Je m'efforcerai de partager le
Andrew Jenson
Je m'efforcerai de partager le temps qui reste avec le président Kimball, et je tenterai de vous étonner par ma brièveté. ¶
Je désire d'abord lire un verset de la prophétie de Daniel : « Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d'un autre peuple ; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement » (Daniel 2:44). ¶
Le prophète Joseph Smith, il y a bien des années (aux premiers jours de l'Église), pendant son séjour temporaire dans l'État du Missouri, fut arrêté sous l'accusation de trahison, parce qu'il avait fait allusion à l'accomplissement de cette prophétie de Daniel dans l'avènement de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ; et, avec d'autres hommes — ses fidèles compagnons de labeur — il souffrit plusieurs mois de prison. L'accusation principale portée contre le prophète était, comme je l'ai dit, la trahison, mais c'était bien entendu une accusation forgée de toutes pièces et sans fondement. ¶
Le passage des saintes Écritures que j'ai cité fait partie de l'interprétation donnée par le prophète Daniel au roi Nebucadnetsar, lorsque ce puissant monarque eut la vision d'une grande statue qui symbolisait certains grands royaumes destinés à se succéder régulièrement sur la terre, et dans laquelle interprétation Nebucadnetsar lui-même fut désigné comme la tête d'or, ou régent du monde — un « dominateur sur eux tous ». ¶
Mais le Seigneur se mit fort en colère contre Nebucadnetsar à cause de son orgueil et de son arrogance, et parce qu'il ne voulait pas reconnaître le Dieu du ciel et de la terre, et pour le punir, Dieu lui ôta la raison, après quoi cet homme jadis si puissant passa sept ans parmi les bêtes des champs, mangeant l'herbe comme certains animaux. Son petit-fils Belschatsar tenta de se moquer du Dieu d'Israël en se servant des « vases sacrés (qui avaient été enlevés du temple de Jérusalem), lors d'un festin d'ivrognerie avec ses grands et ses courtisanes. Le Seigneur se mit si fort en colère contre lui à cause de sa méchanceté qu'il permit aux Mèdes et aux Perses de pénétrer dans sa capitale cette nuit-là même et de le tuer, détruisant ainsi le grand royaume de Babylone, et vérifiant l'interprétation que Daniel avait donnée de l'inscription sur le mur : « Compté : Dieu a compté ton règne et y a mis fin. Pesé : Tu as été pesé dans la balance et tu as été trouvé léger. Divisé : Ton royaume sera divisé et donné aux Mèdes et aux Perses » (Daniel 5:26-28). ¶
Un autre homme qui, avec le temps, aspira à devenir le maître du monde entier fut Alexandre le Grand, qui, après avoir soumis toutes les nations de la terre qu'il connaissait, pleura parce qu'il n'y avait plus rien à conquérir. Il faut se rappeler, à ce sujet, que les hommes ne connaissaient pas alors l'étendue de la terre ; c'était bien avant que l'Amérique fût connue des peuples d'Europe et d'Asie, et bien avant aussi que la partie sud de l'Afrique et bien des îles de la mer eussent été découvertes ; mais Alexandre s'établit comme le grand maître de tous, le grand souverain du monde entier, et entreprit, comme ses prédécesseurs, de priver les hommes de leur libre arbitre et d'en faire des esclaves. Mais le Seigneur humilia bientôt Alexandre, et ses jours dans le rôle d'un souverain arrogant et orgueilleux ne furent que de courte durée. ¶
Vient ensuite l'empire romain, qui s'efforça d'abord par la voie politique, puis comme puissance ecclésiastique, de gouverner le monde d'une main de fer, et d'écraser les peuples qui ne voulaient pas se soumettre à la domination de Rome ; mais cette puissance fut, elle aussi, brisée, et les aspirations des usurpateurs de l'autorité ne furent jamais pleinement satisfaites. ¶
Le grand Napoléon Bonaparte tenta de conquérir le monde il y a environ cent ans. À son point de vue personnel, certains de ses desseins étaient peut-être bien intentionnés. Il aspirait, semble-t-il, à être un grand libérateur des hommes, mais il s'arrogea aussi ce que le Seigneur a réservé pour le Christ, le Rédempteur du monde, qui est le seul qui, selon le plan divin, soit destiné à régner finalement sur toute la terre ; mais le règne du Christ sera un règne de justice, sous lequel le libre arbitre des hommes sera respecté. ¶
