Pulpit

Rapport du voyage en Europe

Heber J. Grant

Conférence générale d'octobre 1937·Session du matin du premier jour·1937-10-01

C'est pour moi une source de grand plaisir que d'avoir l'occasion de retrouver les saints réunis de nouveau en Conférence générale.

RAPPORT DU VOYAGE EN EUROPE

Comme vous le savez tous, depuis notre dernière Conférence, il m'est échu de visiter presque toutes nos missions en Europe. Nous avons passé un moment très agréable. Les statistiques ne sont jamais intéressantes, mais je pense qu'il est juste de vous donner quelques renseignements concernant notre voyage.

Nous avons quitté Salt Lake City le dimanche 13 juin 1937, et nous avons appareillé de Québec le 16. Notre groupe, composé de Hugh B. Brown, Joseph Anderson et moi-même, est arrivé à Cherbourg, en France, le 23 juin, où nous avons été accueillis par le président Richard R. Lyman de la Mission européenne, et le président O. F. Ursenbach de la Mission française. Nous sommes allés directement à Paris, où j'ai prononcé un discours devant l'American Club de cette ville. Ce discours a été très bien accueilli et la presque totalité en a été publiée dans l'édition parisienne du New York Herald.

Après notre séjour à Paris, nous sommes allés à Liège, en Belgique, qui fait partie de la Mission française, où nous avons visité trois écoles du dimanche, et où nous avons également tenu une réunion à Herstal, près de Liège, où j'ai consacré un nouveau bâtiment ; et le soir, nous avons tenu une réunion à Liège. L'assistance à chacune de ces réunions a été vraiment très bonne ; en fait, à presque chaque réunion que nous avons tenue, l'assistance a dépassé ce que nous en attendions, et à plus d'une occasion, plus de la moitié des personnes présentes dans notre auditoire n'étaient pas membres de l'Église.

DES RÉUNIONS PROFITABLES EN SUISSE

Nous avons tenu une réunion à Genève, en Suisse, le 30 juin, une autre le 1er juillet à Neuchâtel, en Suisse. Les branches en tous ces lieux, c'est-à-dire à Liège, à Genève et à Neuchâtel, font partie de la Mission française. De Neuchâtel, le président Ursenbach est retourné au siège de Liège, et le président Philemon M. Kelly de la Mission suisse-allemande a rejoint notre groupe à Neuchâtel, et nous a accompagnés à travers la Mission suisse-allemande.

Nous avons tenu une réunion à Berne, où l'assistance a été nombreuse, plus de 400 personnes si je m'en souviens bien. Le lendemain, une brève réunion a été tenue à Interlaken, alors que nous traversions cette ville pour faire un trajet par le chemin de fer à crémaillère afin de voir les merveilleuses Alpes. Jamais auparavant je n'avais pu obtenir une vue aussi magnifique des Alpes qu'en cette occasion. Les nuages se sont dissipés juste avant que nous n'atteignions le point le plus élevé de la ligne, et nous avons pu voir cinq ou six de ces grandes montagnes imposantes, couvertes de neige. Lorsque nous avons fait le trajet de retour, les nuages couvraient les sommets des montagnes, de sorte que nous n'avons pu les voir. Nous avons été très reconnaissants pour ce spectacle merveilleux et magnifique, second seulement, bien sûr, au Grand Canyon du Colorado.

Le 4 juillet, des réunions ont été tenues le matin et l'après-midi à Bâle. Trois ou quatre cents personnes ont assisté à chacune de ces réunions. Le mardi 6 juillet, nous avons tenu une réunion à Zurich, en Suisse, et il y avait là aussi plus de 400 personnes, si je m'en souviens bien, à ce service.

UN ACCUEIL CORDIAL EN TCHÉCOSLOVAQUIE

Des offices ont été tenus à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne, et plus de 900 personnes assistaient à cette réunion. Ce fut la dernière réunion que nous avons tenue dans la Mission suisse-allemande. De Francfort, nous sommes allés à Prague, en Tchécoslovaquie, en passant par Nuremberg, où nous avons été accueillis par le président Wallace F. Toronto, et nous avons tenu une réunion avec les saints et les amis à Prague. La salle dans laquelle nous avons tenu la réunion était bondée, et de nombreuses personnes sont restées debout pendant toute la séance. Pendant notre séjour à Prague, nous avons visité les bâtiments qui ont été érigés dans cette ville au bénéfice des enfants déficients mentaux, des personnes sous-alimentées et des personnes âgées, et ce fut la plus merveilleuse démonstration de beaux bâtiments modernes et de travail efficace en matière de soins aux malheureux qu'il m'ait été donné le privilège de visiter. La dame responsable a passé trois ou quatre heures avec nous à visiter tous les lieux d'intérêt qui s'y trouvaient. Ces maisons portent le nom du premier président de la République, M. Masaryk. Nous avons été reçus de façon très cordiale par les responsables de la République, qui ont exprimé leurs regrets que le président de la République soit absent, ainsi que le président Masaryk, le fondateur de la République à l'issue de la grande Guerre mondiale, qui était absent lui aussi.

LA LIBERTÉ EN ALLEMAGNE

Le jour suivant, le 10 juillet, en compagnie du président Toronto et de son épouse, nous sommes partis pour Dresde, en Allemagne, où nous avons tenu une belle réunion, avec plus de 600 personnes présentes. C'est là que nous avons rencontré l'ancien Roy A. Welker, président de la Mission germano-autrichienne, qui, du reste, a accompli une mission des plus satisfaisantes, succédant à la présidence des plus réussies de l'ancien Oliver H. Budge, de Cache Valley.

Le 14 juillet, nous avons tenu une réunion à Breslau, et de Breslau nous sommes allés à Berlin, dans quelle dernière ville nous avons visité trois écoles du dimanche, et où nous avons tenu, le soir, une réunion dans un grand auditorium, où plus de 1 100 personnes étaient présentes, dont certaines sont restées debout pendant toute la séance. On nous a assuré que plus des deux tiers de cet auditoire n'étaient pas membres de l'Église.

