Pulpit

La prêtrise et le service

David A. Smith

1934 April General Conference·Second Day Morning Session·1934-04-07

Hier après-midi, je me tenais en uniforme sur le terrain de parade de Fort Douglas. Cet uniforme indiquait que j'occupais un poste d'une certaine importance dans l'armée des États-Unis. Sur chaque épaule, j'avais des insignes indiquant mon grade ; sur les revers de mon manteau, les insignes indiquant l'arme à laquelle j'appartenais. Des hommes en uniforme honoraient cet insigne en me saluant ; beaucoup d'entre eux ne me connaissaient pas, ils manifestaient leur respect pour l'autorité indiquée par mon uniforme. J'avais assisté à des démonstrations d'instruments et de machines de mort, tandis qu'au-dessus de nos têtes des avions vrombissaient, piquaient vers la terre, viraient et bouclaient la boucle pour montrer leur puissance et leur force. Dans le corps de garde se trouvaient enfermés des hommes qui avaient désobéi aux ordres ; sur le terrain de parade, des hommes se formaient pour la revue.

Lorsque l'officier commandant donnait des ordres, transmis de l'un à l'autre, tous les exécutaient avec précision et exactitude. Ils avaient été bien entraînés et savaient ce qu'il fallait faire. Chaque homme était à sa place et rendait le service exigé de lui sans hésitation ni confusion.

Pendant que j'étais là-bas, j'avais à l'esprit un autre tableau. J'avais quitté cet édifice et m'étais hâté vers cet endroit pour y prendre part, en qualité d'officier, à la célébration du département d'État de l'Association des officiers de réserve des États-Unis d'Amérique. Là, je trouvai un contraste marqué. Je trouvai là un groupe d'hommes entraînés et équipés pour combattre un ennemi si un ennemi venait à se présenter à nous. C'étaient des soldats, et c'était là leur vocation et leur devoir. Certains de mes frères ont laissé entendre qu'il ne convenait guère à un homme de ma position de se livrer à une telle activité. Ce n'est pas mon choix. J'y suis entré à la demande de ce gouvernement, et j'y suis resté parce que nous sommes tous censés faire notre devoir. Depuis dix-huit ans, j'ai été par moments soumis à l'instruction. Durant tout ce temps, je n'ai jamais entendu l'un d'entre eux — et j'ai côtoyé des hommes de troupe et des officiers de tous grades, jusqu'au général commandant — exprimer le désir que nous entrions en action. Mais je les ai entendus dire qu'ils voulaient être prêts à se défendre si un ennemi les obligeait à entrer en action. L'armée des États-Unis ne s'entraîne pas pour envahir le pays d'un autre, mais elle s'entraîne à être prête et préparée à défendre son pays si un ennemi venait à l'attaquer.

Maintenant, quant à cette armée que je vois devant moi. Les officiers ne sont pas en uniforme, aucun insigne de grade ne désigne leur autorité, mais ce sont néanmoins des hommes qui ont l'autorité de servir et de donner des ordres dans une armée plus grande, une armée commandée par notre Seigneur et Sauveur. Ces officiers sont dévoués à la grande cause à laquelle ils se consacrent. Ce sont des hommes qui savent se sacrifier, des hommes pleins de foi et d'amour. Et quand je dis des hommes, je parle aussi de nos sœurs, car je suis bien certain que, sans le dévouement de nos épouses, de nos mères et de nos sœurs, il nous serait bien plus difficile d'accomplir l'œuvre qui nous est demandée.

Cette armée est composée de diacres, d'instructeurs, de prêtres, d'anciens, de soixante-dix et de grands prêtres, dotés d'un pouvoir bien plus grand que celui dont disposent ceux qui servent dans cette autre armée.

Je crois que Joseph Smith a vu Dieu le Père et Jésus-Christ, son Fils, et qu'il s'est entretenu avec eux. Je crois que la Prêtrise de Dieu lui a été conférée, ainsi qu'à ses compagnons, et que cette Prêtrise nous a été transmise. Nous jouissons, par elle, de pouvoirs et de privilèges. Je dis bien pouvoir, car dans la Prêtrise il y a un pouvoir, comme on le constate chaque jour là où la Prêtrise se trouve et s'exerce en harmonie avec le plan et la promesse de Dieu. Se voir conférer cette Prêtrise n'est pas seulement un privilège mais un grand honneur, et celui qui la reçoit et en méprise le caractère sacré est un déserteur.