Je fais mention de ces choses en rapport avec un thème important sur lequel se sont arrêtés beaucoup des orateurs de cette conférence générale de l'Église, et en rapport avec nos vues en tant que Saints des derniers jours. Nous avons dans le monde, à l'heure actuelle, un autre homme qui n'est pas mentionné dans l'interprétation que Daniel donna du songe de Nebucadnetsar. Néanmoins, il suit les traces de Nebucadnetsar et de ses autres prédécesseurs, qui aspirèrent au pouvoir et à une domination inique. Lui aussi veut s'arroger ce qui n'appartient qu'au Roi des rois et Seigneur des seigneurs, et il aspire à gouverner le monde selon ses propres desseins et ses propres volontés ; mais nous savons que le kaiser allemand ne réussira pas. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne suive le chemin de tous ses prédécesseurs. ¶
Mais nous, Saints des derniers jours, nous savons quelque chose au sujet du royaume de Dieu qui a été établi sur la terre en ces derniers jours par le Dieu du ciel, en accomplissement des paroles prophétiques de Daniel. L'Église et le royaume dont je parle, et auxquels appartiennent les Saints des derniers jours, ont déjà toute une histoire, et je mentionnerai simplement ici à frère Lesueur, président du pieu de Maricopa, que la dernière chose que j'aie faite au bureau de l'historien, avant l'ouverture de cette conférence, fut d'écrire l'histoire du pieu de Maricopa de Sion, y compris une histoire de la paroisse de Papago — la paroisse indienne — qui fut organisée en Arizona il y a bien des années. Nous nous efforçons d'écrire une histoire véridique de l'Église et du royaume de Dieu, tel qu'il a été établi par l'instrumentalité du prophète Joseph Smith. Personnellement, j'ai eu non seulement le privilège, avec beaucoup d'autres de mes frères, de prêcher l'évangile dans bien des pays et sous bien des climats, mais j'ai aussi eu l'occasion d'étudier et d'écrire l'histoire des Saints des derniers jours — ce peuple qui se tient à part et séparé, à bien des égards, de tous les autres en son temps et sa génération — ce peuple destiné à exercer une grande influence dans le monde, mais non à gouverner avec arrogance et oppression — un peuple qui sera accepté du Christ lorsqu'il viendra régner comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Nous croyons fermement qu'un jour futur l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours sera connue et acceptée pour ce qu'elle est réellement, et que des millions de personnes connaîtront de nouveau non seulement le prophète Joseph, mais aussi beaucoup d'autres hommes fidèles qui ont travaillé pour le salut et les libertés de l'humanité. Lorsque ce jour viendra, les habitants de la terre s'intéresseront immensément à l'histoire de l'Église, d'où sortira le royaume de Dieu. ¶
Depuis bien des années, certains de vos frères du bureau de l'historien se sont occupés activement d'importants travaux historiques, en plus de leurs autres devoirs. Nous avons écrit les histoires de chaque pieu de Sion, et de chaque champ de mission à travers le monde entier, et il sera peut-être agréable aux armées de Sion, y compris à ceux qui sont présents ici aujourd'hui, d'apprendre que nous avons presque achevé cette tâche commencée il y a trente et un ans. Nous avons avancé si loin dans les histoires des missions, des pieux, des paroisses et des conférences que nous avons maintenant besoin d'une coopération plus complète de la part de certains de ceux qui constituent les membres des divers pieux et missions. J'ai déjà suggéré, en plusieurs occasions, qu'un historien soit nommé dans chaque pieu de Sion et dans chaque paroisse à travers l'Église pour coopérer avec le bureau de l'historien, afin de rendre nos histoires exactes et complètes dans tous leurs détails. ¶
