Paroles de clôture
Heber J. Grant
Je me réjouis extrêmement de la très belle conférence que nous avons eue. Je me sens très reconnaissant envers le Seigneur, au-delà de mon pouvoir d'expression, pour les grandes bénédictions déversées sur nous pendant notre conférence. ¶
Je suis en effet reconnaissant qu'en ces temps de détresse il y ait eu une augmentation remarquable des dîmes des Saints des derniers jours. Bien que je sois sûr que le revenu réel de certaines personnes soit loin d'être ce qu'il était il y a trois ans, notre dîme est pourtant meilleure qu'elle ne l'était il y a trois ans. « C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » ¶
LES BÉNÉDICTIONS VIENNENT PAR L'ASSIDUITÉ AUX RÉUNIONS ¶
Il y a une augmentation de l'assiduité du peuple aux réunions. Rien ne fait davantage grandir les gens dans l'Évangile que d'assister à leurs réunions. Rien n'est plus propre à faire tarir, pour ainsi dire, l'esprit de l'Évangile que de s'absenter de nos réunions. Lorsque nous sommes dans une réunion, nous participons de l'esprit de cette réunion. Lorsque nous en sommes absents et que quelqu'un nous raconte le merveilleux esprit qui y régnait et ce qui y a été accompli, nous ne pouvons apprécier ces choses. C'est un peu comme l'homme qui avait faim et à qui l'on a parlé d'un bon dîner, mais qui n'a pas pu apprécier ce dîner. Nous devons manger pour nous-mêmes, nous devons vivre pour nous-mêmes, nous devons être dans la ligne de notre devoir afin de participer de l'Esprit du Seigneur, si l'Esprit du Seigneur se manifeste. ¶
Je me souviens qu'un frère qui a perdu sa position d'apôtre était un assistant très, très pauvre aux réunions du Collège des douze, d'autres affaires occupaient son attention. Francis M. Lyman devait venir de Tooele la veille au soir de notre réunion et y passer une nuit et toute une journée afin d'être présent aux réunions de la Présidence et des apôtres qui duraient deux ou trois heures, mais il n'en a jamais manqué une seule. ¶
Je lui ai dit un jour : « Il est remarquable, à mes yeux, que tu sois toujours si ponctuel et présent à nos réunions. » ¶
Il m'a répondu : « Je ne veux manquer aucune inspiration du Seigneur ; je ne veux pas que l'Esprit du Seigneur me parvienne de seconde main. Je veux y participer, le ressentir, m'en rendre compte, et le connaître pour moi-même. » ¶
L'EXPÉRIENCE DE RICHARD W. YOUNG ¶
En parlant du fait de ne pas être présent pour participer de l'Esprit, cela me rappelle un épisode de la vie de mon ami le plus proche et le plus cher, Richard W. Young. Richard avait été diplômé de West Point et avait acquis une connaissance du droit alors qu'il était en poste à Governor's Island, fréquentant l'université Columbia et obtenant son diplôme de cette institution. Après avoir obtenu son diplôme, il fut choisi par le général Hancock, en raison de l'admiration que lui inspirait le sérieux du jeune homme, pour devenir major sur son état-major. J'ai tiré une certaine fierté à regarder par une fenêtre sur Broadway le cortège funèbre du président Ulysses S. Grant, long de quatre milles, et à voir un petit-fils de Brigham Young chevauchant à la tête du cortège avec le général Hancock et d'autres. Le général le nomma juge-avocat général du département de l'Est de l'armée. Mais Hancock mourut, et un autre Pharaon se leva qui ne connaissait pas Joseph, de sorte que Richard retomba au grade de premier ou de second lieutenant, je ne me souviens plus lequel. ¶
Il rentra chez lui pour ses vacances et me dit : « Maintenant, Heber, j'ai suivi le conseil du président Taylor, sur ta suggestion, et au lieu de démissionner il y a des années afin d'obtenir une formation juridique, je suis resté dans l'armée. Maintenant j'ai ma formation juridique. Il y a plus de lieutenants dans l'armée qu'on n'en veut, et on aimerait que je démissionne, étant entendu que je me porterai volontaire s'il y a des troubles. Je ne veux pas demander au président Taylor, mais je voudrais que tu plaides ma cause pour moi à la réunion de jeudi prochain à la Maison de dotation, et oncle « Briggie » a promis de faire de même. » ¶
