Pulpit

Message de la Première Présidence

Heber J. Grant

Conférence générale d'octobre 1936·Session du matin du premier jour·1936-10-02

Je suis très heureux d'avoir le privilège de me réunir de nouveau avec les saints en conférence générale. Je vais d'abord lire un message de la Première Présidence à l'Église :

LE MESSAGE DE LA PREMIÈRE PRÉSIDENCE À L'ÉGLISE

Comme promis à la dernière conférence d'avril, nous avons inauguré un Plan de sécurité de l'Église. Pour faciliter la mise en œuvre du Plan, nous avons organisé un Comité général dont les fonctions étaient de représenter l'Épiscopat président dans le travail administratif détaillé de coordination et de supervision des travaux des diverses organisations régulièrement établies de l'Église dans leurs vastes et importantes opérations de sécurité.

Le Plan de sécurité n'envisageait aucun nouveau mécanisme pour ce travail, mais prévoyait l'utilisation de toutes les organisations existantes de l'Église — les organisations de pieu et de paroisse, les collèges de la prêtrise, la Société de secours et les diverses organisations auxiliaires — chacune devant rendre le service maximum qu'elle pouvait fournir dans l'intérêt du bien-être général de l'Église.

OBJECTIF : POURVOIR AUX NÉCESSITÉS

L'objectif annoncé fixé à l'Église dans le cadre de ce programme était de fournir, d'ici le 1er octobre 1936, par un système entièrement volontaire de dons en espèces ou en nature, suffisamment de nourriture, de combustible, de vêtements et de literie pour subvenir, pendant l'hiver à venir, aux besoins de chaque famille de l'Église nécessiteuse et méritante incapable de se les procurer elle-même, afin qu'aucun membre de l'Église ne souffre en ces temps de détresse et d'urgence.

LE TRAVAIL POUR REMPLACER L'OISIVETÉ

Notre but premier était d'établir, dans la mesure du possible, un système par lequel le fléau de l'oisiveté serait éliminé, les maux de l'assistance publique abolis, et l'indépendance, l'industrie, l'économie et le respect de soi de nouveau établis parmi notre peuple. Le but de l'Église est d'aider les gens à s'aider eux-mêmes. Le travail doit être rétabli comme principe directeur de la vie des membres de notre Église.

Notre grand dirigeant, Brigham Young, dans des conditions semblables, a dit :

Mettez les pauvres au travail — à planter des vergers, à fendre des rails, à creuser des fossés, à faire des clôtures, ou toute autre chose utile, afin de leur permettre d'acheter de la farine de maïs, de la farine et les nécessités de la vie.

Cette recommandation est aussi opportune aujourd'hui qu'au moment où Brigham Young l'a faite.

CONTRIBUTIONS EN TRAVAIL

Les moissons n'étant pas encore entièrement terminées, il n'est pas possible de faire un rapport définitif sur notre situation actuelle dans le cadre du Plan, mais nous sommes heureux de faire la déclaration préliminaire suivante :

Conformément au Plan, tout ce qui a été accompli l'a été par le don ou le travail purement volontaire des membres de l'Église, ainsi que par les dons de nombreux non-membres qui ont contribué très généreusement de leurs biens pour aider l'Église dans ses efforts. Nous tenons à les remercier tout particulièrement de leur aide.

Plus de 15 000 personnes ont accompli un travail sur divers projets de pieu et de paroisse en rapport avec ce Plan. Beaucoup d'entre elles ont donné leur travail gratuitement ; d'autres ont reçu pour leurs services des certificats de travail leur donnant droit à de l'aide pendant l'hiver à venir. Des centaines de milliers d'heures de travail ont été fournies par le peuple pour cet objectif nécessaire et louable.

Le Plan de sécurité de l'Église prévoit que ceux qui travaillent actuellement sur des projets de la WPA continuent sur ces projets, en veillant à fournir une pleine journée de travail pour la valeur reçue, mais on attend d'eux qu'ils consacrent leur temps, lorsqu'ils ne sont pas ainsi employés, à la réalisation du Plan.

L'Église vise à aider à pourvoir aux soins et à l'entretien de ceux qui reçoivent une assistance directe — fédérale, d'État ou de comté — ainsi que de ceux dont l'Église s'est occupée jusqu'à présent. Le nombre exact de ces personnes ne peut être donné avec certitude à l'heure actuelle, mais il pourrait s'élever jusqu'à 15 000. Nous avons de très solides raisons de croire que nous serons en mesure de leur apporter l'aide dont elles ont besoin.

RAPPORTS DES PIEUX

Le 1er octobre, date fixée pour la remise des rapports, 98 pieux sur un total de 117 avaient fait un rapport sur leurs organisations et leurs réalisations, et 83 ont répondu qu'ils étaient prêts à fournir nourriture, vêtements, literie, etc., à toute personne dans le besoin.

Nous félicitons les présidences de pieu et les épiscopats de paroisse pour cet excellent bilan de promptitude et d'efficacité.

Il est également prévu que, dans le cadre de ce plan, on cherche et obtienne du travail pour les chômeurs dans les industries privées, soulageant ainsi à la fois le gouvernement et l'Église. À ce jour, plus de 700 personnes ont été ainsi placées par les agences de sécurité. Les efforts dans ce sens seront poursuivis avec constance.

RÉSULTATS DÉTAILLÉS

Comme il a déjà été dit, les moissons ne sont pas encore terminées, et les résultats sont donc nécessairement incomplets, mais les données disponibles montrent, quant aux denrées alimentaires actuellement en réserve, les articles suivants :

Blé, plus de 4 000 boisseaux.

