Pulpit

Je crois pouvoir répondre pour

Anthon H. Lund

1918 October General Conference·First Day Morning Session·1918-10-04

Je crois pouvoir répondre pour tous les présents que nous sommes très heureux d'avoir le privilège de revoir notre bien-aimé président parmi nous. Je sais qu'il a les prières de son peuple, qui demande au Seigneur de le rétablir, de le fortifier et de le soulager de sa maladie, et j'espère que les prières des saints seront exaucées en sa faveur, afin que nous puissions le revoir capable d'être avec nous, et de nouveau nous asseoir sous sa voix pour entendre ses instructions inspirées. Que le Seigneur bénisse le président Smith et le guérisse.

Sion prospère

Je suis heureux, ce matin, de voir cette mer de visages rayonnants de joie à la vue de notre président à la conférence, et je crois que le Seigneur bénira ses serviteurs qui s'adresseront à nous aujourd'hui. Nous pouvons vous apporter la bonne nouvelle que Sion prospère, que l'œuvre avance, et je crois que les saints progressent, tant spirituellement que temporellement.

J'ai reçu quelques notes de frère Wells, de l'Évêché président. Il nous dit qu'il y a eu une augmentation des naissances, des bénédictions et des baptêmes dans les pieux de Sion par rapport à la période correspondante de l'année précédente. Un plus grand nombre de recommandations pour les temples a été délivré au cours des six premiers mois de cette année que pendant la même durée d'aucune année précédente. Au cours des six mois se terminant le 30 juin, il a été accompli dans les temples 119 166 baptêmes et 119 400 dotations, scellements et autres ordonnances.

Nous sommes heureux de voir le peuple affluer vers les temples. Nous savons qu'ils le font dans un but désintéressé. Ils s'y rendent pour travailler pour d'autres, et dépensent leurs moyens pour se rendre aux temples, et pourtant je crois que tous ceux qui s'adonnent à cette œuvre sentent qu'ils en sont récompensés dès à présent, bien qu'il y ait pour eux une grande récompense à l'avenir, lorsqu'ils rencontreront leurs ancêtres et leurs amis, et pourront leur dire ce qu'ils ont fait pour eux dans les temples. En travaillant pour d'autres dans les temples, ils se fortifient eux-mêmes dans leur foi. Ils sentent qu'ils sont en effet des auxiliaires dans la grande œuvre du salut. Notre Rédempteur est l'Auteur du plan de salut ; il a donné sa vie pour nous tous, et a accompli et achevé l'œuvre que son Père lui avait confiée pour la rédemption de tous ses enfants qui sont disposés à croire en lui comme le Sauveur du monde. Le sien est le seul nom donné par lequel le salut peut être obtenu. Nous participons à cette grande œuvre en faisant pour d'autres ce qu'ils ne peuvent faire eux-mêmes dans leur condition présente. Des millions d'esprits qui ont occupé des tabernacles sur la terre n'ont pas eu l'occasion d'entendre la voix des serviteurs de Dieu, et n'ont même pas entendu le nom de Jésus-Christ ; mais le plan de salut, tel qu'il fut conçu dans les conseils éternels, était si vaste qu'il fournit les moyens de rédemption pour toute âme qui a vécu ou vivra sur cette terre, et qui en acceptera les conditions.

Le sujet de l'œuvre pour les morts fut révélé très tôt au prophète Joseph. Lors de la première visite que lui fit l'ange, alors que Joseph avait environ dix-huit ans, l'ange lui expliqua les Écritures et cita le dernier chapitre de l'Ancien Testament, où Malachie parle de la venue d'Élie, qui devait tourner le cœur des pères vers les enfants, et le cœur des enfants vers leurs pères. Joseph n'a peut-être pas pleinement compris cela à l'époque, mais avant sa mort, l'Esprit œuvra en lui pour rendre les choses claires, et pour donner les clés de ce grand principe à ses compagnons de travail, les apôtres. Et il fut si impressionné par cette œuvre qu'il l'appelle « le plus glorieux de tous les sujets appartenant à l'Évangile éternel ». Je suis donc heureux de vous dire qu'il y a eu des progrès en cette matière ; que les saints sont animés par l'esprit du salut pour les morts, et accomplissent une grande œuvre dans les temples.