Tous les deux, nous avons plaidé sa cause, et d'autres aussi, et pas un mot n'a été dit en faveur de son maintien dans l'armée, mais après que nous eûmes fini de plaider, le président Taylor dit : ¶
« Dites à ce jeune homme que c'est le moment opportun pour lui de rester dans l'armée. » ¶
Richard se trouvait à Logan à ce moment-là. Sa tante, Mme George W. Thatcher, recevait ses amis en son honneur, et il reçut mon télégramme disant : « Reste dans l'armée », juste au moment où ils allaient se mettre à table pour dîner, ce qui lui coupa complètement l'appétit. ¶
DEMANDE DES RAISONS ¶
Lorsqu'il revint à Salt Lake City, il dit : « Quelles étaient les raisons pour lesquelles je devais rester dans l'armée ? Quels arguments ont été donnés ? » ¶
« Aucun. Tous les arguments allaient dans le sens de ta démission. Le président Taylor a dit : « Reste dans l'armée. » » ¶
« Eh bien, j'aimerais avoir quelques raisons. » ¶
« Tu ne peux pas en avoir, car aucune n'a été donnée. Tu as reçu ton instruction gratuitement en suivant son conseil. Je pense que tu devrais recommencer. » ¶
« Oh, mon Dieu, je vais le faire, mais j'aimerais avoir quelques raisons. » ¶
Je lui dis : « Eh bien, je ne peux t'en donner aucune. Si tu avais été présent, si tu avais ressenti ce que j'ai ressenti lorsque le président Taylor a parlé, tu aurais ressenti dans ton cœur, comme je l'ai ressenti, qu'il avait raison. » ¶
Richard partit pour l'Est et rencontra un de ses camarades de classe qui lui demanda : « Où es-tu en poste, quel est ton lieu d'affectation ? » Et il le lui dit. ¶
UN CHANGEMENT ¶
L'autre homme dit : « Chanceux que tu es ! Tu avais la meilleure affectation de toute l'armée — Governor's Island — et maintenant tu en as une autre bonne, alors que moi je dois aller tout là-bas, dans l'ouest sauvage, à Salt Lake, à Fort Douglas. » ¶
Richard répondit : « Je changerais volontiers avec toi si le secrétaire à la Guerre y consent. » ¶
Ils écrivirent donc pour demander un transfert et l'obtinrent, et Richard revint, monta à Fort Douglas, où un tramway passait toutes les dix ou quinze minutes, descendit en ville et entra dans le cabinet de LeGrand Young — il ne pouvait bien sûr pas plaider devant les tribunaux — et traversa les quatre années de disette d'un jeune avocat débutant. ¶
Il m'arriva d'être dans le bureau du président un matin et je vis dans le journal du matin que les quatre années de Richard à Fort Douglas touchaient à leur fin, et il y était indiqué où il devait aller. ¶
Le président Taylor dit : « Heber, je vois que ton jeune ami, Richard Young, va quitter Fort Douglas. » ¶
« Oui. » ¶
« Eh bien, dis-lui qu'il est maintenant libéré, et qu'il est temps pour lui de rester chez lui. » ¶
SACRIFIER SES AMBITIONS PERSONNELLES ¶
Il y a eu, dans ma vie, au cours des cinquante-trois dernières années, depuis l'époque où je suis allé à Tooele, des expériences illustrant les bienfaits qui viennent de l'obéissance, les bienfaits qui viennent lorsque nous sacrifions nos ambitions personnelles pour ce que nous sentons, dans notre cœur, être notre devoir. Comme frère Ballard, j'avais une ambition démesurée d'obtenir une éducation universitaire et un diplôme d'une grande école. J'avais très peu d'espoir de l'obtenir, n'ayant aucun moyen et ayant une mère veuve à soutenir. ¶
Je rencontrai le président George Q. Cannon, alors notre délégué au Congrès, et il me dit : « Aimerais-tu aller à l'académie navale, ou à West Point ? » ¶
Je lui dis que oui. ¶
Il dit : « Laquelle des deux ? » ¶
Je répondis : « L'académie navale. » ¶
« Très bien. Je te donnerai la nomination sans examen de sélection. » ¶
