Pulpit

La croissance de l'Église

Rudger Clawson

Conférence générale d'octobre 1935·Session de l'après-midi du troisième jour·1935-10-06

Je regarde les visages d'une multitude de gens. Ce grand tabernacle est comble à craquer, chaque siège est occupé et beaucoup sont debout. Je compatis avec ceux qui sont debout. Assemblé ici se trouve un corps représentatif des membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours — des gens venus de 114 pieux de Sion, et parmi eux des présidences de pieux, des grands conseillers, des évêchés de paroisses, des présidences de collèges de la prêtrise et des organisations auxiliaires.

Lorsque je suis entré au Collège des douze apôtres, il y a trente-six ans, il y avait moins de cinquante pieux de Sion. Aujourd'hui il y en a 114. En vérité, Sion grandit.

LA MUSIQUE APPRÉCIÉE

Frères et sœurs, j'ai été transporté par l'esprit de cette conférence, par le splendide chant que nous avons entendu tout du long, et maintenant, aujourd'hui, par le chant du grand Chœur du Tabernacle. Pour moi c'est merveilleux et inspirant.

Pardonnez-moi si je m'écarte un instant pour dire un mot d'éloge pour le beau travail accompli par le Chœur du Tabernacle, sous la direction du professeur Albert J. Southwick, à la Foire de San Diego. Je n'ai pas eu la bonne fortune d'y être, mais j'en ai lu le récit dans les journaux et l'ai entendu mentionner par un certain nombre de personnes, et je sais qu'ils y ont accompli une grande et bonne œuvre.

LE FONCTIONNEMENT DES LOIS EST INÉLUCTABLE

J'ai été transporté par le témoignage et l'exhortation du président Heber J. Grant dans le discours d'ouverture de cette conférence et par ce qui

a été dit dans tous les discours prononcés jusqu'ici. Nous avons eu une bonne variété d'instructions, mais elles ont toutes été appropriées et se sont fort bien assemblées. Le président Clark a assez vigoureusement souligné la puissance et l'influence de la loi, disant que nous vivons sous un règne de loi. Comme cela est vrai ! Où que nous allions, quelque direction que nous prenions, nous sommes confrontés au glorieux principe de la loi. Dans toute l'Église, dans tous les pieux et paroisses de Sion, vous le rencontrerez. En tant que citoyens de notre grande république américaine, de l'Utah, de Salt Lake City, et de toutes les autres villes du pays, vous serez confrontés au fonctionnement de la loi. Nous ne pouvons y échapper. Depuis le moment où nous naissons jusqu'à celui où nous mourons, nous serons sous l'influence de la loi.

LA LOI DE LA FINANCE

Permettez-moi de vous rappeler, frères et sœurs, que les Saints des Derniers Jours sont un peuple pratique. S'il est dit qu'ils ont affaire aux choses spirituelles, on peut dire avec une égale vérité qu'ils ont aussi affaire aux choses temporelles. La ligne qui sépare le temporel du spirituel — s'il en existe une — n'a jamais été découverte. Et pour ce qui touche au temporel, au commencement de cette œuvre le Seigneur prévit avec une vision claire que son Église ne pourrait être restaurée sur la terre et édifiée sur ce pays si ce n'est par et sous le principe de la loi ; car en effet il donna à l'Église deux lois grandes et importantes — la loi de la Finance et la loi de la Santé. Aussi grande et importante que soit la loi de la finance, ou la dîme, comme nous l'appelons, elle fut donnée avec brièveté et exprimée en des termes si simples qu'un enfant même pouvait la comprendre. Le langage de la loi est, en partie, le suivant :

Et après cela, ceux qui auront été ainsi dîmés payeront annuellement un dixième de tous leurs revenus ; et ce sera pour eux une loi permanente à jamais, pour ma sainte prêtrise, dit le Seigneur.

Très simple, très direct, tout à fait au point. L'observance de cette loi de la finance a, dans bien des cas, apporté le salut temporel à l'Église. En temps de prospérité ? Oui. En temps de panique et de dépression ? Oui. Elle est en fonctionnement constant en toutes circonstances. Elle ne cesse jamais, parce qu'elle doit être une loi permanente pour l'Église à jamais, et il y a aussi quelque chose de spirituel dans cette pensée. Tout membre de l'Église qui a un revenu et refuse de payer sa dîme n'est pas loyal envers la cause. Le Seigneur dit aussi clairement, en rapport avec cette importante loi, que c'est par et à travers cette loi que le pays de Sion doit être sanctifié. Et si le peuple des Saints des Derniers Jours manquait de l'observer, ce ne serait pas pour lui un pays de Sion.

