La résurrection et la mission du Christ
B. H. Roberts
L'ancien Orson F. Whitney, dans le cours de ses remarques impressionnantes hier après-midi, a très solennellement déclaré, en se référant à notre foi, à notre Église et à tout ce que nous croyons et à tout ce que nous faisons : « Ceci est l'œuvre du Seigneur. » Or, l'est-elle ? Je me demande parfois, lorsque nous disons ces choses et que nous les entendons, si nous saisissons vraiment dans notre conscience tout ce que cela signifie ; ou si, dans bien des cas au moins, cela ne prend pas la nature d'une simple formule de discours, et si nous ne parvenons pas à réaliser tout ce qui est impliqué dans une déclaration de ce genre. Je ne me suis peut-être jamais levé devant une assemblée où je me sentais moins disposé à entreprendre la tâche de parler au peuple que je ne le fais ici et maintenant, cet après-midi. Après que frère Young, du Premier Conseil, ait été appelé à s'adresser à vous, et que la probabilité que le président Grant continuât à appeler les membres du Premier Conseil des soixante-dix à s'adresser à vous dans l'ordre de leur rang rendît probable que je pusse être le prochain à être appelé, je n'ai pu penser à rien d'autre qu'à cette déclaration qui a été faite par l'ancien Whitney, et qui, sous une forme ou une autre, a été exprimée, je crois, par chaque orateur de cette conférence ; et puisque c'est la seule idée présente à mon esprit en ce moment, je propose de travailler sur elle pendant les quelques minutes où je dois vous parler. ¶
Or voici la question : cette œuvre à laquelle nous prenons part est-elle l'œuvre du Seigneur ? Et si elle l'est, alors qu'implique exactement cette déclaration ? Eh bien, voici ce qui y est impliqué, pour passer très rapidement sur le terrain et n'aborder que les points saillants relativement aux choses. Si cette déclaration de nos frères, faite sous diverses formes, est vraie, alors Dieu le Père éternel, le Créateur des cieux et de la terre, et des mondes et des systèmes de mondes, par Jésus-Christ son Fils — ensemble avec son Fils Jésus-Christ — est apparu à un homme mortel, à un jeune homme, Joseph Smith, et le Père lui a présenté Jésus le Christ, celui qui fut saisi par des mains cruelles et crucifié, comme le disent les Écritures, pour les péchés du monde ; et comme il l'a lui-même déclaré ici sur le continent américain, de sa propre bouche, qu'il était le Rédempteur, et qu'il avait été mis à mort pour les péchés du monde. Ces deux personnages célestes apparurent à ce jeune homme et proclamèrent ce qu'eux seuls étaient à même de proclamer, que toutes les religions du monde étaient fausses, que les hommes enseignaient pour doctrines des commandements d'hommes, qu'ils avaient l'apparence de la piété mais qu'ils en reniaient la puissance, et qu'il ne devait suivre aucune de ces religions, mais lui donnant la promesse que s'il était fidèle, il serait choisi comme instrument entre les mains de Dieu pour rétablir l'Évangile de Jésus-Christ, et rétablir de nouveau l'Église du Christ sur la terre. Or, si cette œuvre à laquelle vous et moi sommes rattachés est en effet la vérité, alors cette splendide mais terrible vision et proclamation est une réalité. ¶
Ensuite, il est déclaré, comme vérité, qu'un nouveau volume d'Écriture fut révélé — un livre faisant connaître l'histoire de nations qui prospérèrent en des siècles passés sur les continents américains, dont nous connaissons plus ou moins les ruines de la civilisation à travers ses monuments survivants dans diverses parties de l'Amérique. Il prétend être un compte rendu des actes de Dieu envers des millions de personnes qui vécurent et moururent sur ces continents occidentaux, parmi lesquels Dieu suscita des hommes inspirés pour les enseigner et les instruire dans la droiture ; pour leur parler également du plan de vie et de salut conçu avant la fondation du monde. Ces prophètes détenaient l'autorité divine pour enseigner le plan de vie et de salut. Il y a aussi dans le Livre de Mormon un récit de la vision la plus splendide qui soit dans les annales, sur l'apparition du Christ ressuscité à l'homme. Il apparut aux survivants des cataclysmes terribles, des tremblements de terre, des tempêtes et des orages destructeurs qui passèrent sur ces terres d'Amérique durant la crucifixion et l'ensevelissement du Christ, et se proclama la vie et la lumière du monde et le sauveur des hommes. Si ce que nous disons dans notre témoignage général est vrai, alors ce volume d'Écriture, contenant le témoignage pour Dieu de nations endormies, est une vérité. ¶