Pour la première fois de ma vie, je ne dormis pas bien ; je restai éveillé presque toute la nuit, me réjouissant que l'ambition de ma vie allait se réaliser. Je m'endormis un peu avant l'aube ; ma mère dut me réveiller. ¶
Je dis : « Mère, quelle chose merveilleuse que je vais avoir une éducation aussi belle que celle de n'importe quel jeune homme dans tout l'Utah. J'ai pu à peine dormir, je suis resté éveillé jusqu'à presque l'aube ce matin. » ¶
Je regardai son visage, je vis qu'elle avait pleuré. J'ai entendu parler de gens qui, en train de se noyer, voient toute leur vie repasser devant eux en quelques secondes à peine. Je me vis en amiral dans mon esprit ; je me vis voyageant par le monde entier sur un navire, loin de ma mère veuve. Je ris et passai mes bras autour d'elle, l'embrassai et lui dis : ¶
« Mère, je ne veux pas d'une éducation navale. Je vais devenir homme d'affaires et entrer dans un bureau tout de suite, prendre soin de toi, et te faire cesser de loger des pensionnaires pour vivre. » ¶
Elle éclata en sanglots et dit qu'elle n'avait pas fermé l'œil, mais avait prié toute la nuit pour que j'abandonne l'ambition de ma vie afin qu'elle ne soit pas laissée seule. ¶
Nous avons tous des tentations, nous avons tous des choses qui entrent dans notre vie et que, si nous les considérons comme il convient, nous rejetterons. ¶
Frère Ballard a fait allusion à l'invitation qui fut envoyée au président Ivins pour qu'il accepte la nomination comme gouverneur de l'État de l'Utah, ce qui me rappelle qu'un télégramme m'était parvenu d'Ogden à cette époque me demandant où l'on pouvait trouver Anthony W. Ivins. Il disait : « Nous le nommerons par acclamation premier gouverneur de l'État de l'Utah, ou premier représentant au Congrès. » ¶
Je répondis en substance qu'il se trouvait sur la montagne du Kaibab et avait accepté un appel à se rendre au Mexique. Rien au monde ne le ferait manquer d'accomplir cet appel. ¶
Je reçus un autre télégramme me disant qu'ils ne pouvaient pas me nommer par acclamation, mais qu'ils avaient la majorité promise en ma faveur, et qu'ils croyaient que ce serait par acclamation avant la fin du vote. ¶
Je montrai le télégramme à Heber M. Wells, qui avait été nommé par les républicains. Il me dit : « Eh bien, mon nom est « Dennis », les gens ne me connaissent pas. Tu es sûr d'être élu. » ¶
Je répondis : « Eh bien, je ne suis pas sûr de me présenter, je te ferai savoir plus tard. » ¶
CONSULTE LE PRÉSIDENT ¶
Je me rendis auprès du président Wilford Woodruff et lui remis le télégramme. Je dis : « Comment dois-je répondre à cela ? » ¶
Il dit : « Pourquoi viens-tu me déranger avec tes affaires ? N'as-tu pas assez d'inspiration, en tant qu'un des apôtres, pour savoir quel est ton devoir ? » ¶
Je dis : « Merci. Si vous aviez voulu que je me présente, vous l'auriez dit. Au revoir. » (Rires.) ¶
J'envoyai un télégramme disant : « Ce sera une faveur personnelle pour moi si mon nom ne vient jamais devant la convention. » Et il n'y vint jamais. ¶
Pensez-vous que je n'aurais pas aimé être le premier gouverneur de l'État de l'Utah, où je suis né ? Si vous le pensez, vous vous trompez. Je ne connais rien que j'aurais aimé davantage à cette époque précise. Grâce au Seigneur, je ne l'ai pas obtenu, car je pense que j'en aurais peut-être fait un échec. Ce n'était pas ma voie, ce n'était qu'une ambition. Mon éducation, ma connaissance des lois gouvernementales, et de telles choses, n'étaient tout simplement pas du genre qui me qualifiait ni ne me convenait pour être gouverneur d'un État. Je remercie frère Woodruff pour l'inspiration qui m'a évité de commettre une grave erreur. ¶
APPROUVE LES REMARQUES ¶
J'approuve de tout mon cœur les remarques qui ont été faites ici pendant notre conférence, mais particulièrement et surtout, j'approuve les remarques de Stephen L. Richards et d'autres qui ont parlé de notre devoir d'être honnêtes et de ne pas imposer au gouvernement, mais de maintenir notre dignité d'hommes et notre indépendance et de vivre, s'il le faut, dans les difficultés, plutôt que de nous réjouir de pouvoir obtenir notre part des fonds du gouvernement. ¶