Assistance aux réunions de sainte-cène

L'assistance aux réunions de sainte-cène a été plus nombreuse au cours des six mois se terminant le 30 juin que pendant toute autre période semblable depuis que des rapports sont tenus. Nous sommes heureux de l'apprendre, et nous voulons dire aux saints des derniers jours qu'aucun d'entre eux ne devrait se contenter de rester chez soi sans assister aux réunions de sainte-cène. Ne pensez pas que vous vous en portez tout aussi bien sans y assister qu'en y assistant. C'est une grande perte pour ceux qui s'en abstiennent. Vous y allez pour adorer Dieu, pour être instruits dans ses voies, et pour renouveler vos alliances avec lui. En prenant la sainte-cène, vous faites la promesse de prendre sur vous le nom du Fils de Dieu, de toujours vous souvenir de lui et de garder les commandements qu'il vous a donnés, et alors la promesse est que vous aurez son Esprit avec vous. Vous ne pouvez pas progresser spirituellement si vous ne prenez pas de ces choses saintes, et le fait de le faire vous fortifiera et vous inspirera pendant les jours de la semaine ; c'est pourquoi, sentons tous qu'il est de notre devoir d'assister aux réunions de sainte-cène et d'aider ainsi à nous édifier les uns les autres dans notre sainte foi.

Réunion de prêtrise et service militaire

L'assistance aux réunions hebdomadaires de prêtrise a diminué, un grand nombre étant au service militaire. Beaucoup de nos jeunes gens détenteurs de la prêtrise ont été appelés à défendre notre pays. Ils ont accepté cet appel de bon gré, et je crois qu'ils feront honneur à leurs parents par un noble dévouement à la cause de leur pays, par leur vie droite, et par l'exemple qu'ils donneront aux autres. Nous prions que Dieu soit avec eux, les protège et les garde, et que nous ayons la joie de les voir revenir purs et bons, tels qu'ils nous ont quittés.

Il y a cinquante-six mille détenteurs de la prêtrise. Parmi eux, quinze mille ne peuvent guère se livrer à un travail actif, surtout à cause de l'âge, de l'infirmité ou de la maladie, ou en raison de leur occupation ou de leur absence du foyer pour le service militaire.

J'ai pensé que ces quelques points nous intéresseraient tous. On vient de me les remettre.

L'œuvre dans les missions

Notre œuvre missionnaire, frères et sœurs, continue de progresser. Dans les différentes missions des États-Unis, une bonne œuvre s'accomplit. Nous avons encore un bon nombre de personnes qui y travaillent, et elles rencontrent le succès et accomplissent leurs travaux à la satisfaction de leurs présidents. Dans les pays neutres, en Europe, nous sommes quelque peu gênés pour maintenir le nombre habituel de missionnaires. Actuellement, nous en avons très peu dans les pays scandinaves et en Hollande, et nous n'en avons aucun en Turquie. Les anciens en ont été retirés en raison de l'insécurité des étrangers, et particulièrement des Américains, dans ce pays. En Norvège, au Danemark et en Suède, il ne nous reste que treize missionnaires, alors que nous en avions autrefois une centaine ou plus. Une grande partie du travail repose donc sur ces quelques hommes, et la plupart d'entre eux sont sur le champ de la mission depuis plus longtemps que d'habitude. Les dépenses sont maintenant le double de ce qu'elles étaient, ce qui rend leur subsistance assez difficile, mais ils sont disposés à faire ce qu'ils peuvent pour poursuivre l'œuvre. Actuellement, les gouvernements de ces pays ne veulent pas que des étrangers viennent s'établir chez eux. Je suppose que la raison en est surtout d'ordre économique. Ils veulent conserver leurs provisions chez eux, et ne pas voir des étrangers venir d'autres pays s'y installer et ainsi accroître leurs charges. Je ne crois pas que ce soit parce qu'ils sont « mormons » que nos anciens ne peuvent être admis. Je crois qu'ils sont tout aussi libres de venir que d'autres personnes, mais lorsque l'un d'eux entre dans une ville de Norvège, il n'est autorisé à y rester que deux ou trois jours, après quoi il doit poursuivre sa route. Cela empêcherait nos missionnaires de prendre la direction de branches et de conférences. Nous espérons qu'un arrangement pourra être trouvé permettant à quelques anciens expérimentés d'y aller prendre la direction de l'œuvre. Nous pouvons employer là-bas un assez grand nombre de nos hommes locaux pour ce travail, mais très peu d'entre eux sont capables de subvenir à leurs besoins comme le font nos missionnaires venus de chez nous ; c'est pourquoi nous sommes limités dans leur emploi, mais l'œuvre ira de l'avant. Je me souviens du temps où nous n'avions aucun ancien venu de Sion pour travailler avec nous en Scandinavie, et pourtant l'œuvre progressait. Le Seigneur ne peut être arrêté dans l'accomplissement de ses desseins.

