Dans les remarques faites par l'ancien
Joseph E. Robinson
Dans les remarques faites par l'ancien David O. McKay ce matin, il a déclaré que « l'heure et le jour sont venus où les nations de la terre doivent accepter la réalité de Jésus le Christ ». Il a résumé la lecture de certains livres par cette affirmation, que des hommes croient que Jésus est un esprit éthéré, incorporel, non une personne. En d'autres termes, que même Jésus-Christ, qui a habité dans la chair parmi les enfants des hommes, est devenu un principe ou un esprit, tel qu'ils prétendent que Dieu le Père l'est. ¶
Je pense qu'on peut leur pardonner, en un sens, de ne pas pouvoir rendre compte de certains passages des Écritures, notamment celui de saint Jean où il dit que « Dieu est Esprit », et que nous devons « l'adorer en esprit et en vérité ». Une autre déclaration de Paul, où il dit qu'« il y a un seul Dieu, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous », et une déclaration du Maître selon laquelle « le royaume de Dieu est au milieu de vous ». À cause de ces déclarations, ils spiritualisent parfois, peut-être Dieu lui-même, plus qu'ils ne l'auraient fait autrement. L'un des plus grands travaux qui nous incombent dans le champ de la mission est d'harmoniser l'affirmation selon laquelle Dieu est un être personnel avec son immanence divine. Ayant été créé à la forme de Dieu ; sachant qu'il marcha et parla avec Adam dans le jardin d'Éden ; qu'il enseigna à Adam comment tailler et cultiver la vigne ; qu'il instruisit Noé dans l'art de construire des navires ; qu'il dîna avec Abraham dans les plaines de Mamré ; qu'il lutta avec Jacob et lui donna un nom si riche de grandes conséquences ou de bénédictions, à savoir qu'il n'était pas un usurpateur, comme le nom de Jacob l'indique, mais « Israël », celui qui avait prévalu parmi les princes avec le Très-Haut ; sa rencontre avec Moïse, lui parlant face à face comme un homme parle à un autre, et non en paroles obscures ; ayant été vu par cinq cents anciens et d'autres ; annonçant son bon plaisir au baptême de son Fils dans les eaux du Jourdain ; parlant de lui de nouveau sur la montagne de la transfiguration ; et se révélant à nouveau, dans cette dispensation, au prophète Joseph Smith — tout cela constitue pour nous un témoignage suffisant que Dieu est un être personnel. ¶
Il est vrai que Paul a dit du Christ qu'il est « l'empreinte de la personne de son Père », et le Maître lui-même a dit que « celui qui m'a vu a vu le Père ». Le Christ naquit d'une femme, comme les hommes naissent dans la chair. Il grandit comme les enfants grandissent jusqu'à l'âge adulte. Il souffrit les détresses et les douleurs de la condition mortelle, et fut raillé par les médecins de son temps parce qu'il ne se guérissait pas lui-même comme il guérissait les autres et ressuscitait les morts. On cracha sur lui, on le frappa et on le crucifia comme un malfaiteur, comme d'autres hommes ont été maltraités, abusés et mis à mort. ¶
L'un des procurateurs de Judée, Publius Lentulus, écrivant au Sénat de Rome, décrit le Christ, sa forme, sa personne, la couleur de sa barbe, ses yeux ; il dit qu'il était tenu pour un prophète de vérité parmi ses disciples et un homme d'une valeur exceptionnelle parmi les Gentils, et il parle de lui comme d'un homme doté d'un pouvoir divin : et ainsi, aux yeux des gens de cette époque, il semblait être un homme parmi les hommes, sauf pour ceux qui croyaient en son engendrement divin. Ce fut après son ascension triomphale du tombeau, lorsque les liens de la mort eurent été rompus, alors qu'il se tenait devant ses disciples comme un être immortalisé, qu'ils en vinrent à le connaître véritablement comme le Fils vivant de Dieu. Il se tint au milieu de ses frères, et ils furent d'abord effrayés, pensant avoir vu un esprit, mais il leur dit d'avancer leurs mains et de le toucher, et il les assura que c'était bien lui, le Christ lui-même, et les invita à le toucher, disant : « Un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai. » Il mangea même avec eux du poisson grillé et du miel, les convainquant qu'il avait repris son corps hors du tombeau. Il monta au ciel, et les anges qui se tenaient là déclarèrent que, de la même manière qu'il était monté, il descendrait de nouveau. Et Jean, le bien-aimé, a dit : « Nous ne savons pas encore ce que nous serons, mais lorsqu'il viendra nous le verrons tel qu'il est, et nous lui serons semblables. » ¶