Je regrette au-delà de toute expression le changement qui s'est opéré chez beaucoup de gens. Je me suis lancé en affaires avec mon frère et mon cousin par alliance il y a près de cinquante ans. Nous avons vendu pour 120 000 $ de marchandises aux fermiers dans le commerce du matériel agricole. Je pense pouvoir dire sans crainte que quatre-vingt-dix-neuf sur cent d'entre eux étaient « mormons », et que 90 000,00 $ des ventes étaient à crédit. J'ai demandé à beaucoup d'hommes de deviner à combien s'élevaient nos pertes. Certains ont deviné 5 pour cent, d'autres 10 pour cent, et un autre 15 pour cent. Nos pertes furent de 300 $ sur 90 000 $ — un tiers de un pour cent. ¶
Cette entreprise, partie d'une petite affaire au capital d'une vingtaine de milliers de dollars, est passée à 2 500 000,00 $, et nous avons réduit le capital de 2 500 000 $ à 1 500 000 $. Nous avons dû passer par pertes et profits plus d'un million de dollars de traites de fermiers. Il est vrai qu'une grande partie de cela est due aux temps difficiles, mais je veux vous dire que cet esprit de détermination à prendre soin de nous-mêmes, à bâtir pour nous-mêmes, à être indépendants, et à veiller à remplir nos obligations, n'est pas aussi fort aujourd'hui qu'il l'était à cette époque, et il y a une plus grande disposition à se reposer, pour ainsi dire, sur le gouvernement. ¶
RÉPUTATION D'HONNÊTETÉ ¶
George A. Lowe essaya de nous vendre son commerce alors que nous étions une petite institution de 21 000 $, et je ris et dis : « Nous ne pourrions pas penser à une telle chose. Nous n'avons pas d'argent. » ¶
Il dit en substance : « Je prendrai ton billet à un faible taux d'intérêt pour la totalité du prix d'achat. » ¶
Je dis : « Mais nous n'aurions aucun capital pour mener l'entreprise. » ¶
« Tu n'en as pas besoin avec ces mormons », dit-il. « J'ai imputé chaque perte de vente de machines aux gens de l'Utah et de l'Idaho à ce que j'appelle mes « traites de fermiers » ; j'ai imputé tous les intérêts que j'ai payés à mes « traites de fermiers » ; j'ai crédité à mes « traites de fermiers » les billets et les intérêts qui sont rentrés ; j'ai emprunté à la banque McCornick chaque dollar pour la mener. Je n'ai pas mis un dollar de ma poche et j'ai récupéré tout mon argent, plus 2 $ et quelques cents sur chaque centaine — la différence entre l'intérêt que j'ai perçu et l'intérêt que McCornick m'a facturé. ¶
« Il te créditera pour tous les billets que tu prendras de ces fermiers, parce qu'il sait qu'ils valent cent cents pour le dollar. » ¶
Je me souviens que Howard Sebree nous a demandé d'acheter son commerce pour 60 000 $. Je lui ai dit que nous n'avions pas l'argent. ¶
Il dit : « Va voir McCornick et dis-lui que tu voudrais 60 000 $ de crédit pour me racheter, et il te donnera l'argent. » ¶
J'ai ri, mais je suis allé chez McCornick comme une plaisanterie. Il a prêté l'argent à la compagnie et nous avons acheté l'entreprise de Sebree. Nous n'avons rien perdu dans la transaction. ¶
Lorsque j'étais en Angleterre, J. M. Studebaker, le dernier de ce merveilleux quatuor des frères Studebaker, vint à Salt Lake et fut interviewé par les journaux. Il dit que, pendant dix longues années, les frères Studebaker avaient vendu des chariots et des voitures dans l'Utah aux mormons, à la commission, et que, pendant toutes ces dix années, ils avaient recouvré l'argent de chaque chariot et de chaque voiture qu'ils avaient vendus. ¶
Il fut un temps, il y a des années, où être classé comme un bon mormon signifiait être classé comme un homme qui payait ses dettes. Là où nous avons pu manquer, par le passé, à respecter cette réputation, prenons la résolution de la respecter à nouveau à l'avenir. ¶