Haricots, plus de 13 000 livres.

Fruits secs, plus de 23 000 livres.

Viande, plus de 10 000 livres.

Légumes, plus de 14 000 livres.

Pommes de terre, plus de 6 000 boisseaux.

Maïs égrené, plus de 3 000 livres.

Farine, plus de 62 000 livres.

Fruits et légumes en conserve, près de 300 000 boîtes.

Il existe un certain nombre d'autres denrées alimentaires en moindres quantités.

Il y a plus de 23 000 articles de vêtements pour hommes, femmes et enfants, y compris des robes, des sous-vêtements, des manteaux, des costumes, des bas, des chaussettes et des chaussures.

Il y a plus de 2 000 courtepointes déjà confectionnées ; et d'autre literie est accumulée en quantités substantielles.

Des dispositions sont en cours pour l'approvisionnement en combustible selon les besoins.

Le résumé partiel qui précède indiquera ce que le peuple a accompli dans le court laps de temps de cinq mois seulement. C'est une promesse éclatante de ce que le peuple est capable d'accomplir lorsqu'il met sa volonté et son cœur à cette œuvre.

LES PAROISSES ET LES PIEUX DOIVENT S'ENTRAIDER

Chaque paroisse et chaque pieu doivent faire face à la nécessité, non seulement de pourvoir aux besoins des leurs, mais aussi d'aider d'autres paroisses et d'autres pieux. Ce n'est qu'ainsi qu'il sera possible d'accomplir l'œuvre que l'Église se propose de faire. Peu de pieux et de paroisses sont en mesure de se contenter légitimement de ne s'occuper que des leurs.

Cette grande œuvre doit se poursuivre sans relâche pendant les mois d'hiver, dans toutes les voies et activités possibles en cette saison rigoureuse. Lorsque le printemps viendra, les mesures prises pour fournir des denrées alimentaires devront être redoublées. Nous serons alors facilement en mesure de faire mieux que cette année, car nous pourrons commencer notre travail dès le début de la saison des semailles. Nous ne devons pas envisager de cesser nos efforts extraordinaires tant que le besoin et la souffrance n'auront pas disparu du milieu de nous.

La responsabilité de veiller à ce que personne n'ait faim, ne souffre du froid ou ne soit insuffisamment vêtu incombe aux évêques, chacun pour les membres de sa propre paroisse. Il utilisera toutes les organisations de l'Église de sa paroisse pour l'aider dans son travail. Pour une aide en dehors de sa paroisse, il s'adressera pour l'assistance nécessaire à sa présidence de pieu, celle-ci à son organisation régionale, et celle-ci à l'Épiscopat président de l'Église, dont la responsabilité première est de veiller sur les pauvres de l'Église dans son ensemble.

LES SAINTS DES DERNIERS JOURS ABONDAMMENT BÉNIS

Pour cette grande entreprise, le Seigneur a déjà abondamment béni son peuple, et il continuera à répandre ses bénédictions tant que le peuple accomplira son devoir envers les pauvres.

Il y a bien des générations, le Seigneur dit à l'Israël d'autrefois, l'exhortant à payer sa dîme dans son entrepôt :

Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu'il y ait de la nourriture dans ma maison ; mettez-moi de la sorte à l'épreuve, dit l'Éternel des armées. Et vous verrez si je n'ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance.

À cette génération, le Seigneur a dit:

Et si tu donnes une partie de ta substance aux pauvres, c'est à moi que tu la donneras.

Et le Seigneur a ajouté cette recommandation:

C'est pourquoi, si quelqu'un prend de l'abondance que j'ai faite et ne donne pas sa part, selon la loi de mon Évangile, aux pauvres et aux nécessiteux, il lèvera avec les méchants les yeux en enfer, en proie aux tourments.

Jacob, parlant au peuple de Néphi, dit :

Mais avant de rechercher la richesse, recherchez le royaume de Dieu. Et lorsque vous aurez obtenu l'espérance dans le Christ, vous obtiendrez la richesse, si vous la recherchez ; et vous la rechercherez dans l'intention de faire le bien — pour vêtir les nus, et pour nourrir les affamés, et pour délivrer les captifs, et pour apporter du soulagement aux malades et aux affligés.

RECONNAISSANCE POUR LE SERVICE

Nous sommes reconnaissants envers notre Père céleste pour sa bonté envers ce peuple durant cette année, pour les récoltes abondantes qu'il lui a données, et pour la mesure de prospérité qui est venue au milieu de nous.

Nous avons mis le Seigneur à l'épreuve, et il a ouvert les écluses des cieux.

Nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui ont contribué de leurs biens à notre réalisation. Nous remercions tous ceux qui ont servi si longtemps et si sincèrement dans l'élaboration de ce programme, et tout particulièrement ces quelque 15 000 membres de l'Église qui y ont été directement associés.

Nous invoquons les bénédictions du Seigneur sur chacun et chacune de vous. Nous prions continuellement le Seigneur d'inspirer son peuple, afin que nous soyons de nouveau capables de subvenir aux besoins de tous ceux qui, parmi nous, méritants, ont connu des temps difficiles en ces jours de détresse.

