Discours de la conférence
Levi Edgar Young
Je prie que ce que je dis ce matin soit dicté par l'Esprit du Seigneur. ¶
Un ancien prophète américain du nom de Moroni écrivit un jour : ¶
Et maintenant, je parle à toutes les extrémités de la terre : Si le jour vient où le pouvoir et les dons de Dieu cessent parmi vous, ce sera à cause de l'incrédulité. ¶
Et réveille-toi, et lève-toi de la poussière, ô Jérusalem ; oui, et revêts tes habits de fête, ô fille de Sion ; et fortifie tes pieux et élargis tes frontières à jamais, afin que tu ne sois plus confondue, que les alliances que le Père éternel a faites avec toi, ô maison d'Israël, s'accomplissent. ¶
Jacques, disciple de notre Seigneur, dit : ¶
Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il l'a demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. ¶
Il se passe aujourd'hui dans le monde quelque chose de calamiteux ; cela détruit lentement notre vie spirituelle. Je fais allusion au fait que la vie humaine, d'une part, et la religion, d'autre part, se sont mises à s'éloigner l'une de l'autre. Elles s'éloignent aujourd'hui, et c'est là l'une des plus grandes ¶
calamités de toute l'histoire. Nous nous rendons compte que le monde a fait des progrès merveilleux en science et en invention au cours du siècle passé. D'un point de vue matériel, nul ne doute de la grandeur de l'époque dans laquelle nous vivons. L'électricité et les inventions mécaniques ont changé notre vie économique et sociale. Magnifiques ont été les réalisations des hommes ; plus splendides encore seront-elles. Les nations du monde ont accumulé de grandes richesses, mais l'amour de l'argent a repoussé leur amour de Dieu. La conscience des croyances chrétiennes s'est émoussée face aux distinctions premières entre le bien et le mal, et le monde dérive vers quelque fin ignominieuse. ¶
Lorsque nous regardons en arrière, il y a un siècle, nous voyons ici, en Amérique, un peuple fort d'honnêteté et de ténacité, soumettant la nature et bâtissant des foyers et des villes. Ils voyageaient en petites embarcations, en chariots à bœufs et en chariots tirés par des chevaux. Le fermier utilisait le type d'outils qui ressemblait à ceux utilisés aux jours des anciens prophètes. Il fallait de mai au début de l'automne pour voyager de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique. Il n'y avait pas de trains ; et les bateaux à vapeur commençaient à peine à sillonner les rivières de l'Ouest. Les journaux étaient imprimés à la main, à raison de deux cents exemplaires à l'heure. La pensée ne se transmettait qu'aussi vite qu'on pouvait voyager. Puis vint l'âge de la machine. Les inventeurs nous donnèrent le télégraphe et le téléphone, les machines agricoles modernes, et finalement l'automobile et l'avion. Au cours des dernières années, la science médicale a presque vaincu la maladie. L'espace a été anéanti par les forces du déplacement, et la radio a apporté les voix des hommes depuis les régions les plus lointaines de la terre. Cette époque a été celle d'une pensée et d'un progrès merveilleux, tels que le monde n'en a jamais vus auparavant. ¶
En conséquence de ce progrès dans le domaine de la science, et de l'arrivée d'étrangers sur nos côtes, notre civilisation est devenue complexe. Les corps législatifs ont créé des lois par milliers, jusqu'à ce que nous en soyons venus à croire que le gouvernement est la source de la droiture ; que le gouvernement par des moyens extérieurs est la source de la moralité et de la vie spirituelle. Le moral de l'Amérique est tombé à un état très bas ; il en est de même pour tout le monde civilisé. Notre autonomie morale a disparu, et les hommes et les nations ont oublié Dieu. Satan offre les royaumes du monde à ceux qui se prosterneront pour l'adorer. La tentation de Jésus après son baptême est devenue aujourd'hui la tentation des hommes. Pourtant les nations réclament la paix. Elles ont organisé des ligues de paix ; elles ont fait des efforts déterminés pour se débarrasser de la guerre ; elles ont toutes échoué, pour la raison que les mouvements pour la paix n'ont pas été fondés sur une juste compréhension de la droiture et de la vérité. ¶
Lorsque nos ancêtres se réunirent à Carpenter's Hall, à Philadelphie, en 1774, pour élaborer un système de gouvernement par lequel les colonies pourraient poursuivre leur route, un vieux pasteur, le docteur Jacob Duché, fut appelé à offrir une prière, et tandis qu'il priait, John Adams nous rapporte que des larmes « jaillirent des yeux de tous les présents ». Ce fut une prière fervente adressée au Seigneur, et je la cite intégralement, car elle porte pour nous un message de foi : ¶
Ô Seigneur, notre Père céleste, haut et puissant Roi des rois, Seigneur ¶
