Pulpit

Si vous m'aimez, gardez mes commandements

Joseph Fielding Smith

Conférence générale d'octobre 1920·Deuxième journée, session de l'après-midi·1920-10-09

« Si vous m'aimez, gardez mes commandements. »

Ces paroles furent adressées par le Maître à ses disciples quelques heures à peine avant sa mort, alors qu'il s'était réuni avec eux pour manger la pâque, et leur donnait les dernières instructions avant de souffrir pour les péchés du monde. En cette même occasion, et peu avant de prononcer ces paroles, il avait fait référence au même sujet, disant :

Mes petits enfants, je suis pour peu de temps encore avec vous. Vous me chercherez ; et, comme j'ai dit aux Juifs : Vous ne pouvez pas venir où je vais, je vous le dis aussi maintenant. Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.

Je crois ne pouvoir mieux faire que de lire d'autres instructions données par notre Seigneur et par ses disciples sur ce même sujet, car ils l'ont dit tellement mieux que je ne saurais le dire, et je crois fermement et fidèlement à tout ce qui est écrit. Dans ce même discours, le Seigneur poursuivit en disant :

Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai et je me ferai connaître à lui.

Jude, non pas l'Iscariot, lui dit : Seigneur, comment se fait-il que tu te feras connaître à nous et non au monde ?

Jésus lui répondit : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole et mon Père l'aimera ; nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui.

Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles. Et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé.

Nous sommes ici pour la vérité qui nous rend libres

Je regarde cette assemblée, et je vois devant moi des hommes et des femmes qui ont été rassemblés de toutes les parties de la terre, ou dont les parents avant eux ont été rassemblés, par la prédication de l'Évangile. Nous sommes venus dans ces vallées des montagnes, et nos pères avant nous, afin que nous soyons établis dans la vérité qui rend les hommes libres. Car ici un étendard a été dressé pour les nations, et la déclaration est sortie que, en Sion, se trouve la parole du Seigneur, et c'est ainsi que nous sommes venus avec l'espoir et le désir de garder ses commandements, de contracter des alliances, de prendre sur nous des obligations qui nous apporteraient la vie éternelle. Ce serait une honte, après avoir été ainsi rassemblés, selon les prédictions des prophètes d'autrefois, si maintenant, à cause de la prospérité, ou pour toute autre raison, nous laissions l'adversaire trouver une place dans notre cœur pour détruire la vérité et l'amour que nous devrions avoir les uns pour les autres ; car nous sommes en effet les disciples du Seigneur. Si nous l'aimons, nous garderons ses commandements. Cela ne fait aucun doute. Et s'il se trouve en Sion des personnes qui offensent ou qui manquent de garder les commandements du Seigneur, c'est là une preuve suffisante qu'elles ne l'aiment pas. Je ne puis avoir de haine dans le cœur pour mon prochain, qu'il soit dans l'Église ou hors d'elle, si je demeure dans le commandement du Seigneur. Je dois y obéir, et je montre par mes œuvres que j'aime le Seigneur mon Dieu de tout mon cœur, de toute ma puissance, de tout mon esprit et de toute ma force ; et au nom de Jésus-Christ, je le sers et j'aime mon prochain comme moi-même. Telle est la parole du Seigneur, révélée en ces temps modernes pour guider Israël. Je devrais donc avoir dans le cœur un sentiment d'amour pour mon prochain, et particulièrement pour ceux qui ont contracté alliance avec le Seigneur d'observer ses lois et de marcher devant lui dans la droiture. Quel droit ai-je de me plaindre, de critiquer, ou de chercher à détruire l'utilité de mon frère ? Peu importe l'occasion, pourquoi devrais-je engendrer dans mon cœur des sentiments d'inimitié envers quelqu'un que je suis appelé et commandé par le Seigneur de traiter comme un frère ? Nous ne sommes pas simplement des amis ; nous sommes des frères et des sœurs, les enfants de Dieu, qui sont sortis, comme je l'ai dit, du monde pour entrer dans des alliances, pour observer ses lois et pour nous conformer à tout ce qui nous est donné par inspiration. Il nous est commandé de nous aimer les uns les autres. « Un commandement nouveau », a dit le Seigneur, et pourtant, comme

bien d'autres commandements, il est aussi ancien que l'éternité. Il n'y eut jamais de moment où ce commandement n'existait pas et n'était pas essentiel au salut, et pourtant il est toujours nouveau. Il ne vieillit jamais, parce qu'il est vrai.

