Pulpit

Discours d'ouverture

Heber J. Grant

Conférence générale d'avril 1934·Session du matin du premier jour·1934-04-06

C'est pour moi une source de grand plaisir que de rencontrer cette vaste assemblée. Je pense qu'il s'agit de la plus grande assemblée dont je me souvienne avoir vue dans cette maison lors d'une réunion de conférence du vendredi. Il m'est très agréable de constater l'intérêt que le peuple porte à nos conférences.

J'apprécie la croissance remarquable et merveilleuse de l'Église. Lorsque je repense, cinquante et un ans en arrière à la prochaine conférence d'octobre, à l'époque où je devins l'une des autorités générales de l'Église — époque où, si je me souviens bien, nous avions moins de trente pieux, et où nous en avons maintenant cent cinq — je suis reconnaissant pour la croissance de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

SE SOUVIENT D'UN PREMIER VOYAGE

Je me souviens de mon premier voyage, il y a cinquante ans en mai prochain, dans la région de Rexburg. Rexburg était à l'époque une branche de l'une des paroisses de la vallée de Cache, et il y avait moins de 1300 personnes appartenant à l'Église résidant au nord du pieu d'Oneida de Sion. Aujourd'hui nous en avons plus de 100 000, j'en suis sûr, si l'on compte le nord, l'ouest, et jusqu'au Canada.

Je me souviens également que, juste avant d'être fait membre du Collège des douze, j'ai visité Oakley et d'autres villes des environs d'Oakley. Un an avant cela, j'avais visité Oakley alors que c'était une branche de la paroisse de Grantsville du pieu de Tooele de Sion. Je devais me rendre à Salt Lake City, en traversant les pieux de Salt Lake, de Davis, de Weber et de Box Elder jusqu'à Brigham City, puis voyager encore deux jours et quelques vers l'ouest pour atteindre une branche de la paroisse de Grantsville du pieu de Tooele de Sion. Nous avons maintenant environ une demi-douzaine de pieux entre Brigham City et cette région.

L'AUTORITÉ DIVINE RÉTABLIE

Chaque année, l'Église est plus forte qu'elle ne l'était l'année précédente. L'Église progresse, elle ne recule pas. Les hommes peuvent commettre des erreurs, mais l'Église demeure ferme.

L'Évangile est en vérité le plan de vie et de salut. Dieu a de nouveau parlé des cieux. Dieu lui-même a présenté son Fils Jésus-Christ, le Sauveur du monde, au jeune Joseph Smith. Jean-Baptiste a imposé les mains sur la tête de Joseph Smith et d'Oliver Cowdery et leur a donné l'autorité de baptiser, leur commandant ensuite de se baptiser l'un l'autre.

Pierre, Jacques et Jean, les apôtres de Jésus-Christ durant son ministère et après sa mort, ont imposé les mains sur la tête de Joseph Smith et d'Oliver Cowdery et ont de nouveau rétabli l'apostolat sur la terre. Tout don, toute grâce, toute dotation, tout privilège et toute autorité dont jouissaient aux premiers jours les saints de Dieu durant le ministère de Jésus-Christ et après sa crucifixion appartiennent aux saints des derniers jours, qui en jouissent aujourd'hui.

CHAPELLES CONSACRÉES

Presque chaque dimanche, au cours des six derniers mois, j'ai consacré une maison de réunion ou rencontré diverses branches dans les missions de l'Église. Au cours des six derniers mois, nous avons consacré une magnifique chapelle à Washington, D.C., à l'honneur des saints des derniers jours et à l'honneur de cette grande ville, reconnue par tous ceux à qui j'ai parlé — bien que moins coûteuse que certains autres édifices religieux qui coûtent peut-être deux, trois ou quatre fois plus cher — comme un bâtiment égal, en beauté et en construction, pour sa taille, à n'importe lequel des beaux bâtiments de Washington. Lors de la première réunion de la branche, il y a quelques années, à Washington, il y avait cinq personnes présentes. Plus de deux mille personnes ont assisté à la consécration de notre chapelle — certaines, bien sûr, sont venues une deuxième fois, et peut-être une troisième, mais il était demandé aux gens de n'assister qu'à une seule réunion. C'est une source de satisfaction de constater que nous avons l'une des plus belles églises de notre principale ville, la capitale de notre nation.

