La vérité et le salut
J. Reuben Clark Jr.
Mes frères et sœurs, que le Seigneur nous touche, vous et moi, de l'esprit de vérité pendant le temps où je me tiendrai devant vous. ¶
COMPLIMENTS AUX CHANTEURS ET AUX MUSICIENS ¶
Permettez-moi tout d'abord de renouveler mon compliment à notre grand chœur, à l'organiste, au chef du chœur, et à frère Richard Evans pour ses belles homélies qui, dimanche après dimanche, répandent sur toute la terre un message d'amour, de bonne volonté et de droiture. Des extrémités de la terre, j'ai personnellement entendu des paroles d'éloge pour leur grande œuvre. Je pense ne les avoir jamais entendus mieux faire que ce matin. Ce fut, je pense, un merveilleux hommage à frère Evan Stephens que le chœur puisse commencer par ce grand défi ardent tiré de Wagner et passer de là au beau chant de Pâques, chaste et pur, d'Evan Stephens, tout en gardant une harmonie aussi complète. Je suis toujours très impressionné par le merveilleux esprit qui se manifeste parmi le peuple chantant de Sion. ¶
FRUIT DE LA PURETÉ ET DE LA CHASTETÉ ¶
Ce n'est que de la pureté et de la chasteté, ce n'est que d'une vie de droiture que peut nous venir ce beau chant que nous avons en tout temps et particulièrement à cette conférence. J'espère qu'ils pourront toujours poursuivre leur œuvre. Cela doit être, de temps à autre, une corvée ; je comprends combien ils doivent se pousser eux-mêmes pour accomplir leur tâche. Mais il est aussi certain qu'ils vivent que, s'ils le font dans un esprit d'humilité, s'ils travaillent jour après jour et semaine après semaine, s'ils vivent une vie de pureté et de chasteté, ils exerceront dans le monde un pouvoir pour le bien qui ne peut être mesuré. ¶
Frère George S. Romney nous a informés de l'émission de radio diffusée à Chicago par l'un de nos chœurs ; frère Edward P. Kimball diffuse une émission dans la ville de Washington sur un autre réseau. Ce sont là de grands instruments missionnaires, et ils exigent de nous, le corps de l'Église, le soutien le plus complet possible. ¶
« LA VÉRITÉ VOUS RENDRA LIBRES » ¶
Je désire aujourd'hui, dans ce que j'aurai à dire, faire référence à l'une des choses auxquelles le président Grant a fait allusion dans son discours d'ouverture, et à ce que d'autres ont évoqué au cours de cette conférence. Je veux parler de la Vérité. Le Sauveur, s'adressant aux Juifs qui croyaient en lui, après avoir dispersé par une simple question ceux qui accusaient la femme surprise en adultère, dit aux Juifs : « vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira. » ¶
Comme cela a déjà été suggéré à cette conférence, il se glisse parmi nous, maintenant comme toujours, et probablement pas davantage maintenant que toujours, l'erreur ; et l'erreur est péché. Nous devrions être sur nos gardes contre l'erreur, sous quelque forme qu'elle se présente. Il serait facile de rencontrer et de surmonter l'erreur si elle se présentait marquée comme telle. Le grand corps de l'Église, je suis reconnaissant au Seigneur de pouvoir le dire, est capable de détecter l'erreur et le péché, quel que soit le vêtement dont ils se revêtent. Il y en a cependant quelques-uns qui ont besoin de votre aide et de la mienne, et pour eux devraient toujours être ouverts les bras du pardon, et pour ¶
eux devraient toujours être disponibles des paroles bienveillantes, des avertissements, des pensées bienveillantes et de sages conseils. ¶
LES BREBIS QUI S'ÉGARENT ¶
Vous vous souvenez de la parabole de la brebis perdue, et vous vous rappelez la conclusion qu'en tira le Sauveur, lorsqu'il dit qu'il y avait plus de joie dans le ciel pour le seul pécheur qui était sauvé que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui avaient déjà suivi les sentiers de la droiture. Cela ne doit en aucune façon, à mon avis, être compris comme signifiant qu'on pense davantage au seul pécheur repentant qu'aux quatre-vingt-dix-neuf justes. Mais nous avons tous eu assez d'expérience dans la vie pour connaître la joie et la reconnaissance qui envahissent notre cœur lorsqu'un ami, un parent ou un membre de la famille, qui s'était quelque peu égaré et éloigné, revient une fois de plus dans le bercail de la vérité. Et c'est de cette manière que la parabole doit être comprise. ¶
Dans les quelques minutes dont je dispose, je veux adresser mes remarques principalement à ceux qui s'égarent dans le domaine de l'erreur, à ces quelques brebis qui semblent s'éloigner du troupeau, au point d'être presque hors de portée de rappel et de pouvoir se perdre. C'est à eux que je veux dire quelques mots. ¶
NE PAS DÉFIER LA VÉRITÉ ¶