La nouvelle alliance éternelle

Je me souviens d'une expression qui se trouve dans l'une des premières révélations (section 22), peu après l'organisation de l'Église, lorsque le Seigneur dit qu'il avait donné à l'Église « une nouvelle alliance éternelle, celle-là même qui fut dès le commencement. » Ces paroles sont très significatives. C'était une nouvelle alliance éternelle, et pourtant elle avait toujours existé, car elle était dès le commencement, et ainsi ce nouveau commandement de nous aimer les uns les autres a toujours été. La vérité ne vieillit pas. Certaines personnes, vous le savez, sont extrêmement progressistes. Elles veulent un changement ici, un changement là, et un changement ailleurs encore, mais les principes de l'Évangile ne changent jamais. Le principe de l'amour est aujourd'hui le même qu'hier, et demeurera le même demain. Si je ne suis pas en harmonie avec ce principe, qui est un principe de vérité éternelle, alors je suis sous condamnation devant le Seigneur et n'ai aucune communion avec lui.

Autres citations et illustrations sur le pouvoir de l'amour

Il y a d'autres expressions de cette nature que je désire vous lire, car, comme je l'ai dit, elles sont énoncées bien mieux que je ne pourrais les exprimer moi-même. Jean, connu comme le révélateur, et le disciple bien-aimé du Seigneur, a lui aussi rendu témoignage de ce commandement. Il n'est pas étonnant que le Seigneur l'ait aimé. On parle de lui, vous le savez, dans les Écritures, comme du disciple que le Seigneur aimait. Pourquoi le Maître l'aimait-il ? Parce qu'il aimait le Maître ; parce qu'il aimait son prochain. Je ne veux pas dire par là que les autres disciples n'aimaient pas le Seigneur, et qu'ils n'avaient dans le cœur que de l'amour les uns pour les autres, mais Jean se distingue parmi eux à cet égard comme quelqu'un qui possédait ce don dans une mesure plus grande, peut-être, que certains de ses compagnons. Laissez-moi vous lire une ou deux choses qu'il a écrites. Dans sa première épître, chapitre 3, verset 14, je lis ceci :

Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort.

Je ne puis donc me permettre d'avoir de l'inimitié dans le cœur, de parler avec mépris de l'un de mes frères ou de l'une de mes sœurs, car cela est la mort pour moi. Or, le verset suivant dit :

Quiconque hait son frère est un meurtrier, et vous savez qu'aucun meurtrier n'a la vie éternelle demeurant en lui.

Je ne sais pas si j'oserais dire de moi-même une telle chose,

et pourtant c'est vrai. C'est-à-dire qu'un homme qui a de la haine dans le cœur pour l'un de ses frères, non seulement pour sa propre chair et son propre sang, mais aussi pour un frère dans l'alliance de l'Évangile, a le même esprit que celui qui existe dans le cœur de quelqu'un qui a un meurtre dans le cœur. C'est un esprit meurtrier, et il n'y a point de vie éternelle pour un tel homme.

« Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, dit Jean, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. »

Et encore :

C'est en cela que l'amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l'assurance au jour du jugement : tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde.

La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte ; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour.

Pour nous, nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier.

Si quelqu'un dit : J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur ; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ?

Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

En accord avec le mot d'ordre de la conférence

Ces paroles que je viens de lire sont en accord avec le mot d'ordre de cette conférence. J'approuve les remarques qui ont été faites ici par tous les frères. Je me réjouis qu'il y ait harmonie et amour dans le cœur de la présidence, les uns envers les autres, et des membres du conseil des Douze. Nous ne sommes pas divisés. Nous ne voyons pas les choses différemment, mais nous acceptons la même chose, et dans l'amour de Dieu, nous n'avons qu'un seul désir dans le cœur, celui de le servir et de garder ses commandements.