Or cette loi, examinée de près, a suscité l'admiration de bien des Églises chrétiennes, et certains pasteurs ont désiré l'introduire dans leurs communautés, mais pour une raison ou une autre ils n'y parviennent pas ; ils ne semblent pas pouvoir le faire, faute peut-être d'union et de cohésion. Frères et sœurs, nous devrions regarder comme un privilège autant que comme un devoir

d'observer ce saint commandement. Le meilleur moment pour payer la dîme est celui où le revenu nous parvient, que ce soit à la semaine, au mois, ou à la saison. Alors nous serons bien heureux à la fin de l'année de constater que notre dîme est payée et que notre crédit auprès du Seigneur n'est pas entamé.

LA DÉLIVRANCE DE LA SERVITUDE DE LA DETTE

Permettez-moi de vous supplier, frères et sœurs de cette grande assemblée et de l'Église, de ne pas oublier le Seigneur, et le Seigneur ne vous oubliera pas. Je conçois qu'il y en a peut-être beaucoup dans cette assemblée, et beaucoup dans toute l'Église, qui voudraient être délivrés de la servitude de la dette, car elle exerce une pression terrible sur bien des gens. Tout ce que nous avons à dire à cet égard, c'est : payez une dîme honnête au Seigneur, ponctuellement et régulièrement, et il vous bénira et vous aidera à sortir de la dette ; et si cela se produit, frères et sœurs, permettez-moi de dire dans le langage du regretté président Joseph F. Smith : « Ne vous endettez pas. »

J'ai été moi-même endetté, et je ne le suis plus maintenant, grâce au Seigneur, et je désire vous assurer que cela apporte un sentiment de grand confort et que c'est une condition heureuse.

LA LOI DE LA SANTÉ

Maintenant, à propos de la loi de la Santé. N'est-il pas merveilleux que le Seigneur ait été si prévoyant, dès le commencement, de considérer l'importance de la santé de son peuple. Il semble qu'il ait vu venir de loin et qu'avec son œil prophétique il ait discerné qu'il y avait là un danger, et par conséquent, dans sa grande miséricorde, il nous a donné la loi de la santé. Nous avons déjà entendu, durant cette conférence, quelques mots à ce sujet, mais beaucoup d'entre vous n'étaient pas présents. Je vais maintenant répéter un paragraphe d'une révélation sur la Parole de Sagesse mentionnée par le président Grant dans son discours, qui est le suivant :

Voici, en vérité, ainsi vous dit le Seigneur : En conséquence des mauvaises intentions et des desseins qui existent et existeront dans les derniers jours dans le cœur des conspirateurs, je vous ai avertis et je vous préviens en vous donnant par révélation cette parole de sagesse.

C'est alors que le Seigneur déclara la nature de cette loi et les exigences qu'elle impose, disant que les boissons fortes ne sont pas à l'usage de l'homme, mais pour laver le corps ; et que les boissons chaudes — c'est-à-dire le thé et le café — ne sont pas pour le corps ni pour le ventre. En outre, que le tabac n'est pas bon pour l'homme, ni pour son corps ni pour son ventre. Le Seigneur indique aussi les choses qui sont bonnes pour l'homme, mais pas toutes. Et pour ce qui est de ces choses déclarées mauvaises, il ne nous dit pas dans la révélation pourquoi il y a du mal en elles, mais le temps a tranché la question. Les hommes de science nous ont dit que dans le tabac il y a un poison mortel, et que dans le thé il y a un poison

appelé tanin, dans le café un poison appelé caféine. Et nous savons qu'il doit en être ainsi, car ces choses défendues sont réellement et substantiellement des narcotiques, et un narcotique est quelque chose qui crée l'accoutumance. Les choses qui sont bonnes pour nous ne créent pas l'accoutumance. Nous pouvons les prendre ou les laisser, mais ces mauvaises habitudes deviennent bien souvent, et dans la plupart des cas, maîtresses des hommes ; l'habitude semble plus grande et plus forte que l'individu.

LES FEMMES FUMENT PUBLIQUEMENT

Un aspect très sérieux de cette question relative à l'usage du tabac est le fait que les femmes et les jeunes filles prennent cette habitude dans toute la nation, et je pourrais dire dans le monde entier ; il est étonnant de voir à quelle vitesse cette pratique s'est répandue, et c'est une chose des plus sérieuses pour les Saints des Derniers Jours à considérer. Où que vous alliez dans le vaste monde, dans les hôtels, dans les restaurants, dans les théâtres, et dans les foyers des salles de bal, vous trouverez des femmes se joignant aux hommes pour fumer le tabac. Et me pardonnerez-vous si je prends un instant pour attirer votre attention sur les effets néfastes du tabac : de ces poisons que j'ai mentionnés, le poison du tabac est le plus dangereux. Il s'appelle la nicotine et c'est un poison mortel.