NOUS AVONS LA VÉRITÉ À DONNER

C'est une source de satisfaction pour moi de pouvoir dire que je crois que chaque saint des derniers jours véritable, ou chaque saint des derniers jours qui vit réellement sa religion, soutient dans son cœur, par ses prières et ses bonnes œuvres, les autorités générales de l'Église. Je suis très reconnaissant pour la vérité.

Je me souviens avoir distribué des brochures — plusieurs milliers, en fait — pendant la période de Noël, intitulées « Le pouvoir de la vérité ». Nous avons la vérité à donner au monde, et aucun autre peuple ne possède la vérité, l'Évangile véritable de Jésus-Christ, établi par lui. Cette petite brochure dit, à propos de la vérité :

La vérité est le fondement rocheux de tout grand caractère.

Et la vérité est le fondement rocheux de l'Église du Christ, et vous et moi avons été bénis d'un témoignage de sa divinité.

C'est la loyauté envers le bien tel que nous le percevons ; c'est le fait de vivre courageusement notre vie en harmonie avec nos idéaux ; c'est toujours — la puissance.

LE TÉMOIGNAGE DEMEURE

Lorsque nous vivons en harmonie avec nos idéaux élevés, nous ne perdons jamais le témoignage de l'Évangile. Nous sommes toujours prêts et disposés à soutenir ceux qui, par la providence du Seigneur, ont été appelés à présider l'Église. Ceux qui ne gardent pas les commandements du Seigneur et qui s'adonnent à critiquer et à trouver à redire sont les seuls à perdre leur foi.

Depuis mon enfance jusqu'à aujourd'hui, je ne me souviens d'aucune personne de ma connaissance qui, étant un payeur de dîme honnête et consciencieux, écoutant et obéissant aux instructions données par le président de l'Église, ainsi que par les divers présidents de pieu et évêques de paroisse, ait perdu sa foi. Au contraire, j'en ai vu beaucoup la perdre pour n'avoir pas su vivre à la hauteur des idéaux des saints des derniers jours et de leur connaissance de l'Évangile. Quelqu'un a dit que « la connaissance sans la pratique est comme un œil de verre, tout pour le paraître et rien pour l'usage ».

La vérité défie toujours toute définition complète. Comme l'électricité, elle ne peut s'expliquer qu'en observant sa manifestation. Elle est la boussole de l'âme, le gardien de la conscience, la pierre de touche ultime du bien. La vérité est la révélation de l'idéal ; mais elle est aussi une inspiration à réaliser cet idéal, une impulsion constante à le vivre.

DES MISSIONNAIRES HEUREUX

Il n'est aucune partie de l'œuvre de Dieu ici-bas, à l'heure actuelle, où l'on trouve un groupe de gens aussi heureux, contents et paisibles que ceux qui se consacrent au service missionnaire. Le service est la véritable clé de la joie. Lorsqu'on se met au service de l'avancement de l'humanité, lorsqu'on travaille sans argent et sans rétribution, sans espoir de récompense terrestre, il vient au cœur de l'homme une joie réelle et véritable dont je suis convaincu que seuls ceux qui ont connu l'inspiration du Saint-Esprit, telle qu'elle leur vient sur le champ de la mission, savent quelque chose.

Je peux témoigner en toute humilité que les trois années qui se détachent le plus nettement dans ma vie sont les trois années où je travaillais comme président de la Mission européenne.

LE MENSONGE CONDAMNÉ

Le mensonge est l'un des plus anciens vices du monde — il fit ses débuts dans la première conversation enregistrée de l'histoire, dans un célèbre entretien au jardin d'Éden. Mentir, c'est sacrifier l'honneur pour créer une fausse impression. C'est se déguiser sous des vertus mal ajustées. La vérité peut se tenir seule, car elle n'a besoin d'aucun chaperon ni escorte. Les mensonges sont des choses lâches et craintives qui doivent voyager en bataillons. Ils sont comme une bande d'hommes ivres, l'un cherchant vainement à en soutenir un autre. Le mensonge est le partenaire et le complice de tous les autres vices. C'est le cancer de la dégénérescence morale dans la vie d'un individu.