Certains parmi nous demandent de nouvelles révélations. Je ne me préoccupe pas de savoir si une nouvelle révélation viendra ou non. Je crains même un peu que, si une nouvelle révélation venait, surtout si elle était du genre que certains pensent que nous devrions avoir, trop d'entre nous ne seraient pas en mesure d'y faire face, comme le montre bien notre échec à comprendre et à suivre ce qui nous a déjà été donné. Ce qui me préoccupe, c'est ce qui a déjà été reçu, et la question de savoir si oui ou non je vis en harmonie avec les enseignements qui nous sont parvenus par révélation, par le pouvoir de la Prêtrise.

Je ne suis pas certain que nous soyons, en tant que peuple, déjà suffisamment familiarisés avec la parole révélée qui nous a été donnée pour être en mesure de recevoir de nouvelles révélations ; et je suis bien certain que, lorsque nous arriverons au point de comprendre pleinement et d'observer ce qui nous a déjà été donné, de nouvelles révélations viendront, et ceux que le Seigneur a dotés de l'autorité de recevoir des révélations les recevront. Depuis plus d'un quart de siècle, j'ai eu la bonne fortune, le privilège et la bénédiction de rencontrer presque quotidiennement les hommes que nous soutenons comme la Présidence de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et que nous soutenons comme prophètes, voyants et révélateurs. Avec cette fréquentation et cette association, il n'y a dans mon âme aucun doute que, lorsque viendra le moment pour nous de recevoir plus que ce que le Seigneur a déjà révélé, cela viendra par eux, ou par leurs successeurs.

L'un de mes frères qui travaille au bureau de l'historien de l'Église m'a dit : « Frère Smith, j'ai passé en revue vos sermons et je les ai compilés. Il y a quelque chose d'humain dans ce que vous dites. Vous ne cessez d'en appeler à l'aide en faveur du jeune homme. » Il peut sembler que ce soit là la seule pensée que j'exprime dans ces réunions. Nous sommes nécessairement limités par le temps. Il y a bien d'autres sujets que je pourrais aborder, mais en tant que membre de l'Épiscopat président, membre de la présidence de la Prêtrise d'Aaron de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, une responsabilité a été placée sur moi, et lorsque je vous rends visite et que je vois les rapports qui nous parviennent, je crois ressentir cette responsabilité, et je ne veux pas être tenu responsable de n'avoir pas su encourager mes frères à voir ce que je crois voir.

Nous avons accompli une œuvre missionnaire des plus merveilleuses, et pourtant il reste beaucoup à faire. Nous n'avons pas de corps de garde. Dans cette armée, le châtiment est de notre propre fait. Nous allons au combat, et, à la différence de l'armée des États-Unis, nous sommes engagés dans un grand conflit. Certains d'entre nous ne le savent pas, mais c'est ainsi. Nous avons un ennemi, un ennemi que nous ne voyons pas toujours, un ennemi que nous ne sentons pas toujours, parce que nous n'avons pas été entraînés à le voir et à le sentir. Lorsque nous qui détenons la Prêtrise, et qui l'honorons et magnifions notre appel en elle, entrons en contact avec cet ennemi, il nous est donné de comprendre qu'il est un ennemi et que nous devons nous défendre avec toute la vigueur et la puissance de notre virilité. Nous ne le faisons pas toujours.

Je répugne à faire cette déclaration, et je ne le ferais pas si je ne l'avais entendue plusieurs fois au cours de l'année écoulée dans différents pieux de cette Église : « Mais, Frère Smith, nous ne pouvons pas le faire », en parlant de travailler avec des hommes devenus indifférents à l'œuvre de l'Église et qui s'en détournent — « Nous formons une petite communauté. Nous nous connaissons tous. Tout ce que nous faisons quand nous allons leur rendre visite, c'est nous taquiner les uns les autres. » Quelle justification y a-t-il à une telle pensée ? Si nous le permettons, sommes-nous prêts ? À mes yeux, cela porte la marque d'un lâche. Je pense qu'une prophétie faite il y a des siècles pourrait nous donner quelque encouragement. Le prophète Aggée a dit :

Vous semez beaucoup et vous recueillez peu, Vous mangez et vous n'êtes pas rassasiés, Vous buvez et vous n'êtes pas désaltérés, Vous êtes vêtus et vous n'avez pas chaud ; Le salaire de celui qui travaille tombe dans un sac percé. Ainsi parle l'Éternel des armées : Considérez attentivement votre conduite !