UNE EXPÉRIENCE PERSONNELLE ¶
Ne faites pas faillite à moins d'y être contraints. Mes amis les plus proches et les plus chers m'ont supplié de me déclarer en faillite lorsque j'étais ruiné, selon leur idée, au-delà de tout espoir de rétablissement. J'ai dit : « Si je vis jusqu'à cent ans, je ne le ferai pas. Je continuerai à travailler pour payer mes dettes. Si quelqu'un me renverse, je n'y peux rien, mais », ai-je dit, « si un géant s'attaque à moi, je me défendrai. Et si, après cent ans, je n'ai pas payé mes dettes, alors je prierai le Seigneur de me laisser vivre encore dix ans dans l'espoir d'y parvenir. » ¶
J'étais caution d'un billet pour un de mes amis, un bon Saint des derniers jours, à ce que je croyais, et il allait se déclarer en faillite. Il me montra que je serais dégagé de ma responsabilité parce que le taux d'intérêt avait été augmenté sans mon consentement ni mon accord. Il m'apporta des avis juridiques selon lesquels cela me libérait comme endosseur. J'ai ri, et j'ai dit : « Cela ne fait aucune différence pour moi. Si tu ne paies pas ce billet, je le paierai. » ¶
Il y avait une perte de 4 700 $ sur ce billet du fait de la dépréciation de la garantie. J'ai dit : « Je te verrai demain. » ¶
Je suis allé à la banque. J'ai dit : « Maintenant je vous donnerai trois de mes billets de 900 $ chacun si vous renouvelez ce billet, sans mon endossement, pour 1000 $ de plus que ne vaut la garantie ; et si cet homme ne veut pas le faire, prendrez-vous ses billets de 900 $, payables chaque année pendant trois ans ? » Ils dirent : « Oui. Dans les deux cas. » ¶
Je suis allé le voir et lui ai dit de choisir. Il a dit : « Je ne le ferai pas. Si tu es assez fou, alors que tu n'y es pas légalement obligé, pour payer ce billet, cela ne me regarde pas. Je vais me déclarer en faillite. Tu n'as pas à le payer si tu ne le veux pas. » ¶
UNE ISSUE PROFITABLE ¶
J'ai dit : « Cela règle la question. Je l'assumerai. » Et je l'ai fait. Et quel fut le résultat ? Dans les desseins du Seigneur, j'ai changé les garanties de ce billet, je les ai amenés à accepter d'autres garanties, et finalement j'ai vendu une partie des garanties que j'avais prises sur le billet et payé une partie du billet avec l'argent que j'ai reçu, et j'ai gardé 5000 $ d'une certaine action que je n'avais payée que 3 250 $, et, dans les desseins du Seigneur, elle a rapporté un dividende en espèces de 100 pour cent — 5 000 $. Par la suite, elle a versé un autre dividende, et j'ai gagné assez pour payer ce billet (au lieu de perdre 4 700 $) et 3 000 $ ou 4 000 $ de plus, en l'espace de deux ou trois ans. Lui, il a fait faillite et a nui à son bon nom et à sa réputation dans la communauté. ¶
Il y a ceux qui ont été contraints de se déclarer en faillite. C'est à cela que sert la faillite. Nous n'y pouvons rien. Nous n'y pouvons rien si un homme plus fort que nous nous renverse, mais nous ne devrions jamais nous coucher et demander à quelqu'un de nous marcher dessus. ¶
LA CIGARETTE ¶
Il m'est échu d'accompagner le chœur à Chicago lors de leur récent voyage. Je n'ai pas vu une seule cigarette entre Salt Lake City et Chicago, ni entre Chicago et Salt Lake City. Tous ceux que j'ai rencontrés, cheminots et autres, ont fait grand éloge du chœur. Le personnel des hôtels a dit n'avoir jamais rencontré un si beau groupe de jeunes gens, des gens d'un si beau caractère. Pour moi, cela avait bien plus de valeur que les lauriers qu'ils ont remportés — comme ce fut le cas — pour leur chant. ¶
La présidence du pieu de Liberty a envoyé une circulaire aux instructeurs de paroisse. J'aimerais la lire en entier, mais je vois que le temps est plus court que je ne l'avais prévu. ¶
Le Dr Hugh S. Cummings, chirurgien général des États-Unis, a dit : ¶
Si les femmes américaines contractent l'habitude de fumer, comme les rapports l'indiquent maintenant, la vigueur physique de toute la nation en souffrira. L'habitude nuit davantage à la femme qu'à l'homme. ¶