La vérité est la plus ancienne de toutes les vertus ; elle a précédé l'homme, elle existait avant qu'il n'y ait un homme pour la percevoir ou l'accepter. Elle est l'immuable, la constante. La loi est la vérité éternelle de la nature — l'unité qui produit toujours des résultats identiques dans des conditions identiques. Lorsqu'un homme découvre une grande vérité dans la nature, il détient la clé de la compréhension d'un million de phénomènes ; lorsqu'il saisit une grande

vérité morale, il détient en elle la clé de sa propre re-création spirituelle. Pour l'individu, il n'existe pas de vérité théorique ; une grande vérité qui n'est pas absorbée par tout notre esprit et toute notre vie, et qui n'est pas devenue une partie inséparable de notre existence, n'est pas pour nous une vérité réelle. Si nous connaissons la vérité et ne la vivons pas, notre vie est — un mensonge.

Que le Seigneur aide chacun de nous à vivre la vérité, telle est ma humble prière.

L'ÉGLISE NE COMMET PAS D'ERREURS

Je suis vraiment très heureux de sentir que l'Église ne commet pas d'erreurs ; que l'Église est demeurée fidèle à sa mission divine depuis le martyre du prophète Joseph, et en fait depuis l'organisation de l'Église jusqu'à aujourd'hui.

J'ai entendu assez fréquemment parler de l'incapacité de votre humble serviteur, n'ayant pas assez de connaissance et d'aptitude, à présider l'Église.

LE DERNIER MESSAGE DU PRÉSIDENT SMITH

Je vais lire la déclaration suivante — et je ne me souviens pas de l'avoir fait auparavant — écrite à ma demande par l'évêque David A. Smith, le 19 novembre 1918 :

Le président Grant est venu à la Beehive House hier après-midi pour s'enquérir de l'état de mon père, et je lui ai suggéré d'entrer lui parler, mais il a dit qu'il ne voulait pas le déranger. J'ai dit : « Vous feriez mieux d'attendre et de le voir, car ce pourrait être votre dernière occasion de lui parler. »

Mon père étant éveillé, je lui ai dit que Frère Grant était là, et il m'a demandé de dire à Frère Grant qu'il désirait le voir, et lorsque Frère Grant entra dans la chambre, il le prit par la main et dit :

« Que le Seigneur te bénisse, mon garçon, que le Seigneur te bénisse, tu as une grande responsabilité. Souviens-toi toujours que c'est l'œuvre du Seigneur, et non celle de l'homme. Le Seigneur est plus grand que tout homme. Il sait qui il veut pour diriger son Église, et il ne se trompe jamais. Que le Seigneur te bénisse. »

Ce fut le dernier message que le président Smith adressa à qui que ce soit.

(Signé) DAVID A. SMITH.

ALORS QU'IL PRÉSIDAIT À TOOELE

Il m'échut, avant même d'avoir vingt-quatre ans, d'être appelé à présider le pieu de Tooele de Sion. Je n'avais jamais fait de discours de dix minutes dans une réunion de l'Église jusqu'alors. Je ressentais alors ma propre faiblesse, mais je repense avec plaisir au fait d'avoir tenu l'engagement pris dans le court discours livré en sept minutes et demie. Je manquai d'idées au bout de ce temps. Cette nuit-là, dans l'obscurité, j'entendis un homme dire avec mépris : « C'est dommage que, si les autorités de l'Église devaient envoyer ici un jeune homme pour présider notre pieu, elles n'aient pas pu en trouver un ayant assez de bon sens pour parler dix minutes. »

Ils avaient raison, je manquais des connaissances nécessaires pour parler dix minutes. J'ai manqué d'idées en sept minutes et demie à la montre, m'étant chronométré moi-même.

Nous trouvons rapporté au vingt-neuvième chapitre d'Alma que le Seigneur accorde aux hommes selon leurs désirs, que ce soit pour

la vie ou la mort, la joie ou le remords de conscience. Je désirais faire mon devoir. Je me suis engagé alors et là à garder la Parole de Sagesse du mieux que je le pouvais ; à travailler aussi diligemment que n'importe quel homme à Tooele ; à donner de mes biens aussi libéralement que n'importe qui ; et à accomplir du mieux possible les devoirs et obligations qui m'incombaient. L'homme qui m'avait critiqué cherchait l'occasion de trouver à redire, et il la trouva.