Ne sommes-nous pas dans cette condition ? Pourquoi en est-il ainsi ? Qu'est-ce qui a amené cette condition ? Comment pouvons-nous la surmonter ou la changer ? Il n'y a qu'une seule voie, et une seule : c'est d'être fidèles aux enseignements de l'Évangile et d'honorer la Prêtrise qui nous a été conférée. Et ceux qui craignent de s'agenouiller en prière avec un frère égaré devraient d'abord mettre de l'ordre dans leur propre maison ; puis, lorsque nous aurons développé la foi, la manifester par nos œuvres. Lorsque nous exerçons notre foi dans notre œuvre, l'Esprit de Dieu se manifeste, que ce soit dans notre propre foyer, dans le foyer de notre voisin, ou dans la vie de nos voisins, et plus grande est la connaissance mutuelle, plus grande est l'occasion de faire pénétrer dans la vie de notre frère égaré ce qui le sauvera de son erreur. Cela ne peut se faire que par l'esprit de prière, non par la moquerie, non par la crainte.

Souvenons-nous de la déclaration de Paul à Timothée :

Je rends grâces à Dieu, que mes ancêtres ont servi, et que je sers avec une conscience pure, de ce que nuit et jour je me souviens continuellement de toi dans mes prières,

C'est pourquoi je t'exhorte à ranimer le don de Dieu que tu as reçu par l'imposition de mes mains.

Car ce n'est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de sagesse.

N'aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur…

par la puissance de Dieu qui nous a sauvés, et nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos œuvres, mais selon son propre dessein, et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels. (2 Timothée 1:3-9.)

Le Sauveur a dit :

C'est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux ;

mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux.

Et celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi. (Matthieu 10:32, 33, 38.)

Je suis d'avis que si nous voulons réussir, si nous voulons apporter la paix sur la terre, nous devrions ranimer l'esprit, le don qui est en nous, par l'imposition des mains de ceux qui détiennent l'autorité, sans crainte. Allons dans les foyers de ces frères égarés qui, à cause de leur inactivité, ont été aveuglés et ne voient plus la lumière, prions avec eux et supplions-les, afin que Dieu leur redonne l'esprit de l'œuvre, qu'ils puissent revenir à la lumière spirituelle et le louer pour sa bonté et sa miséricorde. Cela apportera la paix. Cela mettra l'amour dans le cœur des hommes, et c'est la seule façon au monde dont la paix, le bonheur et la prospérité peuvent venir aux enfants de Dieu sur la terre.

Que sert-il, mes frères, à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ?

Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est morte en elle-même.

Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres.

Tu crois qu'il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent.

Mais veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile ?… Par les œuvres la foi fut rendue parfaite.

Vous voyez que l'homme est justifié par les œuvres, et non par la foi seulement. Car comme le corps sans l'esprit est mort, de même la foi sans les œuvres est morte. (Jacques 2:14-26.)

Que le Seigneur nous aide, je le prie. Que son Esprit repose sur nous. Puissions-nous comprendre que cette Prêtrise qui est aujourd'hui dans l'Église a du pouvoir et se manifeste dans l'Église, par ceux qui servent, non seulement ceux qui dirigent, connus sous le nom d'Autorités générales de l'Église, mais aussi vous qui œuvrez dans les pieux.

Que Dieu vous bénisse, et bénisse ceux qui servent avec vous, afin que nous puissions porter l'esprit de cette œuvre dans chaque foyer, dans la vie de chaque personne, en continuant sans relâche et sans crainte, jusqu'à ce que nous ayons remporté la bataille et les ayons ramenés dans le bercail. Que Dieu nous aide ainsi, je le prie, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursDavid A. Smith, « La prêtrise et le service », 1934 April General Conference, Second Day Morning Session (1934-04-07). Pulpit Vault, 1934-04-smith-da-priesthood-and-service. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).