Pulpit

Gardez les commandements de Dieu

Heber J. Grant

Conférence générale d'octobre 1920·Première journée, session du matin·1920-10-08

Je me réjouis de nouveau d'avoir l'occasion de me réunir avec les Saints des derniers jours dans une nouvelle conférence générale. Je suis très heureux d'en voir un si grand nombre ici, à cette session d'ouverture. Je désire de tout mon cœur que tout ce que je pourrai dire durant cette conférence, et tout ce que diront mes associés qui vous parleront, soit inspiré du Seigneur. Je suis reconnaissant au-delà de toute expression pour les riches effusions de l'Esprit du Seigneur pendant les conférences que nous avons tenues depuis qu'il m'est échu de présider l'Église. Je confesse librement que j'ai abordé notre conférence de juin, et les autres conférences qui ont été tenues ici depuis le début de ma présidence, avec crainte et tremblement. Quand je pensais aux merveilleuses bénédictions du Seigneur, par le passé, dans nos conférences générales, et à l'inspiration accordée à Brigham Young et à ceux qui lui ont succédé, je désirais de tout mon cœur qu'il n'y ait aucun relâchement dans l'inspiration du Seigneur envers ceux qui pourraient s'adresser à nous, et je l'en ai supplié avec ferveur. Et je suis en effet reconnaissant pour les bénédictions dont nous avons joui, et je prie pour que cette même bénédiction, cette même riche effusion de son Esprit, soit accordée à tous ceux qui nous parleront pendant les sessions de cette conférence.

Un don magnifique fait à l'Église

J'ai reçu hier soir une lettre qui m'a été très agréable, et avant de faire quelque remarque que ce soit, je vais la lire :

Salt Lake City, Utah, 7 octobre 1920. Président Heber J. Grant et son Conseil :

Chers frères : Nous désirons donner à l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours notre demeure, à l'angle des rues Main et First North, pour qu'elle serve de préférence de bâtiment des femmes, abritant ainsi les trois organisations féminines, ou à telle autre fin qui serait jugée la meilleure.

Vos dévoués,

(Signé) A. W. McCune,

Elizabeth A. C. McCune.

J'ai fait remarquer à l'un des hommes riches de notre Église, il y a moins de quarante-huit heures : « Lorsque vous viendrez à mourir, ne laissez pas tous vos biens à votre famille, mais donnez-en une partie en dotation pour quelque bonne cause en faveur de l'avancement de l'œuvre de Dieu. » J'ai toujours regretté que ceux que le Seigneur a abondamment bénis des richesses de ce monde n'en aient pas laissé une partie à quelqu'une de nos institutions charitables ou à nos diverses organisations. Je crois que lorsqu'un homme possède un demi-million de dollars, ou même moins, s'il donnait un dixième, ou même un quart de ses biens, pour quelque œuvre charitable dans cette Église, le reste qu'il laisserait à sa famille lui ferait davantage de bien, et elle aurait plus de sagesse pour l'administrer, et accomplirait davantage, que si toute la fortune avait été laissée aux héritiers de l'homme ou de la femme décédés, selon le cas. Mon cœur s'est rempli de gratitude envers feu Matilda M. Barratt pour nous avoir fait construire le splendide bâtiment connu sous le nom de Barratt Hall, aux jours d'adversité et de difficultés financières de nos écoles. Et je prie Dieu de bénir frère et sœur McCune pour ce don magnifique, et de multiplier leurs biens.

Événements survenus depuis avril dernier

Depuis notre dernière conférence, les évêques suivants sont décédés :

Évêques décédés depuis la conférence d'avril

Norman S. Anderson, paroisse de Sugarville, pieu de Deseret ; Otto J. Poulson, paroisse de Timpanogos, pieu d'Utah.

Nouveaux pieux organisés depuis la conférence d'avril

Pieu de Franklin, Samuel W. Parkinson, président ; pieu de Logan, Oliver H. Budge, président ; pieu de Roosevelt, William H. Smart, président ; pieu de Garfield, Charles E. Rowan fils, président.

