Mes frères et sœurs, je prie
James W. Lesueur
Mes frères et sœurs, je prie pour que l'Esprit du Seigneur m'accompagne pendant que je vous parlerai. C'était il y a quarante et un ans, le 17 mars dernier, que les colons se rendirent pour la première fois au pieu de Maricopa de Sion, envoyés par le président de l'Église pour faire œuvre missionnaire parmi les Indiens. J'ai pensé, cet après-midi, qu'il pourrait vous intéresser de savoir ce que l'Église fait pour les Indiens en Arizona. ¶
Nous avons, vivant dans notre pieu, quelque trois cents membres qui sont Indiens. Nous y avons deux missions, avec leurs sièges. L'Église est très généreuse pour aider ce bon peuple. Nos missionnaires vont parmi ces Indiens et travaillent avec eux dans les champs, les aidant à préparer le sol pour la mise en terre de leurs récoltes, construisant leurs maisons, et leur fournissant les semences nécessaires ainsi que les matériaux pour bâtir leurs maisons. Nous obtenons de splendides résultats, car c'est un bon peuple. Je doute qu'il y ait, dans toute l'Église, des gens qui vivent leur religion plus strictement que les Lamanites du pieu de Maricopa de Sion. Nous avions autrefois un évêque, chargé de ces Indiens, qui ne gardait pas la Parole de Sagesse. Il rapporta lors d'une conférence qu'il était la seule personne de sa paroisse à ne pas garder la Parole de Sagesse. — Le frère Kimball veut savoir ce que nous avons fait de lui. Il fut relevé. ¶
Nous avons dans notre pieu un conseiller de pieu qui est lamanite. Nous avons un Indien qui est surintendant des Écoles du Dimanche, et un frère très fidèle. Nous avons aussi un certain nombre d'Indiens qui sont de fidèles missionnaires, et ces fidèles Lamanites ont accompli l'instruction au foyer à 100 pour cent, et leur présence moyenne aux réunions de sainte-cène dépasse 50 pour cent. ¶
Une bonne œuvre s'accomplit aussi parmi les Indiens de notre pieu, à l'école indienne. Le gouvernement des États-Unis nous a permis, ainsi qu'aux autres églises, d'avoir nos enfants indiens deux fois par semaine, et de leur prêcher l'évangile. Les enfants sont tous amenés dans un bâtiment principal, où les différentes églises ont le privilège d'enseigner leurs propres enfants deux fois par semaine. Cela s'est fait à la demande de notre peuple. Nous ¶
faisons beaucoup de bien parmi eux de cette manière. ¶
Notre peuple connaît ces tribus indiennes de l'Arizona depuis de très nombreuses années. Lorsque les garçons du Bataillon « mormon » firent leur marche historique de Santa Fe jusqu'à la côte, ils rencontrèrent certains de ces Indiens, et apprirent quelque chose à leur sujet. ¶
Dans notre pieu aussi, nous avons des preuves de l'authenticité divine du Livre de Mormon. Nous y trouvons les ruines d'une grande ville, qui mesurait probablement autrefois quinze milles de large et trente ou quarante milles de long. Et cette immense vallée de la rivière Salt fut autrefois peuplée par les Néphites, avec une population plus nombreuse que celle qui l'occupe aujourd'hui. À un mille seulement de Mesa se trouvent les ruines de grands édifices que ce peuple a érigés. Il y a un bâtiment de 450 pieds de long sur 350 pieds de large. J'estime qu'il comptait au moins mille pièces lorsqu'il était utilisé, et autour de ce bâtiment se trouvent les vestiges d'une grande muraille qui le protégeait autrefois. ¶
Lorsque notre peuple vint dans la vallée de la rivière Salt il y a quarante et un ans, les gens étaient pauvres et incapables d'en tirer l'eau. Mais ils trouvèrent les traces d'un grand canal que ces Néphites avaient utilisé. Ils nettoyèrent ce canal sur douze milles, construisirent un barrage à travers la rivière, et amenèrent l'eau sur le sol assoiffé, et pendant plusieurs années notre peuple se servit de ce canal. Puis le gouvernement vint et construisit le grand canal Roosevelt. Mais après une enquête scientifique minutieuse menée par les meilleurs ingénieurs, on découvrit que cet ancien canal néphite était construit exactement là où il devait l'être, et on le suivit. Il y a encore aujourd'hui, dans la vallée de la rivière Salt, des parties non irriguées qui ¶
furent utilisées par ce peuple néphite dans les temps anciens. ¶
Les Indiens de la vallée de la rivière Salt ont des traditions du temps où il y eut un grand déluge. Ils vous montrent la grande montagne, la montagne de la Superstition, et disent que c'est là qu'un grand bateau aborda lorsque le déluge se retira de la terre, et qu'un oiseau fut envoyé et rapporta de cette montagne des rameaux, et que le bateau fut dirigé de ce côté et aborda sur cette montagne. Puis l'eau se retira des deux côtés de la montagne, ne laissant que deux cours d'eau, la rivière Salt au nord, et la rivière Gila au sud. Ils ont des traditions d'une époque où l'Être suprême était parmi eux, accomplissant une œuvre merveilleuse, et ils attendent avec impatience son retour. Un grand nombre des déclarations du Livre de Mormon concernant l'histoire de leurs ancêtres sont confirmées par leurs traditions. ¶
Je trouve une grande joie à travailler parmi ces frères et sœurs lamanites, dont il y a quelque dix ou douze mille en Arizona. ¶
Le peuple de l'Arizona est très amical envers les Saints des derniers jours. Il n'y a pas longtemps, pendant la campagne pour la prohibition, on nous a demandé d'aller donner des conférences à Phoenix sur la prohibition. Au cours d'une allocution devant un vaste auditoire, quelqu'un prit la parole et posa une question au sujet de l'un des apôtres. ¶
Je le remerciai d'avoir attiré l'attention sur le fait que j'étais « mormon », car je leur dis que s'il y avait une chose dont j'étais fier, c'était bien d'être « mormon ». Et je leur dis que les Saints des derniers jours ont ce qu'on appelle la Parole de Sagesse, qu'ils ne ¶
croient pas en l'usage de l'alcool, du thé, du café ou du tabac. Quel en est le résultat ? En Arizona, sur 469 pensionnaires de l'asile d'aliénés, nous en comptions deux, alors qu'en proportion de la population, nous aurions dû en compter vingt. Je leur dis que l'une des principales raisons en était que nous sommes un peuple moral et tempérant et que nous gardons la Parole de Sagesse. Sur 169 détenus au pénitencier, un seul se réclamait membre de l'Église, alors qu'en proportion nous aurions dû en compter dix-neuf ou vingt. À l'école industrielle, nous n'en avions aucun ; à la ferme des pauvres, aucun ; dans les divers hôpitaux, aucun. Aussi leur dis-je que j'étais fier d'être membre de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Je leur dis aussi ce fait, que le taux de natalité parmi les Saints des derniers jours, comparé au taux de mortalité, était de cinq naissances pour un décès, alors que les statistiques de l'État, l'année précédente, montraient une proportion bien moindre de naissances. Je leur dis qu'ils devraient être reconnaissants que les Saints des derniers jours aient sauvé l'État. Il y aurait eu plus de décès que de naissances si nous n'avions pas été là. J'eus donc le privilège de rendre mon témoignage au sujet des statistiques vitales de ce peuple. ¶
Je suis fier d'être membre de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et je prie Dieu de nous bénir tous, afin que nous soyons fidèles et sincères, ce que je demande au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