LA CROISSANCE PAR L'ACCOMPLISSEMENT DU DEVOIR

Je ne connais rien dans l'Église de plus grave que de trouver à redire ; et, au contraire, rien qui inspire autant les hommes que d'observer la Parole de Sagesse, d'être honnêtes et consciencieux envers Dieu dans le paiement de leurs dîmes, et d'être honnêtes envers leur prochain. J'ai vu des hommes grandir et croître en lumière, en connaissance et en intelligence lorsqu'ils accomplissent leur devoir.

J'ai été stupéfait qu'un homme aussi faible que moi soit appelé à être apôtre. Il me semblait presque incroyable que je puisse devenir président de l'Église. Mais je suis vraiment très reconnaissant aujourd'hui de pouvoir dormir la conscience tranquille. Je suis très reconnaissant de n'avoir rien à me reprocher, sinon mon manque d'aptitude et mon manque de connaissance, mais non mon manque d'énergie, ni mon manque de détermination et de volonté à travailler. Je suis reconnaissant du peu que j'ai accompli, et je me réjouis que, dans tous mes travaux, je n'aie rien trouvé qui ait, si peu que ce soit, affaibli ma foi dans l'Évangile de Jésus-Christ.

POSSÈDE LA CONNAISSANCE

Je n'ai pas besoin de dire la foi, car je peux dire la connaissance. Je sais que Dieu vit ; que Jésus est le Christ ; que Joseph Smith était un prophète du Dieu vrai et vivant, et que le mormonisme, comme on l'appelle, est en vérité l'Évangile de Jésus-Christ, le plan de vie et de salut, révélé de nouveau des cieux, et que toute autorité ayant jamais existé sur la terre a été rendue de nouveau aux hommes par des messagers venus du ciel.

Je me réjouis de l'œuvre merveilleuse qui s'accomplit dans nos temples, du rétablissement sur la terre du privilège de baptiser, par l'autorité du Dieu vivant, en faveur de ceux qui sont décédés, et d'accomplir des ordonnances qui, si elles sont acceptées, conduiront les morts à la vie éternelle et au salut, bien qu'ils soient peut-être morts sans avoir connu l'Évangile.

LE SEIGNEUR PRÉPARE LA VOIE

Je me réjouis que, jeune homme, je me sois épris de Néphi, et que, plus que tout autre personnage — exception faite, bien entendu, toujours du Sauveur — sa vie, son exemple, ses enseignements aient été les étoiles directrices de ma vie.

J'ai cru, accepté et prêché ce qui suit :

Et il arriva que moi, Néphi, je dis à mon père : J'irai et je ferai les choses que le Seigneur a commandées, car je sais que le Seigneur ne donne pas

de commandements aux enfants des hommes sans leur préparer la voie pour qu'ils puissent accomplir ce qu'il leur commande.

Je n'ai aucune crainte de ne pouvoir, avec l'aide des hommes remarquables et merveilleux qui sont associés à moi, accomplir tout devoir et obligation, toute exigence et tout commandement que Dieu pourrait me donner.

RECONNAISSANT POUR DE SAGES CONSEILLERS

Je remercie Dieu pour Anthon H. Lund et Charles W. Penrose — des hommes qui possédaient un trésor de connaissance merveilleux et admirable ; une connaissance merveilleuse des Écritures, une compréhension admirable du plan de vie et de salut ; des hommes qui avaient, pour écrire sur l'Évangile et pour l'enseigner, une aptitude que je ne possède pas. Mais ils m'ont donné tout ce qu'ils avaient ; ils m'ont donné le meilleur d'eux-mêmes.

Je me réjouis d'avoir pour conseiller mon cousin, Anthony W. Ivins. Je me réjouis de sa sagesse et de son dévouement ; je me réjouis de l'esprit remarquable et des aptitudes que possédait Frère Charles W. Nibley. Je me réjouis des aptitudes admirables de Frère J. Reuben Clark, fils, qui est maintenant l'un de mes conseillers. Je suis reconnaissant pour ces hommes, pour leurs trésors de connaissance qui dépassent de loin le mien.