Une chose qui nous a été très agréable, c'est que nous avons eu une entière liberté dans la tenue de nos réunions en Allemagne, nonobstant le fait que plus de trente confessions différentes s'étaient vu interdire d'y prêcher.

J'ai trouvé fort remarquable que nous ayons eu le privilège de tenir des réunions avec le peuple allemand.

J'ai appris qu'à une occasion, nos anciens avaient été empêchés par les autorités de prêcher lors d'une réunion. Les autorités dirent : « Vous n'avez aucun droit ici, vous ne devez pas prêcher. »

Les anciens dirent : « Il ne nous a pas été interdit de tenir des réunions et de prêcher. »

Les autorités dirent : « Nous savons mieux que vous. Vous allez devoir cesser, et nous vous apporterons la preuve que vous n'êtes pas autorisés à prêcher. »

Ils revinrent et dirent : « Nous n'avons pu trouver le mot Mormon ni le nom L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours sur la liste des interdictions. »

De Berlin, notre groupe se rendit à Londres. Frère Richard R. Lyman fut avec nous jusqu'au moment où nous atteignîmes Dresde, mais comme il était annoncé pour prononcer un discours à Londres sur la Paix mondiale, il retourna à Londres et ne fut pas avec nous aux réunions tenues à Dresde, Breslau et Berlin. Les différents présidents de mission furent avec nous aux réunions tenues dans leurs missions respectives, à savoir : les présidents Kelly, Welker, Ursenbach et Toronto, qui tous se sont fort bien acquittés de la présidence des diverses missions sur le continent et se sont fait des amis parmi de nombreux dirigeants de premier plan dans tous ces pays, auprès desquels ils jouissent d'une bonne réputation.

DES BÂTIMENTS CONSACRÉS EN GRANDE-BRETAGNE

Le 20 juillet, nous avons tenu une réunion à Liverpool, en Angleterre, où j'ai consacré un bâtiment que nous avons acheté là et qui doit être rénové et utilisé comme chapelle.

Le 21 juillet, nous avons tenu une réunion à Burnley, et j'y ai consacré un bâtiment de l'Église.

Le 22 juillet, nous avons tenu une réunion dans la branche de Bradford, et j'ai consacré la maison de réunion. Il y avait à cette réunion entre 300 et 350 personnes présentes. Ils ont un très bel édifice de l'Église, et un bon nombre de ceux présents à la réunion n'étaient pas membres de l'Église. Il y eut cependant un très faible pourcentage de non-membres, en comparaison des autres réunions que nous avons tenues.

Le dimanche 25 juillet, nous avons tenu des réunions dans les branches de Londres-Sud et de Londres-Nord, et un bâtiment de l'Église a été consacré en chacun de ces lieux. Nous avons une très belle et coûteuse demeure dans la branche du Sud, qui a été rénovée pour répondre à nos besoins comme lieu de réunion. Dans la branche du Nord, nous avons une nouvelle chapelle que nous avons érigée et qui est très confortable et répond très bien à nos besoins.

Le 26 juillet, nous avons visité le Pays de Galles et tenu une réunion à Merthyr Tydfil, où un petit bâtiment de l'Église a été consacré. L'assistance à cette réunion était d'environ 100 personnes. Il y a fort peu des nôtres à Merthyr Tydfil, mais ceux que nous y avons sont très reconnaissants d'avoir une petite maison de réunion qui leur soit propre, au lieu de louer une salle.

CÉLÉBRATION DU CENTENAIRE À PRESTON ET À ROCHDALE

Le 30 juillet, notre groupe a visité la chapelle de Vauxhall à Preston, où l'ancien Heber C. Kimball et ses compagnons prononcèrent les premiers sermons prêchés en Grande-Bretagne dans cette dispensation. C'est à cette époque-là que l'Évangile fut introduit en Grande-Bretagne.

Nous avons visité l'emplacement où se trouvait le Cock Pit, bien qu'il ait aujourd'hui disparu et qu'il ne reste qu'un trou dans le sol là où se dressait autrefois le Cock Pit. Le même après-midi, des offices ont été tenus près de la rivière Ribble, où furent baptisés les premiers convertis britanniques. En vérité, je me sens un peu comme cette vieille dame qui avait assisté à des réunions de jeûne pendant vingt ou trente ans, mais qui n'avait jamais eu le courage suffisant pour rendre son témoignage. Enfin, un jour, elle se leva et rendit son témoignage, et en rentrant chez elle, elle dit : « Nous avons eu aujourd'hui la meilleure réunion de jeûne à laquelle j'aie jamais assisté. » On lui demanda : « Qui a parlé ? » Elle répondit : « Moi. »

Je me sens un peu de la même façon. Et je sais que frère Clark et moi, ainsi que les autres orateurs, avons pris plaisir à parler aux saints rassemblés là. Nous avons vraiment connu un festin spirituel en cette occasion, et nul n'a su captiver l'auditoire aussi complètement que sœur Fox, présidente des Associations d'amélioration mutuelle des jeunes filles de notre Église.

Le 31 juillet, nous avons assisté à une partie de baseball entre l'équipe de Rochdale, composée de missionnaires mormons, et une équipe de Liverpool. Environ 3 000 personnes ont assisté à ce match. Les missionnaires n'ont eu aucune difficulté à l'emporter sur leurs adversaires. Ce fut vraiment pour moi une grande émotion que d'assister à ce match. Cela me ramena aux jours de mon enfance, quand je jouais dans l'équipe qui remporta le championnat du Territoire de l'Utah, et je n'ai jamais rejoué depuis. J'ai décidé d'arrêter pendant que ma réputation était encore bonne. Cela m'a fait un plaisir immense d'entendre cet auditoire acclamer et crier : « Saints ! Saints ! Saints ! »

J'avoue avoir été fort content. C'est une bonne chose d'avoir une belle troupe de garçons qui jouent à la balle et se font des amis. Les personnes présentes étaient principalement des non-membres de l'Église.

Le soir du 31 juillet, une très belle représentation fut donnée par les missionnaires et les saints à l'hôtel de ville de Rochdale. Plus de 800 personnes y assistèrent et des centaines durent être refoulées. Je vous assure que ce fut une représentation des plus honorables, une belle présentation. Je fus stupéfait de la splendide manière dont la représentation fut donnée, compte tenu du fait que ceux qui y participaient n'avaient pas eu le temps de répéter.