En liaison avec le prophète Joseph Smith, trois autres hommes reçurent un témoignage divin de la vérité de cette œuvre ; car trois hommes, à savoir Oliver Cowdery, David Whitmer et Martin Harris, témoignèrent qu'un ange du ciel descendit en leur présence et leur montra les plaques originales à partir desquelles le Livre de Mormon fut traduit. En leur présence, il tourna les feuillets de ce document ancien, et ils observèrent avec intérêt la gravure et virent qu'elle était d'un fin travail. Cet ange leur déclara que le livre avait été traduit par le don et la puissance de Dieu, et qu'il était vrai ; tandis que la voix même de Dieu, Créateur des cieux et de la terre, la puissance qui soutient tous les mondes, qui les tient en parfait équilibre, et qui a l'univers sous le contrôle de sa volonté toute-puissante — il leur commanda de témoigner de la vérité de cette relation. Si notre témoignage que l'œuvre à laquelle nous prenons part est l'œuvre de Dieu est vrai, alors le Livre de Mormon est vrai, et tout ce qu'il contient est vrai. ¶
Lorsque les jeunes hommes, Joseph Smith et Oliver Cowdery, étaient occupés à l'œuvre de traduction du Livre de Mormon, la question du baptême s'éleva dans leur esprit, son objet, sa forme, ce qui s'accomplissait par lui. Cette question, ils la portèrent par la prière au Seigneur. Alors Jean, le Baptiste, celui qui, plus que tout autre, saurait tout sur le baptême et qui serait un instructeur parfait de cette ordonnance et de cette doctrine, celui dont les mains tinrent le corps du Christ, le Fils de Dieu, lorsqu'il l'ensevelit dans les eaux du baptême — il vint et donna des instructions sur ce sujet important, et dirigea ces hommes à se baptiser l'un l'autre ; et leur conféra l'autorité de prêcher le repentir et de baptiser d'autres. De nouveau, si notre témoignage à cette œuvre est vrai, alors Pierre, et Jacques, et Jean, qui semblent avoir constitué un cercle intime au sein du collège des apôtres du temps du Christ, qui étaient avec le Christ en plusieurs occasions particulières et qui semblaient recevoir de lui une attention particulière et des privilèges particuliers — ces trois hommes, à l'un desquels le Christ avait dit : « Je te donne les clés du royaume des cieux » — ces trois apôtres vinrent et conférèrent la prêtrise selon l'ordre du Fils de Dieu à Joseph Smith et à Oliver Cowdery. ¶
Cela est une vérité si notre témoignage est vrai ; et étant vrai, quelle chose importante cela est ! Inspirés et instruits par les commandements de Dieu, ces hommes, détenant maintenant le saint apostolat, procédèrent à organiser une fois de plus l'Église même de Jésus-Christ sur la terre, par nomination divine et sous l'autorité divine. ¶
Par la suite, quand la plénitude des temps pour de telles choses fut venue, alors Moïse, Élie et Élias apparurent dans le temple de Kirtland et conférèrent à ces hommes les clés d'autorité et de pouvoir qu'ils détenaient lorsqu'ils étaient sur la terre. Moïse rétablit les clés pour le rassemblement des enfants d'Israël ; Élias, peut-être l'ordre patriarcal, avec les clés ou l'autorité qui ouvrent la connaissance destinée à unir les familles des hommes de toutes les nations, et le Seigneur réunira à la fin en une seule famille tous les enfants des hommes. Élie rétablit les clés d'autorité qui tourneront le cœur des enfants vers les pères, et sans aucun doute le cœur des pères vers les enfants. Toutes ces choses, et chacune d'elles, sont vraies, si notre témoignage général est vrai. Le renouvellement des promesses et des espérances et des assurances de la résurrection d'entre les morts incluses dans l'œuvre que nous appelons l'œuvre de Dieu, est également vrai. Nos espérances en Christ Jésus notre Seigneur ne se limitent pas à nos espérances et à nos visions des choses dans cette vie mortelle qui est la nôtre. Nous avons des ancres d'espérance à l'intérieur du voile, qui tiennent. Le voile est déchiré à notre vue, et nous voyons une race rachetée et ressuscitée d'entre les morts, car comme tous meurent en Adam, ainsi en et par le Christ tous seront rendus vivants. Et la race sera unie — liée par les chaînes d'or de l'amour de Dieu et de l'amour humain. La même unité qui abonde et qui tient dans le gouvernement de l'univers régnera pour la race des hommes. Une unité semblable à celle qui unit en une seule la Sainte Trinité — le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Or, quand nous disons que cet Évangile, cette Église et cette prêtrise qui sont les nôtres sont l'œuvre du Seigneur, que ceci est la vérité, voici ce que nous voulons dire : toutes ces choses que j'ai énumérées, séparément et collectivement, sont vraies. Étant vraies, comme tout cela est splendide, comme tout