Nouveaux secrétaires de pieu depuis la conférence d'avril

Pieu d'Oneida, Joseph W. Olson ; pieu de Cache, John C. Peterson ; pieu de Duchesne, LeRoy W. Rust ; pieu de Franklin, Jessie P. Rich ; pieu de Logan, John E. Olson ; pieu de Roosevelt, William H. Gagon ; pieu de Twin. Falls, Wilford Johanson.

Nouvelles paroisses organisées depuis la conférence d'avril

Paroisse de Manavu, pieu d'Utah, Nephi Anderson, évêque ; paroisse de Lost River, pieu de Lost River, Henry N. Mickelson, évêque ; onzième paroisse de Logan, pieu de Cache, Hans A. Pederson, évêque ; deuxième paroisse de Manassa, pieu de San Luis, Silas S. Weimer, évêque ; deuxième paroisse de Roosevelt, pieu de Roosevelt, David Bennion, évêque ; paroisse de Star, pieu de Burley, Alma C. Tilley, évêque ; troisième paroisse de Payson, pieu de Nebo, Leonard A. Hill, évêque ; deuxième paroisse de Rupert, pieu de Blaine, Richard T. Astle, évêque.

Changements dans les missions (appelés, mais pas encore sur le terrain)

Mission australienne, Don C. Rushton, président ; mission de Nouvelle-Zélande, George F. Taylor, président ; mission suisse, Serge F. Ballif, président.

L'esprit de serviabilité

Ce matin, en arrivant à mon bureau, il s'est trouvé que j'ai vu, posé sur mon bureau, le premier volume de ce qu'on appelle Heart Throbs. Je l'avais apporté de chez moi, il y a plusieurs jours, pour en faire copier deux ou trois poèmes, et en regardant le livre, je me suis souvenu d'un poème qu'il contient et que j'ai décidé de lire ici aujourd'hui : le titre en est « Je ne repasserai pas de nouveau par ce chemin ». Le poème est précédé de la note suivante :

(Pendant plusieurs années avant sa mort, M. Daniel S. Ford, propriétaire, rédacteur et bâtisseur du « Youth's Companion », à cause de sa santé délicate, accomplissait son travail et dirigeait son immense entreprise depuis une petite pièce de sa maison, dans l'un des beaux parcs de Boston. Lorsque des mains aimantes débarrassèrent le bureau simple, mais commode, on trouva, à une place bien en vue, tout usé à force d'être manié, le poème suivant. Si le poète avait voulu décrire les paroles et les actes quotidiens de M. Ford, il n'aurait pu le faire en des termes plus appropriés.)

Le pain qui donne la force, je veux le donner, L'eau pure qui fait vivre celui qui a soif ; Je veux aider chaque jour celui qui défaille ; Je suis sûr que je ne repasserai pas de nouveau par ce chemin.

Je veux donner l'huile de la joie contre les larmes,

La foi qui vainc les doutes et les craintes pressants.

Puissé-je donner toujours la beauté pour la cendre ;

Je suis sûr que je ne repasserai pas de nouveau par ce chemin.

Je veux donner une mesure bonne et débordante, Et dans les cœurs en colère, je veux verser La réponse douce qui détourne la colère ; Je suis sûr que je ne repasserai pas de nouveau par ce chemin.

Je veux donner aux autres l'espérance et la foi, Je veux faire tout ce que dit le Maître ; Je veux vivre droitement de jour en jour ; Je suis sûr que je ne repasserai pas de nouveau par ce chemin.

Je sens que chaque Saint des derniers jours devrait avoir le même désir que celui que M. Ford trouvait exprimé dans ce très beau poème. Je suis sûr de l'avoir dans mon cœur en ce jour même, alors que je me tiens devant vous. Je ressens, comme cela est exprimé dans les Psaumes :

Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi et connais mes pensées !

Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi dans la voie de l'éternité. -- 139:23, 24.

La crainte de l'Éternel est pure, elle subsiste à jamais ; les jugements de l'Éternel sont vrais, ils sont tous justes.

Ils sont plus précieux que l'or, que beaucoup d'or fin ; ils sont plus doux que le miel, que celui qui coule des rayons. -- 19:9, 10.

