C'est avec une grande joie et
Charles W. Penrose
C'est avec une grande joie et actions de grâces que je peux me retrouver cet après-midi dans cette assemblée avec les Saints des derniers jours réunis en conférence générale. Vous qui êtes assis dans l'assistance ne pouvez pas contempler cette vaste assemblée comme nous le faisons, nous qui sommes à l'estrade. Nous avons devant nous un spectacle magnifique. La beauté de l'assemblée est, à mes yeux, rehaussée par l'absence de tant de chapellerie que nous avions autrefois dans nos assemblées il y a bien des années. Non seulement nous voyons les visages de nos frères, même les têtes chauves, mais nous pouvons aussi voir les visages de nos sœurs, non défigurés par des volants, des fanfreluches, des fleurs artificielles ou tout autre encombrement, et la vue en est fort belle. Je m'en réjouis. Si je n'avais eu que le privilège de contempler cette assemblée cet après-midi, j'en aurais été fort reconnaissant, mais ayant l'occasion de dire quelques mots, de rendre témoignage de la vérité de la grande œuvre à laquelle nous nous consacrons tous, j'en suis doublement reconnaissant ; ainsi que pour la mesure de santé et de force dont je dispose, car durant l'hiver qui s'achève, je l'espère, j'ai été quelque peu affecté par la grippe. J'ai eu la grippe, ou la grippe m'a eu ; peut-être les deux. Mais je puis être ici ¶
aujourd'hui et me réjouir des bonnes choses qui nous ont été données, les paroles prononcées ce matin par notre président, par le président Lund et par le frère Callis qui a rendu un puissant témoignage à la fin des services. J'ai beaucoup apprécié tout cela, et je me réjouis de l'Esprit qui est présent cet après-midi, et j'espère qu'avec son aide je pourrai dire quelque chose digne d'être entendu et retenu par vous. ¶
Je n'ai préparé aucun discours pour cette conférence ; je n'en ai pas l'habitude. Néanmoins, des idées me traversent l'esprit, mais je constate généralement, en arrivant à la conférence, que ce ne sont pas celles auxquelles j'avais pensé qui me reviennent en mémoire ; aussi dois-je me confier dans l'inspiration du moment, ce que je fais maintenant, désirant de toute mon âme dire ce qui est juste et qui puisse être compris de ceux qui m'écoutent, et qui sera utile à quelqu'un sinon à chacun ici présent. ¶
Production domestique et économies domestiques
Ce matin, lorsque le président parlait de la conservation de nos denrées alimentaires et de la production de ce dont nous avons besoin pour notre propre consommation, ainsi que de la sagesse d'exporter autant, sinon plus si possible, que ce qui entre chez nous, je me suis souvenu des vieilles instructions données il y a bien des années dans cette maison, et parfois avant même que cette maison ne fût construite, par le président Brigham Young et ses collaborateurs immédiats d'alors. C'était l'un de leurs thèmes habituels — la production domestique et les économies domestiques. On parle beaucoup aujourd'hui de la conservation de nos produits. Or, nous avions coutume, il y a quelques années, de pratiquer cela. C'était l'un des textes prêchés et l'une des politiques qu'on nous exhortait à suivre, et, dans une très grande mesure, appliquée autant que possible dans les conditions où nous nous trouvions alors. Mais dernièrement, il y a eu sans doute beaucoup d'extravagance. Ce que je veux dire par là, ce n'est pas que nous avons obtenu des choses que nous ne pouvions pas obtenir, mais que nos désirs, nos envies, ont dépassé nos besoins, et que nous nous sommes livrés à des indulgences, dont certaines ne sont pas bénéfiques, mais au contraire, nuisibles au corps humain. Ces choses nous ont été indiquées ce matin très clairement, et j'espère que ces remarques laisseront leur impression sur les Saints des derniers jours. ¶