Maintenant, je veux dire quelques mots sur cet aspect du sujet, et je répéterai l'un de ces versets : « Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles ; et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé », ainsi que le verset précédent :

Sur le fait de garder les commandements

« Jésus lui répondit : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole ; et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui. » Or, comprenons-nous pleinement ce que cela signifie ? La grande promesse faite aux membres de cette Église qui sont disposés à se conformer à la loi et à garder les commandements du Seigneur, c'est que non seulement ils recevront une place dans le royaume de Dieu, mais qu'ils auront la présence du Père et du Fils ; et ce n'est pas tout, car le Seigneur a promis que tout ce qu'il a leur sera donné. Dans la section 84 de Doctrine et Alliances, cette vérité est très clairement exposée, et malgré le risque de vous lasser, je lirai un ou plusieurs versets :

Car tous ceux qui, par leur fidélité, obtiennent ces deux prêtrises dont j'ai parlé et magnifient leur appel sont sanctifiés par l'Esprit à tel point que leur corps est renouvelé ;

Et ils deviennent les fils de Moïse et d'Aaron, la postérité d'Abraham, l'Église et le royaume, et les élus de Dieu.

Or, je ne vais pas prendre le temps d'expliquer tout ce que je viens de lire, mais je veux en lire un peu plus et donner quelque explication :

Et tous ceux qui reçoivent cette prêtrise me reçoivent, dit le Seigneur ;

Car celui qui reçoit mes serviteurs me reçoit ;

Et celui qui me reçoit reçoit mon Père ;

Et celui qui reçoit mon Père, reçoit le royaume de mon Père ; c'est pourquoi tout ce que mon Père a lui sera donné ;

Et cela se fait selon le serment et l'alliance qui appartiennent à la prêtrise.

Cela est en harmonie avec cette expression que j'ai lue ici de l'évangile de Jean : que si nous gardons les commandements du Seigneur -- et je vous applique cela, bien qu'il l'ait déclaré alors à ses disciples, c'est tout aussi vrai aujourd'hui -- si nous gardons les commandements du Seigneur, alors nous aurons et le Père et le Fils, et nous demeurerons en leur présence, nous recevrons son royaume comme les élus et serons héritiers de Dieu, cohéritiers avec notre Frère aîné, recevant la plénitude du royaume, car toutes choses sont à nous. Ô combien merveilleuses, combien grandes sont les bénédictions du Seigneur pour les saints des derniers jours et pour tous ceux qui sont disposés à passer par les eaux du baptême, à se conformer à la loi et à garder les commandements du Seigneur !

Tout le devoir de l'homme est de garder les commandements

Rien de plus opportun n'aurait pu être dit que ce qui a été énoncé ici comme mot d'ordre de cette conférence : que nous, saints des derniers jours, devrions garder les commandements du Seigneur. C'est là tout le devoir de l'homme. Je n'ai le droit de rien faire d'autre. Vous n'avez le droit de rien faire d'autre. Nous en avons le privilège, mais parce que nous sommes des serviteurs qui sommes passés par les eaux du baptême et avons pris sur nous des obligations, il n'y a rien d'autre que nous devrions faire. Malheur à l'homme qui a fait alliance avec le Seigneur dans les eaux du baptême et dans le temple du Seigneur de garder ses lois et ses commandements, et qui ensuite les viole !

Il y a ici un autre passage des Écritures qui explique l'une des paraboles. Vous savez que le Sauveur a parlé de la parabole du blé et de l'ivraie. Il n'est pas nécessaire que je vous la lise, car vous la connaissez bien. Mais je veux vous lire un verset de l'interprétation. Le Seigneur dit :

Le champ, c'est le monde ; la bonne semence, ce sont les fils du royaume ; l'ivraie, ce sont les fils du malin ;

L'ennemi qui l'a semée, c'est le diable ; la moisson, c'est la fin du monde ; et les moissonneurs, ce sont les anges.

Or, comme on arrache l'ivraie et qu'on la jette au feu, il en sera de même à la fin du monde.

Le Fils de l'homme enverra ses anges qui arracheront de son royaume toutes les occasions de chute et ceux qui commettent l'iniquité.

Or, il ne parle pas du monde dans ce passage des Écritures. Il parle d'Israël. Si j'ai de l'inimitié ou de la haine dans le cœur, alors j'offense. Si je n'ai pas d'amour pour les principes de l'Évangile, alors je suis une occasion de chute devant le Seigneur. Si je ne suis pas disposé à me conformer à chaque parole qui sort de la bouche de Dieu, mais fais une exception pour moi-même, parce que, peut-être, je pense avoir des faiblesses et être différent des autres hommes, alors j'offense et je suis en danger. Si nous ne sommes pas en harmonie avec l'Église et le royaume de Dieu en toutes choses, et fidèles à garder les commandements du Seigneur, le temps pourra venir où nous serons retranchés, car les anges du ciel interviendront, et tout ce qui offense, tout ce qui est impur, non saint, et qui fait obstacle au progrès, à l'avancement et à l'établissement de la vérité dans le cœur du peuple, sera retranché.