Il y a environ 6 000 personnes dans les Îles Britanniques appartenant à l'Église, et il y a maints pieux — en fait, parfois deux pieux voisins l'un de l'autre, ici chez nous, qui compteraient plus de vingt mille personnes — qui ne produisent pas de représentations meilleures que celle-là. Ce fut un grand crédit pour ce peuple.

Il y eut un tel engouement de la part de ceux qui n'avaient pu entrer dans le bâtiment pour voir la représentation qu'elle fut redonnée le dimanche soir, bien que quelque peu abrégée.

Les réunions qui furent tenues à l'hôtel de ville de Rochdale le dimanche furent vraiment merveilleuses. Le Seigneur fut très bon envers tous ceux qui prirent la parole. Les orateurs de ces réunions, outre moi-même, furent le président Clark, l'ancien Richard R. Lyman, l'ancien Joseph J. Cannon, l'ancien Hugh B. Brown, les anciens George D. Pyper et Arthur Winter, sœur Ruth May Fox et d'autres. Le même après-midi, nous avons consacré une petite chapelle à Rochdale.

Le lendemain, 2 août, quelques réunions auxiliaires furent tenues.

VISITE DE LA HOLLANDE

Le 7 août, nous avons visité le jamboree scout en Hollande. Le groupe était composé de moi-même, de ma fille, Mme Lucy G. Cannon, de Joseph J. Cannon et son épouse, de l'ancien Richard R. Lyman et de Joseph Anderson. Nous avons quitté Londres le 6 août pour la Hollande, et avons été accueillis à Rotterdam par frère Franklin J. Murdock, qui est président de la Mission des Pays-Bas. Au jamboree scout, nous avons été reçus très cordialement par le chef exécutif scout James E. West. Depuis mon retour chez moi, j'ai reçu une lettre de M. West, exprimant la profonde reconnaissance de lui-même et de ses associés pour leur avoir prêté, comme ils l'ont exprimé, une partie du temps de frère Oscar A. Kirkham, qui a accompli un très beau travail et occupé une position importante au jamboree.

Le dimanche 8 août, nous avons tenu une réunion à Amsterdam, et le soir même une réunion à Utrecht. Le 11 août, nous avons tenu une réunion à Rotterdam. Toutes ces réunions furent très bien fréquentées, et parmi les présents se trouvaient de nombreux non-membres de l'Église. Nous avons ensuite autorisé, par télégrammes signés par moi-même et par frère Richard R. Lyman, la vente de notre siège de mission à Rotterdam pour 14 000 florins, et l'achat d'un bâtiment à La Haye pour 12 000 florins. Notre nouveau siège se trouve dans une très belle rue résidentielle, et la propriété a coûté un peu plus de 40 000 florins. Le bâtiment est dans un très bon état d'entretien. Il fut construit par l'Église adventiste du septième jour et constitue un lieu honorable pour notre siège de mission en Hollande, dont nous sommes très reconnaissants.

Notre groupe se rendit de Rotterdam, en Hollande, à Hambourg, en Allemagne, où nous fûmes accueillis par les présidents Philemon M. Kelly, Thomas E. McKay et Alfred C. Rees. Une réunion fut tenue à Hambourg le soir du 13 août, à laquelle plus de 600 personnes assistèrent.

EXPÉRIENCES EN SCANDINAVIE

Nous avons tenu des réunions à Esbjerg, au Danemark, le dimanche 13 août, où l'après-midi le nouveau bâtiment de l'Église de la branche d'Esbjerg fut consacré. Aux trois réunions tenues à Esbjerg, l'assistance fut nombreuse, particulièrement le soir. Pendant notre séjour au Danemark, le groupe fut accompagné par le président Alma L. Petersen de la Mission danoise. Sœur Clarissa Beesley se joignit à nous à Esbjerg et nous accompagna dans notre tournée des missions scandinaves.

Nous avons tenu une réunion à Copenhague, où près de 500 personnes étaient présentes. Frère Oscar A. Kirkham était également présent à cette réunion ainsi qu'à Stockholm. Durant notre tournée de la Mission suédoise, nous fûmes accompagnés par le président Gustive O. Larson.

La première réunion fut tenue à Malmö le 19 août, et entre deux et trois cents personnes y assistèrent. Des réunions furent tenues à Stockholm le dimanche 22 août, très bien fréquentées, la quasi-totalité des présents étant des nôtres. Entre trois et quatre cents personnes étaient présentes à chacune de ces réunions. Nous avons ensuite tenu une réunion à Göteborg, en Suède, où notre groupe fut accueilli par le président A. Richard Petersen de la Mission norvégienne, qui nous accompagna dans notre tournée de la Norvège. À la réunion tenue à Oslo, le 26 août, près de 500 personnes étaient présentes.

À Bergen, le dimanche 29 août, nous avons tenu deux réunions, une le matin et une le soir, et à la réunion du soir, plus de 600 personnes étaient présentes — les deux tiers environ des présents n'étant pas membres de l'Église.

Je suis certain qu'il y avait dans le bâtiment pleinement 100 personnes qui n'avaient pu trouver de siège et qui restèrent debout, autant que j'aie pu en juger, sans qu'aucune d'elles ne quitte les lieux pendant toute la durée du service. À la fin de la réunion, le chœur chanta trois très beaux morceaux. L'un d'eux fut particulièrement beau ; je ne me souviens pas de son nom, mais nous avons tous convenu qu'il fut, en cette occasion, chanté mieux et avec plus de douceur que nous ne l'avions jamais entendu auparavant.

Je suis très heureux de vous dire que les cantiques d'Evan Stephens furent chantés dans presque tous les lieux que nous avons visités. Ils ont été traduits dans les diverses langues, et nous les avons appréciés au plus haut point. Lors d'une conférence, trois des cantiques de frère Stephens furent chantés. Je sens que nous devons une très grande dette de gratitude envers des hommes comme Evan Stephens, George Careless, Ebenezer Beesley, Joseph J. Daynes, et d'autres, qui nous ont fourni la musique de nos beaux cantiques. Je me réjouis en écoutant ces morceaux de musique.