C'est une bien mauvaise politique pour un peuple comme le nôtre de n'exporter que peu ou rien et d'importer beaucoup, important souvent des choses que nous pourrions produire nous-mêmes chez nous, si nous étions prudents, sages, industrieux et soigneux. J'ai remarqué en particulier le gaspillage des fruits, des boisseaux et des boisseaux pourrissant sur le sol, alors qu'on envoie chercher des fruits en conserve en Californie. Il n'existe nulle part de meilleures pêches que celles que nous pouvons cultiver ici même, en Utah. Elles ont pour moi une saveur particulièrement bonne. Lorsque je me trouvais loin d'ici et que je pouvais obtenir une pêche cultivée en Utah, c'était vraiment une pêche pour moi. Je ne cite cela que comme exemple d'autres choses que nous faisons, gaspillant ce que nous produisons chez nous, puis l'achetant de l'étranger. C'est une bien mauvaise politique, et je fais écho à la remarque selon laquelle c'est en effet une honte et un déshonneur pour certains d'entre nous. Je sais qu'il y a des excuses à cela et peut-être quelques raisons, mais je pense que ¶
l'avertissement que nous a donné le président ce matin devrait suffire à nous tous pour faire ce que nous pouvons afin de sauver ce que nous produisons et de le mettre à bon usage, non pas pour « répandre notre chemin devant des étrangers » ou étaler nos fruits sur le sol sans utilité pour personne. Je pense que si nous gardons cette idée à l'esprit, elle suffira pour bien des choses que nous produisons, et peut-être nous incitera-t-elle à produire des choses que nous ne faisons pas encore surgir de la terre ou par notre industrie et notre habileté. ¶
Sauveurs sur le mont Sion
J'ai souvent repensé, durant cette conférence, à un texte que nous avons beaucoup utilisé dans le monde, non pas particulièrement en rapport avec ce sujet, mais, je pense, tout aussi applicable à celui-ci qu'à d'autres choses, à savoir que dans les derniers jours « des libérateurs monteront sur la montagne de Sion pour juger la montagne d'Ésaü ; et à l'Éternel appartiendra le règne. » Si ma mémoire est bonne, c'est le dernier verset du livre d'Abdias, dans les Écritures de l'Ancien Testament. Nous avons beaucoup utilisé ce texte à propos du salut des morts. J'ai vu récemment un périodique où il est dit que le seul moyen de devenir des sauveurs sur le mont Sion est de se faire baptiser pour nos morts. Sans vouloir dire un seul mot contre cela, je voudrais seulement retirer le mot « seul ». Je pense qu'il y a bien des façons pour les Saints des derniers jours de devenir des « sauveurs sur le mont Sion ». L'œuvre que nous accomplissons pour les morts, accomplissant pour ceux qui sont partis des ordonnances auxquelles ils ne peuvent eux-mêmes pourvoir, mais que nous pouvons accomplir pour eux par procuration, est une œuvre grande et glorieuse, et je suis heureux de savoir qu'elle se poursuit dans une très large mesure. Dans tous les temples construits, les quatre temples dont nous disposons actuellement, des milliers et des milliers de baptêmes pour les morts sont accomplis mois après mois, et nous recevons des rapports au bureau du président de sorte que nous puissions voir ce qui s'accomplit dans ce sens, et l'œuvre est réellement merveilleuse. Bien sûr, si l'on considère les multitudes de défunts qui se trouvent dans le monde des esprits et qui n'ont jamais eu l'occasion de recevoir ces ordonnances de salut, le nombre peut paraître assez faible par comparaison, mais l'œuvre continuera non seulement dans l'état où nous nous trouvons maintenant, mais lorsque le glorieux jour millénaire sera pleinement inauguré, des temples seront construits en divers points de cette grande terre de Sion qui s'étend du nord au sud du continent, et l'œuvre pour les morts se poursuivra, et les sauveurs sur le mont Sion se multiplieront dans notre postérité, si nous venons à quitter cette vie d'ici là, et elle se poursuivra jusqu'à ce que l'œuvre soit pleinement consommée, et que tout ce qui doit être fait soit accompli pour la rédemption de ceux qui sont partis sans avoir eu l'occasion d'entendre l'évangile et d'obéir aux commandements du Seigneur à ce sujet. ¶