(Fin du Message)

LE TRAVAIL HONNÊTE

Lorsque nous demandons au peuple de continuer à travailler pour la WPA, nous lui demandons de travailler avec énergie. On m'a dit que mon père, qui fut dans les premiers temps le surintendant des travaux publics (et c'étaient les travaux publics de l'Église qui construisirent cet édifice — forge, atelier de charpente et autres), disait : « Je peux distinguer chaque homme qui travaille à la journée et chacun qui travaille à la tâche. Je trouve des hommes qui travaillent à la journée — à la journée — à la journée ; et je les trouve qui travaillent à la tâche, à la tâche, à la tâche, à la tâche, à la tâche — à la tâche, à la tâche, à la tâche, à la tâche. »

Maintenant, nous voulons que notre peuple qui travaille pour la WPA travaille à la tâche et non à la journée.

CITE BRIGHAM YOUNG

Je désire attirer l'attention sur une déclaration du président Brigham Young :

Mon expérience m'a enseigné, et c'est devenu pour moi un principe, qu'il n'est jamais avantageux de donner purement et simplement, à un homme ou à une femme, de l'argent, de la nourriture, des vêtements ou toute autre chose, s'ils sont valides et peuvent travailler et gagner ce dont ils ont besoin, lorsqu'il y a quoi que ce soit sur terre pour eux à faire. C'est mon principe, et je m'efforce d'agir en conséquence. Suivre une voie contraire ruinerait n'importe quelle communauté au monde et en ferait des oisifs.

Et ce qui ruinerait une communauté ruinerait un État, et je pourrais faire remarquer, incidemment, une nation aussi.

LA CONSTITUTION INSPIRÉE

La Constitution des États-Unis est un glorieux étendard ; elle est fondée sur la sagesse de Dieu. C'est une bannière céleste ; elle est, pour tous ceux qui ont le privilège de jouir des douceurs de la liberté, comme l'ombre fraîche et les eaux rafraîchissantes d'un grand rocher dans une terre lasse et assoiffée. Elle est comme un grand arbre, sous les branches duquel des hommes de tous les climats peuvent être protégés des rayons brûlants du soleil. — Joseph Smith.

Depuis mon enfance, j'ai compris que nous croyons absolument que la Constitution de notre pays fut un instrument inspiré, et que Dieu dirigea ceux qui la créèrent et ceux qui défendirent l'indépendance de cette nation. En d'autres termes, qu'il combattit avec Washington et d'autres pendant la guerre d'Indépendance.

Dans la section 134 de la Doctrine et Alliances, nous trouvons ce qui suit:

Nous croyons que les gouvernements ont été institués par Dieu pour le bénéfice de l'homme et qu'il tient les hommes pour responsables de leurs actes vis-à-vis d'eux, tant pour la promulgation de lois que pour leur application pour le bien et la sécurité de la société.

Nous croyons qu'aucun gouvernement ne peut vivre en paix si ne sont arrêtées et ne demeurent inviolées des lois qui garantissent à chacun la liberté de conscience, le droit à la propriété et la protection de la vie. . . .

Nous ne croyons pas qu'il soit juste de mêler l'influence religieuse au gouvernement civil, de sorte qu'une organisation religieuse est favorisée et qu'une autre se voit entravée dans ses droits spirituels et que ses membres se voient dénier personnellement leurs droits de citoyens.

SE FÉLICITE DE L'AUGMENTATION DES DÎMES ET DES OFFRANDES

C'est avec un très grand plaisir que j'annonce que nous avons connu une augmentation remarquable et magnifique des dîmes du peuple depuis que ce Plan de sécurité a été annoncé pour la première fois. Nous avons également connu, si je me souviens bien, une augmentation de bien 100 pour cent du montant des offrandes de jeûne versées. Je m'en réjouis, et lorsque nous demandons au peuple de renoncer à l'« assistance publique », pour ainsi dire, nous demandons à tout homme qui possède une ferme de la cultiver et de ne pas la laisser en friche, et de percevoir de l'argent du gouvernement des États-Unis.

Le caissier d'une banque m'a raconté qu'un homme était entré dans sa banque et voulait emprunter de l'argent. Il lui dit : « Oui, vous pouvez l'avoir comme d'habitude, si vous me donnez une hypothèque sur votre récolte. »

Il répondit : « Oh, je ne cultive plus maintenant ; je reçois plus d'argent du gouvernement que je n'en obtiendrais des récoltes cultivées sur ma ferme. Je vous donnerai un ordre sur le gouvernement. »

RECONNAISSANCE POUR LE CHANGEMENT D'ATTITUDE

Depuis notre conférence d'il y a six mois, il m'est arrivé de visiter un très grand nombre d'endroits. Je me suis d'abord rendu à Detroit, dans le Michigan, où j'ai assisté à une convention du Farm Chemurgic Council et où j'ai été l'un des orateurs. Mes remarques furent accueillies avec un tel enthousiasme et de tels applaudissements que je crois que, pour la première fois de ma vie, lorsque je me suis retiré ce soir-là, j'ai été incapable de dormir pendant de nombreuses heures à cause de la gratitude qui remplissait mon cœur pour le merveilleux changement survenu dans l'attitude du monde en général envers notre peuple. Quand je pensais aux persécutions, aux épreuves et aux tribulations de notre peuple ; quand je pensais à ma propre mère rejetée par ses frères et chassée comme une chose mauvaise ; quand je pensais à mon travail en Angleterre pendant trois longues années, durant lesquelles quelques-unes des choses les plus méchantes, les plus viles et les plus diaboliques que l'on puisse imaginer furent publiées dans les journaux au sujet de notre peuple ; et quand je me rappelais que je n'avais pu obtenir une seule ligne de réfutation dans aucun de ces journaux, et puis quand je pensais au grand nombre d'hommes influents — parmi les plus grands, sinon les plus grands financiers de notre pays — applaudissant mes remarques qui relataient pratiquement les accomplissements de l'Église, et les applaudissant chaleureusement, il m'était impossible de dormir.