Frère Joseph J. Cannon, qui vient d'être libéré de la présidence de la Mission britannique, après avoir accompli une très belle mission et avoir été remplacé par frère Hugh B. Brown au moment où nous sommes partis en voyage vers la Hollande et les pays scandinaves — à notre grand étonnement, fut capable de parler le suédois au peuple, et on nous assura qu'il parlait bien le suédois. Nous avons trouvé cela très remarquable, étant donné qu'il s'était écoulé environ 35 ou 38 ans depuis qu'il y était allé pour la première fois et y avait accompli une mission de près de trois ans.

Nous avons tenu un certain nombre de réunions des M. I. A. en plus des réunions ordinaires, et je me suis entretenu à maintes reprises avec les missionnaires dans les différentes missions où seuls les missionnaires et les présidents de mission étaient présents.

Le groupe est revenu par paquebot de Bergen, en Norvège, jusqu'à Londres, en passant par Newcastle, quittant Bergen le 30 août. Le temps était tout à fait convenable, mais le navire tanguait un peu, et j'ai apprécié rester allongé dans mon lit durant le trajet de Bergen à Newcastle.

Nous avons pris la mer pour rentrer chez nous le 4 septembre, arrivant ici le dimanche 12 — exactement 13 semaines après le dimanche où nous étions partis pour notre voyage.

IMPRESSIONNÉ PAR UN CHANGEMENT D'ATTITUDE

Ce qui m'a le plus profondément impressionné dans cette mission, plus que tout autre chose, c'est le changement merveilleux survenu dans l'attitude du peuple à l'égard des saints des derniers jours. Lorsque j'étais en Europe, il y a une trentaine d'années — cela fera 31 ans le jour de Noël depuis mon retour — durant mes trois années entières dans les Îles Britanniques, je n'ai jamais réussi à faire publier le moindre article dans les journaux. Certaines des choses les plus viles, les plus mauvaises, les plus obscènes, les plus terribles furent publiées à notre sujet, mais les responsables de la presse refusaient catégoriquement d'écouter quoi que ce soit de ce que nous avions à dire.

On m'a assuré, durant ce voyage, que nous avions eu des articles de presse favorables en Allemagne, en Suisse, en Tchécoslovaquie, en Hollande et en Belgique. Aucune critique d'aucune sorte, seulement de bons articles concernant nos réunions, et dans certains cas, les articles publiés dans les journaux des Îles Britanniques étaient de telle nature que si nous avions eu le privilège de les écrire nous-mêmes, nous n'aurions pas pu écrire quelque chose qui nous aurait fait plus plaisir. Pour autant que j'aie pu en juger, il n'y eut pas un seul article écrit durant tout notre voyage qui ne visait à donner un compte rendu juste, honorable et splendide de notre peuple. Je me réjouis de ces choses. C'est un changement si merveilleux par rapport à l'esprit d'animosité et de haine presque totale que j'ai trouvé chez les journalistes que j'ai rencontrés il y a plus de trente ans.

Comme illustration, j'ai reçu une lettre du gérant de la société Ramsden and Company, il y a bien longtemps, avant même que les paquebots de la White Star ne fussent construits — j'ai oublié le nom de la compagnie maritime, mais les gens de Ramsden en avaient l'entière charge — et M. Ramsden fut l'un des plus fidèles amis de nos présidents de mission que nous ayons jamais eu, je pense, en quelque partie du monde que ce soit.

RÉCIT D'UN ENTRETIEN AVEC UN RÉDACTEUR EN CHEF

Je me souviens que John Henry Smith m'a raconté une lettre que le président Joseph F. Smith avait écrite à M. Ramsden pour le remercier de son excellent traitement pendant qu'il présidait la Mission européenne. M. Ramsden a dit qu'il ne vendrait pas cette lettre pour mille dollars ou plus, qu'il la chérissait plus que toute autre lettre qu'il eût jamais reçue. Le président Smith avait dit à M. Ramsden, dans cette lettre, que le traitement des plus merveilleux qu'il avait reçu de lui et d'autres était tel qu'il n'avait pas osé lui rendre visite pour lui dire au revoir, mais avait attendu d'être sur le paquebot pour le faire, craignant presque de céder à l'émotion et de se donner en spectacle comme un enfant s'il était venu le remercier en personne.

Le gérant de la société Ramsden and Company m'a donné une lettre d'introduction auprès du rédacteur en chef d'un journal londonien, disant qu'il sentait que le journal publierait tout ce que je voudrais faire publier. Lorsque je suis arrivé aux bureaux du journal, on m'a dit que le rédacteur en chef était absent de la ville, mais que son assistant, un certain M. Robinson, me recevrait. L'assistant m'a demandé ce que je voulais, et je lui ai dit que je souhaiterais vivement lui dire la vérité sur notre peuple, que ce qu'il avait publié n'était pas vrai.

« C'est très bien, dit-il, nous avons publié la vérité sur vous, Mormons. »

« Eh bien, dis-je, quand un homme en traite un autre de menteur, il pense naturellement, bien sûr, avoir bien agi, mais cela ne fait pas de cet autre un menteur pour autant. Je sais de manière absolue que tout ce que vous avez publié dans votre journal est un mensonge. Je viens à vous avec une lettre de la firme qui traite avec nous depuis plus de cinquante ans, et qui se porte garante non seulement de mon honnêteté et de mon intégrité, mais de l'honnêteté et de l'intégrité de chaque homme qui a servi comme président des missions britannique et européenne de l'Église pendant cinquante longues années. Je vous mets au défi d'obtenir un certificat de bonne moralité en faveur de qui que ce soit parmi ceux qui vous ont fourni les mensonges que vous avez publiés dans votre journal. »

« Peu importe, nous n'avons pas l'intention de publier quoi que ce soit de ce que vous dites. »

J'ai dit : « Au revoir. J'ai rencontré votre espèce de Londres à Tokyo. »

Il y a une trentaine d'années, en Angleterre, la manière dont on s'habillait avait une certaine influence sur les gens, et nous devions porter des chapeaux « tuyau de poêle ». Lorsque le garçon qui est descendu à ma rencontre m'a dit que le rédacteur en chef était absent, et que l'assistant du rédacteur me recevrait, et que le nom de cet assistant était Robinson, je me suis dit en moi-même, après qu'il m'aurait congédié, je vais le renvoyer à Phil Robinson.