CONFIANT QUE L'ÉGLISE TRIOMPHERA

Je reconnais mon propre manque de grande aptitude, mais je ne manque pas de confiance en Dieu. Je ne manque pas de la bénédiction qui m'a été donnée par le président Joseph F. Smith. Je ne crains pas que l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours cesse d'avancer, encore et toujours, comme elle l'a fait, et de prospérer ; tandis que tous ceux qui manquent à leur devoir tomberont en chemin.

UNE EXPÉRIENCE DE JEUNESSE AVEC DES PLANCHETTES

Je me souviens que, lorsque j'étais enfant, il y eut une grande apostasie dans l'Église, connue sous le nom de mouvement godbéite, appelé le New Move. Je me souviens que ma chère mère, une sainte femme, devait coudre à l'aiguille et au fil pour gagner sa vie, et finit par faire beaucoup de couture dans les foyers de gens assez riches pour posséder des machines à coudre. Lorsqu'elle se rendait dans l'un de ces foyers pour faire fonctionner une machine à coudre et y passer la journée, souvent jusque tard dans la nuit, j'étais toujours invité à y venir dîner. À une occasion, je me trouvais dans la maison de William Godbe, connue sous le nom d'Octagon House — située à l'angle de Second South et de Second East — qui a depuis disparu et où se trouve maintenant une grande et belle station-service.

Ces gens passaient un moment merveilleux, riant et poussant des cris, dans la pièce au centre de la maison qui était entourée de huit pièces. Ils avaient une planchette, et recevaient des messages. Ils vinrent dans la chambre où ma mère cousait et dirent : « Viens, Rachel, et amuse-toi bien. »

Elle dit : « Non, le président Brigham Young a dit que toute personne qui s'amuserait avec une de ces planchettes serait entraînée dans le spiritisme ;

et le spiritisme était, bien entendu, de l'apostasie ; et les fruits du spiritisme étaient la folie et le suicide. Je n'y entrerai pas. »

Finalement, ils entrèrent dans la chambre et y apportèrent l'appareil, mais il ne fonctionna pas. Plus tard, ils revinrent et dirent : « Viens, Rachel. » Ils étaient retournés dans l'autre pièce et riaient et poussaient des cris. À mon grand étonnement, elle y alla.

Vous savez, les enfants critiquent parfois leurs parents, comme ce fut le cas pour un certain homme bon. L'un de ses petits enfants prit la parole un jour et dit : « Papa, nous ne faisons jamais de prière, n'est-ce pas, à moins d'avoir de la visite ? » Comme nous rentrions à la maison ce soir-là, je dis à ma mère : « Pourquoi es-tu entrée dans cette pièce alors que Frère Brigham t'avait dit de ne rien avoir à faire avec ces choses-là ? »

Elle rit et dit : « Mon garçon, as-tu remarqué que l'appareil n'a pas fonctionné dans la chambre lorsqu'ils l'y ont apporté ? » J'ai dit : « Oui. »

« Je vais te dire pourquoi il n'a pas fonctionné. J'ai dit au Seigneur que je ne pouvais empêcher qu'on l'apporte là, mais de bien vouloir le faire taire, et il l'a fait. Quand ils m'ont demandé d'entrer dans le salon, j'ai dit au Seigneur que s'il me donnait au cœur l'impression que je pouvais y entrer et faire taire leur appareil, qu'il ne pourrait pas fonctionner en ma présence, j'irais. Et j'ai reçu cette impression, alors j'y suis allée, et il n'a pas fonctionné. »

RÉSULTAT DU MOUVEMENT GODBÉITE

Quel fut le résultat du mouvement godbéite ? Le résultat final fut le spiritisme pour ceux qui y demeurèrent. On m'a dit — je ne sais pas jusqu'à quel point c'est vrai — que l'épouse de William Godbe, celle avec qui il vivait, perdit la raison. Bien entendu, il eut une manifestation lui disant de ne pas vivre avec l'autre femme qu'il avait épousée. William Godbe reçut une révélation selon laquelle son beau-frère, mon cousin par alliance, Ben Hampton, devait être apôtre de l'Église. Il se rendit au pont à péage sur la rivière Bear, où Ben avait une belle et grande maison d'adobe, et servait des repas. C'était le lieu d'équipement pour les gens qui montaient vers le Montana.