Peiné par les différends politiques et financiers

En parlant à quelques amis l'autre jour, j'ai fait quelques remarques, et comme mon secrétaire se trouvait présent pour prendre des notes, j'ai décidé de lire ce que j'ai dit à cette occasion :

« Je désire ardemment voir les Saints des derniers jours dévoués à l'œuvre de Dieu par-dessus tout au monde ; et je n'ai jamais été aussi peiné de ma vie que je le suis depuis quelques mois par les conditions -- politiques, financières et autres -- que nous trouvons parmi le peuple. L'esprit d'amertume qui semble exister dans le cœur de certains Saints des derniers jours vrais, fidèles et honnêtes, à cause de leurs divergences d'idées et d'opinions sur les affaires commerciales et politiques, m'est très pénible. J'espère et je prie de tout mon cœur pour que l'Esprit du Seigneur vienne en grande abondance sur les Saints des derniers jours ; pour que cet esprit de presque haine et d'animosité, qui semble exister aujourd'hui parmi le peuple, disparaisse. »

L'exigence du Seigneur

Dans la section 64:8-13 de Doctrine et Alliances, nous trouvons ce qui suit :

Dans les temps anciens, mes disciples cherchaient à s'accuser les uns les autres et ne se pardonnaient pas les uns aux autres dans leur cœur ; et pour ce mal, ils furent affligés et sévèrement châtiés.

C'est pourquoi je vous dis que vous devez vous pardonner les uns aux autres ; car celui qui ne pardonne pas à son frère ses offenses est condamné devant le Seigneur, car c'est en lui que reste le plus grand péché.

Moi, le Seigneur, je pardonne à qui je veux pardonner, mais de vous il est requis de pardonner à tous les hommes.

Et vous devriez dire en votre cœur : que Dieu juge entre toi et moi, et te récompense selon tes actes.

Et celui qui ne se repent pas de ses péchés et ne les confesse pas, vous l'amènerez devant l'Église et vous ferez de lui ce que l'Écriture vous dit, soit par commandement, soit par révélation.

Et cela vous le ferez afin que Dieu soit glorifié — non parce que vous ne pardonnez pas, n'ayant pas compassion, mais afin que vous soyez justifiés aux yeux de la loi, afin que vous n'offensiez pas celui qui est votre législateur.

Et dans la section 121:45, 46, nous lisons :

Que tes entrailles soient également remplies de charité envers tous les hommes et envers les frères en la foi, et que la vertu orne sans cesse tes pensées ; alors ton assurance deviendra grande en la présence de Dieu, et la doctrine de la prêtrise se distillera sur ton âme comme la rosée des cieux.

Le Saint-Esprit sera ton compagnon constant et ton sceptre, un sceptre immuable de justice et de vérité ; et ta domination sera une domination éternelle et, sans moyens de contrainte, elle affluera vers toi pour toujours et à jamais.

Illustration tirée d'une expérience personnelle

J'ai un très grand respect et une grande estime pour cette citation de la page 240 de Doctrine et Alliances. Il y a quelques années, un homme en vue fut excommunié de l'Église. Des années plus tard, il demanda le baptême. Le président John Taylor soumit la question de son baptême aux apôtres, déclarant que s'ils consentaient unanimement à son baptême, il pourrait être baptisé, mais que s'il y avait un seul vote contraire, il ne devrait pas être reçu de nouveau dans l'Église. Autant que je m'en souvienne, le vote fut de cinq pour le baptême et sept contre. Un an environ plus tard, la question revint et ce fut huit pour et quatre contre. Plus tard, elle revint encore, et ce fut dix pour et deux contre. Finalement, tout le Collège des apôtres, à l'exception de votre humble serviteur, consentit à ce que cet homme soit baptisé, et j'étais alors le membre du collège immédiatement supérieur en ancienneté au membre le plus junior. Plus tard, j'étais dans le bureau du président, et il me dit :

« Heber, je comprends qu'onze des apôtres ont consenti au baptême de frère Untel » — nommant l'homme — « et que toi seul t'y opposes. Que ressentiras-tu quand tu seras de l'autre côté et que tu découvriras que cet homme a demandé le baptême, et que tu l'as peut-être empêché d'entrer avec ceux qui se sont repentis de leurs péchés et ont reçu quelque récompense ? »