Après que le rédacteur adjoint eut refusé de m'accorder ma demande, je me suis avancé vers la porte, j'ai mis mon chapeau à deux étages, puis je me suis retourné, je l'ai retiré à nouveau et j'ai dit :

« À propos, si je me souviens bien, le garçon a dit que vous n'êtes pas le rédacteur en chef, que le rédacteur en chef était absent, et que vous n'êtes que l'assistant du rédacteur, et que votre nom est Robinson. — Vous appelez-vous Robinson ? »

« Oui. »

J'ai dit : « Êtes-vous parent de Phil Robinson ? » « Non, monsieur. »

« Connaissez-vous Phil Robinson ? »

« Si je connais Phil Robinson ? Tout le monde connaît Phil Robinson. » « Eh bien, je suis content de le savoir. Dirige-t-il le Society and Court Journal ici, à Londres ? » « Oui. »

« Fut-il le correspondant du London Daily Telegraph, l'un des deux plus [j'ai insisté sur « plus », car son journal n'était pas l'un des plus grands] grands journaux de Londres durant la guerre des Boers ? »

« Il le fut. »

« Croiriez-vous quelque chose qu'il aurait dit ? »

« Tout ce qu'il aurait dit, pleinement. »

« Cent cents sur le dollar ? »

« Pleinement cent cents sur le dollar », répondit-il.

« Fort bien. Achetez son livre intitulé « Sinners and Saints », il ne vous en coûtera que deux shillings, et si vous n'avez pas les moyens de vous le payer, je l'achèterai et vous le donnerai. Vous verrez que tout ce que vous avez publié dans votre journal est un mensonge. »

Phil Robinson vint en Utah et voyagea depuis Cache Valley au nord jusqu'à Orderville et St. George et d'autres endroits au sud, et écrivit un livre donnant des statistiques et montrant que les quatre-vingts pour cent de la population ne fournissaient nulle part autant de détenus de la prison municipale et du pénitencier territorial que les dix-huit pour cent qui n'étaient pas membres de l'Église.

Il dit : « Eh bien, vous m'étonnez. »

Je dis : « Oh, vous n'êtes pas le seul homme à avoir été étonné en se heurtant à la question mormone. » « Écrivez-moi une demi-colonne. »

J'ai dit : « Merci. Petits bienfaits reçus avec gratitude, grands bienfaits à proportion. Dix colonnes de mensonges, et une demi-colonne de réfutation. Vous l'aurez d'ici quelques heures. »

Je la lui ai envoyée. Il l'a gardée les deux ou trois mois habituels, puis me l'a renvoyée avec la formule imprimée habituelle que j'ai lue bien des fois : « Le rédacteur regrette de ne pouvoir trouver de place pour le manuscrit ci-joint, qui est retourné. »

Je ne reçois jamais l'une de ces formules sans penser à cette expression humoristique : « Le mensonge poli est un art de gentilhomme, il huile les affaires, il vernit les faits désagréables, il favorise l'amitié. »

Au lieu de m'impressionner par un réel regret, la déclaration du rédacteur en chef m'a plutôt impressionné par le fait qu'il se rendait coupable de mensonge.

Aujourd'hui, nous trouvons exactement le contraire, dans ce pays, et en fait dans tous les États-Unis. Nous obtenons aujourd'hui plus d'articles favorables grâce à notre programme de sécurité que nous n'en avons jamais eu auparavant, et je regrette que nous recevions plus de crédit que nous n'en méritons.

LA PARESSE NE DOIT PAS ÊTRE ENCOURAGÉE

Je me suis donné la peine, ce matin, de lire dans la Doctrine et Alliances au sujet du paresseux, et nous avons parmi nous quelques paresseux. Nous trouvons, à la section 75 de la Doctrine et Alliances :

Que chacun soit diligent en tout. Le paresseux n'aura pas de place dans l'Église, à moins qu'il ne se repente et ne s'amende.

J'ai fait référence hier aux gens qui étaient rassemblés dans ce bâtiment, et le Tabernacle était presque aussi rempli (à l'exception de la galerie) de nos bonnes sœurs hier qu'il l'est de gens aujourd'hui. Laissez-moi vous dire que là où il y a un paresseux parmi les sœurs, il y en a environ vingt-cinq parmi les frères. Je pense que c'est là une juste moyenne. À la section 88, nous lisons :

Cessez d'être paresseux ; cessez d'être impurs ; cessez de vous critiquer les uns les autres ; cessez de dormir plus longtemps qu'il est nécessaire ; couchez-vous de bonne heure, afin de ne pas être las ; levez-vous tôt, afin que votre corps et votre esprit soient remplis de vigueur.

Veuillez vous souvenir que ce ne sont pas là des déclarations de Heber J. Grant, mais des déclarations du Seigneur :

Et les habitants de Sion se souviendront aussi en toute fidélité de leurs travaux, s'ils sont désignés pour travailler ; car le paresseux sera tenu en mémoire devant le Seigneur.

Or, les habitants de Sion ne me sont pas agréables, à moi, le Seigneur, car il y a des paresseux parmi eux, et leurs enfants grandissent aussi dans la méchanceté ; ils ne cherchent pas non plus avec ferveur les richesses de l'éternité, mais leurs yeux sont remplis de cupidité.

Tu ne seras pas paresseux, car le paresseux ne mangera pas le pain et ne portera pas les vêtements du travailleur.

Nous essayons maintenant de prendre soin des pauvres méritants, et dans environ huit cas sur dix, les « pauvres méritants » qui demandent de l'aide ne sont pas et n'ont pas été de pleins, honnêtes et consciencieux payeurs de la dîme.

Voici, ils ont été envoyés prêcher mon Évangile parmi les assemblées des méchants ; c'est pourquoi je leur donne le commandement suivant : tu ne gaspilleras pas ton temps à ne rien faire et tu n'enterreras pas ton talent pour qu'il ne soit pas connu.

