Au Congrès national de la Défense
German E. Ellsworth
Au Congrès national de la Défense, tenu au Midnah Temple, à Chicago, il y a environ six semaines, j'ai écouté un certain Hammerlin, un paysan de Bohême, qui a dit qu'il était venu dans ce pays il y a trente-sept ans. Son premier travail ici fut de conduire une mule dans une mine de charbon, mais, dit-il, « aujourd'hui je suis président des journaux étrangers d'Amérique, et j'occupe cette position aux côtés des grands et des hommes instruits de cette Nation, dans la seconde ville du plus grand pays du monde. Quelle autre nation sous le ciel, continua-t-il, aurait pu m'offrir une si glorieuse occasion ? » ¶
Quand j'ai fait face à cet auditoire, et tandis que j'étais assis à ma place et écoutais les témoignages de ceux qui ont occupé cette chaire, je me suis dit dans mon cœur : quel peuple ou quelle organisation sous le ciel pourrait offrir aux hommes une si glorieuse occa- ¶
sion que celle dont nous jouissons ? Un d'une ville et deux d'une famille, de toutes les nations de la terre, paysans ou autres, ont été rassemblés dans cette organisation et se sont vu offrir des occasions telles qu'on n'en aurait trouvé de semblables nulle part ailleurs dans le monde. ¶
Poursuivant, notre Bohémien dit : « Ma maison en Bohême, qui a sept cents ans, a été détruite deux fois pendant cette grande guerre. Elle fut détruite d'abord par les Russes, puis par les Allemands, mais je suis heureux de me tenir ici aujourd'hui et de vous dire que peu importe qu'elle soit détruite, et toutes les autres maisons de ma bien-aimée patrie natale, le jour viendra où la paix s'établira sur la terre, et où la démocratie régnera sur tous les peuples ; car, dit-il, dans son langage imparfait, Nick s'en est allé et Will s'en ira. » Aussi dis-je, frères et sœurs, si Nick s'en est allé, en référence au gouvernement russe, et que Will d'Allemagne s'en ira, ainsi, finalement, le Vieux Nick s'en ira aussi, et la vérité et la droiture régneront sur la terre. ¶
L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a été établie en ce jour afin que toute l'humanité qui voudra entendre et obéir à la voix du Seigneur puisse avoir une égale possibilité, mais il me semble, mes frères et sœurs, que notre extrémité a été l'occasion pour Dieu de nous bénir et de nous conduire dans le chemin étroit et resserré. Je me souviens de la lutte contre les puissances des ténèbres que le prophète Joseph Smith eut à soutenir au commencement, lorsqu'il demanda au Seigneur lumière et connaissance quant à la voie qu'il devait suivre ; je me souviens également de sa question adressée au ¶
Père au sujet du baptême, à laquelle il fut répondu par la venue de Jean-Baptiste, sous la direction duquel Joseph Smith et Oliver Cowdery furent baptisés. Encore, lorsqu'une aide divine fut nécessaire, vint la glorieuse visite de Pierre, Jacques et Jean, qui leur conférèrent la sainte Prêtrise et le droit d'officier au nom du Seigneur en faveur de tous les enfants des hommes sur la terre. ¶
Depuis le tout début de l'Église, il me semble que lorsque nous sommes allés, soit en tant qu'individus, soit en tant qu'Église, jusqu'à notre extrême limite, la providence divine est intervenue et nous a prêté assistance, jusqu'à ce que nous en soyons venus à comprendre notre dépendance envers le Seigneur et son grand amour et sa miséricorde envers ses enfants. Je me souviens du moment où je me tenais sur la route, étant allé jusqu'à la limite de mes forces à chercher les honnêtes de cœur qui voudraient me recevoir dans leurs foyers comme messager de lumière ; mes yeux furent ouverts, et je témoigne que les promesses de Dieu furent accomplies à l'égard de ses missionnaires : qu'il envoie ses anges devant leur face pour les soutenir et pour préparer le cœur des gens à les recevoir. Le témoignage de tous les anciens dans le champ de mission est que, lorsqu'ils sont allés jusqu'à leur limite, et se sont tournés vers Dieu notre Père, il ne les a jamais abandonnés, mais leur a ouvert la voie, laissant imprimé dans leur cœur le témoignage qu'il est disposé à venir en aide à ceux qui le servent diligemment.. Ainsi, dans l'histoire de cette grande Nation — il me semble que la limite de l'homme a été l'occasion pour Dieu d'intervenir et de guider le navire de l'État. Vous vous souvenez de Christophe Colomb, comme ¶