Je n'ai jamais appris à prononcer un discours sans faire référence aux Écritures, aussi devrez-vous me pardonner. Je lirai encore un passage, et je pense que ce sera le dernier que je lirai. Dans la préface des révélations du Seigneur, il dit ceci :

Et le bras du Seigneur sera révélé, et le jour vient où ceux qui ne veulent pas écouter la voix du Seigneur, ni la voix de ses serviteurs, ni prêter attention aux paroles des prophètes et des apôtres, seront retranchés du milieu du peuple.

Comment seront-ils retranchés ? En étant rassemblés à part, comme le Seigneur l'a déclaré dans son explication de la parabole du blé et de l'ivraie, lorsque les anges sortiront pour purifier et retrancher d'Israël et du royaume de Dieu tout ce qui offense. Il nous a été commandé de nous tenir en des lieux saints. Nous ne pouvons nous tenir en un lieu saint, même s'il s'agit du temple du Seigneur, si nos pensées, nos désirs et nos sentiments sont impurs, car nous profanerions la maison du Seigneur, et pour nous tenir en des lieux saints, nous devons être en harmonie avec la vérité et observer et garder tous les commandements qui nous ont été donnés.

Une meilleure compréhension de l'Évangile, grandement nécessaire parmi les saints des derniers jours

J'étais récemment dans l'un de nos pieux du nord. J'y fis la remarque que je pensais que ce qui était le plus nécessaire parmi les saints des derniers jours était une meilleure compréhension de l'Évangile. Et après que je me fus assis, on fit appel à l'un des évêques, qui se leva, approuva ce que j'avais dit, et le soumit au vote du peuple, et cela fut adopté dans ce pieu de Sion comme mot d'ordre, à savoir que nous sommes pour une meilleure compréhension de l'Évangile par l'étude et par la foi. Je vous le dis, mes frères et sœurs, vous ne pouvez garder les commandements du Seigneur et marcher dans la droiture, si vous ne savez pas ce qu'ils sont. Le Seigneur nous a commandé de sonder les Écritures, car les choses qu'elles contiennent sont vraies et s'accompliront, et je vous le dis donc, et c'est là mon message de clôture : sondez les Écritures ; familiarisez-vous avec ce que le Seigneur a révélé pour votre salut, le salut de votre maison, et celui du monde. Ne remettez pas à plus tard le jour du repentir. Marchons humblement, avec droiture, avec diligence, devant le Seigneur, et que, par-dessus tout, cet esprit d'amour demeure dans notre cœur pour tous les hommes, et plus particulièrement pour nos frères. Si nous les voyons s'égarer, si nous les voyons faire ce qu'ils ne devraient pas faire, il existe une façon convenable de les corriger. Le Seigneur a indiqué la voie, et nous pouvons presque toujours arranger les choses ; et si nous ne pouvons pas les arranger avec le frère fautif, il existe une démarche que nous pouvons entreprendre pour les arranger, et je n'ai pas le droit de médire, de critiquer, de condamner devant les autres l'un de mes frères sans l'avoir entendu, qu'il soit haut placé ou humble. Le Seigneur a indiqué la démarche à suivre en toutes ces matières pour nous guider.

Aimons le Seigneur, car c'est là le fondement de toutes choses. C'est le premier commandement, et le second commandement, aimer notre prochain comme nous-mêmes, lui est semblable, et lorsque nous aurons fait cela, nous aurons accompli la loi, car il ne restera rien à faire. Que le Seigneur vous bénisse, mes frères et sœurs ; tenons-nous unis dans le service du Seigneur, je le prie en son nom. Amen.

Un solo intitulé « The way of life » fut interprété par Ellen Copening.

Citer ce discoursJoseph Fielding Smith, « Si vous m'aimez, gardez mes commandements », Conférence générale d'octobre 1920, Deuxième journée, session de l'après-midi (1920-10-09). Pulpit Vault, 1920-10-joseph-fielding-smith-if-ye-love-me-keep-my-commandments. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).