J'ai dit : « Président John Taylor, je peux regarder le Seigneur droit dans les yeux, s'il me pose cette question, et lui dire que j'ai fait ce que je croyais être le plus grand bien pour le royaume. Lorsqu'un homme détenant la sainte prêtrise de Dieu s'en va proclamer l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ, appeler les méchants à la repentance ; s'en va proclamer que Dieu vit, que Jésus est le Christ, que Joseph Smith était un prophète de Dieu, et que l'Évangile a été rétabli de nouveau sur la terre, et que cet homme, dans la demeure de la mission de l'Église du Christ, commet l'adultère, je peux dire au Seigneur qu'il a suffisamment déshonoré cette Église, et que je ne me propose pas de laisser un tel homme revenir dans l'Église. »

« Eh bien, dit le président Taylor, mon garçon, c'est très bien, reste fidèle à tes convictions, reste-y fermement attaché. »

J'ai dit : « Président Taylor, votre lettre disait que vous vouliez que chacun des apôtres vote selon les convictions de son cœur. Si vous désirez que je renonce aux convictions de mon cœur, je le ferai volontiers ; je voterai volontiers pour que cet homme revienne, mais tant que je vivrai, je ne pense jamais y consentir si cela est laissé à mon jugement. Cet homme fut accusé devant les apôtres il y a plusieurs années, et il se leva et mentit, affirmant qu'il était innocent, et le Seigneur me donna un témoignage qu'il mentait, mais je ne pouvais pas le condamner pour cela. Je me suis mis à genoux cette nuit-là et j'ai prié Dieu de me donner la force de ne pas dénoncer cet homme, voyant qu'il avait menti, mais que nous n'avions aucune preuve, si ce n'est le témoignage de la jeune fille qu'il avait séduite. Et j'ai prié le Seigneur pour qu'un jour un témoignage supplémentaire vienne, et il est venu, et nous l'avons alors excommunié. Et quand un homme peut mentir aux apôtres, et qu'il peut être coupable tout en proclamant le repentir de son péché, je pense que cette Église a été suffisamment déshonorée sans jamais le laisser revenir dans l'Église. »

« Eh bien, répéta le président Taylor, mon garçon, ne vote jamais tant que tu vivras, tant que tu garderas ces idées ; reste-y fermement attaché. »

Un changement de cœur — l'esprit de pardon

J'ai quitté le bureau du président. Je suis rentré chez moi. Mon déjeuner n'était pas prêt. Je lisais Doctrine et Alliances systématiquement pour la troisième ou la quatrième fois, et j'y avais mis mon signet ; mais lorsque je l'ai repris, au lieu de s'ouvrir à l'endroit du signet, il s'est ouvert à :

Moi, le Seigneur, je pardonne à qui je veux pardonner, mais de vous il est requis de pardonner à tous les hommes ; mais celui qui ne pardonne pas à son frère est condamné devant le Seigneur.

Et j'ai fermé le livre et j'ai dit : « Si le diable demande le baptême, et prétend s'être repenti, je le baptiserai. » Après le déjeuner, je suis retourné au bureau du président Taylor et j'ai dit : « Président Taylor, j'ai changé de cœur. Il y a une heure, j'ai dit que jamais, tant que je vivrais, je ne consentirais à ce que frère Untel soit baptisé ; mais je suis venu vous dire qu'il peut être baptisé, en ce qui me concerne. »

Le président Taylor avait l'habitude, lorsqu'il était particulièrement content, de se redresser, de rire et de secouer tout son corps ; il rit et dit : « Mon garçon, le changement est bien soudain, bien soudain. Je veux te poser une question. Comment te sentais-tu lorsque tu es sorti d'ici il y a une heure ? Avais-tu envie de frapper cet homme en plein entre les deux yeux et de le renverser ? »

J'ai dit : « C'est exactement ce que je ressentais. » Il dit : « Comment te sens-tu maintenant ? »

« Eh bien, pour vous dire la vérité, président Taylor, j'espère que le Seigneur pardonnera au pécheur. »

Il dit : « Tu te sens heureux, n'est-ce pas, en comparaison. Tu avais l'esprit de colère, tu avais l'esprit d'amertume dans ton cœur envers cet homme, à cause de son péché et du déshonneur qu'il avait fait subir à l'Église. Et maintenant tu as l'esprit de pardon, et tu te sens vraiment heureux, n'est-ce pas ? »