EXPÉRIENCE AVEC UN RÉDACTEUR DE LONDRES

Pour vous donner un exemple de mes expériences en Angleterre — je vous l'ai peut-être déjà raconté, mais je le referai — j'apportai au rédacteur en chef d'un journal de Londres une lettre de la compagnie de navigation avec laquelle nous faisions affaire depuis plus de 50 ans, attestant de mon intégrité, de mon honnêteté et de la fiabilité de tout ce que je pourrais dire à ce journal. Lorsque je présentai ma lettre, on me dit que le rédacteur en chef n'était pas là, mais que le rédacteur adjoint, M. Robinson, me recevrait. En passant, cette lettre attestait non seulement de mon intégrité, mais aussi de l'intégrité et de l'honneur de tout homme qui, depuis 50 ans, avait présidé la Mission européenne de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

Le monsieur me demanda ce qu'il pouvait faire pour moi. Je lui dis que cela me ferait grand plaisir s'il me permettait d'écrire une réponse pour réfuter les nombreux mensonges vils et méchants qui avaient été publiés dans son journal au sujet de l'Église.

Il dit : « Oh, nous n'avons rien publié de faux ; nous avons publié exactement ce qui est juste à propos de vous, les mormons. »

Je répliquai : « Oui, mon ami, lorsqu'un homme en traite un autre de menteur, il pense agir avec raison, mais si cet homme n'est pas un menteur, cela n'en fait pas un. Je sais avec certitude que tout ce que vous avez publié dans votre journal à notre sujet est un mensonge. »

« Peu importe ce que vous prétendez, nous ne publierons rien de ce que vous écrivez. »

Je dis : « Je vous mets au défi d'obtenir une lettre de recommandation de quelque personne responsable attestant de l'un quelconque des individus qui vous ont fourni ces mensonges. Je peux vous fournir des lettres de recommandation de tous les banquiers non mormons de Salt Lake City. Je n'ai aucune recommandation de mormons, car cela n'aurait pas plus de valeur que si j'écrivais moi-même une lettre disant : « À qui de droit : le porteur, M. Heber J. Grant, est strictement honnête. Respectueusement, Heber J. Grant. » J'ai des lettres de banquiers de New York, de Chicago et de San Francisco, qui ne sont pas membres de notre Église, de la maison H. B. Claflin and Company, le plus grand magasin de nouveautés de New York, signées par le président, attestant de mon intégrité et de mon honnêteté, et je vous assure que tout ce que vous avez publié dans votre journal au sujet des mormons est un mensonge. »

Il dit : « Peu importe ce que vous m'assurez. Nous ne publierons rien de ce que vous avez à dire. »

Je dis : « Bonne journée, monsieur. »

J'allai à la porte et l'ouvris, puis j'ôtai mon chapeau haut-de-forme.

Lorsque j'étais là-bas, il y a bien plus de 30 ans, un homme n'était pas considéré digne d'être appelé ministre s'il ne portait pas une redingote Prince Albert et un chapeau haut-de-forme. Pour la première fois de ma vie, je portais les deux.

Le garçon m'avait dit que M. Robinson, le rédacteur adjoint, me recevrait — c'était en bas, avant que je monte à son bureau. Et j'avais une idée que je comptais utiliser plus tard si nécessaire. Je me retournai et dis : « Excusez-moi », et j'utilisai l'idée qui m'était venue en bas.

« Au fait, dis-je, le garçon qui m'a accueilli en bas m'a dit que M. Robinson, le rédacteur adjoint, me recevrait, le rédacteur en chef n'étant pas là ; vous n'êtes donc que le rédacteur adjoint. Vous appelez-vous Robinson ? » « Oui. »

« Êtes-vous parent de Phil Robinson ? » « Oh, non. »

« Connaissez-vous Phil Robinson ? »

« Si je connais Phil Robinson ? Tout le monde connaît Phil Robinson. »

« Eh bien, je suis heureux de le savoir. Était-il le correspondant du London Daily Telegraph pendant la guerre des Boers, l'un des deux plus grands journaux de Londres ? » Et j'insistai sur « plus grands », parce que son journal n'était pas l'un des deux.

« Oui, c'était lui. »

« Et croiriez-vous tout ce qu'il a écrit ? » « Oui. »

« Alors achetez son livre intitulé Sinners and Saints ; il ne vous coûtera que deux shillings. Phil Robinson a visité l'Utah et a parcouru tout l'État avec l'un des apôtres (feu John Henry Smith était cet homme), et si vous achetez ce livre, monsieur, vous constaterez que tout ce que vous avez dit dans votre journal est un mensonge malveillant.

