Pulpit

Une œuvre merveilleuse et un prodige : foi, miracles et science

Orson F. Whitney

1911 April General Conference·Second Day Afternoon Session·1911-04-07

C'est une coutume commune, trop commune je crois, chez certains des anciens d'Israël, lorsqu'ils sont appelés à s'adresser à une assemblée, de proclamer d'entrée de jeu qu'ils n'ont rien à l'esprit. J'ai souvent pensé que c'était une déclaration des plus superflues ; car, lorsqu'elle est vraie, l'assemblée s'en aperçoit bien vite, sans qu'on ait besoin de le lui dire d'avance. J'ai aussi pensé, à ce propos, ceci : quel droit ont les hommes de Dieu de n'avoir rien à l'esprit ? Quel droit ont ceux à qui le Dieu du ciel a commandé de devenir instruits, de chercher la connaissance dans les meilleurs livres, de chercher l'instruction par l'étude et aussi par la foi, d'amasser continuellement dans leur esprit la parole du Seigneur, afin que le Saint-Esprit ait de quoi puiser, lorsque vient le moment propice pour composer un discours — quel droit ont des hommes, ou un peuple, ainsi instruits, de n'avoir rien à l'esprit ? Je laisse la question ici ; elle est suffisamment suggestive, sans qu'il soit besoin d'un autre commentaire de ma part.

Je ne puis dire que je n'aie rien à l'esprit. Bien peu réceptif serait, en effet, l'esprit qui n'aurait reçu aucune bonne et durable impression, aucune suggestion d'idées et de discours nouveaux, de ce qui a été si bien dit durant les réunions de cette conférence. J'ai amplement à l'esprit ; la difficulté est de l'en faire sortir, de choisir, parmi les nombreux sujets qui ont traversé mes pensées, le thème le plus convenable pour cette occasion. Dans l'espoir de dire ce qui doit être dit par moi, je me remets humblement entre les mains du Seigneur.

Sept cents ans avant la naissance du Sauveur, un prophète de Dieu, portant son regard sur les perspectives de l'avenir, annonça la venue d'une œuvre merveilleuse, oui, une œuvre merveilleuse et un prodige, en présence de laquelle la sagesse des sages périrait, et l'intelligence des prudents serait cachée. C'est la croyance des saints des derniers jours que l'accomplissement de cette prédiction, dans ses phases les plus merveilleuses, commença au printemps de l'année 1820, lorsque Joseph Smith, le fondateur de cette Église, reçut sa première visitation d'en haut. C'était bien plus qu'une réponse à la question du jeune garçon, adressée en prière à la Divinité, quant à laquelle de toutes les Églises existantes il devait se joindre ; c'était le commencement d'une œuvre destinée à amener « le rétablissement de toutes choses », à rassembler en un « toutes choses en Christ », et à consommer toutes les phases précédentes de l'œuvre de Dieu se rapportant à cette planète.

Une œuvre préparatoire, pouvons-nous raisonnablement conclure, avait été accomplie avant l'établissement de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Je fais allusion à la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, et à la fondation, par les pères de la patrie, du gouvernement des États-Unis. Ne voyez pas là une prétention arrogante, en disant que ces grands événements furent préparatoires aux merveilles et aux prodiges annoncés par Ésaïe pour les derniers jours. Je sais que des remarques railleuses sont parfois faites lorsque cette affirmation est avancée. « Quelle idée, » dit l'un, « que l'Église « mormone » ait l'audace de prétendre avoir eu pour précurseur la fondation de cette nation, ou la découverte du monde occidental ! »

En réponse à cela, je n'ai qu'à dire que le prophète d'autrefois envisageait bien plus que l'établissement d'une église, lorsqu'il fit cette merveilleuse prédiction. Cela signifiait l'ouverture de la dernière et de la plus grande des dispensations de l'Évangile ; cela signifiait le rassemblement de toute la maison d'Israël, dispersée depuis si longtemps ; cela signifiait l'instauration du règne millénaire, la venue du Christ pour faire régner son sceptre sur cette planète ; cela signifiait la résurrection, les mille ans de paix, et la glorification finale de la terre, qui doit encore être transformée en une sphère céleste, afin que des êtres d'ordre céleste puissent en hériter. Et si seulement vous laissez au gland la chance de germer — au chêne la possibilité de croître — il viendra un temps où même les États-Unis n'auront pas honte de reconnaître qu'ils furent en effet un précurseur de cette œuvre merveilleuse ; et il en sera de même de tous les gouvernements, institutions et événements, de toutes les personnes et de tous les pouvoirs que le Tout-Puissant a employés depuis le commencement pour préparer la voie devant le glorieux avènement du Roi des rois.