En Australie et en Nouvelle-Zélande, il nous avait été interdit d'envoyer davantage d'anciens, mais cela a été modifié. La question a été soulevée à Washington auprès des ambassadeurs de ces pays, et ils nous ont donné la permission d'envoyer des anciens pour remplacer ceux qui sont libérés, afin que nous puissions poursuivre l'œuvre de ce côté du globe. Dans les îles de la mer, nous n'avons pas été beaucoup gênés, et l'œuvre y progresse. Nos anciens qui s'y rendent sont une bénédiction pour les indigènes, non seulement dans la prédication et les affaires spirituelles, mais aussi dans les choses temporelles. Par exemple, à Tahiti, à la saison de la pêche aux perles, les indigènes avaient l'habitude de se procurer leurs provisions auprès des marchands qui leur permettaient de tenir un compte ouvert. Les indigènes ne sont pas prudents dans leurs achats et se trouvent souvent avec un endettement bien supérieur à leurs gains, de sorte qu'ils sont obligés de travailler une saison de plus pour payer leurs créanciers, puis de se procurer de nouveau leurs provisions à crédit. Le président Ernest Rossiter, qui préside les membres de notre Église à Tahiti, ainsi que quelques-uns des anciens qui y travaillent, accompagnent maintenant ceux de nos gens qui plongent pour les huîtres perlières. Ils encouragent les indigènes à ne pas s'endetter, et les aident à se procurer leurs provisions au prix de gros. Il en résulte que, la saison de pêche terminée, ils touchent leur salaire et ne sont plus dans les liens de la dette. Les anciens tiennent des réunions et encouragent leurs membres à résister aux tentations et à vivre en saints des derniers jours. Des travailleurs qui ne sont pas membres de l'Église voient les résultats bénéfiques de cette démarche et essaient de suivre le même chemin. De même, sur d'autres îles, les anciens s'efforcent d'enseigner au peuple une meilleure façon de vivre, tant temporellement que spirituellement.

La mission du bloc du Temple

Nous avons l'un des meilleurs champs de mission ici même, sur ce bloc du Temple, où frère Goddard et ses assistants travaillent diligemment à expliquer les principes aux touristes qui viennent voir ce que les « mormons » ont fait et apprendre ce qu'ils croient. Ils posent de nombreuses questions, auxquelles les guides sont toujours prêts à répondre en expliquant notre croyance, et beaucoup d'entre eux repartent sans le préjugé contre nous qu'ils nourrissaient en arrivant. Nous avons constaté l'effet de ce service du bloc du Temple dans les différentes missions. Lorsque nos anciens ont l'occasion d'entrer dans les foyers de ces visiteurs, ceux-ci les ont invités, traités avec bonté, et leur ont raconté le temps merveilleux qu'ils avaient passé à Salt Lake City, et combien ils avaient été heureux d'entendre l'Évangile expliqué par nos guides. Dans ce tabernacle, nous avons des récitals durant l'été. Frère McClellan et ses organistes assistants y accomplissent une œuvre remarquable. Les gens viennent écouter le grand orgue, ils entendent la belle musique, et beaucoup ont été émus jusqu'aux larmes. De sorte qu'en repartant, ils ne peuvent croire les histoires selon lesquelles les « mormons » seraient un peuple ignorant et inculte, comme certains ont essayé de les dépeindre. Ils se souviennent avec plaisir de ce qui a été fait pour eux.

Le travail des sœurs missionnaires

Dans les champs de mission, maintenant que tant de nos jeunes gens ont dû rentrer chez eux pour entrer dans l'armée, nous avons été grandement aidés par nos jeunes filles, qui sont parties accomplir des missions. Elles réussissent aussi bien dans le colportage, à rencontrer les gens et à entrer dans leurs foyers. Ceux qui pourraient craindre les anciens ne peuvent croire que ces jeunes filles innocentes viendraient dans un dessein de tromperie, et ils sont disposés à les écouter ; et beaucoup ont été amenés à croire à la vérité par les simples témoignages rendus par ces jeunes filles qui ont accepté des missions. Que le Seigneur les bénisse et fasse prospérer leur travail.