Il dit : « Vous m'étonnez. »

Je dis : « Vous n'êtes pas le seul homme à avoir été étonné en se heurtant au problème mormon. » Il dit : « Écrivez-moi une demi-colonne. »

Je dis : « Les petites faveurs sont reçues avec reconnaissance, les grandes en proportion. Sept à dix colonnes de mensonges et une demi-colonne de réfutation. Merci, vous l'aurez dans les deux heures. »

Il l'obtint bel et bien, la garda le mois ou les deux mois habituels, puis la retourna en déclarant que le rédacteur en chef regrettait beaucoup, mais qu'il ne pouvait trouver de place pour le manuscrit retourné. Chaque fois que j'ai reçu de telles lettres de regret, j'ai pensé au dicton : « Le mensonge poli est un art de gentleman, il facilite les affaires, farde les faits désagréables et favorise l'amitié. »

Cela ne favorise aucune amitié avec moi ; cela ne fait que provoquer un dégoût complet lorsque des hommes disent qu'ils regrettent alors que je suis sûr qu'ils mentent.

HONORÉ À LA CONVENTION

Mes remarques à Detroit firent une impression très profonde et favorable pour les Saints des Derniers Jours et leurs accomplissements. Le président de l'association me demanda de bien vouloir parler de nouveau au banquet qui avait été annoncé et auquel environ 1 200 personnes étaient présentes, et j'eus le plaisir de parler brièvement une seconde fois. Toutes mes remarques devant la conférence furent publiées sous forme de brochure, et mes remarques au banquet furent publiées sous une forme abrégée. Les remarques dans leur intégralité parurent dans l'Improvement Era. J'ai une lettre du directeur général disant : « M. Grant, c'est l'opinion consensuelle de plusieurs dizaines d'hommes que j'ai rencontrés depuis la convention que vous êtes descendu à Detroit et avez volé la vedette à notre convention. »

Il m'est arrivé de faire un voyage très agréable avec ma femme et presque tous mes enfants en Alaska, et de parler, au cours de ce voyage, à Seattle, à Portland et à Boise. Nous avons passé un moment très agréable et avons vu un pays remarquable et merveilleux, en ce qui concerne les paysages.

Ensuite, il m'est arrivé d'assister à un rassemblement de la famille Grant à Galesburg, dans l'Illinois, et je crois avoir fait quelque bien en rencontrant les enfants et petits-enfants des frères et sœurs de mon père. Je m'y suis beaucoup plu et j'espère un jour leur faire une impression favorable, et réussir à en amener quelques-uns dans l'Église. J'ai reçu un certain nombre de lettres de certaines de ces personnes et leur ai envoyé des livres et des tracts, et certaines ont remarqué qu'elles auraient aimé être ici pour pouvoir assister à nos réunions. Je ne suis pas sûr qu'elles ne voudraient pas se joindre à l'Église. J'ai tenu des réunions avec les saints à Galesburg. La majorité de l'auditoire était composée de non-mormons.

Il m'est arrivé de me rendre à Estes Park, au Colorado, où je prononçai un discours d'une heure entière devant l'Institute of Human Relations pour défendre notre peuple, ce qui fut la seule fois de ma vie où il me fut permis de me trouver avec des gens qui exposaient la foi de diverses organisations religieuses, parmi les orateurs se trouvant un monsieur venu de Chine. Mes remarques furent accueillies avec bienveillance, comme cela avait été le cas à Detroit.

Lorsque je considère le changement d'attitude qui s'est produit, mon cœur se remplit de gratitude.

EXPÉRIENCES AU JAPON

Lorsque je me rendis au Japon, nous avions pris toutes les dispositions pour loger et prendre pension dans un très bel endroit surplombant la ville, sur une falaise, un site délicieux. Je remis ma carte au monsieur après que les arrangements eurent été faits et nos chambres choisies, et il dit : « Eh bien, de Salt Lake City ! Je suis content de vous voir. Nous attendons des prédicateurs de Salt Lake City. »

Je dis : « Retournez la carte et peut-être trouverez-vous qu'ils sont arrivés.

Il retourna la carte et vit les Articles de foi de notre Église. Il dit : « Oh, vous ne pouvez pas rester dans ma maison, je ne permettrais pas à un mormon de dormir sous mon toit. »

Je dis : « Merci. »

Il courut à un journal, publié par un Anglais, et en anglais, d'ailleurs, pour raconter qu'il ne laisserait pas un mormon dormir sous son toit.

Frère Louis A. Kelsch, dès notre arrivée à Yokohama, alla voir un ministre dont il avait vu la photo dans un journal, je crois que c'était à St. Paul ; il avait vu une photo de ce ministre prise au Japon avec deux convertis. Frère Kelsch découpa la photo du journal parce qu'une voix, au sens figuré, sans faire aucun bruit — une communication à cette partie de lui-même qui vivra après sa mort — dit : « Tu rencontreras cet homme au Japon. »

Lorsqu'il revint à Chicago, il dit à sa femme : « Frère Grant a été appelé en mission au Japon, je le vois dans The News, et je connais deux hommes qui vont l'accompagner. » C'était à la table du dîner. Il n'avait alors reçu aucun avis de son propre appel.

« Qui sont-ils ? » demanda-t-elle.

Il dit : « L'un d'eux est Horace S. Ensign, l'autre je préfère ne pas le mentionner. »

Cette nuit-là, après qu'il se fut couché, sa femme dit : « Lou, es-tu l'autre ? »

Il dit : « Oui. »

RENCONTRE LE MINISTRE

Comme je le disais, dès son arrivée au Japon, il rendit visite à ce monsieur, et le ministre fut ravi de le rencontrer. Il lui montra la photo et dit : « Une voix m'a dit que je devais vous rencontrer au Japon. Me voici. Je suis ravi de vous rencontrer. »

Le ministre continua à lui parler et dit : « Vous savez, nous attendons des mormons ici et nous nous sommes tous unis pour demander au gouvernement de ne pas leur permettre de prêcher ici. »

Frère Kelsch dit : « Retournez cette carte et peut-être trouverez-vous qu'ils sont arrivés », et lui donna son opinion, en bon anglais bien clair, sur son esprit chrétien.