Il y a quelques vérités auxquelles je désire faire référence, mais laissez-moi d'abord dire que ne nous mettons pas dans une attitude de défi envers la vérité. Combien nous sommes pauvres et faibles, combien nous sommes inefficaces, combien notre connaissance est limitée, pour que nous osions jamais présumer de défier la vérité. Mais la vérité, en revanche, puissante et éternelle par nature, défie positivement, jour après jour et heure après heure, chacun de nous à vivre en accord avec elle. ¶
LA VÉRITÉ QU'IL Y A DE LA VÉRITÉ ¶
La première vérité à laquelle je désire faire référence est la vérité que la vérité est vraie. Il y a parmi nous une certaine diffusion de la doctrine selon laquelle tout est relatif et que nous n'avons aucune vérité dans l'absolu. Nous n'avons peut-être pas, dans toute sa plénitude, la vérité ultime ; je doute que, si nous l'avions, nous puissions la comprendre. Mais, mes frères et sœurs, ce que nous avons est ceci : dans la mesure où le Seigneur a parlé, il nous a donné la vérité. Il ne nous a pas enseigné l'erreur. Ainsi, la première grande vérité sur laquelle j'attire votre attention, la première vérité que je veux voir gravée dans le cœur de la jeunesse de Sion, est la vérité qu'il y a de la vérité. ¶
LA SEULE SOURCE DU SALUT ¶
La deuxième vérité sur laquelle je veux attirer votre attention est la vérité que le salut, l'exaltation, ne peut venir que par l'obéissance aux lois et aux commandements du Seigneur, ne peut venir que par l'expiation du Sauveur, et qu'il est la vérité. ¶
Jésus, s'adressant aux pharisiens, après avoir libéré la femme surprise en adultère, dit : ¶
Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. (Jean 8:12.) ¶
À Marthe — elle qui avait une connaissance presque parfaite — le Christ dit : ¶
Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra quand même il serait mort ; ¶
et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu ¶
cela ? ¶
Elle lui dit : Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde. (Jean 11:25-27.) ¶
Aux apôtres, dans la chambre de la Pâque, le Sauveur dit : ¶
Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons pas où tu vas ; comment pouvons-nous en savoir le chemin ? ¶
Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. (Jean 14:5-6.) ¶
Pierre, se défendant devant le sanhédrin, dit : ¶
Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. (Actes 4:12.) ¶
Le Seigneur a parlé en des termes tout aussi positifs à notre époque, répétant, aux premiers jours de l'Église, maintes et maintes fois, ces expressions qu'il avait employées lorsqu'il était sur la terre. ¶
LA GRANDE VÉRITÉ DE LA RÉVÉLATION MODERNE ¶
Jésus est le Messie, il est le Sauveur du monde. Par son sang expiatoire, ses souffrances, sa mort et sa résurrection, nous pouvons devenir des êtres parfaits, et d'aucune autre manière ni par aucun autre moyen. C'est la grande vérité qui imprègne tout ce que Dieu a dit à ses enfants sur cette terre. Sans cela, nous serions comme des corps morts et des esprits morts, exclus du vrai salut, de l'exaltation, de la progression éternelle, la grande vérité nouvelle de la révélation moderne. Nous ne devons jamais oublier que Jésus est le Christ, le Rédempteur du monde. Il n'y a pas d'échappatoire à cela, mes frères et sœurs. Nous avons beau tourner, détourner, philosopher, amasser des sophismes, cette grande vérité demeure. ¶
DES HOMMES QUI NE SONT PAS INSTRUITS ¶
Pour le troisième point que je veux vous exposer, je veux vous lire ce que le Sauveur dit à la fête des Tabernacles, lorsqu'il commença à enseigner ouvertement au peuple. Les Juifs l'avaient cherché, et les Juifs s'étaient étonnés, disant : « Comment connaît-il les Écritures, lui qui n'a pas étudié ? » ¶
Arrêtons-nous ici un instant, car c'est là le défi d'aujourd'hui. Comment des hommes qui ne sont pas instruits peuvent-ils enseigner la parole de Dieu ? Mes frères et sœurs, certaines des plus grandes réalisations de la pensée pure (ce qui est le plus proche de la religion pure) qui aient jamais été accomplies dans l'histoire du monde l'ont été par des hommes qui ne connaissaient pas la formule chimique de l'eau, ni la formule mathématique exprimant la loi qui régit la chute des corps. Combien aurait été difficile l'œuvre ¶
du Christ lui-même s'il avait dû dépendre des instruits. Il ne s'appuyait que sur les humbles ; les instruits venaient le trouver de nuit, ou ne venaient pas du tout. ¶
« La gloire de Dieu c'est l'intelligence. » L'intelligence nous est donnée pour que nous l'employions, la cultivions et la développions. La connaissance est la servante de l'intelligence, et d'un prix inestimable, et la connaissance implique en elle-même non seulement l'instruction mais l'expérience. La simple instruction sans la connaissance, au sens véritable, ne sert à rien. Les pharisiens qui posèrent cette question savaient que le Sauveur n'avait pas fréquenté l'école de Gamaliel, mais le Seigneur n'avait besoin de maîtriser aucun programme d'études ; la vérité pleine et entière ne réside dans aucun programme d'études particulier. L'instruction est d'un prix inestimable si elle s'accompagne de l'esprit qui devrait l'accompagner. Mais si l'Évangile n'était que pour les instruits, combien peu d'entre nous pourraient s'en servir. ¶
