Pulpit

Or. en conclusion, notez le langage

Melvin J. Ballard

1918 April General Conference·Second Day Afternoon Session·1918-04-05

(Président de la mission des États du Nord-Ouest.)

La responsabilité qui a été placée sur les épaules de la prêtrise de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est immense. Elle paraît maintenant plus grande encore lorsque nous regardons en arrière, sur les années qui

se sont écoulées depuis l'organisation de cette Église, et depuis que cette prêtrise a été donnée. Je commence tout juste à voir, d'une petite manière, je pense, une partie de la responsabilité que j'ai portée, avec mes frères et nos pères et grands-pères, et je commence à sentir et à comprendre mieux que jamais auparavant combien était significative et immense la mission qui fut donnée au prophète Joseph Smith.

Ce n'était pas une tâche facile, et elle ne le sera jamais, pour les anciens de cette Église, que de porter le message particulier que le Seigneur leur a délivré. Beaucoup d'entre nous se sont sentis très semblables à Jonas, qui fut envoyé avertir Ninive. Nous avons tremblé, nous avons craint d'élever la voix aux coins des rues et ailleurs pour délivrer le message d'avertissement. Nous croyons que s'est accomplie la promesse faite par Jean, lorsqu'il dit qu'en temps voulu un autre ange volerait par le milieu du ciel, ayant l'évangile éternel à prêcher à ceux qui habitent la terre, criant d'une voix forte : « Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue. » Nous croyons que le message que l'ange a délivré a été confié entre les mains des anciens de cette Église, et que ce fut un message d'avertissement pour les enfants des hommes.

Dieu notre Père savait ce qui allait venir. Nous ne lui imputerons pas la responsabilité de la guerre, ni de la détresse parmi les nations, car ce que nous semons, en tant que nations comme en tant qu'individus, nous le moissonnerons. Et le Seigneur, sachant ce qui allait venir, bien qu'il fût Dieu lui-même, ne pouvait l'éviter. Les conséquences naturelles du péché

ou du mal commis, l'homme doit les moissonner. Sachant qu'il a envoyé ce message pour avertir les hommes de ce qui allait venir, nous l'avons délivré ; mais nous avons parfois été remplis de crainte en le délivrant, parce que nous n'étions pas bien accueillis. Mais nous nous souvenons que les serviteurs de Dieu à qui fut donnée la charge d'avertir les hommes des dangers et des troubles à venir n'ont jamais été bien accueillis, que ce fût Jean-Baptiste, qui se tint devant le roi méchant, lui dit ses péchés et souffrit d'en perdre la tête, ou que ce fût le Christ, qui, parce qu'il châtiait les hommes et les appelait à la repentance, fut méprisé et finalement mis à mort.

Ce n'est pas chose facile que de rencontrer des hommes et des femmes et de leur dire qu'ils ont tort, de leur dire qu'ils sont dans le péché et qu'ils doivent se repentir, car nous ne recevons pas un accueil très chaleureux de la part de la majorité des gens quand nous leur disons ces choses. Aussi certains de nos missionnaires ont-ils beaucoup tremblé et ont-ils été très craintifs de rencontrer les gens et de délivrer le message que le Seigneur avait remis entre leurs mains ; et pourtant, mes frères et sœurs, quand je repense à la manière vaillante et fidèle dont les anciens de cette Église se sont acquittés de leur devoir envers les nations de la terre, sous le commandement de notre Père, je suis fier d'être ancien dans cette Église et d'être associé à une troupe d'hommes qui se sont lavés du sang de cette génération. Depuis le jour où le président Young, le président Woodruff et d'autres des premiers frères quittèrent leurs familles et leurs foyers, tout juste chassés du Missouri, et entreprirent ce voyage inconnu à travers l'eau

et souffrirent tant durant cette période, jusqu'à ce jour, des milliers et des dizaines de milliers d'anciens de cette Église sont allés sans bourse et sans sac, délivrant ce message. Rien ne les a détournés de leur route. Que de l'or ait été découvert en Californie et que le monde entier ait brûlé de désir, les anciens de l'Église n'ont pas été détournés de la délivrance de leur message. Ils ont agi comme des hommes qui croyaient avoir une mission réelle.

Que ressentiriez-vous si vous saviez qu'au-dessus de cette ville, ou de toute autre ville où vous habitez, se trouve un grand barrage, un réservoir contenant une quantité immense d'eau, et qu'on vous avait fait comprendre qu'il y avait danger et qu'à un moment approximatif ce barrage se romprait et que la vie des gens serait en danger ; que feriez-vous ? Vous asseoir, ou trouver vous-même un lieu sûr et regarder venir la détresse ? Non, vous vous mettriez en mouvement, vous parcourriez la vallée de long en large, ou les rues, pour avertir les hommes et les femmes de fuir le danger qui approchait, et s'ils ne vous croyaient pas, vous qui saviez ce qui allait venir, de tout votre cœur et de toute votre âme, vous essaieriez de persuader les hommes et les femmes d'échapper à la calamité qui venait. Comment donc les hommes devraient-ils agir s'ils ont réellement reçu un message tel que celui qu'ont reçu les anciens de cette Église ?