Godbe lut cette révélation à Ben. Vous savez que certaines personnes disent que « damn » n'est pas un juron, que c'est seulement une emphase ; eh bien, avec emphase, Ben dit :

Si le reste de tes révélations — avec emphase — sont d'aussi gros mensonges que celui-là, tu devrais descendre tout droit chez Frère Brigham et faire la paix avec lui, parce que tu reçois des révélations du diable.

L'idée que toi, un homme d'affaires à la tête dure, qui as construit le premier bâtiment de pierre à trois étages jamais construit à Salt Lake City, qui as construit des fonderies et t'es engagé dans les mines et d'autres affaires, puisses penser que le Seigneur m'appellerait à être apôtre — moi, un homme qui n'a jamais prêté attention à la religion, un homme qui boit quand il en a envie, qui fume quand il en a envie, et qui chique du tabac quand il en a envie, un homme qui se met en colère et jure à l'occasion — il menait par ailleurs une vie propre — Billie, descends tout droit à Salt Lake et règle ça avec Frère Brigham. Tu reçois des révélations de la mauvaise source.

Des années plus tard, je me trouvais à l'hôtel Williams à Milford, sur la colline là-bas, étant allé, si je m'en souviens bien, à Beaver assister à une con-

férence, et William Godbe, son fils et d'autres logeaient à cet hôtel ce soir-là. Ils se rendaient, si je m'en souviens bien, de Salt Lake à Bullionville, ou revenaient de Bullionville où ils avaient des intérêts miniers. Le lendemain matin, nous ne pûmes retrouver son fils, et nous le cherchâmes partout. Finalement, nous trouvâmes son corps à environ 450 mètres de l'hôtel. Il était sorti là-bas et s'était suicidé.

SE SOUVIENT D'AUTRES CAS

Je me souviens avoir prêché à Los Angeles à une occasion, de la même manière que je le fais ici maintenant, et après la réunion, une femme vint trouver Frère Joseph W. McMurrin et dit qu'elle avait un ouija — c'est ainsi qu'on l'appelle maintenant, on l'appelait autrefois une planchette — et qu'elle le trouvait tout à fait remarquable, mais qu'elle ne s'en servirait plus jamais. Il essaya de la persuader de la lui laisser pour la brûler. Oh non, elle ne voulait pas la brûler. Plus tard, elle recommença à s'en servir. Elle était à Los Angeles en visite depuis l'Arizona au moment où j'ai fait ce discours. Elle finit par se retrouver à l'asile d'aliénés en Arizona.

Les fruits de l'Évangile de Jésus-Christ sont la santé et la vigueur du corps, de l'esprit et de l'âme, et les fruits du spiritisme sont la folie et le suicide.

Je me souviens que certains anciens en Angleterre avaient loué une salle à un étage d'un bâtiment où des médiums spirites tenaient leurs séances. Ils ne cessaient d'inviter les jeunes gens à venir à leurs réunions. Je leur dis de rester à l'écart, en disant : « Vous ne pouvez pas manipuler un vilain tuyau de poêle sale sans vous salir les mains, et vous n'avez rien à faire sur le terrain du diable, alors tenez-vous en éloignés. Vous savez que vous avez la vérité ; continuez à la proclamer et à la vivre, et laissez-les tranquilles. »

Finalement, les jeunes gens me supplièrent de les laisser y aller. Je dis : « Très bien, vous pouvez y aller à une condition » — c'était une réunion du soir — « c'est que vous ne mangiez rien ce jour-là, et que vous y alliez en jeûnant et en priant le Seigneur de les empêcher de mener à bien leurs opérations spirites. »

Ils allèrent à la réunion, et les spirites ne purent tenir aucune séance ce soir-là.