Nous avons déjà préparé une grande quantité de matériel que nous comptons lire au peuple dans un proche avenir, et afin d'achever nos travaux, nous comptons faire prochainement un voyage à travers les pieux de Sion et lire aux anciens colons et à d'autres, dans les différentes paroisses et colonies des Saints, les parties de l'histoire qui concernent leur paroisse ou leur pieu particulier ; et lorsque cela sera fait, et que les historiens locaux auront par ailleurs eu l'occasion de nous aider, nous espérons posséder l'histoire la plus complète et la plus exacte qui ait jamais été préparée et écrite au sujet d'un peuple dans le monde — une histoire véridique dans le sens le plus complet. Il n'est peut-être pas déplacé de dire ici que les historiens sont parfois les serviteurs de ceux qui les paient pour leur travail, mais les histoires que nous avons préparées et que nous préparons des pieux, des missions et des individus sont écrites d'un point de vue impartial, car nous avons travaillé indépendamment de toute faveur de la part de qui que ce soit, sauf cette hospitalité et cette assistance communes des Saints des derniers jours que nous avons rencontrées presque partout dans nos voyages. ¶
Dans les divers pieux de Sion, il vit encore bien des hommes et des femmes qui se sont fait connaître comme des ouvriers fidèles et efficaces dans l'Église ; et il y en a beaucoup d'autres, maintenant décédés, qui prirent dès le début une part très active à l'établissement de l'œuvre de Dieu sur la terre. Ces fidèles ouvriers de la bonne cause ne devraient pas être oubliés, et nous nous efforçons, au bureau de l'historien, de consigner à leur sujet certains faits qui feront vivre leur mémoire à jamais. ¶
Ceux d'entre nous qui travaillent aujourd'hui fidèlement dans l'Église vieilliront, comme nos prédécesseurs, et passeront dans l'au-delà, et nos enfants et petits-enfants, à mesure que le temps s'écoulera, nous compteront parmi les fondateurs du grand royaume dont parle Daniel. Je dirai ici que vos historiens ont poursuivi un plan par lequel des hommes et des femmes fidèles peuvent être consignés dans les registres sans être livrés entre les mains d'étrangers qui viennent parmi nous dans le seul but d'un gain financier. Ces étrangers ont demandé de vingt-cinq à mille dollars, ou davantage, pour écrire la biographie d'un homme ou d'une femme qui se sera fait remarquer parmi notre peuple, omettant, bien entendu, ceux qui ne pouvaient réunir la somme exigée. Il n'est pas nécessaire de se soumettre à cette manière de faire écrire des biographies, car le travail accompli au bureau de l'historien est de telle nature que même les pauvres reçoivent le crédit de ce qu'ils ont fait. Si l'un de nos frères dirigeants venait à recevoir une lettre émanant du bureau de l'historien au sujet de questions biographiques, laissez-moi vous assurer qu'elle n'est fondée sur aucun motif intéressé, mais qu'elle n'a d'autre but que le bien du peuple, et ne demande que la juste coopération de la part de ceux à qui ce crédit revient. Voici, par exemple, l'apôtre Charles C. Rich, dont le petit-fils nous a adressé la parole aujourd'hui, et bien d'autres, dont les noms et les actions ne devraient pas être oubliés, mais afin de conserver leur mémoire, il est nécessaire que l'histoire de leur vie soit écrite. Pensez aux membres du camp de Sion, aux pionniers de l'Utah de 1847, aux membres du bataillon « mormon », aux martyrs de l'Église, aux missionnaires morts à l'étranger, etc. La grande majorité de tous ceux-là seraient oubliés en une génération ou deux, n'était ce qui sera consigné à leur sujet dans l'histoire. Par la coopération, nous pouvons perpétuer la mémoire de tous les fidèles ouvriers de l'Église, riches et pauvres également, et c'est ce que nous nous sommes efforcés d'accomplir. ¶
Que Dieu bénisse ceux d'entre nous qui sont aujourd'hui ouvriers dans la vigne du Seigneur, et qu'il nous rende fidèles et vrais, comme nos pères et nos mères avant nous ont été fidèles et vrais ; et si nous pouvons, à l'exemple de Néphi, accomplir de plus grandes œuvres que nos pères n'en ont accompli, c'est notre privilège de le faire, car nous avons, à bien des égards, de meilleures occasions qu'ils n'en avaient. Que Dieu nous rende ce qu'il veut que nous soyons, et que nous restions vrais et fidèles jusqu'à la fin, et que, du mieux que nous le pouvons, nous fassions notre part pour promouvoir les intérêts de ce grand royaume dont parle Daniel — un royaume qui subsistera éternellement ! — et viendra bientôt notre tour d'être récompensés de notre fidélité. ¶
Que Dieu bénisse Sion et ses intérêts partout, telle est ma prière, au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