Récemment, j'ai eu l'occasion de lire attentivement et de méditer sur les nombreuses et merveilleuses choses que le Seigneur a délivrées à cette Église dans le livre de Doctrine et Alliances. Vous n'avez pas besoin d'aller chercher dans le monde

parmi les moines des âges passés quelque prétendue prophétie, provenant de quelque source cachée ou obscure. Lisez les révélations ouvertes du Seigneur, et vous trouverez que tout ce que nous voyons et constatons aujourd'hui nous y a été dit distinctement il y a de nombreuses années. L'avertissement a été donné aux nations de la terre, et elles ont été appelées à échapper au danger, et je dis que des hommes qui avaient une telle charge ne pouvaient honnêtement faire autrement que ce qu'ont fait les anciens de cette Église : ils ont agi comme s'ils croyaient ce qu'ils disaient. Tout honneur à eux.

Je veux vous dire, frères et sœurs, que lorsque l'avertissement vient, toujours, depuis le tout commencement jusqu'à maintenant, un moyen d'échapper y a été associé. Dieu a pourvu à un moyen d'échapper à cette guerre. Quand Dieu rétablit l'évangile éternel par son prophète Joseph Smith, il donna au monde l'invitation, liée à l'avertissement des jugements à venir, l'invitation qui offrait le moyen d'y échapper. Il peut sembler très audacieux de ma part de me tenir ici et de le dire, mais je le dis pourtant, car j'ai un témoignage vivant que c'est vrai : que si l'Allemagne, au lieu d'emprisonner les anciens que nous lui avons envoyés, si, au lieu de les bannir, elle s'était repentie de ses péchés et avait accepté l'invitation du Seigneur, l'Allemagne n'aurait pas plongé le monde dans cette guerre.

Là-bas, au cantonnement d'American Lake, où sont d'abord allés tous nos garçons conscrits de ce pays intermontagnard, nous avons tenu une conférence avec le frère George Albert Smith et le président McMurrin, et un grand nombre de ces

garçons étaient présents. Nous avons entendu le témoignage de frères qui avaient été engagés dans l'œuvre missionnaire lorsque la guerre éclata. Ils se levaient, six, huit et dix à la fois, avides de rendre témoignage — des hommes qui avaient été en Allemagne, dont certains avaient été bannis. Ils avaient vu la mobilisation de l'armée allemande. Ils avaient prêché partout où ils le pouvaient, avertissant l'Allemagne des dangers à venir. Il y avait des hommes qui avaient été à Liège et qui fuirent devant l'avancée allemande. Il y avait des hommes en France et dans toutes ces nations, qui se tenaient maintenant debout dans l'uniforme des États-Unis. Ils témoignaient qu'ils avaient délivré à ces nations le moyen d'échapper.

Or, frères et sœurs, je suis tout aussi désireux que n'importe quel homme vivant de voir établis les principes de liberté pour lesquels nous combattons, et je pense que nous devons combattre pour eux. Je sens que les paroles du président Smith ont trouvé un écho dans le cœur de chaque vrai Saint des derniers jours. De tout notre être, nous croyons en ce pays et en ses institutions, et nous voulons voir réussir l'Amérique et les principes de l'Amérique ; mais laissez-moi vous dire, frères et sœurs, qu'il faudra encore autre chose, si nous voulons trouver la paix sur la terre et la bonne volonté envers les hommes, en plus de l'établissement des principes de droiture dans le gouvernement politique et la liberté ; laissez-moi vous dire que les nations qui ont suivi le chemin de toute la terre ne sont pas venues à leur destruction parce que leurs gouvernements étaient particulièrement mauvais, mais elles sont venues à la ruine et à la destruction parce qu'elles étaient méchantes, qu'elles péchaient et enfreignaient la loi de Dieu. La loi la plus parfaite de la liberté politique ne sauvera jamais les hommes et les femmes, à moins qu'ils n'obéissent à l'évangile du Seigneur Jésus-Christ en union avec les principes de droiture dans le gouvernement politique. Je veux vous dire que, bien que je me réjouisse de voir les étendards de la liberté portés en avant parmi les nations de la terre, je n'y vois que la voie préparatoire, et il faut nécessairement que suive ce qui est en vérité le fondement de la paix, l'évangile du Seigneur Jésus-Christ.

Or, frères et sœurs, je me réjouis de savoir que nous avons ici ces hommes inspirés pour nous dire ce que nous devons faire. Lorsque les nations de la terre n'acceptent pas l'invitation qui a été donnée, offrant le moyen d'échapper, alors elles doivent en subir les conséquences ; mais je remercie le Seigneur qu'il existe, dans le cœur de la majorité des nations civilisées de la terre, une volonté de défendre les principes de droiture dans le gouvernement. Grâces en soient rendues à Dieu, et pour leur attitude ; et il ne nous reste rien d'autre à faire que de coopérer avec elles à la défense des glorieux principes de liberté qu'elles ont épousés et qui sont les nôtres. Oh, combien mon cœur se réjouit de savoir qu'au lieu d'une petite troupe combattant comme nos ancêtres combattirent pour ces mêmes principes lors de la fondation de ce pays, nous avons maintenant à nos côtés les puissantes nations de la terre ; et voici le jour du triomphe de la vérité, où la liberté politique va venir !