LE TÉMOIGNAGE DE WILFORD WOODRUFF

Je me réjouis du témoignage du président Wilford Woodruff. Un soir, il se trouvait à une réunion où l'on avait eu de remarquables manifestations spirites. Frère Woodruff s'y rendit, réprimanda les esprits et leur commanda de ne pas agir par l'intermédiaire de ce médium. Finalement, après qu'ils se furent rassemblés un certain temps et eurent tenu une réunion à la manière des quakers, l'homme qui était le médium descendit de l'estrade, traversa l'assistance jusqu'à l'endroit où se trouvait Frère Woodruff, brandit le poing devant son visage et dit : « C'est toi l'homme qui s'oppose à moi et m'empêche de faire quoi que ce soit ici ce soir. »

Frère Woodruff dit : « Oui, j'ai la prêtrise de Dieu et j'ai réprimandé les esprits mauvais. »

Ils supplièrent Frère Woodruff de bien vouloir partir, ce qu'il fit, et ils eurent alors, c'est bien le cas de le dire, une soirée du diable.

UN HOMMAGE AUX MÈRES

Je me réjouis de la remarquable réunion tenue ici hier par nos sœurs, les mères fidèles et diligentes de l'Église. Il se trouve que j'ai pris un livre ce matin avant de me lever, et que j'y ai lu un hommage aux mères — à votre mère, à toute bonne mère saint des derniers jours :

Le mot le plus doux dans la langue des langues est celui de — Mère. Il y a dans chaque lettre de ce mot une richesse de musique si divine — il y a des cordes vibrantes d'un Amour si angélique — que le monde entier rend souvent hommage aux Mères qu'il honore.

Nancy Hanks — la mère de Lincoln ; Frances Willard et Jane Addams — mères de ceux qui n'ont pas de mère ; la reine Victoria — la mère d'une nation de mères.

Toi — qui que tu sois — ton plus grand bien est ta mère. Toi — ruiné, découragé, criblé d'échecs, l'espoir gâché, le cœur brisé, étranger à toi-même — il te reste encore un jour, glorieux de couchers de soleil, si seulement tu veux bien retourner, en pensée, ou en cœur, ou en personne — vers ta mère.

L'événement le plus merveilleux de l'histoire du monde fut celui où la première femme devint — une mère. La vie humaine est devenue une belle chose parce que le monde a eu ses mères.

HONORÉES PAR L'ÉGLISE

Aucune autre Église n'a jamais honoré les mères comme l'a fait l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours — par l'entremise du prophète Joseph Smith, en établissant la Société de Secours des femmes.

Les plus grands hommes de toute communauté sont ceux qui rendent le plus grand hommage à la maternité. Personne n'a jamais surpassé, ni ne surpassera jamais, l'accomplissement d'une femme lorsqu'elle devient mère. Quand as-tu écrit à ta mère pour la dernière fois ? Si elle t'a quitté, combien de fois penses-tu à elle ? Te rends-tu compte que tout ce que tu es, ou tout ce que tu espères devenir, a commencé dans ces années où ta mère, tout son être vibrant de fierté, te serrait contre elle, les yeux brillants et mouillés d'amour, surveillant chacun de tes souffles, et suivant, heure après heure, les plus faibles battements de ton cœur ? Pense à la manière dont, tout au long de ces jours, elle t'a enveloppé de son abnégation et de ses sacrifices.

La mesure de ta réussite sera le degré d'honneur que tu rendras à ta mère et à la maternité.

FAIT L'ÉLOGE DE SA PROPRE MÈRE

Je me tiens ici aujourd'hui comme quelqu'un pour qui sa mère fut tout. Elle fut pour moi à la fois père et mère ; elle donna un exemple d'intégrité, de dévouement et d'amour, de détermination et d'honneur sans égal. Je me tiens ici aujourd'hui comme président de l'Église parce que j'ai suivi les conseils et le témoignage ardent de la divinité de l'œuvre de Dieu, qui me sont venus de ma mère.

Il vint dans mon foyer, lorsque j'étais enfant, un grand homme du monde, un homme de grande importance, un homme qui, une fois, m'offrit un poste magnifique, à 40 000 dollars par an de salaire, et qui pensait que j'étais bien sot de ne pas l'accepter, alors que l'Église, à cette époque, ne me permettait pas même une dîme de cette somme. Cet homme m'écrivit de Londres ;

il était à cette époque directeur, pour tout le Royaume-Uni, de la grande compagnie New York Life Insurance. Il écrivit : « Qu'est devenu ton cousin ? J'ai souvent dit à ma femme… » (et, soit dit en passant, cet homme vint dans notre foyer lorsqu'il était jeune et célibataire ; il vint ici par la diligence transcontinentale ; plus tard il revint avec sa femme, et finalement son premier enfant naquit dans notre foyer. Il devint l'un des amis les plus chers et les meilleurs que les saints des derniers jours aient jamais eus.)