Le rédacteur du journal « éreinta » littéralement l'homme qui avait refusé de nous laisser loger dans sa pension. Je rendis visite au rédacteur du journal et le remerciai d'avoir attaqué cet homme pour son manque de christianisme et de respect convenable envers autrui, et il dit : « Ne vous donnez pas la peine de me remercier. J'ai lu des histoires à votre sujet, et je vais en publier beaucoup. »

Je dis : « Allez-y. Plus vous en publierez, plus je vous en serai reconnaissant, si seulement vous me donnez le privilège d'y répondre. »

« Vous aurez tout l'espace que vous voudrez. »

ÉCRIT UNE RÉPONSE

Il publia un certain nombre de choses peu flatteuses, et je pris de l'espace, occupant une page entière et une fraction pour y répondre. Puis il y eut une autre petite publication contre nous, et j'écrivis une autre longue réponse. Le monsieur conclut sans doute que l'espace était trop précieux pour me laisser dire tout ce que je voulais dire, de sorte qu'il n'y eut plus d'attaques.

Mon cœur déborde de gratitude pour le splendide accueil réservé à mon discours au Colorado.

VISITE AU CANADA

Ensuite, il m'est arrivé de me rendre à Butte, dans le Montana, puis à Great Falls, dans le Montana, où je tins une réunion, puis nous nous rendîmes au Canada, au pieu de Taylor, où une célébration était donnée en l'honneur de frère Heber S. Allen, ancien président du pieu, et nous tînmes également des réunions à Cardston. J'eus alors le grand plaisir de visiter les Rocheuses canadiennes et d'y admirer les beaux paysages, et je visitai aussi le parc des Glaciers. Le parc des Glaciers et les Rocheuses canadiennes surpassent de loin tout ce que j'ai vu en Suisse, à mon avis ; et pourtant un grand nombre de gens, des centaines de milliers, traversent l'océan pour voir quelque chose qui n'atteint pas le niveau de ce qu'ils pourraient voir ici, chez eux, et au Canada, sans parler de la rive nord du Grand Canyon, de Bryce, de Cedar Breaks et du parc de Zion, qui les surpassent tous et qui nous appartiennent ici, chez nous. En revenant du Canada, nous tînmes des réunions à Spokane, dans l'État de Washington, à Butte, dans le Montana, et à Idaho Falls.

CONSÉCRATION DU MONUMENT DES PIONNIERS

L'un des événements les plus importants, et peut-être le plus important, survenus depuis notre dernière conférence, est que, le 19 septembre, un train spécial quitta Salt Lake City pour Omaha, où des autobus nous conduisirent de la gare au cimetière des pionniers de Winter Quarters, où près de six cents de nos gens sont enterrés. Sur ce train spécial de plusieurs wagons, je n'ai pas vu une seule cigarette, ce qui était remarquable de nos jours. Depuis plusieurs années, je n'ai pas pris un repas dans un wagon-restaurant sans qu'il n'y ait d'une à une demi-douzaine, et parfois dix dames fumant des cigarettes, sans parler des hommes.

Nous eûmes un petit concert dans le wagon panoramique et d'excellents chants par un très beau quatuor, ainsi que des chants en groupe. Je pense que c'était sans doute la première fois dans l'histoire de ce wagon que des gens s'y trouvaient sans qu'il y ait un seul fumeur.

Je crois qu'il y avait plus de trois mille personnes présentes aux services de consécration. Le Seigneur bénit ceux qui parlèrent et ceux qui écoutèrent. Nous passâmes un moment magnifique. Je ne crois pas qu'il existe, dans tous les États-Unis, un monument plus beau ou plus raffiné que celui de frère Avard Fairbanks. Je crois que c'est son chef-d'œuvre, et qu'il lui vaudra la réputation de tous ceux qui le verront. La tristesse dépeinte sur le visage de la mère alors qu'elle regarde dans la tombe de son bébé est tout simplement merveilleuse.

Quand je pensais à des gens qui refusaient jadis de louer, même contre argent, des salles où les mormons auraient pu se réunir, et que je pensais ensuite à ce merveilleux Joslyn Memorial Building qui nous fut offert pour les services du dimanche soir, je fus de nouveau incapable de dormir aussi bien que d'habitude. Je pense que le marbre des marches qui mènent à l'entrée de cet édifice suffirait amplement à construire un bâtiment ordinaire.

CROISSANCE DE L'ÉGLISE

À l'exception des périodes où j'ai été absent de chez moi, je crois que, durant les six derniers mois depuis notre conférence, il n'y a pas eu plus d'un ou deux dimanches où il ne m'est pas arrivé de consacrer soit un édifice de pieu, soit une maison de réunion de paroisse. L'Église grandit en puissance, en capacité et en force dans tous les domaines. L'accroissement de la dîme et des dons parle de lui-même.