Et le Dr D. H. Cress, de Washington, a écrit : ¶
Lorsque les femmes s'adonneront à cette pratique de l'inhalation de fumée, la race sera condamnée. Que l'homme et la femme soient tous deux adonnés à l'inhalation de fumée est destructeur de tout ce qui est bon. Les enfants nés d'un tel couple auraient mieux fait de ne jamais naître. ¶
NOUS AVONS BESOIN DE LA PAROLE DE SAGESSE ¶
Voilà des propos assez graves, n'est-ce pas ? Jamais dans l'histoire de cette Église nous n'avons eu autant besoin, comme aujourd'hui, de la Parole de Sagesse. Aucune nation ne peut jamais prospérer, celle-ci ne faisant pas exception, qui entreprend de payer une partie de ses obligations et de bâtir la nation en autorisant la vente de liqueurs et en permettant aux gens de gagner des millions et des millions de dollars en vendant de l'alcool. Je ne me suis jamais senti aussi humilié de ma vie pour quoi que ce soit que du fait que l'État de l'Utah a voté pour l'abrogation de la prohibition. Je ne veux interférer avec les droits ou les privilèges de personne. Je ne veux dicter à personne. Mais lorsque le Seigneur donne une révélation et me dit ce qui est pour mon bien financier et le bien financier de ce peuple, à cause « des méfaits et des desseins qui existent et existeront dans le cœur des hommes conspirateurs dans les derniers jours », je pense qu'au moins les Saints des derniers jours devraient écouter ce que le Seigneur a dit. ¶
Peut-il y avoir quelque chose de plus mesquin ou de plus diabolique que la publicité montrant la fumée d'une cigarette formant une bague de fiançailles ? C'est le genre de publicité que reçoivent les cigarettes. ¶
Nous avons un journal qui ne rapporte pas, connu sous le nom de The Deseret News. Nous devons mettre de l'argent pour le maintenir en activité. Il serait rentable dès demain si nous faisions la publicité d'une bière qui n'enivre pas — bien entendu, cela s'entend pour les Blancs, mais elle enivre les Indiens quand ils en boivent. Légalement, elle n'enivre pas, mais en réalité, elle le fait. ¶
PLUS DE CONSOMMATION D'ALCOOL QU'AUPARAVANT ¶
Tout le monde disait : « Nous ne voulons pas que les saloons reviennent. » Eh bien, ils sont revenus, et bien plus. On dit que, dans la rue Second South aujourd'hui, on boit plus qu'on ne le faisait dans tous les saloons que nous avions autrefois sur la même étendue de territoire, et l'on dit qu'il y a également autant, sinon plus, de contrebande d'alcool qu'il n'y en avait avant que nous n'abrogions la loi sur la prohibition. ¶
Je ne pouvais m'empêcher de me sentir humilié quand les Saints des derniers jours savaient aussi bien qu'ils savaient qu'ils vivaient, que je voulais qu'ils restent fidèles à la Parole de Sagesse et ne votent pas pour l'abrogation de la prohibition. ¶
Une Parole de Sagesse, pour le bénéfice du conseil des grands prêtres, réunis à Kirtland, et de l'Église, et aussi des saints en Sion : ¶
Pour être envoyée en salutation ; non par commandement ni par contrainte — ¶
Certaines personnes disent : « C'est ainsi que je m'y prends — « non par commandement ni par contrainte » — nous pouvons faire comme bon nous semble. » ¶
LA VOLONTÉ DE DIEU ¶
Mais que dit-elle d'autre ? Elle dit « par révélation et parole de sagesse, montrant — » quoi ? « Montrant l'ordre et la volonté de Dieu. » Je dis à ces gens : vous ne voulez pas connaître la volonté de Dieu, n'est-ce pas ? Je pense qu'une des excuses les plus faibles que j'aie jamais entendues de ma vie est celle-là — « non par commandement ni par contrainte » — alors qu'avant la fin du verset, il vous est dit que c'est la volonté de Dieu, « pour le salut temporel de tous les saints dans les derniers jours ». ¶
