L'observance des dix commandements, une obligation actuelle
John A. Widtsoe
Mes frères et sœurs, je prie que, tandis que je me tiens devant vous, mes paroles soient guidées par l'Esprit de Dieu au nom duquel cette Conférence est conduite. ¶
J'ai écouté avec un très grand intérêt le résumé statistique de l'état de l'Église, les exhortations et les suggestions faites par les frères durant ces deux jours de conférence. J'ai essayé de sonder le cœur de ce qui a été dit pour découvrir ce que je devrais dire qui s'accorde avec ce qui a été dit. ¶
LE PROGRÈS ENTRAÎNE LA RESPONSABILITÉ
Bien des pensées me sont venues — d'abord et avant tout un sentiment de gratitude pour le progrès de l'Église, et ensuite un sentiment de la responsabilité qui repose sur chaque personne qui reçoit de grandes faveurs. En réfléchissant à ces choses, une pensée m'est venue plus que toute autre — elle s'est présentée encore et encore — une vieille et simple pensée, familière à tout Saint des derniers jours et à tout homme craignant Dieu sur la terre. Je voudrais vous la présenter, même si elle est de nature élémentaire. ¶
Quand j'étais jeune homme, au début de ma formation pour l'œuvre de ma vie, je me suis plongé dans la science et l'histoire, et j'ai aussi accordé mon attention, je suis heureux de le dire, à l'Évangile rétabli du Seigneur Jésus-Christ. J'étais transporté par la pensée que j'appartenais à une époque de progrès, que l'époque à laquelle j'appartenais n'était pas comme hier, mais qu'elle avançait ; tout au long de ma vie, je me suis réjoui et enthousiasmé à la pensée que je vis à une époque de progrès dans l'histoire du monde. ¶
LA PERMANENCE ENGLOBE LES CHANGEMENTS DE LA TERRE
Cependant, ces derniers temps, au cours des toutes dernières années tout au plus, je constate que nous ne parlons plus d'une époque de progrès. Nous parlons maintenant d'une époque de changement. Cela m'a profondément troublé, car le changement n'est pas nécessairement ¶
un progrès. Je dois savoir dans quelle direction le changement s'opère. Si je vis dans une époque de progrès, alors je sais que le changement est de ceux que je peux favoriser et auxquels je peux m'attacher. Mais si je ne suis pas certain de la direction du changement, j'hésite à l'accepter. ¶
Nous vivons en effet dans une époque de changement. Cela ne fait aucun doute. Nous avons le bateau à vapeur, le chemin de fer ; l'électricité avec toutes ses merveilles ; la radio, qui amplifie ma voix en ce moment même ; nous avons mille autres merveilles qui ont changé l'ancienne époque. Mais je ne puis croire que ces changements représentent quoi que ce soit d'une importance réelle et fondamentale pour moi en tant que fils de Dieu. Je ne puis m'empêcher de croire que les choses élémentaires, éternelles, fondamentales, sont exactement ce qu'elles étaient il y a des milliers d'années. ¶
En fin de compte, ce n'est pas un monde en mutation. C'est un monde permanent. Le changement, au mieux, n'est qu'un jeu à la surface de principes permanents, immuables, éternels. Il ne saurait en être autrement. Les montagnes peuvent être usées ; elles ont été usées ; la haute montagne peut être réduite en vallée — mais ce qui constituait la montagne existe toujours. Les particules, les éléments, ne sont qu'employés à un autre moment pour l'avancement du grand dessein qui sous-tend toute existence. ¶
LE DÉSIR DE PERMANENCE ET DE PROGRÈS
Il n'y a pas de changement qui ait de la valeur pour nous, à moins qu'il ne soit ascendant, avançant, en marche vers l'avant, progressiste. Voilà la pensée qui m'a habité ces deux jours. Si un principe ou un changement est lié à des principes éternels et les utilise, alors il devient progrès. S'il n'est pas rattaché à de tels principes éternels et immuables, il peut n'être rien de plus que du chaos. Je dois découvrir moi-même ces principes éternels et, par leur usage, faire de cette époque une époque de permanence et de progrès. Mon message aux Saints des derniers jours en cette occasion est que nous ferions mieux de ne pas tant parler de l'époque du changement, mais de parler davantage de l'époque de la permanence — l'époque qui a existé depuis le commencement dans l'esprit du Tout-Puissant, qui est le même hier, aujourd'hui et à jamais. ¶
« À TES PREMIERS PRINCIPES, Ô ISRAËL »
Je pense que mon ami avait cela à l'esprit lorsque je l'ai rencontré dans la rue l'autre jour. Il m'a dit : « Nous ferions mieux de revenir aux premiers principes. » Je me suis alors souvenu d'un vieux slogan, un vieux cri de guerre transmis depuis les jours d'Israël : « À tes tentes, Israël ! » dit le prophète d'autrefois, et tout Israël s'en alla dans ses tentes et poursuivit son œuvre de manière nouvelle et meilleure. ¶
Le prophète Brigham Young fit la même déclaration lorsqu'il entreprit l'exode vers l'Ouest : « À tes tentes, Israël ! » Et aujourd'hui, « À tes premiers principes, ô Israël ! » devrait être notre cri de guerre. Nous n'avons pas besoin de faire un slogan des choses mineures qui nous troublent parfois et nous aveuglent. ¶
Vous voudriez me demander, tandis que je parle de ce sujet, s'il existe des principes de conduite auxquels nous pouvons nous attacher avec certitude. Nous en avons beaucoup. Il y a le code de conduite humaine donné il y a des milliers ¶