Je me suis réjoui du très grand nombre de magnifiques et remarquables maisons de réunion que nous construisons. L'Église a fourni beaucoup d'emploi en augmentant le montant qu'elle accorde au peuple lorsqu'il érige des maisons de réunion. Nous leur donnons maintenant soixante pour cent du coût total, prélevé sur les dîmes, au lieu de rien, comme c'était le cas lorsque j'étais président du pieu de Tooele de Sion. Nous devions y construire nous-mêmes nos maisons de réunion, et l'Église ne donnait rien, car elle n'était pas en mesure de donner quoi que ce soit. L'Église commença finalement à donner un quart, puis un tiers, puis cinquante pour cent, et maintenant nous sommes en mesure, grâce à l'augmentation des dîmes du peuple, de donner soixante pour cent du coût de construction des maisons de réunion. Et sur les quarante pour cent restants, je ne crois pas que le peuple ait besoin d'en réunir la moitié. La quantité de travail que le peuple peut fournir dans ses paroisses comble la différence. Sion grandit certainement, et tout va bien.

LE PLAN TOWNSEND

Nous avons en ce moment une grande campagne politique, et je veux dire aux saints que j'espère qu'ils ne laisseront pas leurs affiliations politiques, leur intérêt pour les affaires politiques, engendrer des sentiments de malveillance les uns envers les autres. J'ai reçu quelques-unes des lettres les plus insultantes qui me soient jamais parvenues, me condamnant de ne pas être favorable au Plan Townsend, et prétendant que je devais ignorer ce Plan. Je n'ignore pas le Plan. Je n'en ai pas lu chaque mot, mais j'ai demandé à l'une de mes secrétaires de lire le Plan mot à mot et de me donner les points importants, et, à mon avis, il est en opposition directe avec tout ce que j'ai cité ici aujourd'hui de Brigham Young et des révélations du Seigneur. L'idée de permettre à tout homme et à toute femme ayant atteint l'âge de soixante ans et désirant se retirer du travail de recevoir 200 dollars par mois du gouvernement ! Rien n'est plus vrai que la déclaration de Brigham Young selon laquelle nous ne devrions rien donner aux gens, à moins qu'ils ne soient incapables de travailler, sans exiger qu'ils fassent quelque chose en retour.

Je veux dire au peuple qu'un de mes parents les plus proches et les plus chers m'a critiqué pour ne pas être favorable au Plan Townsend. Je l'aime tout autant que s'il ne m'avait pas critiqué. Je consens parfaitement à ce qu'il pense, croie et agisse exactement comme il l'entend ; je veux que chacun fasse de même ; je ne veux pas que le peuple de l'Église, lorsqu'il travaille pour le gouvernement, travaille à la journée — à la journée — à la journée ; mais je veux qu'il travaille à la tâche, à la tâche, à la tâche.

Que tout Saint des Derniers Jours qui possède une ferme la cultive, et n'essaie pas d'emprunter de l'argent qui serait remboursé par le gouvernement. Que tout homme sente qu'il est l'architecte et le bâtisseur de sa propre vie, et qu'il se propose d'en faire une réussite par le travail. « Tu travailleras six jours et tu feras tout ton ouvrage », et tu te reposeras le septième, et ne consens pas à travailler quatre ou cinq jours pour ensuite ne travailler qu'à moitié. Que tout Saint des Derniers Jours donne la juste valeur pour tout ce qu'il reçoit, que ce soit en travail ou en quoi que ce soit d'autre qu'il fasse.

En parlant de la campagne politique en cours, j'ai souvent fait remarquer que je pensais que la politique ressemble un peu à la rougeole. On m'a assuré que la rougeole n'est jamais grave si elle ne se retire pas à l'intérieur ; si l'on prend un peu de thé au safran et qu'on la garde en surface, tout va bien, mais lorsqu'elle se retire à l'intérieur, elle rend louche, et j'ai entendu dire qu'elle fait aussi jaunir la peau.

DES CANTIQUES QUI MÉRITENT D'ÊTRE APPRIS PAR CŒUR

Je voudrais que tout Saint des Derniers Jours apprenne ce cantique et se le répète maintes et maintes fois durant cette campagne — vous le trouverez à la page 66 du recueil de cantiques. Je vais vous dire comment je me souviens de cette page. Nous tenons nos conférences le 6 avril et le 6 octobre, à condition que le 6 octobre tombe de façon à avoir un dimanche près de cette date ; vous pouvez tous vous souvenir de six pour octobre et de six pour avril, ce qui donne soixante-six, et c'est la page où se trouve le cantique ; ainsi vous ne pouvez pas dire « je voudrais l'apprendre, mais je ne sais pas où il se trouve », vous ne pouvez pas oublier où il se trouve.

Si tu te sens porté à blâmer

Les fautes que tu vois chez d'autres, interroge d'abord ton propre cœur,

Pour voir si lui-même n'a pas, aussi, des défauts.

Ne romps pas les vœux de l'amitié ;

Efforce-toi plutôt de gagner un ami ; bien des paroles dites sous la colère

Reviennent frapper celui qui les a prononcées.

Ne va donc pas, par plaisir frivole,

Te jouer de la réputation d'un frère, garde-la comme un trésor précieux,

Sacrée comme ton propre bon nom.

Ne forme pas d'opinions à la légère ;

La précipitation mène au trouble ; ceux dont nous pensions du mal

Deviennent souvent nos plus chers amis.