Cette doctrine se confirme dans l'esprit des Saints des derniers jours, et de bien d'autres personnes, que Jésus n'est pas un esprit au sens où il serait « incompréhensible », comme le déclarait le credo des pères, qu'il n'est pas diffus dans tout l'espace, mais qu'il est un individu et non simplement un esprit, comme on l'enseigne si souvent dans les philosophies des hommes. ¶
Je ne puis espérer, dans les quelques brefs instants qui devraient être les miens, faire un exposé complet de cette vérité. Mais je veux vous lire un court passage de l'évangile de saint Jean, puis, sans les lire, citer quelques-unes des révélations données au prophète Joseph Smith, en ce jour, qui nous permettent, à la lumière de la vérité, d'harmoniser ces deux principes qui semblent paradoxaux ou opposés l'un à l'autre. ¶
Jean nous dit : ¶
Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas comprise. ¶
Dans « Élie », rendu si magnifiquement par le chœur du Tabernacle, nous lisons les paroles suivantes, tirées du livre des Rois, légèrement modifiées par le poète pour convenir au rythme et à la mélodie de la musique : ¶
Voici, Dieu le Seigneur passa, et un vent puissant fendit les montagnes et brisa les rochers en morceaux, et ils passèrent devant le Seigneur, mais pourtant le Seigneur n'était pas dans la tempête. Voici, Dieu le Seigneur passa, et la mer se souleva, et la terre trembla ; mais pourtant le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre vint un feu, et pourtant le Seigneur n'était pas dans ¶
le feu. Et après le feu vint une voix douce et légère, et dans cette voix douce et légère venait le Seigneur. ¶
Des hommes ont déclaré que Dieu se trouve dans le brin d'herbe, dans les fleurs qui bourgeonnent et s'épanouissent, dans les rivières et les ruisseaux ; que sa voix se fait entendre dans la foudre, et qu'on le trouve dans toute nature, animée ou inanimée. Mais ici, dans le livre des Rois, nous lisons qu'il n'était pas dans la tempête, qu'il n'était pas dans le tremblement de terre, qu'il n'était pas dans le feu, mais dans la voix douce et légère. ¶
Je vous ai lu la clé qui permettra d'harmoniser l'affirmation selon laquelle Dieu est à travers toutes choses et en toutes choses, et qu'il est un être personnel. Il était la « vie et la lumière des hommes », et le prophète Joseph nous dit que, dans son immanence divine, « c'est la lumière du Christ », la lumière de la vérité, qui est dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles, qui pénètre tout l'espace, et même les étoiles d'autres univers que le nôtre sont éclairées par son esprit, et « ses tentures sont encore déployées ». Cette lumière qui met des millions d'années à nous parvenir de quelque soleil lointain est la « lumière du Christ » tout autant que la lumière des hommes. Son esprit est à travers toutes choses, il a fait toutes choses, il était la Parole au commencement, et il a été fait chair et a demeuré parmi les hommes ; il est la vie et la lumière des hommes. Voilà ce que comprend le Saint des derniers jours. ¶
L'illustrer dans son immensité, sa gloire et sa beauté merveilleuses dépasse mon pouvoir ; et pourtant, ici même dans cet édifice, durant les heures de la nuit, nous avons la lumière de ces lampes à arc qui éclaire toute la section du bâtiment. Et pourtant, ¶
ce n'est pas la lumière elle-même qui pénètre la pièce ; ce n'est pas le soleil lui-même qui nous parvient aujourd'hui à travers les nuages et qui nous permet de contempler nos visages les uns des autres, mais c'est la lumière du soleil, non le soleil lui-même. Et il en est de même de la lumière du Christ, qui est dans le soleil, dans la lune, dans les étoiles et en toutes choses — « en elles toutes et à travers elles toutes » — et par laquelle toutes choses sont faites et soutenues. Et lorsque les hommes du monde comprendront cette vérité divine, il n'y aura plus le trouble qui existe aujourd'hui pour harmoniser l'affirmation selon laquelle Dieu est un être personnel et que Dieu est aussi un Esprit. ¶
Que le Seigneur nous guide à sa louange, nous éclaire par son Esprit, nous donne le courage et la foi de marcher dans ses sentiers, et fixe nos affections sur les choses d'une valeur éternelle, je le prie au nom de Jésus-Christ. Amen. ¶