d'années, connu sous le nom des « dix commandements ». Ils furent donnés au prophète Moïse au milieu des tonnerres et des éclairs du Sinaï — un code que je suis pleinement convaincu était connu de notre père Adam. Je sais que certaines personnes de notre époque disent que « les dix commandements appartiennent à une époque révolue, à l'époque du cheval et de la carriole ». Cela, je ne le crois pas. Aimer Dieu, être bon, être miséricordieux, sont des guides aussi sûrs pour la conduite humaine aujourd'hui qu'ils l'ont toujours été. Jamais nous ne dépasserons les principes éternels contenus dans les dix commandements. J'ai le sentiment que si ce peuple et le monde en général voulaient lire et relire, pratiquer et pratiquer de nouveau les simples commandements donnés au Sinaï, nous résoudrions bien des problèmes qui nous troublent aujourd'hui. Il semble être une folie intellectuelle ou une aberration mentale que des hommes désobéissent à ces principes fondamentaux et invariables, ces commandements de Dieu, et tentent ensuite de résoudre les problèmes plus vastes et plus difficiles de l'existence humaine. ¶
« Tu ne tueras pas. Tu ne mentiras pas. Tu ne déroberas pas. » Tuons-nous, à notre époque ? Mentons-nous, à notre époque ? Dérobons-nous, à notre époque ? Supposons que nous sondions notre propre cœur ! Supposons que cette nation sonde son grand cœur pour découvrir si ces simples commandements sont observés. Rendons-nous le dollar que nous trouvons dans la rue lorsque nous connaissons le propriétaire ? Nous servons-nous de la loi comme d'un bouclier pour frauder la veuve, et appelons-nous cela des affaires ? Je voudrais poser des questions comme celles-ci à mes frères et sœurs qui sont devant moi et à toute l'Église. Ce sont là des questions fondamentales. Tant que nous n'aurons pas appris à dire la vérité, à être honnêtes, il n'y aura aucune sécurité dans le monde. Il ne peut y avoir que chaos, agitation, effusion de sang et guerres. Nous n'avons pas besoin de lire des livres de philosophie pour résoudre les problèmes de notre époque. Les principes que nous devons suivre nous ont été donnés à travers les âges par le Seigneur, depuis notre père Adam jusqu'à ce jour. ¶
L'OBSERVANCE DES DIX COMMANDEMENTS, UNE OBLIGATION ACTUELLE
Comme je l'ai dit, certaines personnes soutiennent que les dix commandements appartiennent à une époque révolue. Cela ne peut être, car je me souviens que le Seigneur, dans cette génération, a réitéré au prophète Joseph Smith les principes que l'on trouve dans les dix commandements, et que le Seigneur, en ce jour, a ajouté quelque chose aux dix commandements tels que rapportés par Moïse ; et il les a rendus plus emphatiques, car il n'a pas seulement dit « tu ne déroberas pas ; tu ne mentiras pas », mais il a ajouté que « celui qui dérobe ou qui ment sera chassé, à moins qu'il ne se repente ». ¶
Je ressens cela profondément, mes chers frères et sœurs. Il m'afflige de ne pouvoir suspendre mon pardessus dans un couloir public pendant une demi-heure et de m'attendre raisonnablement à le retrouver ensuite. Il m'afflige de savoir que je ne peux pas faire confiance aux gens de ma génération, à mes semblables ; qu'ils sont conduits par des motifs égoïstes au point de dire des mensonges. ¶
Je voudrais dire aussi que ce que nous faisons en opposition aux simples commandements de Dieu, si souvent oubliés, change et blesse l'être même de l'homme. Le corps est transformé, tout comme l'esprit et l'âme, par ce que nous faisons. C'est aujourd'hui une découverte de la science moderne que ¶
la prière elle-même et une vie de vérité influencent de façon certaine et favorable le corps lui-même, les nerfs, le sang, les muscles, chaque partie de nous, physiquement, aussi bien que mentalement et spirituellement. Nous sommes touchés et transformés par ce que nous faisons, pour le bien ou pour le mal. L'homme malhonnête corrompt son corps ; l'homme honnête le fait croître en force et en puissance. Ce n'est donc pas une chose insignifiante que de garder les commandements éternels donnés pour nous guider dans la vie. Nous récoltons notre récompense au fur et à mesure que nous avançons sur le chemin de la vie. ¶
LA SÉCURITÉ DANS L'OBÉISSANCE
Nous avons de nombreux orateurs et peu de temps. Je rends témoignage de la vertu et de la valeur de l'obéissance aux simples commandements du Dieu Tout-Puissant, ceux qui sont contenus dans les dix commandements, dans les béatitudes, dans les messages qui nous parviennent de temps à autre des dirigeants inspirés de l'Église qui nous ont parlé durant cette Conférence. ¶
Je rends témoignage devant vous que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Nous sommes engagés dans son œuvre. Joseph Smith est un prophète de Dieu, appelé en ce jour et en cette génération pour établir l'œuvre de Dieu. Nous marchons sur un terrain sûr, car la révélation est le roc et le fondement de l'œuvre. Je me réjouis de posséder ce témoignage, et je prie qu'il grandisse dans mon cœur, et dans le cœur de chaque Saint des derniers jours, et je le fais au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen. ¶