S'ENQUIERT DE L'ANCIEN IVINS

Il dit : « J'ai souvent dit à ma femme, Mme Hawes » (cet homme était le colonel Alexander G. Hawes) « que ces deux jeunes gens, Anthony W. Ivins et Heber J. Grant, se retrouveraient un jour tout en haut de l'Église « mormone » ; cela est en eux. Te voilà apôtre et président d'une banque, et je n'ai pas entendu parler de ton cousin. Qu'est-il devenu ? » Je répondis : « Colonel, il est parti au Mexique. Il y a accompli deux missions, et s'il est un endroit au monde où il ne voulait pas aller, c'était bien le Mexique. Mais il y est allé — pourquoi ? Parce qu'il a été appelé à y aller, et il y restera, y vivra et y mourra, à moins d'être rappelé. »

RECONNAISSANT POUR SON TÉMOIGNAGE

Je remercie Dieu pour un témoignage qui me vint, à la partie éternelle de moi-même, le jour où Frère Ivins fut appelé au Mexique. Frère George Q. Cannon fit cette remarque : « Je ne veux pas que Frère Ivins aille au Mexique, nous avons besoin de lui ici. C'est l'homme le plus remarquable de son parti dans l'Utah, mais je crois que le Seigneur le veut là-bas. » Lorsqu'il fut appelé, je me sentis un peu triste, et tandis que j'y réfléchissais, le Seigneur vit bon de me donner cette parole : « Tu n'as pas à te sentir mal, il va là où le Seigneur veut qu'il aille, et tu auras l'exquise joie de l'accueillir de nouveau dans cette pièce comme l'un des apôtres du Seigneur Jésus-Christ. » Je me trouvais alors dans la salle des apôtres du temple. Je détournai la tête et pleurai de joie.

L'HOMMAGE DU COLONEL HAWES

Je me réjouis que Frère Ivins ait eu une mère aussi merveilleuse — la propre sœur de ma mère. Je n'ai jamais connu deux femmes plus vraies, deux femmes d'une plus grande sérénité, deux femmes qui aient mené une vie plus belle, parlant toujours en bien de chacun ou se taisant. Ce même colonel Hawes m'écrivit à la mort de ma mère — il était agnostique — et dit : « Si le Dieu de la nature a jamais imprimé la paix, la noblesse et la sérénité sur un visage humain, c'est bien sur celui de la chère tante Rachel. » Ma cousine Caddie Ivins servait à table lors de la visite du colonel Hawes, et elle appelait ma mère « tante Rachel », et les pensionnaires adoptèrent ce titre. Le colonel dit au

président de cette grande compagnie d'assurance à laquelle il était associé que, de toutes les femmes qu'il avait connues dans sa vie, à l'exception de sa sœur, de sa mère et de son épouse, il n'avait jamais rencontré de femme qu'il admirait et aimait autant que ma mère. Le président de la compagnie me rapporta cela, et me présenta ses condoléances lorsque je le rencontrai après la mort de ma mère.

Parler de sacrifice ! Eh bien, le sacrifice des femmes de cette Église et leur dévouement dépassent le pouvoir de la plume et de la langue de l'homme pour leur rendre un juste hommage.

Que Dieu nous aide à suivre l'enseignement et l'exemple de nos mères qui sont de vraies saintes des derniers jours, et il y aura une éternité de joie et une exaltation réservées à chacun de nous ; et que nous puissions la recevoir, telle est mon humble prière, au nom de Jésus-Christ, notre Sauveur, notre Rédempteur, ainsi soit-il. Amen.

Citer ce discoursHeber J. Grant, « Discours d'ouverture », Conférence générale d'avril 1934, Session du matin du premier jour (1934-04-06). Pulpit Vault, 1934-04-grant-opening-address. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).