cela est glorieux ! Quelle force, quel pouvoir, quelle foi, quelle espérance, quelle unité, quelle bienveillance, quel amour, doivent abonder, et abonderont, et abondent chez un peuple dont la foi est fondée sur ces grandes vérités qui sont impliquées dans notre foi et dans notre Église ! Le monde commence à prendre note de l'effet d'un peuple possédant une telle foi, tandis qu'elle commence à se manifester dans les vies des Saints des Derniers Jours ; et le monde en prendra plus note et encore plus note à mesure que les années passeront. Les petits « bravos » maintenant donnés au système religieux prospère qui est nourri et avancé par l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours sont insignifiants en comparaison de ce plus grand « bravo » qui viendra encore à l'œuvre de Dieu dont nous témoignons. ¶
Permettez-moi un instant de rappeler votre attention sur la manière dont cette œuvre a été édifiée par des témoins pour Dieu. Lorsque le Seigneur voulut commencer cette grande dispensation de la plénitude des temps, une dispensation dans laquelle toutes les autres dispensations précédentes viendraient se déverser, comme les cours d'eau trouvent leur chemin vers l'océan — lorsqu'il voulut commencer cette grande œuvre d'établir la foi dans le monde, il commença en suscitant un témoin pour lui-même, quelqu'un qui pût témoigner qu'il avait vu, qu'il avait entendu, qu'il avait reçu des instructions des lèvres mêmes du Fils de Dieu ressuscité, et cela en présence du Père — Dieu suscita quelqu'un qui pût aller parmi les hommes et témoigner qu'il avait vu et entendu et avait été instruit par le Dieu de tout l'univers. Dieu suscita ce témoin pour lui-même, et bien qu'il fût jeune et inexpérimenté, et bien qu'il fût persécuté pour son témoignage, injurié et raillé, les hommes ne purent d'un cheveu ébranler ce témoin pour Dieu des vérités qu'il avait proclamées. Si désagréable qu'il fût de devoir dire aux habitants de la terre qu'ils étaient tous dans l'erreur, il le fit, quoique cela mît à l'épreuve même sa force. Il fut un témoin bon et véridique. ¶
Puis, lorsque le Livre de Mormon fut porté au jour, le Seigneur trouva et équipa de connaissance les trois hommes qu'il désirait voir témoigner de la vérité du livre ; et ces témoins témoignèrent et restèrent fidèles à leurs témoignages. Quoi qu'il pût leur arriver d'autre, si insensés qu'ils aient pu être ou si obstinés qu'ils fussent à propos d'autres questions, ils restèrent fidèles à cela dont Dieu les avait appelés à être témoins. Ils étaient de bons témoins, et je ne sais si quelque chose de force n'a pas été ajouté au poids de leur témoignage à cause des expériences qu'ils traversèrent, car en bonne réputation et en mauvaise réputation, dans l'Église et en dehors d'elle, ils demeurèrent fidèles et fermes à ce témoignage dont, par sa nature même, je ne puis concevoir comment il eût été possible à des hommes d'oser s'en écarter, sans qu'ils ne s'en écartassent. Eh bien, ces trois témoins reçurent la commission d'aller trouver douze autres témoins, témoins spéciaux de ces grandes vérités que Dieu déploie dans la dispensation de la plénitude des temps ; et ils trouvèrent les douze témoins qui devinrent les douze apôtres de l'Église, témoins spéciaux du nom du Christ dans tout le monde, détenant les clés du ministère de l'Église dans les nations étrangères — dans tout le monde ; de sorte que lorsque la porte de l'Évangile doit être ouverte à quelque nation, un ou plusieurs de ces hommes détenant ces clés d'autorité et de pouvoir vont vers ces nations et ouvrent formellement la porte de l'Évangile, pour la proclamation de la vérité. Il existe une longue liste de telles ouvertures des portes de l'Évangile à diverses nations, et dans chaque cas cela a été fait par l'un de ces hommes détenant cette commission et cette autorité divines. Or vous commencez à voir comment l'œuvre est édifiée par des témoins. On verra aisément que douze hommes ne sont pas à la mesure de la tâche de proclamer l'Évangile dans tout le monde ; et donc des assistants sont fournis. Des hommes sont rassemblés en collèges de soixante-dix, et chaque collège est présidé par un conseil de sept hommes, une présidence différente de celle de tous les autres collèges de l'Église, et sans aucun doute pour la raison que ces collèges ont besoin d'être presque indestructibles à la tête, de sorte que plusieurs d'entre eux puissent être appelés à s'en aller et partir en mission pour quelque temps, sans pour autant désorganiser l'organisation. Eh bien, ces hommes sont appelés à être témoins spéciaux du Seigneur Jésus-Christ dans tout le monde, à témoigner du