L'INFLUENCE D'UNE FEMME MISSIONNAIRE

Je pourrais mentionner ici qu'un des présidents de mission a rapporté, lors de notre réunion avec les présidents de mission mercredi, que dans une des villes de sa mission une femme missionnaire dirigeait une classe de l'Association d'amélioration mutuelle comptant quelque huit jeunes gens qui n'étaient pas membres de l'Église, et qui paraissaient très enthousiastes dans leur étude. Ils appréciaient grandement l'occasion et trouvaient merveilleux ce qu'accomplissait cette jeune femme venue de Sion. L'un d'eux lui dit :

« Nous comprenons que votre Église conseille à ses membres de ne pas user du tabac. Est-ce vrai ? »

Elle répondit : « Oui, c'est vrai. »

Ils dirent alors : « Nous en usons tous, mais nous aimerions que vous nous aidiez à vaincre cette habitude. »

Et elle les aida en les orientant vers la loi de la santé, ou Parole de Sagesse de notre Église, et l'on rapporta qu'ils réussissaient dans leur effort pour vaincre cette habitude. Permettez-moi d'attirer de nouveau votre attention sur le fait que ces jeunes gens n'étaient pas mormons. Pensez-y, réfléchissez-y.

L'AVIS DE PERSONNALITÉS EXTÉRIEURES SUR LE TABAGISME

À New York, un certain magistrat déclara avec force : « Quatre-vingt-dix-neuf garçons sur cent, âgés de 10 à 17 ans, qui ont comparu devant moi accusés d'un délit, avaient les doigts défigurés par des taches jaunes de cigarette. »

Voici ce que dit le célèbre Dr Jordan : « Le garçon qui commence à fumer la cigarette n'entre jamais dans la vie du monde. Quand les autres garçons prennent en main l'œuvre du monde, lui s'occupe du sacristain et du croque-mort. »

Un garçon de treize ans, qui en paraissait environ neuf, fut emmené à l'hôpital pour y être soigné. Il était rabougri physiquement, mentalement et moralement, et l'infirmière, par pitié, lui demanda : « Qui t'a appris à fumer ? »

« Mon frère. »

« Il devrait être en prison. »

« Il y est », répondit le garçon.

Elbert Hubbard périt en mer sur le grand paquebot Lusitania. Il avait dit : « Ne donnez jamais d'avancement à un fumeur de cigarettes ; ne le promouvez jamais ; ne comptez jamais sur lui ; il ne sera plus jamais autant un homme qu'il l'est maintenant. Son avenir est derrière lui. »

Thomas A. Edison : « Aucun homme ni aucun garçon qui fume la cigarette ne peut travailler dans mon laboratoire. Il y a assez de dégénérés dans le monde sans en fabriquer davantage au moyen des cigarettes. »

Le Dr Mayo : « Je ne fume pas, je n'approuve pas le tabagisme ; les chirurgiens les plus habiles, les hommes au sommet, ne fument pas. »

Le Dr Kellogg fut consulté par un homme souffrant d'un grave cas de cœur de fumeur. L'homme lui dit : « Docteur, il faut m'aider, je viens d'ouvrir une affaire, j'y ai investi des milliers de dollars de l'argent de mes amis, et je dois réussir. » Le docteur l'informa qu'il était trop tard. Dans un désespoir affolé, l'homme s'écria : « Pourquoi ne l'ai-je pas su plus tôt ; pourquoi personne ne m'a-t-il dit ce que le tabac fait à un homme ? »

Nous disons à nos assemblées et à tout notre peuple exactement ce que le tabac fait à un homme.

LE TABAC ATTEINT L'ESPRIT

Le directeur d'un de nos grands asiles d'aliénés affirme que la moitié au moins des patients qui s'y trouvent ont perdu la raison par l'usage du tabac.

Le Dr Poulson raconte cette histoire : « Une petite femme entra dans mon cabinet, suivie de deux hommes forts, qui retenaient un jeune insensé de dix-sept ans, au regard égaré. Sa mère me demanda d'examiner s'il y avait quelque espoir pour ce garçon. Je lui dis qu'il n'y en avait pas. Elle s'effondra et sanglota comme si son cœur allait se briser. Je lui demandai ce qui avait amené son fils à cet état. Les cigarettes — il en avait fumé de plus en plus jusqu'à en arriver à cinquante par jour ; alors sa raison a cédé. »

Je vous soumets, frères et sœurs, que ces deux grandes lois, la loi de la Finance et la loi de la Santé, sont essentielles au bien-être, à la prospérité et au succès de ce grand peuple, les Saints des Derniers Jours.

Que Dieu vous bénisse et nous bénisse dans nos efforts pour faire reculer ces choses mauvaises et pour soutenir les bonnes choses de la vie, c'est ma prière, et je la présente au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursRudger Clawson, « La croissance de l'Église », Conférence générale d'octobre 1935, Session de l'après-midi du troisième jour (1935-10-06). Pulpit Vault, 1935-10-clawson-growth-of-the-church. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).