C'est une œuvre grande et glorieuse, et je désire faire comprendre à mes frères et sœurs réunis aujourd'hui dans cette grande assemblée qu'un devoir leur incombe de poursuivre cette œuvre, et de faire tout ce qu'ils peuvent pour qu'elle soit accomplie comme il convient, selon l'esprit, la volonté et le commandement du Seigneur, car le commandement pèse sur nous et ¶
il est nécessaire à notre perfection, ainsi qu'à la perfection de nos ancêtres, que ces ordonnances soient accomplies, et aucune de notre œuvre ne sera perdue. Le temps viendra où ceux qui n'accepteront pas d'abord l'évangile, même dans le monde des esprits, seront, à travers les expériences qu'ils devront subir, disposés à fléchir le genou devant le Roi Emmanuel et à reconnaître qu'il est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père, et chaque ordonnance accomplie pour eux tiendra sa place et produira son effet à un moment ou à un autre. ¶
De nombreuses façons d'être des sauveurs
Mais il y a bien d'autres choses par lesquelles nous pouvons être des sauveurs. Nous pouvons être des sauveurs si nous suivons les instructions qui nous ont été données ce matin, c'est-à-dire prendre soin de ce que nous produisons et le mettre au service qu'il convient, et l'utiliser de préférence à envoyer chercher ailleurs des articles qui seraient peut-être de qualité inférieure ; mais, quoi qu'il en soit, que nous devrions utiliser ce dont le Seigneur nous a bénis dans la terre qu'il nous a donnée dans ces vallées montagneuses, et qui peut être amenée à produire presque tout ce qui est absolument nécessaire à notre confort et à notre commodité, en tant que peuple et en tant qu'individus. Si nous emportons avec nous, au sortir de cette conférence, le désir et la détermination dans nos cœurs de mettre en pratique cette instruction dans son esprit et sa signification, cela comptera beaucoup pour le salut spirituel aussi bien que temporel du peuple, et chacun sera un sauveur sur le mont Sion s'il contribue à cette œuvre glorieuse. ¶
Nous devons aussi être des sauveurs des hommes en envoyant, ou en portant, l'évangile à toute nation, famille, langue et peuple. Cela nous est imposé ; cela nous est exigé. Nous sommes ici sur la terre avec une mission à accomplir. Chaque Saint des derniers jours, chaque homme, femme, garçon et fille né dans l'alliance ou l'ayant reçue, a l'obligation de faire tout ce qui est possible pour porter la parole du Seigneur à toutes les nations de la terre. Bon nombre de mes frères ici présents sur l'estrade et alentour sont allés parcourir le monde, et nous avons fait notre part, autant que nous le pouvions, en faisant retentir un avertissement auprès des nations de la terre. Nous avons voyagé abondamment parmi les nations qui sont maintenant en guerre. Nous avons prêché et élevé la voix, et les avons averties des troubles et des jugements à venir, et maintenant ces choses fondent sur elles. Nous voyons l'accomplissement des paroles du Seigneur ; et bien que nous ne nous réjouissions pas de la souffrance humaine, nous ne pouvons nous empêcher de nous réjouir du fait que le Seigneur nous a fait savoir, il y a bien des années, que ces choses arriveraient, et qu'il nous a montré comment nous pourrions y échapper et aider d'autres à y échapper. Je me souviens des paroles du prophète Ésaïe, que nous avons souvent citées, où il dit à Sion : ¶
« Va, mon peuple, entre dans ta chambre, et ferme la porte derrière toi ; cache-toi pour quelques instants, jusqu'à ce que la colère soit passée. ¶
« Car voici, l'Éternel sort de sa demeure, pour punir les crimes des habitants de la terre ; et la terre mettra le sang à nu, elle ne couvrira plus les meurtres » (Ésaïe 26:20,21), ¶