Je veux vous dire que nous avons découvert, en nous renseignant, qu'un grand nombre de nos missionnaires gaspillaient leur temps, et nous avons essayé de les encourager à être plus fidèles. J'ai entendu une histoire que j'ai citée ici hier — j'espère qu'elle n'est pas vraie — au sujet d'un homme qui avait souvent emprunté de l'argent à l'une de nos banques de campagne en hypothéquant sa récolte, et qui vint à la banque demander de l'argent. Le banquier dit : « Certainement, nous serons heureux de vous prêter de l'argent. Apportez-nous seulement une hypothèque sur votre récolte. »

« Ah, dit-il, je ne cultive plus rien en ce moment. Le gouvernement me donne plus d'argent pour ne pas cultiver que je ne pourrais en obtenir autrement. Je vous donnerai un ordre de virement sur le gouvernement. »

Espérons que cet esprit d'indépendance qui animait nos pères pionniers puisse se réveiller en nous, et qu'aucun des saints des derniers jours détenteurs de la prêtrise de Dieu ne se rendra coupable de paresse. Travaillons tôt et travaillons tard.

RÉVÉLATION À HYRUM SMITH

Comme je cherchais ces passages que j'ai cités, j'ai pensé à une révélation très remarquable et merveilleuse qui fut donnée, si je m'en souviens bien, onze mois avant que l'Église ne fût organisée, par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, à son frère Hyrum. C'est une révélation remarquable :

Voici, le champ blanchit déjà pour la moisson ; c'est pourquoi que quiconque désire moissonner lance sa faucille de toutes ses forces et moissonne tant que dure le jour, afin d'amasser pour son âme le salut éternel dans le royaume de Dieu. . .

Ne cherche pas la richesse mais la sagesse, et voici, les mystères de Dieu te seront dévoilés, et alors tu deviendras riche. Voici, celui qui a la vie éternelle est riche.

En vérité, en vérité, je te le dis, il te sera fait selon ce que tu désires de moi ; et, si tu le désires, il se fera, par ton intermédiaire, beaucoup de bien dans cette génération.

Peu d'hommes ont jamais accompli plus de bien que Hyrum Smith en sa génération, et il a laissé une postérité qui compte parmi les plus fermes et les plus puissantes de toute l'Église. L'un des hommes les plus splendides qui aient jamais vécu fut son fils, le regretté président de cette Église, Joseph F. Smith.

En vérité, en vérité, je te le dis, il te sera fait selon ce que tu désires de moi ; et, si tu le désires, il se fera, par ton intermédiaire, beaucoup de bien dans cette génération.

Tel fut le désir de Joseph F. Smith, et il l'accomplit.

Ne parle que de repentir à cette génération. Garde mes commandements, aide à promouvoir mon œuvre selon mes commandements, et tu seras béni.


Voici, ton œuvre, c'est de garder mes commandements, oui, de tout ton pouvoir, de tout ton esprit et de toute ta force.

Ne cherche pas à annoncer ma parole, mais cherche tout d'abord à obtenir ma parole, et alors ta langue sera déliée ; puis, si tu le désires, tu auras mon Esprit et ma parole, oui, la puissance de Dieu pour convaincre les hommes.


Voici, je parle à tous ceux qui ont de bons désirs et ont lancé leur faucille pour moissonner.

Voici, je suis Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Je suis la vie et la lumière du monde.

Je suis venu chez les miens, et les miens ne m'ont pas reçu.

Mais en vérité, en vérité, je te dis que je donnerai à tous ceux qui me recevront le pouvoir de devenir les fils de Dieu, oui, à ceux-là qui croient en mon nom.

Mes frères et sœurs, je ne vous lis pas mes propres paroles, mais je vous cite les paroles de Jésus-Christ, notre Rédempteur et Sauveur. Durant cette mission, une chose qui m'a rempli d'enthousiasme fut de lire le livre de Richard L. Evans, qui donne un historique de l'œuvre missionnaire en Grande-Bretagne. Cinquante mille, si je m'en souviens bien, parmi les plus fermes et les meilleurs de tout le peuple de Grande-Bretagne ont contribué à édifier cette Église en émigrant vers ce pays. Une œuvre merveilleuse.

Wilford Woodruff a baptisé plus de 2 000 personnes, et Orson Pratt presque autant. Heber C. Kimball, Lorenzo Snow et d'autres y ont accompli, eux aussi, une œuvre merveilleuse et remarquable.

Le président Heber C. Kimball fut inspiré de la manière la plus merveilleuse et la plus remarquable en ouvrant cette mission. J'ai éprouvé une grande joie à méditer ces choses.

LES SAINTS D'EUROPE DOIVENT RECEVOIR PLUS D'ATTENTION

Cela m'a touché le cœur de constater à quel point les gens de ces pays sont désireux d'entendre les Autorités de l'Église, à quel point leur cœur s'enflait de gratitude lorsque le président Clark, moi-même, frère Lyman et d'autres étions avec eux. Je me sens véritablement honteux d'avoir tant tardé à retourner vers cette partie du troupeau. Ils font tout autant partie de cette Église que vous, et avec l'aide du Seigneur, ils ne seront pas, à l'avenir, autant négligés qu'ils l'ont été par le passé. Ils font partie de l'œuvre de Dieu, et ils ont droit à des visites tous les un ou deux ans de la part de certains des dirigeants de cette Église. Nous avons pris soin de notre peuple ici, chez nous, et nous avons tristement négligé ces belles gens dans ces pays-là. Pardonnez-moi, mais je me sens condamné dans mon cœur de ne pas avoir pris le temps d'y retourner plus tôt, et si le Seigneur épargne ma vie, je n'attendrai pas très longtemps avant d'y retourner de nouveau.

Je pense avoir raisonnablement bien couvert le terrain en vous rendant compte de ma mission.