Et j'ai dit : « Oui, en effet ; je me sentais mesquin et plein de haine, et maintenant je me sens heureux. »

Et il dit : « Sais-tu pourquoi j'ai écrit cette lettre ? » J'ai dit : « Non, monsieur. »

« Eh bien, je l'ai écrite simplement pour que toi et quelques-uns des plus jeunes membres des apôtres appreniez que le pardon précède la justice, là où il y a repentir, et qu'avoir dans son cœur l'esprit de pardon et bannir de son cœur l'esprit de haine et d'amertume apporte la paix et la joie ; que l'Évangile de Jésus-Christ apporte la joie, la paix et le bonheur à toute âme qui le vit et en suit les enseignements. »

Amour et pardon

Et il continua ainsi. Je ne me souviens pas de tous les enseignements, mais il poursuivit de cette manière, me disant qu'il n'aurait jamais pu me donner cette expérience, qu'il ne pouvait pas me donner un témoignage de l'Évangile ; que je devais recevoir ce témoignage par moi-même ; que je devais laisser le bon esprit entrer dans mon cœur et le ressentir -- l'esprit de pardon, l'esprit de longanimité et de charité -- avant qu'il ne me vienne aucun bien en tant qu'individu ; qu'en me contentant simplement de soumettre ma volonté à la sienne, et de voter pour que cet homme soit baptisé, je n'aurais jamais appris la leçon que l'esprit de joie et de paix vient à l'heure du pardon, et lorsque nos cœurs sont remplis de charité et de longanimité envers ceux qui ont commis des fautes. Depuis ce jour jusqu'à aujourd'hui, je me suis souvenu de ces enseignements.

Le prophète du Seigneur dit :

Mon garçon, n'oublie jamais que lorsque tu es dans la ligne de ton devoir, ton cœur sera plein d'amour et de pardon, même pour le pécheur repentant, et que lorsque tu sors de cette ligne droite du devoir et que tu as la détermination de faire prévaloir ce que tu crois être la justice et ce que tu crois être l'équité et le droit, tu es souvent tout sauf heureux. Tu peux connaître la différence entre l'Esprit du Seigneur et l'esprit de l'adversaire quand tu constates que tu es heureux et content, que tu aimes tes semblables, que tu te soucies de leur bien-être ; et tu peux savoir que tu n'as pas cet esprit lorsque tu es plein d'animosité et que tu as envie de renverser quelqu'un.

Cela me rappelle l'un des plus beaux chapitres de toute la Bible (1 Corinthiens 13) :

Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit.

Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.

Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

La charité est patiente, elle est pleine de bonté ; la charité n'est pas envieuse ; la charité ne se vante pas, elle ne s'enfle pas d'orgueil,

elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche pas son intérêt, elle ne s'irrite pas, elle ne soupçonne pas le mal,

elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité ;

elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout.

La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra.

Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,

mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra.

Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.

Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu.

Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, la charité ; mais la plus grande de ces choses, c'est la charité.

Beaucoup de gens s'imaginent que la charité, c'est donner un dollar à quelqu'un ; mais la charité véritable, authentique, c'est donner de l'amour et de la compassion, et c'est le genre de charité auquel l'apôtre faisait référence dans ce treizième chapitre de la première épître aux Corinthiens.

Je me souviens qu'après cet enseignement qui me fut donné, quand j'étais jeune homme, presque un garçon encore, par le président de l'Église, j'ai lu ce chapitre à peu près une fois par semaine pendant assez longtemps, puis une fois par mois pendant plusieurs mois. Je pensais en avoir besoin dans mes affaires, pour ainsi dire ; que c'était l'une des choses nécessaires à mon avancement.

Je me souviens qu'il y a un an, ici à la conférence, j'ai lu un chant très splendide et merveilleux, dont la moitié du premier couplet se lit comme suit :

Que chacun apprenne à se connaître lui-même, Pour acquérir cette connaissance, qu'il travaille,

Qu'il corrige en lui-même les défauts

Qu'il condamne tant chez son prochain.