Maintenant, je vois qu'il ne reste plus de temps, aussi vais-je vous demander, à tous et à chacun, comme une faveur, à chaque Saint des derniers jours à portée de ma voix, de lire la Parole de Sagesse telle qu'elle est contenue dans les Doctrine et Alliances, et de le faire ce soir ou demain. Ne remettez pas cela au-delà de demain, et cela m'épargnera de la lire et d'en dire davantage à ce sujet maintenant. ¶
Je remercie le Seigneur pour le splendide témoignage rendu par le chœur. ¶
L'ATTITUDE DU PRÉSIDENT YOUNG CONCERNANT LE CRÉDIT ¶
J'avais l'intention d'apporter ici une lettre à vous lire, signée de Brigham Young. Je la publierai dans le Livret de la conférence, et je demanderai qu'elle soit publiée dans The Deseret News, à la suite de mes remarques ici, car je n'ai pas le temps de la lire maintenant. Une firme avait refusé du crédit à la Z. C. M. I., et le président Brigham Young écrivit à cette firme pour la remercier et dit que son conseil au peuple avait toujours été de ne pas s'endetter. ¶
Cette lettre de Brigham Young, sur laquelle le président Grant a fait ce commentaire, est imprimée ci-après : ¶
À ¶
St. George, Utah. 27 mars 1877. ¶
Messieurs Meyer Bros. & Co., St. Louis, Mo. Messieurs, ¶
Il y a quelques jours, nous avons reçu de la Zion's Co-operative Mercantile Institution, à Salt Lake City, une copie de votre communication du 3 courant, dans laquelle vous informez cette institution que vous préférez désormais ne traiter avec elle qu'au comptant. ¶
Nous vous sommes reconnaissants de leur avoir donné cet avis. ¶
C'est exactement conforme aux instructions répétées que nous avons données aux dirigeants de cette institution, de mener toutes leurs affaires selon le système du sans-crédit. ¶
Si ces dirigeants, et tous les membres de notre peuple engagés dans les affaires, voulaient bien suivre nos conseils, ils mèneraient leurs affaires, et toutes leurs affaires, selon le principe du comptant et pas un dollar à crédit. ¶
Nous désirons voir notre peuple adopter invariablement cette manière de faire des affaires — aller avec leur argent et acheter là où ils trouvent qu'ils peuvent le faire le plus avantageusement. Être autonomes en cela, comme ils le sont à tant d'autres égards. Par cette voie, nous ne manquons pas de constater un abondant accroissement de l'esprit d'entreprise et de la prospérité financière. ¶
Pour cette raison, nous désirons très sincèrement que tous ceux avec qui notre peuple de ce territoire fait des affaires refusent le crédit ; et enseignent ainsi la leçon très utile de les rendre autonomes et sûrs de leurs moyens dans leurs transactions commerciales. ¶
Les triomphes du peuple dans ce désert et cette contrée jadis réputée inhospitalière ont été obtenus par ce même principe d'autonomie, joint, bien entendu, aux bénédictions du Tout-Puissant. ¶
Nous souhaiterions que le même principe régnât invariablement dans toutes nos transactions monétaires également. Et, par conséquent, nous vous remercions encore d'avoir refusé de vendre vos marchandises à crédit à la Zion's Co-operative Mercantile Institution, et restons, Messieurs, ¶
Vos très respectueux, ¶
BRIGHAM YOUNG. ¶
Je désire aussi féliciter le directeur et les bonnes sœurs du chœur des Mères chanteuses. ¶
PAROLE DU SEIGNEUR À HYRUM SMITH ¶
Je veux lire ce que le Seigneur a dit à Hyrum Smith : ¶
Ne cherche pas la richesse mais la sagesse, et voici, les mystères de Dieu te seront dévoilés, et alors tu deviendras riche. Voici, celui qui a la vie éternelle est riche. ¶
En vérité, en vérité, je te le dis, il te sera fait selon ce que tu désires de moi ; et, si tu le désires, il se fera, par ton intermédiaire, beaucoup de bien dans cette génération. ¶
Ne parle que de repentir à cette génération. Garde mes commandements, aide à promouvoir mon œuvre selon mes commandements, et tu seras béni. ¶
Ils travaillaient alors à la traduction du Livre de Mormon. ¶
Et maintenant, en vérité, en vérité, je te dis, place ta confiance en cet Esprit qui conduit à faire le bien — oui, à agir avec justice, à marcher dans l'humilité, à juger avec droiture ; et c'est là mon Esprit. ¶