Ces choses se sont littéralement accomplies en notre temps et selon notre expérience ; et combien nous devrions être reconnaissants d'être ici dans ces chambres des montagnes, que Sion, apportant de bonnes nouvelles, soit montée sur la haute montagne comme Ésaïe l'avait prédit, que nous demeurions ici dans des lieux tranquilles et des demeures paisibles, tout comme Ésaïe a vu que nous le ferions dans les derniers jours (chap. 32), et qu'au milieu des troubles et des dangers qui sévissent de par le monde, nous ayons la consolation d'avoir fait notre devoir et d'avoir averti les habitants de la terre des jugements à venir. Et le Seigneur a dit qu'après notre témoignage viendrait le témoignage des tremblements de terre, des vagues de la mer se soulevant au-delà de leurs limites, des inondations, du feu, de la flamme, de l'épée, des guerres et des rumeurs de guerres, et des tremblements de terre en divers lieux, et ce ne sont là que « le commencement des douleurs » pour les derniers jours. Or, nous avons beaucoup fait pour avertir les habitants de la terre de cela, et ceux qui sont partis parfois en pleurant sont revenus portant de précieuses semences et les ont plantées ici même, dans les chambres de ces montagnes, et nous sommes entourés de paix, de bonne volonté et de bonté de cœur dans les rangs des Saints des derniers jours. ¶
Il y a parfois ici et là quelque petit remous, quelque petite querelle, quelque petit différend, quelque petite discorde, mais en général « la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence » demeure dans les cœurs et dans les foyers des Saints des derniers jours. Nous pouvons nous incliner devant le Seigneur le matin et le soir, et lui demander ses bénédictions lorsque nous prenons notre nourriture, dans un esprit de paix, de bonté, de charité et d'amour pour tous, et nous désirons de toute notre âme le bien-être et le salut de l'humanité, et tout ce qu'il y a à faire en ce sens, nous sentons que nous voulons le faire. En tant que peuple, nous avons fait quelque chose pour contribuer à l'avènement du règne de la vérité et de la liberté et à l'établissement d'un bon gouvernement et de la justice sur la terre, mais la fin n'est pas encore venue, et l'œuvre reste à faire, et il y a encore davantage pour nous à faire, afin que nous puissions être en effet des auxiliaires dans le salut de l'humanité en ces temps troublés qui se sont abattus sur le monde. Nos garçons qui partent au front nous représenter y vont dans cet esprit, comme des sauveurs venus du mont Sion, portant avec eux l'esprit de Sion, donnant un bon exemple à leurs camarades, suivant une conduite qui montrera que nous sommes un peuple qui observe les lois de la santé, de la force et de la vigueur virile, menant une vie pure, donnant un bon exemple au monde, et ils sont l'objet de l'admiration d'autres qui ne pratiquent pas ces bonnes choses. ¶
Salut national et international
Or, « la fin n'est pas encore », comme je l'ai dit. Il en faudra davantage, il faudra lever davantage de ressources pour poursuivre cette bonne œuvre, et nous ne le faisons pas dans un esprit de conquête ou par simple désir de victoire sur nos semblables, si ce n'est pour établir la justice, la vérité et la paix sur la terre. Les grands et glorieux principes évoqués par notre président ce matin, incarnés dans la Constitution de notre pays, doivent être proclamés, et si ce n'est que par la guerre qu'ils peuvent être proclamés ¶
la guerre devra venir, et nous devrons nous engager dans la bonne œuvre à tout prix et à tout sacrifice. En cela, notre cause est le salut. Nous voulons sauver les nations de la servitude, de la tyrannie, de l'oppression, de l'emprise de la cupidité et de l'ambition. Comme l'a mentionné le président Lund, il existe en Europe une puissance qui cherche à s'étendre sur le monde et à mettre toute la terre en servitude. Mais les principes incarnés dans la Constitution de notre pays sont en contradiction avec cela, et il fait partie de notre mission, en tant qu'enfants du Seigneur, en tant que sauveurs sur le mont Sion, de porter l'esprit du bon gouvernement, d'établir la paix sur des principes de justice, d'étendre la liberté à toute l'humanité, la liberté dans toute l'étendue des droits humains, protégeant aussi les droits d'autrui. C'est là le génie de notre gouvernement, et cela doit être porté à l'étranger, et nous avons dû nous engager dans le conflit, bon gré mal gré. Nous sommes avec notre pays dans ce conflit. Soyons raisonnables. Soyons aussi larges d'esprit, non pas resserrés dans nos âmes, mais sentons que nous nous consacrons à une œuvre grande et glorieuse pour le salut de l'humanité de l'oppression, de la tyrannie et de l'autocratie. Cela fait partie de notre devoir, de notre œuvre de sauveurs. ¶