Le poème entier a été publié dans le fascicule de la conférence. Je l'ai cité il y a quelques semaines, et l'on m'a demandé où l'on pourrait s'en procurer un exemplaire, et de nouveau dimanche dernier, quand j'ai dit à certaines personnes qu'elles pourraient le lire dans le News de samedi soir prochain. Je ne prendrai donc pas votre temps en citant le poème entier. J'ai également cité les quatre courts couplets de notre cantique de la page 66, dont une partie se lit comme suit :

Si tu te sens porté à blâmer

Les fautes que tu vois chez d'autres, Interroge ton propre cœur, avant de t'y risquer,

Pour voir s'il n'a pas, lui aussi, ses défauts.

Je n'avais pas la moindre idée, quand j'ai cité ces poèmes, que je désirerais les citer de nouveau aujourd'hui ; mais en vue de la condamnation et de l'esprit, presque, d'animosité et de haine qui semble se manifester chez certaines personnes parmi les Saints des derniers jours, à l'heure actuelle, à propos des affaires commerciales et politiques, je désire souligner, de toute la force de mon être, le dernier couplet de ce petit cantique, à la page 66 :

Ne formez pas vos opinions à l'aveuglette,

La précipitation mène souvent au trouble, Ceux dont nous avons pensé du mal

Deviennent souvent nos plus chers amis.

Tout homme est innocent jusqu'à preuve du contraire

Il y a beaucoup de gens qui croient que si une personne est inculpée, elle est sans aucun doute un criminel. Très peu de gens s'arrêtent à réfléchir au fait que, lorsqu'un grand jury prononce une mise en accusation contre un homme, il est rare, sinon jamais, qu'il lui soit permis de comparaître devant ce grand jury, ou d'y avoir un représentant pour exposer sa cause. La loi elle-même prévoit -- si je la comprends bien -- bien que je ne sois pas juriste -- que tout homme doit être considéré comme innocent jusqu'à ce qu'il ait été prouvé coupable ; et aucun homme n'est coupable, au vrai sens du mot, d'un délit, simplement parce qu'un grand jury a prononcé une mise en accusation contre lui. Dans les affaires criminelles, un homme doit être considéré comme innocent, à moins que les preuves contre lui ne soient si concluantes qu'il ne subsiste même pas un doute raisonnable quant à sa culpabilité. Les Saints des derniers jours devraient certainement être aussi libéraux dans leurs jugements que la froide loi du pays ; et certainement tout homme devrait être considéré comme innocent dans l'estimation des Saints des derniers jours -- particulièrement si cet homme est membre de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours et a consacré sa vie à l'édification du royaume de Dieu -- jusqu'à ce qu'il ait ce qu'on appelle « son jour devant le tribunal ». Nous pouvons nous permettre, je crois, d'être aussi libéraux que la froide loi elle-même.

Je désire répéter le dernier couplet de cet excellent cantique, que j'ai appris il y a trente-cinq ou quarante ans, quand Francis M. Lyman me le chanta pour la première fois. Je l'ai écrit cette nuit-là même, et l'ai appris le lendemain. Je voudrais que chaque Saint des derniers jours applique les enseignements de ce splendide couplet dans sa vie ; et si nous le faisons, je crois que nous grandirons en amour et en charité ; que l'esprit de paix et de bonheur que le président Taylor m'a promis lorsque je nourrissais le sentiment déterminé d'exclure un homme de l'Église, et l'esprit de joie et de paix qui vint à moi après le changement de cœur, viendront sur les Saints des derniers jours :

Et si, en te jugeant toi-même, tu trouves

Que tes actes sont supérieurs à ceux des autres, La Providence a été bonne envers toi,

Comme tu devrais l'être envers ceux qui te sont inférieurs. L'exemple répand un rayon bienveillant

De lumière, que les hommes aiment à emprunter, Aussi corrige-toi d'abord toi-même aujourd'hui

Et corrige tes amis demain.

Regrets que la question de la Société des Nations soit entrée dans la politique

Il y a un an, à notre conférence, j'ai exprimé sincèrement mes regrets de voir de l'amertume s'engendrer dans le cœur des Saints des derniers jours, parce que ce qu'on appelait la Société des Nations avait été mêlé à la politique. J'ai exprimé mes sincères regrets que ce grand document ait jamais pu devenir un sujet de discussion politique. J'estimais que tout le peuple de ces États-Unis d'Amérique devrait aborder l'examen de ce grand document indépendamment de toute affiliation à un parti. Je désire exprimer mes regrets qu'il soit, s'il en est, davantage mêlé à la politique aujourd'hui qu'il ne l'était il y a un an.