INSTRUCTION MATÉRIELLE ET SPIRITUELLE ¶
Or, je ne m'oppose pas à l'instruction, je demande seulement que la jeunesse de Sion soit délivrée de la pensée qui grandit dans son esprit, selon laquelle la maîtrise partielle d'un programme d'études constitue la vérité pleine et entière. Il y a une instruction spirituelle tout comme il y a une instruction matérielle, et l'une sans l'autre n'est pas complète ; pourtant, en ce qui me concerne, si je ne pouvais avoir qu'une seule sorte d'instruction, celle que je choisirais serait l'instruction de l'esprit, car dans l'au-delà j'aurai l'occasion, dans les éternités à venir, d'obtenir l'autre, et sans l'instruction spirituelle ici-bas, mes handicaps dans l'au-delà seraient presque accablants. ¶
Mais le Seigneur a aujourd'hui organisé les choses de telle sorte que nous et nos enfants puissions avoir les deux, et c'est là l'une des grandes gloires et bénédictions que nous avons aujourd'hui, que nous puissions être instruits dans les sciences et les arts, et que nous puissions aussi être instruits dans l'esprit. En d'autres termes, nous pouvons avoir la vraie connaissance. ¶
LE DÉFI DE L'EXPÉRIMENTATION ¶
Répondant aux pharisiens, le Seigneur dit : « Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon propre chef. » ¶
J'attire l'attention des jeunes gens de l'Église sur le fait que cette vérité du Maître est le défi de la science — le défi de l'expérimentation. Le Seigneur ne nous demande pas d'accepter ses vérités sans les mettre à l'épreuve. Il nous demande de les tester. Tout comme un grand savant peut annoncer une grande découverte, et tout comme cette découverte doit être prouvée, ou réfutée, par des expériences apparentées, menées par le découvreur et par d'autres, avant de pouvoir être sagement acceptée ou rejetée, de même le Fils de Dieu nous invite à tester ses vérités. Aussi j'exhorte mes jeunes frères et sœurs à mettre à l'épreuve les principes de l'Évangile. Ne les rejetez pas avant de les avoir essayés. Aucun chimiste ne se contente jamais d'une seule expérience, même si elle donne un résultat affirmatif. Il ne se contente certainement jamais d'une seule expérience si elle donne un résultat négatif. ¶
Ainsi, à la jeunesse de Sion, je dis : mettez le Seigneur à l'épreuve, expérimentez ses principes, et ne vous contentez pas d'une seule expérience, surtout si elle ¶
ne donne pas de résultat affirmatif. Et tout comme une expérience scientifique doit être menée dans des conditions appropriées de chaleur, de lumière, de pression et de propreté absolue, ainsi l'expérience spirituelle doit être menée avec un cœur pur, avec le désir de connaître la vérité, avec un corps pur et un esprit pur, afin que celui qui expérimente ne se ferme pas lui-même l'accès aux choses mêmes qu'il désire connaître. ¶
AUCUN COMPROMIS AVEC L'ERREUR ¶
Permettez-moi encore un mot avant de terminer, — un mot de distinction et d'avertissement : l'Église doit toujours combattre l'erreur. Il ne peut y avoir, de la part de l'Église, aucun compromis avec l'erreur. Envers le pécheur repentant, l'Église, et nous en tant qu'individus, avons tout le pardon ; envers le pécheur repentant, nous ouvrons nos bras en accueil ; mais contre le péché qu'il commet, l'Église doit toujours combattre. ¶
PRIE POUR COMPRENDRE LES VÉRITÉS SPIRITUELLES ¶
Mes frères et sœurs, mon temps est écoulé. J'espère que le Seigneur me donnera de la connaissance, qu'il augmentera ma connaissance des choses simples, des simples vérités spirituelles. ¶
Que le Seigneur me donne sa puissance et son esprit, qu'il me permette de comprendre aussi pleinement que le peut mon esprit fini, la foi ; qu'il me permette de comprendre aussi pleinement que ce même esprit le peut, le repentir. Puissé-je comprendre dans une certaine mesure le Seigneur et les dons du Saint-Esprit, puissé-je comprendre mon existence ici, mon existence avant que je ne vienne ici, l'existence que j'aurai après en être parti. Donne-moi, ô notre Père céleste, quelque connaissance de ces choses, et je serai satisfait, car je sais, à partir de ces vérités, qu'avec une vie de droiture, je pourrai retourner en ta présence. ¶
Que le Seigneur nous bénisse toujours, et qu'il nous enseigne toujours comment atteindre ceux qui s'éloignent du troupeau. Qu'il nous donne l'amour, la charité et le pardon, qu'il remplisse nos cœurs de dévotion envers lui, c'est ce que je demande au nom de Jésus. Amen. ¶
. PRÉSIDENT ANTHONY W. IVINS ¶
Premier conseiller dans la Première Présidence ¶