Les anciens se souviendront qu'il y a des années, nous répétions que le prophète Joseph Smith avait prédit que le temps viendrait où la Constitution même de notre pays serait en danger, et que les anciens de cette Église se lèveraient dans la puissance et le pouvoir de la sainte prêtrise et porteraient haut l'étendard de la liberté, et sauveraient, ou aideraient à sauver, ce pays des maux de l'oppression, de la tyrannie et de l'effusion de sang. Souvenons-nous de ces choses, et tandis que nous accomplissons l'œuvre du salut pour les morts, continuons dans l'œuvre du salut pour les vivants. Produisons ce dont nous avons besoin pour notre propre subsistance et notre confort, et ce que nous économiserons ainsi, nous pourrons l'utiliser au profit des peuples de l'étranger, et nous pourrons implanter dans le cœur de nos enfants le désir de faire ce qui est juste, de garder les commandements de Dieu, et les former dans les rangs de son royaume, car « le royaume est au Seigneur ». Il est vrai que nous, Saints des derniers jours, dans ces montagnes de l'Utah, formons une partie du grand gouvernement des États-Unis. C'est très bien ainsi ; grâces en soient rendues à Dieu, que nous ayons de l'influence dans cette nation et que notre influence croisse et que nous soyons de mieux en mieux compris, et que la voie s'ouvre pour l'accomplissement de tout ce qui a été dit concernant Sion et sa puissance sur la terre ; et servons-nous de cette puissance avec sagesse et justice, avec discrétion et discernement, et ne perdons la tête pour rien. ¶
Former nos enfants dans la justice
Maintenant, en ce qui concerne nos enfants. Le frère Lund en a beaucoup parlé ce matin. C'est juste. Formons nos enfants en tout ce qui est mentionné dans nos Écoles du Dimanche, dans nos classes de religion, dans nos départements de la Primaire et dans ceux destinés aux membres plus âgés de la jeunesse de Sion, les associations d'amélioration mutuelle, tout en soutenant en même temps cette grande et glorieuse institution qu'est la Société de Secours. Toutes ces organisations auxiliaires sont nécessaires dans l'Église ; et les Écoles du Dimanche, bien sûr, en forment une très grande partie. Le frère Lund en a parlé ce matin, et j'ajoute quelques mots à ce qu'il a dit, ce que je désire ¶
souligner. Il est nécessaire d'instruire nos enfants, à la maison, à l'École du Dimanche et dans ces classes, en matière de moralité, d'honnêteté, de sincérité et d'intégrité. ¶
Il me semble qu'un certain nombre de nos enfants n'ont pas pleinement gravé dans l'esprit la nécessité de dire la vérité et d'éviter le mensonge, la fausseté. Ils ne comprennent pas tous le bien-fondé et les avantages de n'utiliser pour eux-mêmes que ce qui leur appartient. Je ne veux pas trop entrer dans les détails, mais j'ai connu des enfants qui, sortant tout juste de l'École du Dimanche, se précipitaient dans les vergers et volaient des fruits, sans penser qu'ils faisaient grand mal, encouragés peut-être par l'idée qu'une grande partie s'en perdait sur le sol. ¶