Je regrette sincèrement que ce qu'on appelle la « question du sucre » ait été mêlé à la politique, dans cet État d'Utah. Je sens, au plus profond de mon cœur, que cela a engendré de l'amertume, que cela a créé beaucoup d'animosité, et je pense que c'est une chose qui aurait dû être écartée de la politique, et que toutes les questions de ce genre devraient être réglées par les personnes intéressées. Je désire, plus que je ne saurais le dire, qu'il y ait toujours une harmonie parfaite et une justice parfaite entre l'agriculteur et le producteur de sucre. Je désire que tous les jugements des Saints des derniers jours sur la conduite d'hommes liés à quelque industrie de cet État soient suspendus, au moins jusqu'à ce qu'un jugement définitif ait été rendu par un tribunal qui a le droit d'en connaître.

Je désire dire à tous les Saints des derniers jours :

Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez.

Gardez les commandements de Dieu

Je supplie chaque Saint des derniers jours de cultiver l'esprit de charité, de longanimité et d'amour fraternel. Je dis à tous les Saints des derniers jours : Gardez les commandements de Dieu. Voilà mon discours-thème, seulement ces quelques mots : Gardez les commandements de Dieu. Lisez le psaume qui vous dit de ne pas vous tourmenter l'âme au sujet du pécheur. C'est un psaume magnifique à lire. J'avais pensé le lire ici, devant cette assemblée, mais j'ai déjà tant lu que je crains que vous ne vous lassiez de m'entendre lire. Gardez les commandements du Seigneur. Soyez honnêtes envers Dieu. Ne manquez jamais de payer honnêtement la dîme au Seigneur, sur chaque dollar qui vous parvient. « Oh, mais, dira quelqu'un, l'Église n'en a pas besoin. » Vous avez raison ; c'est exact. L'Église n'en a pas besoin, mais l'homme qui a fait alliance avec le Dieu vivant de garder ses commandements, et qui ensuite ne les garde pas, lui, en a besoin. Un homme qui n'est pas honnête envers le Seigneur devrait se repentir et être honnête envers le Seigneur, et alors les écluses des cieux s'ouvriront, et Dieu déversera sur la tête des Saints des derniers jours des bénédictions, s'ils sont financièrement honnêtes envers le Seigneur. Observez la Parole de Sagesse. Ne vous adonnez jamais à ces choses que le Seigneur Dieu Tout-Puissant, le Créateur des cieux et de la terre, nous a dit n'être pas bonnes pour l'homme.

Conclusion

Je me réjouis que nous ayons la prohibition nationale. Je me réjouis que beaucoup, même dans notre propre communauté, qui étaient des épaves financièrement, presque des épaves spirituellement, grâce à la prohibition et à la suppression de la tentation, sont aujourd'hui en train de se refaire des hommes. Je me réjouis que la prohibition -- à mon avis, la plus grande bénédiction financière et morale qui soit jamais venue à l'humanité -- soit venue au peuple des États-Unis, et j'espère et je prie qu'elle vienne bientôt à toute nation sous le ciel.

Je me réjouis que les femmes aient le droit de vote. Je me réjouis de tous les grands et merveilleux progrès qui s'accomplissent pour le bien de l'humanité ; et je me réjouis, par-dessus tout, de savoir que Dieu vit, que Jésus est le Christ, que Joseph Smith est un prophète du Dieu vrai et vivant ; que l'Évangile de Jésus-Christ, le plan de vie et de salut, a été rétabli sur la terre. Je me réjouis que vous et moi ayons la connaissance de cet Évangile ; et oh, que Dieu nous aide à le vivre ; qu'il remplisse nos cœurs de charité, d'amour, de pardon, du désir de le servir, et que nous soyons en vérité des Saints des derniers jours, telle est ma prière et mon désir, et je le demande au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursHeber J. Grant, « Gardez les commandements de Dieu », Conférence générale d'octobre 1920, Première journée, session du matin (1920-10-08). Pulpit Vault, 1920-10-heber-j-grant-keep-the-commandments-of-god. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).