En vérité, en vérité, je te le dis, je te donnerai de mon Esprit, ce qui éclairera ton intelligence, ce qui remplira ton âme de joie ; * * * * ¶
Attends encore un peu, jusqu'à ce que tu aies ma parole, mon roc, mon Église et mon Évangile, afin que tu connaisses ma doctrine avec certitude. * * * * ¶
Garde mes commandements ; garde le silence ; fais appel à mon Esprit ; ¶
Oui, attache-toi à moi de tout ton cœur, afin d'aider à amener à la lumière ces choses dont il a été parlé — oui, la traduction de mon ouvrage ; sois patient jusqu'à ce que tu l'aies accomplie. ¶
Voici, ton œuvre, c'est de garder mes commandements, oui, de tout ton pouvoir, de tout ton esprit et de toute ta force. ¶
Ne cherche pas à annoncer ma parole, mais cherche tout d'abord à obtenir ma parole, et alors ta langue sera déliée ; puis, si tu le désires, tu auras mon Esprit et ma parole, oui, la puissance de Dieu pour convaincre les hommes. ¶
Maintenant, voici la partie que je veux que vous vous rappeliez tous : ¶
Voici, je parle à tous ceux qui ont de bons désirs et ont lancé leur faucille pour moissonner. ¶
Voici, je suis Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Je suis la vie et la lumière du monde. ¶
Je suis venu chez les miens, et les miens ne m'ont pas reçu ; Mais en vérité, en vérité, je te dis que je donnerai à tous ceux qui me recevront le pouvoir de devenir les fils de Dieu, oui, à ceux-là qui croient en mon nom. ¶
QUICONQUE TOURNE LE SAUVEUR EN RIDICULE ¶
On nous dit qu'une agitation règne dans certaines régions du pays en faveur d'une prétendue « liberté » qui, au lieu d'être la liberté, est tout sauf la liberté. Je ne veux pas qu'on m'accuse de me mêler de politique, mais laissez-moi vous dire que si un État quelconque de l'Union des États-Unis venait à élire, à sa tête, un homme qui a tourné en ridicule le Sauveur du monde, ce serait aussi grave que la rébellion de 1861. J'élève la voix contre cela, et je suis prêt à ce qu'on dise que c'est là faire de la politique, s'ils veulent en faire de la politique. Tout Saint des derniers jours qui soutient ou vote pour un homme qui doit être gouverneur d'un État et qui a tourné en ridicule, dans la presse, le Sauveur du monde, fait une chose que je condamne par la présente, en tant que président de l'Église. ¶
RENDS TÉMOIGNAGE ¶
Le temps est écoulé, mais je vais dire encore quelque chose. Je veux qu'il soit bien compris que, en Angleterre, en Irlande, en Écosse, au pays de Galles, en Allemagne, en France, en Belgique, en Hollande, en Suisse, en Italie, en Norvège, en Suède, au Danemark, au Canada, au Mexique, de Portland dans le Maine à Portland dans l'Oregon, dans les îles Hawaï, et jusqu'au lointain Japon, j'ai élevé la voix, et je veux l'élever ici, avant de clore cette conférence, pour dire que je sais, comme je sais que je vis, que Dieu vit, que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, le Rédempteur du monde, et que Joseph Smith était un prophète du Dieu vrai et vivant, et que le mormonisme, ainsi nommé, est en vérité le plan de vie et de salut. ¶
Que Dieu nous aide, vous et moi et chaque Saint des derniers jours, à prouver au Seigneur, par nos vies, que notre témoignage de la divinité de cette œuvre n'est pas simplement un service des lèvres. Que Dieu vous bénisse, et bénisse tous les hommes honnêtes, et défasse tous les hommes qui s'emploient à détruire les Églises. Roger Babson dit vrai lorsqu'il affirme que nous avons besoin de plus de religion. Que Dieu bénisse chaque homme qui croit en Jésus-Christ et qui œuvre pour l'élévation de l'humanité, et que Dieu défasse chaque homme qui tourne en ridicule le Sauveur du monde, le Rédempteur de l'humanité. Telle est ma prière, et je la présente en toute humilité, au nom de Jésus-Christ, notre Rédempteur et Sauveur. Amen. ¶