des seigneurs, qui du haut de ton trône contemples tous les habitants de la terre, et qui règnes avec un pouvoir suprême et incontesté sur tous les royaumes, empires et gouvernements, regarde en bas avec miséricorde, nous t'en supplions, sur ces États américains qui se sont réfugiés en toi loin de la verge de l'oppresseur, et se sont jetés sur ta protection gracieuse, désirant désormais ne dépendre que de toi. ¶
C'est vers toi qu'ils se sont tournés pour plaider la justice de leur cause. C'est vers toi qu'ils lèvent maintenant les yeux pour ce soutien et cet appui que toi seul peux accorder. Prends-les donc, Père céleste, sous ta garde nourricière. Donne-leur la sagesse dans le conseil, et la vaillance sur le champ de bataille. Déjoue les desseins malveillants de nos cruels adversaires. Convaincs-les de l'injustice de leur cause, et s'ils persistent encore dans leurs desseins sanguinaires, ô que la voix de ta propre justice infaillible, résonnant dans leur cœur, les contraigne à laisser tomber leurs armes de guerre de leurs mains défaillantes au jour de la bataille. ¶
Sois présent, ô Seigneur de sagesse, et dirige le conseil de l'honorable Assemblée. Rends-les capables d'établir les choses sur le fondement le meilleur et le plus sûr, afin que la scène du sang puisse être close au plus vite ; que l'ordre, l'harmonie et la paix soient effectivement rétablis, et que la vérité et la justice, la religion et la piété, prévalent et fleurissent parmi ton peuple. ¶
Préserve la santé de leur corps, la vigueur de leur esprit. Répands sur eux et sur les millions qu'ils représentent ici les bénédictions temporelles que tu jugeras opportunes pour eux dans ce monde, et couronne-les de gloire éternelle dans le monde à venir. Tout ceci, nous te le demandons au nom et par les mérites de Jésus-Christ, ton Fils, notre Sauveur. Amen. ¶
Lorsque le gouvernement des États-Unis fut finalement organisé sous la Constitution inspirée de Dieu, ce fut le fruit du labeur et du sang, et de la foi dans les providences de Dieu. Les barrières de classe séculaires furent abolies, et ces fondateurs déclarèrent qu'ici, dans cette nation, il n'y aurait ni esclave, ni roi, ni maître, ni sujet. Les pères de la république nous dirent : « Nous sommes tous enfants de Dieu, libres et égaux. » ¶
Allons-nous abandonner notre héritage ? Allons-nous « porter les regards sur le rocher d'où nous avons été taillés » ? C'était un sage conseil que celui donné par l'ancien psalmiste lorsqu'il écrivit : « Ne déplace pas la borne ancienne que tes pères ont posée. » En sommes-nous venus au temps où il nous faudra garantir un paiement en argent avant que nos citoyens n'aillent en guerre pour protéger les idéaux de notre gouvernement ? Si tel est le cas, alors nos citoyens ont perdu les idéaux des fondateurs, et ont perdu leurs droits et les sentiments les plus fins de ce que nous appelons le patriotisme. Lorsque la Révolution américaine et la guerre de Sécession furent menées, les hommes allèrent en guerre par amour de leur pays. Ils croyaient qu'il était un devoir divin de mourir pour leur patrie. Ils avaient été élevés dans la croyance que le sacrifice pour la vérité est une injonction divine de Dieu. Beaucoup d'entre nous se souviennent des paroles de Garibaldi, le libérateur italien, lorsqu'il s'adressa à la jeunesse d'Italie. Il dit : ¶
La fortune, qui nous trahit aujourd'hui, nous sourira demain. Je sors de Rome. Que ceux qui veulent continuer la guerre contre l'étranger viennent avec moi. Je n'offre ni solde, ni gîte, ni provisions. J'offre la faim, la soif, les batailles et la mort. Que celui qui aime son pays avec son cœur et non pas seulement avec ses lèvres me suive. ¶
Faim, soif, marches forcées, batailles, mort. ¶
Telle fut l'offre — rien de plus — remarque l'historien Trevelyan. Aujourd'hui, nous achetons des âmes pour la guerre ; nous offrons l'oisiveté à la place du travail ; nous dilapidons les ressources que Dieu nous a données ; nous essayons de résoudre nos problèmes du dehors, et non du dedans. Jésus dit un jour : « Je suis venu afin que les brebis aient la vie et qu'elles soient dans l'abondance. » Cette phrase était la pensée fondamentale de sa religion. Il nous donna le sens d'une vie riche et rayonnante. Il nous dit de vivre notre vie de l'intérieur ; et c'est là que devrait se trouver notre force, qui est la « lumière intérieure », la lumière de Dieu nous conduisant toujours plus loin. Les forces qui doivent faire du monde le monde qu'il devrait être sont désormais en lui. Ces forces sont les principes divins qu'enseigna Jésus-Christ notre Seigneur. Par ces principes, la connaissance sera plus élevée, l'ambition plus noble, et la vie plus divine. ¶