Mais, ô frères et sœurs, je veux vous dire que le Seigneur n'aime pas un Américain méchant mieux qu'il n'aime un Allemand méchant. Je veux vous dire que mon cœur est touché quand je regarde mon Amérique. J'aime l'Amérique, mais je sais que mon Amérique ne réussira ni ne survivra, si ce n'est par son humilité, sa repentance et son détournement du péché !

J'ai eu l'occasion de parler à des milliers de garçons dans les cantonnements, et voici ce que je leur ai instamment demandé : Vous avez droit aux bénédictions du Seigneur. Votre cause est juste ; et pour qu'elle triomphe, il faut que vous vous humiliiez, que vous cessiez de prendre le nom de Dieu en vain, que vous vous gardiez moralement purs, et vous aurez une puissance et une force que n'ont jamais connues les soldats qui sont allés au combat.

Frères et sœurs, que devons-nous faire, nous qui avons été appelés ici — un d'une ville et deux d'une famille — loin de ces troubles ? Quand le Seigneur sut que les nations n'accepteraient pas l'invitation qui leur était donnée, il appela nos pères hors du milieu d'elles. Pourquoi ? Pour nous sauver ? Oui, mais pour autre chose encore que pour nous sauver, nous, simplement nous-mêmes. Il a remis entre nos mains les choses les plus précieuses et les plus sacrées du monde entier, pour les tenir devant les nations de la terre.

En Colombie-Britannique, nous avons une conférence de mission. Des soldats en sont partis, vous le savez, depuis trois ans maintenant, et voici ce dont j'ai été témoin : lorsque ces garçons quittèrent leurs foyers et se retrouvèrent au front de la bataille, vous savez que le taux de mortalité fut très élevé au début du conflit. Ils tombaient à droite et à gauche, et lorsque les listes de pertes paraissaient chaque matin, il y avait des milliers de pères et de mères qui se mettaient à prier alors qu'ils n'avaient jamais prié auparavant

de leur vie. Lorsqu'ils apprirent que leurs garçons étaient prisonniers ou gisaient blessés dans les hôpitaux, l'esprit d'humilité et de repentance vint. L'an dernier, nous avons connu une augmentation de nos baptêmes dans cette conférence de mission. Il y a eu dix fois plus de baptêmes dans cette conférence, l'an dernier, que nous n'en avions eu au cours d'aucune année précédente avec le même nombre de missionnaires. En le voyant, je me suis demandé si les mêmes bonnes bénédictions ne devraient pas, dans la providence de Dieu, venir sur tout ce bon pays. Je le vois venir. Les sous-produits de cette guerre seront le salut de notre bienheureuse Amérique elle-même, car son salut, sa pérennité, la faveur de Dieu envers elle, dépendent non seulement de l'argent que nous versons et des garçons que nous envoyons, mais de la droiture de notre propre vie !

Ô mon Amérique, humilie-toi, et tourne-toi vers Dieu, ton Père, et garde ses commandements, et il se tiendra à tes côtés dans le combat pour le droit.

Tel est mon témoignage ; et écoutons la voix de ces serviteurs de Dieu. Nous n'avons besoin d'aller nulle part ailleurs ; tout ce que le Seigneur veut que nous sachions, il le donnera. J'ai cette confiance. Il a inspiré ces frères. Suivons leur direction, et écoutons leurs voix d'avertissement. Ah, si un plus grand nombre d'entre nous avaient cru le message que le président Young nous a donné concernant l'industrie locale et les choses auxquelles le président Smith a fait allusion. Ah, si nous l'avions cru de tout notre cœur, et pratiqué. Nous en aurions été meilleurs.

Nous occupons la position la plus privilégiée parmi les nations de la terre. Nous serons toujours assis à la première table, mais nous partagerons avec les autres. Dieu

nous a ainsi favorisés que nous occupons la meilleure place de toute la terre, mais mettons à profit cette place et cette occasion, et conservons les choses que Dieu nous a données ; et lorsque la guerre sera terminée et que les blessures auront besoin d'être guéries, voici le baume qui guérira les blessures des nations ! Que Dieu nous aide à le conserver, à nous préparer à être des ministres en vérité, dans l'appel qui nous a été assigné, afin que nous soyons fidèles et ne le décevions pas, et que nous soyons triomphants dans la lutte pour une paix éternelle et durable, ce que Dieu veuille accorder, au nom de Jésus. Amen.

Citer ce discoursMelvin J. Ballard, « Or. en conclusion, notez le langage », 1918 April General Conference, Second Day Afternoon Session (1918-04-05). Pulpit Vault, 1918-04-15-melvin-j-ballard-remarks. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).