Aussi, je vois la nécessité d'enseigner à nos enfants non seulement la Parole de Sagesse, de s'abstenir de certaines choses — je ne dirai pas un mot contre cela, en aucune façon, je l'insisterais même, en formant nos enfants à se passer de ces choses qui nuisent au corps humain — mais aussi de leur inculquer, particulièrement au foyer, la sincérité, l'honnêteté, l'intégrité, le respect des droits d'autrui. Ne laissez pas les petits enfants prendre les jouets qui appartiennent à leurs frères et sœurs sans la permission de ceux à qui ils appartiennent. Voilà l'idée. Ce n'est là qu'un petit détail, mais le grand principe est de former nos garçons et nos filles à être honnêtes et à dire la vérité, à ne pas mentir, à ne pas prendre ce qui ne leur appartient pas, à respecter les droits d'autrui. C'est là l'un des principes fondamentaux de notre foi. Nous voulons le privilège d'adorer Dieu selon les dictées de notre propre conscience, sans être inquiétés, et nous voulons accorder ce privilège à toute l'humanité. Cela fait partie de notre religion. Souvenons-nous-en donc, et dans l'instruction de nos enfants, n'oublions pas de leur enseigner ces principes fondamentaux de justice et de vérité, car c'est en cela que résidera la force de notre peuple. La justice élève une nation. ¶
La paix ne viendra pas sans la justice
Nous devons avoir un gouvernement juste, un bon gouvernement, sinon la paix ne durera pas, mais il y aura guerre, trouble, discorde, effusion de sang et tous les maux qui ont affligé l'humanité depuis bien des années. Mais le tournant est proche, le temps de la paix va venir, et le Prince de la paix, Jésus-Christ notre Rédempteur, viendra et sera Roi des rois et Seigneur des seigneurs. ¶
Je crois cela de tout mon cœur. Je crois en Jésus-Christ en tant que personne, non pas simplement comme une idée, non pas simplement comme une lumière, non pas simplement comme une influence, mais je crois en Jésus comme le fils de Marie et le Fils de Dieu, qu'il fut l'unique engendré du Père dans la chair, qu'il vécut et donna un splendide exemple, ne commettant aucun péché, ne faisant aucun mal, obéissant à chaque commandement du Père, et qu'étant ainsi un être sans péché, il put s'offrir volontairement en sacrifice pour les pécheurs, et il mourut, « le juste pour les injustes », comme le dit Pierre, « afin de nous amener à Dieu ». Je crois en lui, et qu'il sera notre Roi, mais avant qu'il ne vienne régner sur la terre, il faudra une grande préparation, et il faudra du temps pour l'accomplir. Bien sûr, nous comprenons que certaines choses prédites par le prophète Joseph Smith doivent se produire avant que cette génération ne passe, et le Seigneur veillera à ce que la génération en laquelle ces choses ont été prédites ne passe pas tout entière avant que tout ne soit accompli, mais il n'y a pas de période fixe pour une génération, pas de temps déterminé dans les révélations de Dieu, pas d'année ni de date donnée quant au moment où ces choses arriveront, et il est insensé pour quiconque d'y fixer une date. Laissons cela entre les mains du Seigneur, et il veillera à ce que sa parole s'accomplisse ; « pas un iota ni un trait de lettre ne passera », comme Jésus l'a déclaré, « avant que tout ne soit accompli. » ¶
Révérence envers le Dieu vrai et vivant
En formant nos enfants, nous devons aussi implanter dans leur esprit la croyance en un Dieu vivant et vrai, le Père de leurs esprits, et la révérence pour lui, afin qu'ils apprennent la leçon que Paul a enseignée, que « nous avons eu des pères selon la chair qui nous châtiaient, et nous les respections ; ne devons-nous pas à bien plus forte raison nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie ? » La croyance en un Être, un Dieu personnel, voilà le fondement même et le commencement de notre foi. « Nous croyons en Dieu, le Père, et en Jésus-Christ, son Fils, et au Saint-Esprit », et nous croyons en eux comme en des personnes qui se tiennent à la tête, qui forment le quorum présidant comme une trinité dans l'unité, la puissance étant en eux et procédant d'eux, et « c'est par eux, à travers eux et d'eux que les mondes ont été créés, et leurs habitants sont des fils et des filles engendrés pour Dieu. » Et lorsque nous faisons venir de l'État des livres d'instruction pour nos enfants, veillons à ne pas y introduire trop de ces sottises incorporées dans certains manuels du temps présent, les idées et les opinions des hommes, les théories, les déductions et les raisonnements des hommes, non pas des faits réels, solides et substantiels, ni la vérité véritable. Dieu est l'Auteur de toutes les choses dans l'univers qui ont été organisées pour le progrès, le salut et la bénédiction. Il est à la tête de cette Église. ¶