il gisait lié au fond de son navire, suppliant ses marins de continuer encore au moins trois jours avant de le jeter par-dessus bord et de retourner en Espagne. Vous vous souvenez que nos Pères pèlerins étaient sur le point de repartir des rivages rocheux de la Nouvelle-Angleterre, lorsqu'une aide opportune et nécessaire vint. Vous vous souvenez aussi de Washington à Valley Forge, ses soldats pieds nus, ses malades sans médicaments, et les bien-portants sans nourriture, envoyant son dernier appel à nos ministres en France, leur disant qu'ils devaient venir à son secours maintenant, que tout ce qu'ils feraient plus tard serait inutile ; et comment cette Nation, cette expérience de gouvernement, fut sauvée à ce qui semblait être les toutes dernières heures par l'arrivée d'hommes et d'argent venus de France. De même, l'Esprit du Seigneur reposait sur ceux qui se rassemblèrent pour former la constitution des États-Unis, afin que la liberté ne soit pas bannie de la terre, et que le droit divin que Dieu notre Père avait donné à ses enfants avant la fondation du monde puisse être solidement établi dans les derniers jours. ¶
Ce Gouvernement a grandi et s'est accru sur la terre, en force, en connaissance, en sagesse et en tolérance envers ses semblables. D'autres nations de la terre ont librement participé de l'esprit de liberté planté dans ce bon pays. Ces nations éprises de liberté se sont maintenant unies dans une lutte puissante pour étendre et perpétuer ce précieux héritage. Si nous allons jusqu'à la limite de notre capacité et de notre force en nous confiant dans le Seigneur, nous ne pouvons échouer, car il semble que Dieu se sert de ces nations qui ont été les plus généreuses en matière de gouvernement, afin que le reste du monde puisse participer de ce que ¶
nous avons goûté dans une si pleine mesure ; ainsi, à notre heure extrême, le ciel ne nous abandonnera pas. ¶
En tant que citoyens de ce grand gouvernement, nous n'avons pas seulement joui des libertés implantées dans cette terre de Sion, mais en tant que Saints des derniers jours qui avons entendu l'évangile, nous avons joui d'une autre glorieuse bénédiction, la liberté et la lumière de la vérité qui ont montré le chemin de retour vers la présence de Dieu notre Père. De Norvège, de Suède et du Danemark, du Royaume-Uni de Grande-Bretagne, des pays d'Allemagne et de Hollande, et de toutes les nations chrétiennes du monde, nous sommes venus dans ce pays en réponse au son de l'évangile de Jésus-Christ ; et en venant, nous avons chanté : ¶
« Ô Babylone, ô Babylone, nous te disons adieu, ¶
nous allons vers les montagnes d'Éphraïm pour y demeurer. » ¶
Comment un peuple, quelle que soit la nation, pourrait-il être autre chose que loyal et sincère, s'il ressent, s'il tient de telles convictions ? ¶
Dans la mission des États du Nord, nous avons aujourd'hui une population assez nombreuse de gens d'origine allemande. Au début de cette guerre, ils pensaient que j'étais dur envers eux et leur nation quant à la responsabilité de cette guerre et à son issue, mais les Américains de naissance allemande qui ont accepté l'évangile devraient être, et sont, vrais et loyaux envers cette nation, car c'est pour eux la terre de Sion. Il y a environ trois semaines, à Milwaukee, pendant mon sermon, tout l'auditoire a soupiré amen et amen, avec un esprit d'amour et de dévouement envers les principes de ce gouvernement et envers les principes de l'évangile de Jésus-Christ, tel que nous ne l'avions jamais ¶
ressenti auparavant. Ils commencent à se réconcilier avec le fait que cette grande guerre est la main châtiante de Dieu sur ceux qui ont refusé la lumière de l'évangile et les libertés de l'humanité. Or, je leur ai dit que s'ils n'avaient pas trouvé, dans ce gouvernement et cette terre qui sont les nôtres, des raisons suffisantes de se réjouir et de louer le Seigneur et d'être heureux d'être ici, assurément, dans l'évangile de Jésus-Christ, ils devraient trouver, et trouveraient, de quoi chanter des louanges au Dieu du ciel. Pourquoi ? Parce qu'ils étaient sortis de la terre de l'oppression en réponse à l'appel de la lumière, de la vérité et de la liberté de l'évangile. Ils avaient tous reçu du Seigneur la connaissance que ceci est la terre de Sion, une terre de liberté, une terre choisie au-dessus de toutes les autres terres. ¶