Notre devoir d'avertir et d'aider à avertir

Ce devoir d'informer le monde de notre croyance et de l'avertir de ce qui va venir incombe aux saints des derniers jours. Si vous lisez le trente-troisième chapitre d'Ézéchiel, vous verrez ce que le Seigneur dit contre ceux qui sont sentinelles et ne remplissent pas leurs devoirs. Si le peuple est averti et ne tient pas compte de l'avertissement, le Seigneur dit que son sang retombera sur lui-même ; mais s'il n'est pas averti et que la sentinelle a négligé de donner l'avertissement, le sang sera sur les pans de son vêtement. Or, nous, anciens d'Israël, ne voulons encourir aucun blâme ni châtiment pour avoir négligé notre devoir d'informer le monde. Nous ne pouvons envoyer nos jeunes gens. Nous serons donc obligés de faire appel à nos anciens expérimentés, dont beaucoup ont déjà accompli d'excellentes missions. Lorsque nous leur demandons aujourd'hui de partir, nous constatons que, dans certains cas, leurs circonstances sont telles qu'ils ne peuvent le faire. Mais nous en avons un grand nombre qui n'ont pas fait de mission, et qui ne conviennent peut-être pas à la vie missionnaire, mais qui pourraient s'acquitter de leur devoir en aidant quelques-uns de ces hommes capables et expérimentés à partir prêcher l'Évangile. Cela ne coûterait pas beaucoup ; c'est une bonne façon d'utiliser le mamon d'iniquité pour se faire des amis pour l'avenir, comme Jésus y a fait allusion. Dans les premiers jours de l'Église, en effet, lorsque nous envoyions des hommes en mission, ils partaient sans bourse ni sac. Je me souviens de deux anciens envoyés dans une grande ville de Norvège ; l'un était bon orateur, l'autre ne l'était guère, mais c'était un bon tailleur. Il prit du travail et subvint aux besoins de son compagnon missionnaire, et ils posèrent les fondements d'une magnifique branche ; ainsi, partout où les anciens étaient envoyés, ils étaient disposés à travailler pour l'avancement de la cause, à œuvrer de leurs mains et à donner tout ce qu'ils gagnaient pour aider cette œuvre. Cependant, nous n'allons pas aussi loin ici, chez nous. Beaucoup de nos frères qui ont été bénis temporellement se sentiraient plus bénis encore s'ils employaient une partie de leurs moyens pour permettre à un bon ancien de partir en mission et de travailler là où nous sommes dans la nécessité d'envoyer des missionnaires.

Les avantages et bénédictions des réunions de l'Église

Or, frères, je crains que ma voix ne vous parvienne pas à tous. Je suis heureux de voir cette assemblée. Je sais que vous êtes venus pour en apprendre davantage sur les voies du Seigneur et pour l'adorer. Quelle chose magnifique que le Seigneur, dès la toute première révélation d'avril 1830, nous ait donné le commandement de nous réunir en conférence tous les trois mois, ou aux époques fixées. Nous nous rassemblons, nous retrouvons des amis, nous parlons du passé ; ceux qui s'égarent quelque peu sont fortifiés et encouragés à suivre la bonne voie, et les saints se réjouissent d'apprendre ce que fait l'Église, et de savoir qu'ils sont en accord avec l'esprit de l'œuvre.

Lorsque les tribus d'Israël se révoltèrent aux jours de Roboam, elles suivirent Jéroboam, qui les entraîna dans l'idolâtrie. Quelques années auparavant, elles avaient aidé à construire ce magnifique temple, le temple de Salomon, et elles se réjouissaient d'y aller. Dieu avait commandé qu'elles s'y rendent chaque année pour offrir un sacrifice dans le temple du Seigneur. Jéroboam comprit ce que cela signifiait. Si ses sujets se rendaient à Jérusalem, ils ne tarderaient pas à revenir se joindre aux deux tribus dans leur culte, et son pouvoir sur eux serait perdu ; c'est pourquoi il établit des lieux de culte sur des montagnes dans son propre pays, afin de les tenir éloignés du temple de Dieu à Jérusalem.

Or, nous aimons voir notre peuple venir ici à nos conférences, et nous savons qu'il se sent béni d'y venir, et que lorsqu'il rentrera chez lui, l'esprit de la conférence l'accompagnera.

Que Dieu vous bénisse, frères et sœurs, qu'il nous aide à être fidèles et loyaux dans nos alliances avec le Seigneur, et à vivre de telle sorte que, la vie terminée, nous puissions sentir que nous avons fait de notre mieux selon ce que nous avons compris, je le demande au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursAnthon H. Lund, « Je crois pouvoir répondre pour », 1918 October General Conference, First Day Morning Session (1918-10-04). Pulpit Vault, 1918-10-02-anthon-h-lund-remarks. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).