Il y a ensuite un autre cantique que je voudrais que vous appreniez tous, que vous trouverez dans le même recueil ; je ne puis vous dire la page, mais il y est. J'ai essayé de le faire inclure dans le recueil de cantiques pendant une quarantaine d'années avant d'y parvenir, mais j'en ai distribué des milliers et des milliers d'exemplaires en Amérique et pendant que j'étais en Europe dans le champ de mission, et j'ai demandé à chaque missionnaire de l'apprendre avant qu'il ne soit publié dans notre psalmodie. Je l'ai entendu pour la première fois alors que je me rendais à Oakley, dans l'Idaho, avec le président Francis M. Lyman, il y a 55 ans. Il chanta la chanson, et cette nuit-là, au camp, alors que nous dormions à même le sol, je lui demandai de me la répéter. Je l'écrivis et l'appris le lendemain pendant que nous voyagions.

En passant, il n'existe pas de meilleure preuve de la croissance de l'Église que je puisse donner qu'en racontant ce voyage. Je parcourus quarante milles de Tooele à Salt Lake, puis à travers les pieux de Salt Lake, de Davis et de Weber, vingt milles jusqu'à Brigham City, puis deux jours et demi vers l'ouest à partir de Brigham City, dormant à même le sol deux nuits, jusqu'à une branche de la paroisse de Grantsville du pieu de Tooele de Sion, connue sous le nom d'Oakley. Je crois que nous avons maintenant au moins une demi-douzaine de pieux, sinon plus, à l'ouest de Brigham City. Ma première motion officielle, je crois, après avoir été fait apôtre, fut de présenter Oakley et d'autres paroisses — trois ou quatre d'entre elles ainsi que quelques branches — au pieu de Box Elder. La croissance dans cette région est remarquable.

Voici ce cantique :

Que chacun apprenne à se connaître lui-même ; pour acquérir cette connaissance, qu'il travaille, qu'il corrige en lui-même ces défauts qu'il condamne tant chez son prochain. Avec quelle indulgence nous considérons nos propres fautes, et étouffons habilement la voix de la conscience ; mais oh ! avec quelle dureté nous examinons les mêmes erreurs chez un autre !

Et si tu rencontres quelqu'un dans l'erreur

Dont les actes sont blâmables ou irréfléchis,

Considère, avant de jeter la pierre,

Si toi-même tu es pur et sans faute.

Oh ! écoute cette petite voix intérieure,

Dont les murmures troublent souvent les hommes,

Et ne clame pas le péché d'autrui,

Tu rougirais profondément si le tien était proclamé.

Et si, en te jugeant toi-même, tu trouves,

Que tes actes sont supérieurs à ceux des autres,

La Providence a été bonne envers toi,

Comme tu devrais l'être envers ceux qui te sont inférieurs ;

L'exemple répand un rayon bienfaisant

De lumière que les hommes ont tendance à emprunter ;

Aussi, commence par t'améliorer toi-même aujourd'hui,

Et améliore ensuite tes amis demain.

La première partie de la première strophe forme le refrain, mais je préfère la dernière moitié de la dernière strophe pour le refrain, aussi la répéterai-je :

L'exemple répand un rayon bienfaisant

De lumière que les hommes ont tendance à emprunter ;

Aussi, commence par t'améliorer toi-même aujourd'hui,

Et améliore ensuite tes amis demain.

LE TRAVAIL EST UN BIENFAIT

Je ne demande à aucun homme ni à aucun enfant de cette Église, bien que j'aie quatre-vingts ans le mois prochain, de travailler plus d'heures que moi. J'ai travaillé plus d'un jour depuis trois heures et demie du matin jusqu'à neuf heures du soir. Savez-vous, je ne pense pas que le travail nuise jamais à quiconque. Je ne connais rien qui détruise plus rapidement la santé d'une personne que de ne pas travailler. Il me semble que les paresseux meurent jeunes, tandis que ceux qui sont prêts et disposés à travailler, et qui demandent chaque jour au Seigneur de les aider à faire davantage à l'avenir qu'ils n'ont fait par le passé, ceux-là sont les gens que le Seigneur aime, et ils vivent jusqu'à un âge avancé.

LANCE UN APPEL

Je vous en prie, que tout fermier Saint des Derniers Jours cultive sa terre, car s'il ne le fait pas, il perdra son héritage, et quelqu'un d'autre en prendra possession tôt ou tard. Ne prenez rien de ce que vous êtes capable de produire vous-même.

UN TÉMOIGNAGE

Je suis reconnaissant, au-delà de tout le pouvoir et de la capacité que Dieu m'a donnés de m'exprimer, pour la connaissance qu'il vit, que Dieu est notre Père, et que Jésus-Christ est notre Rédempteur et Sauveur.

Que le Seigneur nous aide, vous et moi, et toute âme qui possède cette connaissance, à travailler de toute la capacité que nous possédons pour amener d'autres à cette même connaissance, par notre exemple. Oh, combien je suis reconnaissant envers notre Père céleste d'avoir jugé bon de choisir Joseph Smith comme instrument entre ses mains pour rétablir de nouveau sur la terre le plan de vie et de salut. Que le Seigneur vous bénisse tous et chacun, et bénisse toute âme honnête sur la terre, et aide chaque Saint des Derniers Jours à vivre de telle sorte que son exemple brille et qu'il aide à amener d'autres à la connaissance de la vérité, telle est ma prière humble, et je la fais au nom de notre Rédempteur, Amen.

Un solo vocal, « Still, Still With Thee », fut chanté par Mme D. Sterling Wheelwright.

Citer ce discoursHeber J. Grant, « Message de la Première Présidence », Conférence générale d'octobre 1936, Session du matin du premier jour (1936-10-02). Pulpit Vault, 1936-10-heber-j-grant-message-of-the-first-presidency. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).