Les Saints des derniers jours en Allemagne, en Hollande, en Suisse, ou dans tout autre pays du monde, qu'ils soient jamais venus ici ou non, sentent dans leur cœur que ceci est la terre de Sion et que Dieu a préparé cette nation afin d'y établir son royaume sur la terre, et de rassembler les honnêtes de cœur de toutes les nations. Les membres de cette Église qui vivent aujourd'hui en Allemagne devraient sentir dans leur cœur un esprit de loyauté et de fidélité envers cette nation, parce qu'on leur a enseigné qu'elle a été établie par Dieu. Même s'ils sont comptés comme soldats en Allemagne, combattant sous l'autorité de leur Kaiser, je sens néanmoins que leur cœur bat en sympathie pour la terre de Sion. Avec mes frères devant moi, je sens que Dieu notre Père tient la barre, et bien que ce puisse être une heure sombre dans notre histoire, le Seigneur viendra finalement à notre secours. Will suivra ¶
Nick, et après Nick et Will, et tous les autres qui ont usurpé le droit de l'homme d'être libre et de se gouverner lui-même, alors le Vieux Nick lui-même s'en ira aussi. ¶
Je me réjouis, mes frères et sœurs, dans mon témoignage de cet évangile. Je me réjouis de vous rendre témoignage que je sais que Dieu notre Père vit. Je sais qu'il envoie ses messagers devant la face des missionnaires et qu'il les conduit aux portes des honnêtes de cœur, sur le chemin de ceux qui sont préparés à les recevoir. Je suis certain qu'il ira devant la face de tous les fils des nations alliées du monde et accordera que la victoire vienne se poser sur leurs bannières. Bien que nous puissions être châtiés et bien que nous puissions être appelés à offrir un sacrifice pour ces grandes et glorieuses bénédictions que nous recherchons, néanmoins, à la fin et dans notre extrémité, la victoire sera nôtre. ¶
Certains de vos fils, à Camp Dodge, dans l'Iowa, à Camp Grant, dans l'Illinois, et dans un ou deux autres camps que j'ai visités, m'ont dit : Frère Ellsworth, je me sens, oh, si seul. J'aimerais mieux être simple soldat avec les garçons de l'Utah qu'officier ici, seul, loin des miens. Je leur ai toujours répondu : « Mes bons frères, cela peut être un peu solitaire, mais je suis absolument certain qu'il vaut mieux que vous soyez ici seul, comme officier ou même comme simple soldat, pourvu que vous viviez votre religion et que vous donniez l'exemple que vous devez donner à vos semblables ; car vous avez été appelés, et la majorité d'entre vous a été ordonnée de Dieu afin que vous puissiez servir dans les choses de notre Père céleste. Je suis certain que le moyen vous sera donné, non seulement d'être soldat, mais d'être un réconfort pour vos camarades. Le moyen vous sera donné de les fortifier et de leur offrir du courage, et à la fin, lorsque la paix sera établie, quelle merveilleuse ouverture il y aura pour les soldats d'entre les Saints des derniers jours d'aller vers les soldats de chaque État et de chaque ville de ce glorieux pays qui est le nôtre. Vous ne trouverez pas un homme parmi les soldats de l'Illinois qui permettra jamais que l'on dise quoi que ce soit contre l'Utah ou les Saints des derniers jours, s'ils ont combattu côte à côte, ou sous la direction d'un officier " mormon ". Ce qui est vrai de l'Illinois peut être vrai de tout autre État de cette union, et de tout autre pays du monde ; car après cette grande guerre, il ne sera plus dit : je suis citoyen de tel État, ou de tel autre, mais je suis citoyen de l'Amérique, ou citoyen du monde. » Ainsi, je sens que, bien que ce puisse être un temps solitaire pour certains de nos garçons, s'ils vivent leur religion, s'ils gardent les commandements de Dieu et se gardent purs et sans tache du monde, et s'ils s'offrent en sacrifice volontaire, ce sera comme le levain envoyé dans le monde pour faire lever toute la pâte. Nos missionnaires qui prêchent maintenant l'évangile respirent l'esprit de guerre, et parfois éprouvent le désir de partir combattre afin que la paix soit hâtée sur la terre. On leur donne cinq jours pour se présenter au service militaire après avoir terminé leur mission. Certains se sont même présentés un mois avant leur libération afin d'être prêts pour un service qui doit avoir lieu, afin que les principes de l'évangile puissent se répandre à l'étranger. ¶
Que le Seigneur bénisse nos dirigeants, et que Dieu notre Père touche notre prophète de son doigt, pour ainsi dire, ¶
et le guérisse de ses infirmités ; afin que nous puissions entendre sa voix glorieuse et son puissant témoignage encore de nombreuses années. Lorsque j'ai appris qu'il n'allait pas bien, il m'a semblé que ce qui m'était le plus cher avait été frappé. Aussi je prie, avec tout Sion, pour que Dieu le bénisse ; qu'il nous bénisse tous ; que nous puissions rester purs et sans tache, et faire pleinement notre part, afin que nous soyons dignes des glorieuses occasions que nous offrent notre Église et notre Nation, au nom de Jésus. Amen. ¶
Un solo sacré, intitulé « Soleil et pluie », fut chanté par Edna Gottberg. ¶