Les révélations du prophète sont la parole de Dieu
Les révélations que nous avons ne sont pas simplement des paroles prononcées par le prophète Joseph ou par d'autres à qui elles ont été données. Elles sont la parole du Seigneur. Ne l'oublions pas. Quand nous parlons de Joseph Smith comme d'un homme de science, cela va bien lorsque nous montrons que des choses qui lui ont été révélées comme des vérités ont depuis été reçues et comprises par les savants de notre époque, et sont venues à eux sans qu'ils sachent qu'il les avait prédites — mais en était-il l'auteur ? Nous ne l'opposons pas à eux, mais nous prenons la parole du Seigneur, et n'oublions pas que c'est la parole du Seigneur qui nous est parvenue, et que cette Église est fondée sur elle. Le Christ pria le Père au sujet de ses disciples : « Père, sanctifie-les par la vérité ; ta parole est la vérité. » La parole du Seigneur, mes frères et sœurs, est la vérité, et l'on peut s'y fier, et nous pouvons y prendre position et tout y ramener, et cela devrait être pour nous la norme. Nous ne voulons pas empêcher les hommes de penser. ¶
J'ai entendu certains de mes frères dire : « Eh bien, voulez-vous empêcher les hommes de penser ? » Nullement. Liberté de penser et liberté d'agir selon sa pensée, si l'on ne porte pas atteinte aux droits d'autrui. Liberté de penser, liberté de lire, liberté d'avoir des théories, des opinions et des idées ; mais, mes frères, ce n'est ni votre rôle ni le mien d'introduire dans l'Église des théories qui ne sont pas conformes aux révélations qui ont été données. Ne l'oublions pas. Et si quelque changement de politique doit être introduit, il doit venir par le canal approprié. Le Seigneur a dit que seul son serviteur Joseph devait faire cela de son vivant, et qu'après sa mort, d'autres seraient appelés à occuper cette place, et la clé se trouve entre les mains de celui qui se tient à la tête, si un changement doit être introduit dans notre Église. Ne fixons pas trop notre esprit sur les idées et les opinions qu'on appelle la science. Si c'est réellement de la science qu'ils produisent, quelque chose de démontré, quelque chose de prouvé vrai, cela est très bien, et je ne trouve aucune doctrine de notre Église qui vienne en conflit direct ou en contradiction avec les sciences de notre temps, si ce sont bien des sciences ; mais une grande partie de ce qu'on appelle la science n'est que philosophie, et beaucoup de cela est de la philosophie spéculative, et ces idées changent avec les époques, comme on peut le voir en se reportant à ce qu'on appelait la science aux temps passés. ¶
Ce que nous devons faire en tant que sauveurs des hommes
Or, frères, voici ce que je recherche : nous, Saints des derniers jours, appelés à être des sauveurs des hommes, appelés à être des sauveurs de ce monde, appelés à être des sauveurs pour introduire ce qui sauvera l'humanité et l'élèvera de son état le plus bas à une condition où elle sera apte à converser avec la Divinité, veillons à implanter dans l'esprit de nos enfants la vérité et rien que la vérité, autant que nous puissions la comprendre, et quant aux opinions et aux idées des hommes, évaluons-les à leur juste valeur, si elles en ont une, et certaines en ont, tandis que beaucoup n'en ont pas, mais beaucoup en ont aussi. Nous ne voulons pas paralyser l'esprit des hommes, nous ne voulons pas les détourner d'investiguer et de s'étendre dans le champ de la pensée. L'univers sans bornes s'ouvre devant nous tous pour apprendre, pour vivre et pour atteindre le niveau qu'occupe notre Père éternel et pour être dignes de sa société. Que notre esprit s'élargisse, que notre entendement s'accroisse, et que tout ce qui est prouvé vrai, établi et démontré entre dans notre croyance ; mais les théories et les opinions des hommes qui sont en contradiction avec les révélations du Dieu Tout-Puissant ne doivent pas être considérées de la manière dont certains les envisagent. Soyons très prudents sur ces points. ¶