Christ aussi bien que les douze témoins spéciaux, ou apôtres. Ils doivent témoigner de sa divinité, qu'il est bel et bien le Fils même de Dieu, choisi comme le Rédempteur du monde, au nom duquel seul les enfants des hommes peuvent espérer le salut ; ils doivent aussi témoigner de la résurrection et de la vie éternelle de l'homme par Jésus-Christ — cette vie éternelle qui, nous est-il dit, Dieu, qui ne peut mentir, promit avant que le monde fût. Eh bien, ces hommes, les douze et les soixante-dix, sont choisis pour être témoins de ces choses que Dieu déploie dans le monde. Ainsi, en effet, nous sommes tous témoins — tous ont le droit d'avoir le témoignage de l'Esprit de Dieu à leur propre âme que toute cette masse et ce volume de vérité sont vrais, sont la parole de Dieu ; de sorte que d'une certaine manière, tous les Saints peuvent recevoir le témoignage de ces choses et se lever les uns devant les autres et devant le monde et dire, comme l'ancien Whitney et les autres l'ont dit ici, que cette œuvre est l'œuvre de Dieu. ¶
Or, il se trouve que je suis l'un des soixante-dix, choisi pour être officiellement témoin du Seigneur Jésus-Christ ; et ayant passé en revue tous ces développements de l'œuvre du Seigneur, comportant, comme c'est le cas, cette chose bénie d'avoir nos péchés pardonnés — oh, combien cela signifie ! Il a été mon lot, bon ou mauvais, d'entrer en contact avec des hommes que j'ai vus travaillant sous une véritable agonie de détresse mentale et spirituelle à cause de leurs péchés. Je les ai vus s'effondrer et crier dans leur agonie qu'ils donneraient volontiers un bras droit si seulement telle ou telle chose qu'ils avaient faite pouvait être défaite. Ils donneraient volontiers leur vie si leurs mains pouvaient seulement être lavées de la tache cramoisie de la vie humaine. J'ai vu des hommes sous la pression de l'agonie, jusqu'à ce que j'aie été amené, en partie du moins, à apprécier combien est bénie la faveur que nous puissions obtenir le pardon des péchés. L'un des autres grands dons, et l'une des plus grandes miséricordes de Dieu, est de recevoir sous l'autorité divine établie ici par les révélations de Dieu et existant dans la prêtrise, le droit d'être baptisé de l'Esprit, afin qu'un baptême prenne une pauvre vie humaine dans l'union avec la vie de l'Esprit de Dieu. Qui sera capable de dire combien grande est cette bénédiction, d'avoir la force de Dieu qui devient disponible à l'homme comme force ; sa sagesse pour la conduite qui devient la sagesse de l'homme ; la force de Dieu pour résister au mal, sa puissance pour persister dans le bien sont données à l'homme. Quelle faveur c'est d'avoir son esprit uni à l'Esprit de Dieu par lequel nous devenons spirituellement vivants et restaurés dans cet état béni dont les hommes jouissaient avant que cette chose que nous appelons la « chute » ne fût arrivée. Or, en présence de tout cela, j'exerce l'office de mon appel comme l'un des témoins du Seigneur Jésus-Christ concernant ces choses. Sans argumentation, sans débat, sans même un exposé élaboré des choses qui sont vraies, ayant seulement porté devant votre vision combien grande est la chose de dire que ceci est l'œuvre du Seigneur, et me fiant maintenant à l'esprit qui est en vous, et par lequel vous aussi vous connaissez la vérité, sans rien entre nous, nous tenant plus que cœur à cœur, esprit touchant l'esprit, votre esprit rencontrant le mien, nos esprits congéniaux à la vérité et de telle nature que lorsque nous entendons la vérité, nous connaissons la vérité ; or, dans cette attitude, je vous déclare solennellement que ces choses qui composent notre histoire et composent le développement de l'Église et du royaume de Dieu, tels que nous les connaissons, je vous dis que chacune des grandes choses, et par-dessus cela, toutes ensemble, sont vraies. Et je le dis conscient que je parle là où Dieu entend et prend connaissance des choses qui se disent, et qu'il tiendra les hommes pour responsables de ce qu'ils disent. Je vous dis, en toute vérité, et par une conscience nette, et avec la conscience que cela est approuvé de Dieu — je vous dis que ces choses sont vraies ; et étant vraies, quel peuple fort, noble, brave et vaste devraient être les Saints des Derniers Jours ! ¶
Ô Dieu, le Père éternel, au nom de ton Fils Jésus, le Christ, notre Rédempteur, de tout mon cœur et de toute mon âme je te remercie d'une connaissance de ces grandes vérités. Scelle-les sur nos cœurs. Que nous puissions, ô Seigneur, réunir dans nos âmes la force et le pouvoir qui viennent de toi ; et à Toi soient la puissance et la gloire pour toujours et à jamais, monde sans fin. Amen. ¶