¶
Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au tombeau de grand matin, comme le soleil venait de se lever. ¶
Elles disaient entre elles : Qui nous roulera la pierre qui ferme l'entrée du tombeau ? ¶
Et, levant les yeux, elles aperçurent que la pierre, qui était très grande, avait été roulée. ¶
Elles entrèrent dans le tombeau, virent un jeune homme assis à droite, vêtu d'une robe blanche, et elles furent saisies de frayeur. ¶
Il leur dit : Ne soyez pas effrayées ; vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié ; il est ressuscité, il n'est pas ici ; voici l'endroit où on l'avait mis. ¶
Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en Galilée : c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit. ¶
La guerre est une chose mauvaise, et la seule façon de combattre le mal est d'adopter quelque plan divin de campagne, celui qui nous est donné dans la religion de Jésus-Christ notre Seigneur. Vaincre le mal par le bien. Voilà le secret du combat contre l'injustice. Le mal est puissant parce qu'il tient le cœur des hommes sous son emprise. ¶
La Prêtrise de Dieu est l'équivalent religieux et moral de la guerre, et nous prions tous dans notre cœur que ce mouvement grandisse jusqu'à remplir le cœur de tous les peuples de la terre, car il sera la force d'une paix durable. Lorsque cette condition se réalisera, elle changera tout. Je peux voir un jour la joie des femmes et des petits enfants, je peux voir des cités et de grands espaces remplis de bonheur, lorsque la guerre aura cessé et que le royaume de Dieu aura été établi parmi les hommes. ¶
C'est le temps de Pâques. Ne pourrions-nous pas remplir notre esprit et notre cœur des pensées les plus saintes d'action de grâces et d'amour pour toute l'humanité ? La paix de notre Sauveur ressuscité ne pourrait-elle pas remplir le monde entier de sa lumière ? Nous qui travaillons pour des idéaux qui rendent la vie triomphante avons les ressources de Dieu de notre côté, et dans cette confiance, il est possible que les voies de Dieu triomphent. Nous devons travailler et prier sans cesse pour que son royaume soit établi sur toute la terre. C'est l'illumination venue d'en haut qui éveillera l'humanité à sa valeur et à sa puissance divines. La lumière se répand peut-être lentement, mais elle est destinée à atteindre le cœur de tous les peuples. Si quelqu'un d'entre nous manque de sagesse, demandons-la à Dieu. Nous recevrons la réponse divine. Que le Seigneur nous bénisse tous, je le demande en son nom. Amen. ¶