UN SAUVEUR FINANCIER

Je veux dire quelques mots au sujet d'un sujet dont tant de saints des derniers jours disent être malades et fatigués. Pourquoi en sont-ils malades et fatigués ? Parce qu'ils ne font pas leur devoir. Aucun mortel qui vit la Parole de Sagesse n'est jamais malade et fatigué de l'entendre prêcher. Ce serait le salut financier du monde entier si l'on vivait la Parole de Sagesse. Cela résoudrait tous leurs problèmes financiers ; il n'y aurait pas, si je me souviens bien, environ 160 000 000 000 ou 170 000 000 000 de cigarettes fumées en une seule année — une plante qui détruit l'âme et le corps.

Je me souviens d'avoir lu, il y a des années (j'avais un certain nombre de statistiques dans un petit livre que je regrette d'avoir perdu), une déclaration selon laquelle, à Harvard, durant cinquante longues années, aucun jeune homme fumant le tabac n'avait jamais obtenu son diplôme comme étudiant le plus brillant de sa classe, et pourtant il y avait cinq fois plus de garçons qui fumaient que de garçons qui ne fumaient pas. Une plante qui détruit l'âme et le corps.

Lorsque j'ai lu dans le journal, il y a quelques jours, les centaines de milliers de dollars que nous percevons dans notre État grâce à la vente d'alcool, des millions de dollars gaspillés chaque année — pire que gaspillés — je me suis senti attristé. Que penseriez-vous d'un homme qui mettrait le feu à des millions de dollars de biens ? C'est ce qui se produit lorsque nous buvons de l'alcool et que nos jeunes apprennent à fumer des cigarettes. Que chacun de nous, pères et mères, donne l'exemple en gardant la Parole de Sagesse ; alors, il n'y aura aucun reproche à nous faire si nos enfants ne suivent pas notre exemple. Changeons, en tant que peuple, la loi dans ce pays, et ne laissons pas une bande de marchands de whisky nous dicter notre conduite. Ayons au moins la prohibition en Utah.

Pensez aux millions de dollars dépensés ici, en Utah seulement, pour la consommation d'alcool. On ne consommait pas le dixième de la quantité d'alcool consommée aujourd'hui lorsque nous avions la prohibition. Des millions de dollars ont été dépensés pour faire revenir l'alcool. Tous les États-Unis se sont rendus aux mensonges selon lesquels il y avait plus d'ivrognerie et plus de crime lorsque nous avions la prohibition. Jamais de plus grands mensonges n'ont été publiés.

LA PAROLE DE SAGESSE

La Parole de Sagesse, c'est ce que le Seigneur a à dire, et non ce que l'homme a à dire, et bien que ce soit un vieux sujet, je me propose de lire la Parole de Sagesse. Ceci est ce que dit le Seigneur, et non ce que dit Heber J. Grant — ne l'oubliez pas. Que chacun de nous essaie d'améliorer sa vie et d'inspirer autrui à améliorer la sienne. Aucun homme ni aucune femme qui garde la Parole de Sagesse n'y trouve à redire. Pourquoi ? Parce qu'ils connaissent la santé dont ils jouissent, ils connaissent la paix, la joie, le réconfort, la satisfaction qui viennent à leur cœur lorsqu'ils font ce que le Seigneur veut qu'ils fassent.

Révélation donnée par l'intermédiaire de Joseph Smith le prophète, à Kirtland, en Ohio, le 27 février 1833 — (il y a plus de cent ans) — connue sous le nom de Parole de Sagesse. — L'abstinence de vin et de boissons fortes est recommandée — Modération dans la consommation de viande — Aliments sains — Promesses à ceux qui vivent selon ces préceptes.

Parole de Sagesse au profit du conseil des grands prêtres assemblés à Kirtland, de l'Église et aussi des saints de Sion — pour être envoyée avec salutations ; non par commandement ou par contrainte —

Certains disent : « Oh, c'est ainsi que je contourne cela. Ce n'est pas donné par commandement ni par contrainte. » Qu'est-ce donc ? Je vais vous le dire —

mais par révélation et parole de sagesse, montrant l'ordre et la volonté de Dieu —

Lorsque le Seigneur montre son ordre et sa volonté, n'essayez pas de bercer votre conscience de berceuses, quiconque parmi vous enfreint la Parole de Sagesse.

dans le salut temporel de tous les saints dans les derniers jours.

Ce serait le salut temporel du peuple du vaste monde entier s'il vivait la Parole de Sagesse.

donnée comme principe accompagné d'une promesse, adaptée à la capacité des faibles et des plus faibles de tous les saints, qui sont ou peuvent être appelés saints.

Voici, en vérité, ainsi vous dit le Seigneur : En conséquence des mauvaises intentions et des desseins qui existent et existeront dans les derniers jours dans le cœur des conspirateurs, je vous ai avertis et je vous préviens en vous donnant par révélation cette parole de sagesse —

Et peut-il y avoir dessein plus damnable que ces publicités montrant l'image d'une belle femme et, près d'elle, un anneau de fumée de tabac, censé représenter une alliance de mariage ? Une image d'une belle femme apprenant à fumer.

Lorsque quelqu'un parmi vous boit du vin ou des boissons fortes, voici, ce n'est pas bien ni convenable aux yeux de votre Père, excepté lorsque vous vous assemblez pour offrir vos sacrements devant lui.

Et voici, ce doit être du vin, oui, du vin pur des raisins de la vigne, fabriqué par vous-mêmes.

Et de plus, les boissons fortes ne sont pas pour le ventre, mais pour vous laver le corps.

Et de plus, le tabac n'est ni pour le corps, ni pour le ventre, et n'est pas bon pour l'homme, mais c'est une herbe pour les contusions et le bétail malade, dont il faut user avec sagesse et savoir-faire.

Et de plus, les boissons brûlantes ne sont ni pour le corps, ni pour le ventre.

Et de plus, en vérité, je vous le dis, toutes les herbes salutaires ont été prévues par Dieu pour la constitution, la nature et l'usage de l'homme,

chaque herbe en sa saison et chaque fruit en sa saison ; tous ceux-ci doivent être utilisés avec prudence et actions de grâces.

Oui, moi, le Seigneur, j'ai aussi prévu la chair des bêtes et des oiseaux du ciel pour l'usage de l'homme avec actions de grâces ; toutefois, il faut en user avec économie.