Or, nous voulons enseigner ces choses à nos enfants, les former à croire au Dieu vivant et vrai, l'Auteur de notre être, notre Père céleste, et en Jésus-Christ, son Fils, qui est mort pour nous et sans la rédemption duquel, comme nous le lisons dans le Livre de Mormon, nos esprits auraient été bannis à jamais de la présence divine, et nos corps se seraient effrités dans la poussière pour toujours. Mais grâce à cette expiation accomplie par Jésus-Christ, et par notre obéissance à ses commandements, nous sortirons de la poussière et nous tiendrons debout sur nos pieds, et posséderons tout ce ¶
que nous nous serons rendus dignes de posséder par nos propres actes. Le pardon des péchés, la rédemption du péché personnel, est une doctrine du Christ à obtenir de la manière qu'il a désignée. Il est mort afin que nous puissions vivre, et c'est ainsi qu'il a expié le péché d'Adam. Il est mort afin que nous puissions vivre et parvenir à la gloire, si nous nous repentons et obéissons à ses commandements et recevons les bénédictions de la manière qu'il a désignée ; et notre mission ici-bas sur la terre, ce pour quoi nous sommes venus sur la terre, est de vivre cet évangile et de le porter jusqu'aux extrémités de la terre et de l'envoyer à tous les peuples, afin que toutes les nations puissent entendre le glorieux son de la bonne nouvelle du salut pour la race humaine. Et lorsque nous aurons achevé notre œuvre terrestre et que nous serons entrés dans le monde des esprits, puissions-nous y être autorisés à le porter dans toute partie des sphères spirituelles, même dans le plus bas des enfers si nécessaire, dans la grande œuvre des sauveurs des enfants des hommes, afin que les lois de Dieu puissent être proclamées, que les vérités de Dieu puissent être connues, que l'occasion soit donnée à toute la race d'Adam, dans le corps ou hors du corps, de recevoir la vérité et de marcher dans sa lumière, et de s'approcher autant que possible, compte tenu de leurs conditions, de leurs actes et de leurs actions, autant que possible de la lumière, de la gloire et de la présence du Père. Ce sont là des thèmes très simples, très clairs, très évidents pour nous tous. ¶
Unité parmi les dirigeants de l'Église
Maintenant, vivons selon les enseignements qui nous ont été donnés ce matin, marchons dans les voies du Seigneur, enseignons-les à nos enfants, donnons un bon exemple au monde entier, écartons de nous tout ce qui est contraire à l'esprit et à la volonté du Seigneur, et devenons sanctifiés devant lui, un peuple saint et puissant, des sauveurs sur le mont Sion, et notre royaume, ou le royaume dans lequel nous sommes, est en effet celui du Seigneur, et nous serons son peuple. Que sa paix demeure avec vous, que les bénédictions et la puissance de Dieu reposent sur le président Smith et le guérissent pleinement, ainsi que sur tous nos frères qui travaillent avec lui. Je veux dire que nous sommes unis. Il n'y a ni discorde, ni querelle, ni dispute parmi les dirigeants de l'Église. Nous sommes unis en esprit. Nous bénissons et louons le Seigneur pour sa bonté envers nous. Nous jouissons de la présence, de la compagnie et de la société les uns des autres. Nous sommes une bande de frères. Nous sommes liés et unis ensemble. Nous ne faisons qu'un devant le Seigneur, autant que des êtres humains puissent l'être avec les défaillances et les faiblesses de la condition mortelle ; et nous aimons les enfants des hommes, et nous voulons voir le salut venir à tous les peuples qui le recevront. Nous voulons voir le salut venir à cette nation, nous voulons que les principes du gouvernement des États-Unis soient exaltés ici et finalement dans le monde entier, comme préparation à la venue de celui à qui appartient le droit de régner, Jésus le Christ, le Fils du Dieu vivant. ¶
Que la paix et les bénédictions de Dieu demeurent avec vous tous, par Jésus-Christ. Amen. ¶