Mes frères et sœurs, c'est la religion qui doit résoudre les problèmes de notre civilisation aujourd'hui, et si nous ne retournons pas à Dieu et à la religion du Maître, notre civilisation occidentale est destinée à être détruite. La religion, à son meilleur, a fourni, et peut maintenant fournir, « les motifs, les croyances, les aperçus, les espoirs, les convictions par lesquels les hommes s'accordent intérieurement avec eux-mêmes et avec leurs semblables ». Nous devons parvenir à une nouvelle ascendance spirituelle sur nos natures les plus basses. Pour atteindre la paix dans ce monde qui est le nôtre, il faudra que cela se fasse. Nous devons parvenir à la religion par le chemin de la vie, et par un désir plus profond, au-dedans de nous, de bien vivre notre vie. Dès que nous retrouverons cette voie, nous trouverons le grand chemin où marchent les voyants et les prophètes de l'esprit ; et par-dessus tout, nous y distinguerons les pas du Fils de Dieu. Nous ferons entrer notre vie dans le monde intérieur de la vie et de la lumière divines de l'homme. Une fois de plus, nous ramènerons Dieu et son Fils vers nous par le dedans et non par le dehors, par notre foi et notre confiance dans le Sauveur du monde. ¶
Vous et moi, et tous les peuples, devrons bannir la haine de notre cœur. La lumière intérieure est la lumière de Dieu ; c'est la lumière de l'amour et de la vérité. Comme je me rendais à cette réunion ce matin, un homme me remit un document plein de haine envers les Juifs. Je veux dire sans hésitation que j'aime l'histoire des Juifs. Ils nous ont donné le plus grand livre de tous les temps, la Sainte Bible, et ils ont joué un grand rôle dans la Révolution américaine. Un Juif éleva un jour la voix au Congrès continental et dit : « C'est pour Dieu, et donc pour le droit. » Les Juifs sont, dans leur ensemble, une race noble. Tous les peuples ont leurs défauts, mais nous devons en venir à aimer les peuples du monde et à bannir la haine. ¶
L'Allemand Lessing, qui écrivit « Nathan le Sage », mit ces paroles dans la bouche du Juif et du chrétien qui s'entretenaient ensemble. Le Juif dit : « Ô chrétien, je te comprends maintenant, à cause de l'esprit de ton Christ qui est dans mon âme. » Et le chrétien répondit : « Ô Juif, je te comprends à cause de l'esprit de ton Dieu et de notre Dieu. » ¶
L'esprit du gouvernement américain doit être restauré. L'homme doit gagner son pain à la sueur de son front ; alors l'ancien patriotisme sera de nouveau dans le cœur des hommes. ¶
La véritable épreuve de la force d'une civilisation réside dans la capacité morale du commun des citoyens à renoncer aux plaisirs du présent ¶
pour de plus grandes récompenses dans l'avenir. Cette qualité est le fondement du caractère moral et spirituel. La sécurité sociale d'une nation repose sur le caractère de ses citoyens, et non sur la quantité de conforts matériels que le gouvernement peut leur accorder. Le travail assidu et le sacrifice rendent les hommes forts. La facilité et les dons, de quelque source qu'ils viennent, sont destructeurs de l'efficacité, du caractère et de la citoyenneté. La sécurité sociale réside dans le caractère des citoyens et doit donc venir du dedans. La sécurité sociale ne peut être accordée du dehors. ¶
L'abbé Genty, un savant français de l'époque de la Révolution française, déclara devant les étudiants de l'université de Paris que « l'indépendance des Américains est l'événement le plus susceptible d'accélérer la révolution qui doit renouveler le bonheur du monde. Au sein de cette nouvelle nation se trouvent les trésors qui doivent renouveler le monde. » Il nomma le soulagement de l'Europe surpeuplée comme l'une des bénédictions à venir pour l'humanité. L'émancipation des esclaves, la fin de la conquête, la paix universelle, la conversion du monde au christianisme en sont d'autres. Tout cela devait naître de la vérité, de l'honneur et de la vertu de trois millions d'Américains qui croyaient en Dieu. L'Amérique nous a donné un idéal. Ce n'est ni l'or, ni l'argent, ni l'airain, ni le fer qui font le succès. C'est la vérité, l'honneur et la justice. C'est la foi, l'espérance et l'amour. C'est, comme le suggérait le savant abbé, sur les vertus de l'humanité et la liberté de l'humanité que l'avenir de l'humanité doit être bâti. ¶
Lorsque nous aurons appris la manière chrétienne de vivre et serons retournés à Dieu, alors les paroles d'un autre sage se réaliseront : ¶
Cela changera tout. ¶
Je peux voir, en cela, la fin de la guerre, un jour. ¶
Je peux voir la joie des femmes et des petits enfants, un jour. ¶
Je peux voir des villes et de grands espaces de terre remplis de bonheur. ¶
Je peux voir l'amour briller sur chaque visage. ¶
Il n'y aura plus de péché, plus de douleur, plus de perte, plus de mort — ¶
Seulement la vie, seulement Dieu — un jour où ¶
Le monde aura appris. ¶
Je prie que nous puissions ressentir vivement deux choses en ce jour. Je prie que l'Esprit de notre Seigneur et Sauveur trouve refuge dans nos âmes comme jamais auparavant, et que nous tenions pour sacrée, comme un dépôt de Dieu, la Constitution des États-Unis. Que Dieu nous accorde de toujours voir ce qui est juste, je le demande au nom de Jésus. Amen. ¶