Et il m'est agréable que l'on n'en use qu'en période d'hiver, ou de froid, ou de famine.

Tout grain est prévu pour l'usage de l'homme et des bêtes, pour être le soutien de la vie, non seulement pour l'homme, mais pour les bêtes des champs, les oiseaux du ciel, et tous les animaux sauvages qui courent ou rampent sur la terre ;

et Dieu a fait ceux-ci pour l'usage de l'homme, seulement en temps de famine et de faim excessive.

Tout grain est bon pour la nourriture de l'homme, de même que le fruit de la vigne ; ce qui donne des fruits, soit dans le sol, soit au-dessus du sol ;

néanmoins, le blé pour l'homme, le maïs pour le bœuf, l'avoine pour le cheval, le seigle pour la volaille et les pourceaux et pour toutes les bêtes des champs, et l'orge pour tous les animaux utiles, et pour des boissons légères, de même que d'autres grains.

Et tous les saints qui se souviennent de garder et de pratiquer ces paroles, marchant dans l'obéissance aux commandements, recevront la santé en leur nombril et de la moelle pour leurs os.

Quelle promesse merveilleuse de Dieu !

Et ils trouveront de la sagesse et de grands trésors de connaissance, oui, des trésors cachés ; et ils courront et ne se fatigueront pas, et ils marcheront et ne faibliront pas. Et moi, le Seigneur, je leur fais la promesse que l'ange destructeur passera à côté d'eux, comme pour les enfants d'Israël, et ne les frappera pas.

Je crois aussi fermement que je crois me tenir ici devant vous aujourd'hui qu'à trois occasions distinctes et séparées de ma vie, j'aurais perdu la vie si je n'avais pas été un observateur de la Parole de Sagesse, mais à cause du sang pur que j'avais dans mes veines, de la promesse de Dieu et de l'observance des commandements de Dieu, ma vie a été épargnée.

Il ne m'est pas pénible de manger la viande avec modération. J'ai vécu pendant plusieurs années, durant l'hiver, à l'Utah Hotel, et je suis certain que je n'ai pas commandé de viande plus de dix ou douze fois, et encore, c'étaient de petites côtelettes d'agneau ; ni porc, ni dinde, ni poulet, ni veau d'aucune sorte n'ont jamais été consommés par moi durant cette période à la cafétéria.

LA JOIE DE RENDRE TÉMOIGNAGE

Je me réjouis de la remarquable santé dont je jouis. Ce fut la joie de ma vie que de témoigner des bonnes choses qui viennent à chaque homme et à chaque femme qui vit selon les commandements du Seigneur. Je remercie le Seigneur, au-delà de toute la puissance dont il m'a doté pour exprimer mes pensées, pour cette Parole de Sagesse, le salut temporel de ce peuple, si seulement nous la gardons.

J'ai connu la joie dans mes travaux dans les Îles Britanniques et sur le Continent. Ce fut un réel plaisir pour moi de rendre mon témoignage en toute humilité, que je sais que Dieu vit ; que je sais qu'il entend et exauce nos prières ; que je sais que Jésus-Christ est le Fils du Dieu vivant, le Rédempteur de l'humanité. Je sais, au-delà de toute ombre de doute, que Joseph Smith fut un prophète du vrai et vivant Dieu, et qu'il fut inspiré et dirigé par notre Père céleste, et qu'il reçut des révélations de Dieu et de Jésus-Christ. Ce fut ma joie de rendre ce témoignage dans tous ces pays auxquels j'ai fait référence. Non seulement ce fut ma joie de le faire, mais je remercie le Seigneur que, depuis cinquante et quelques longues années, j'aie pu rendre ce témoignage, et que, jour après jour et année après année, me soient venues constamment des preuves, dans la mesure de l'intelligence dont Dieu m'a doté, pour confirmer ma connaissance de la vérité de cet Évangile de Jésus-Christ qui nous a été apporté.

De tout mon cœur et de toute mon âme, je prie Dieu de nous aider, vous et moi, et d'aider chacun des saints des derniers jours à vivre de telle manière que nos vies proclament l'Évangile ; que nos vies puissent être l'influence qui laissera une bonne impression. Beaucoup de jeunes gens pensent que s'ils sont « un joyeux compagnon » ; que si l'homme qui les emploie fume et qu'ils fument aussi, il pensera plus de bien d'eux. Je vous dis que le jour est déjà venu où beaucoup d'hommes n'engageront pas un jeune mormon qui ne vit pas selon les enseignements de ses parents et n'observe pas la Parole de Sagesse.

LE SUCCÈS SUIT L'OBSERVANCE DES COMMANDEMENTS

L'observance des commandements du Seigneur nous donne le succès dans la bataille de la vie. L'argent dépensé pour l'alcool et le tabac fait la différence entre un jeune homme qui réussit sa vie et un jeune homme qui échoue.

Je me suis tenu devant les tombes de deux de mes amis d'enfance qui ont vécu assez longtemps pour se marier et avoir des enfants. L'alcool a eu raison d'eux, et alors que je me tenais devant leurs tombes — l'un d'eux ayant été retranché de l'Église pour avoir perdu sa vertu sous l'influence de l'alcool — je me suis engagé auprès du Seigneur, alors que je levais les yeux vers le ciel, à travailler de toute la puissance que Dieu m'a donnée pour combattre le whisky et le tabac, et j'ai tenu cet engagement.

J'espère que chaque saint des derniers jours qui entend le son de ma voix aujourd'hui pourra s'engager auprès de Dieu à ne pas être un paresseux ; à garder les commandements de Dieu ; à amener d'autres à une connaissance de la vérité, et telle est mon humble prière, et je la demande en toute humilité et au nom de notre Sauveur, Jésus-Christ, Amen.

« Un ange venu du ciel » fut chanté par les Mères chantantes. Solistes : Virginia Freeze Barker, soprano ; Annette Dinwoodey, alto.

Citer ce discoursHeber J. Grant, « Rapport du voyage en Europe », Conférence générale d'octobre 1937, Session du matin du premier jour (1937-10-01). Pulpit Vault, 1937-10-heber-j-grant-report-of-european-tour. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).