Ce sur quoi je désire, particulièrement, attirer l'attention en ce moment, c'est le caractère merveilleux de l'œuvre de Dieu. L'événement inaugural de cette dispensation fut l'apparition personnelle du Père et du Fils, et leur proclamation d'autres événements prodigieux qui devaient suivre. C'était assurément merveilleux, lorsque Dieu lui-même rompit le silence des âges, parla de nouveau à l'homme, et annonça l'approche du grand accomplissement ! Si merveilleux, en effet, que beaucoup d'esprits ne peuvent le saisir, et sont tentés d'en douter, de le nier, ou de lui donner une explication indigne de son caractère et de sa portée prodigieux. Ils soutiennent que Joseph Smith ne vit pas réellement le Père et le Fils, mais s'imagina les avoir vus ; que ce n'était qu'une simple conception ou idée, et non une véritable visitation. Certains vont jusqu'à déclarer qu'une crise d'épilepsie fut responsable de cette glorieuse manifestation.

Pour ma part, je crois que Joseph Smith vit ce qu'il a dit avoir vu ; que ce fut une véritable visitation, et non une simple conception, ou un vol de l'imagination. La théorie qui expliquerait ses visions en les attribuant, elles et leurs merveilleux résultats, à une crise d'épilepsie, est trop ridicule pour mériter un examen sérieux. Je crois que Joseph vit le Père et le Fils — comment, exactement, je ne sais ; ce ne fut probablement pas avec les yeux naturels — le plus vraisemblablement avec la vue intérieure ou spirituelle ; mais il les vit néanmoins, et ils étaient là en personne, lui parlant, tandis qu'il les contemplait. J'accepte son témoignage concernant ce que le ministre méthodiste lui avait dit être « tout entier du diable », je l'accepte comme venant tout entier de Dieu. Il n'y a rien de plus pathétique dans l'histoire « mormone », à mon avis, que ces simples paroles par lesquelles le prophète réaffirme sa prétention d'avoir vu, réellement vu, le Père et le Fils. Des hommes ont pu le calomnier, le menacer, lui ôter la vie, comme ils finirent par le faire ; mais son témoignage fut, et demeura toujours, le même : « Car j'avais eu une vision, je le savais, et je savais que Dieu le savait, et je ne pouvais le nier ni ne l'osais ; du moins je savais qu'en le faisant j'offenserais Dieu et tomberais sous la condamnation. »

Par la suite, comme Joseph le déclare, un ange lui apparut, donnant son nom comme étant Moroni, et révélant l'existence des plaques d'où fut traduit le Livre de Mormon, un registre de l'Amérique ancienne, « le pays de Sion ». J'accepte cela littéralement. Je crois que le prophète vit réellement l'ange Moroni, qu'il s'entretint avec lui, et reçut de lui les plaques contenant le registre néphite. Joseph affirme également que Jean-Baptiste, en tant que messager du ciel, posa ses mains sur lui — sur Joseph Smith et Oliver Cowdery — et les ordonna à la Prêtrise d'Aaron, leur donnant le pouvoir de prêcher l'Évangile de repentance, et de baptiser par immersion pour la rémission des péchés ; leur promettant aussi une plus grande prêtrise, qui leur donnerait le pouvoir d'imposer les mains et de conférer le Saint-Esprit. Cette plus grande prêtrise — la Melchisédek — fut par la suite conférée à ces deux jeunes gens par les apôtres Pierre, Jacques et Jean, et c'est sous l'autorité ainsi conférée que l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours fut organisée le 6 avril 1830.

Ce fut en effet une œuvre merveilleuse. Les paroles d'Ésaïe furent justifiées dès le tout début de leur accomplissement ; et cela nulle part plus frappant que dans la réalisation de cette partie de sa prophétie déclarant que la sagesse des sages périrait, et que l'intelligence des prudents serait cachée — déconcertée, confondue, en présence de l'œuvre merveilleuse de Dieu. Plus que jamais elle est « un rocher de scandale » — pour les Juifs une pierre d'achoppement, et pour les Gentils, une folie. Mais ils changeront d'avis à ce sujet. Laissez au gland — au chêne, le temps de croître. Le « mormonisme » n'en est encore qu'à ses premiers pas, et « seuls les enfants et les insensés », dit-on, « critiquent une œuvre inachevée ».

Il y a des dizaines de milliers de personnes qui déclarent solennellement que Dieu leur a donné un témoignage que ces choses sont vraies ; mais il y a des millions de gens qui n'ont pas un tel témoignage, et qui, pour la plupart, n'ont jamais eu l'occasion de le recevoir. Et même ceux à qui cette occasion s'est présentée, dont l'attention a été attirée vers cette œuvre, ne la voient pas tous de la même manière. Il y a beaucoup de gens bons et honnêtes, dans toutes les Églises, dans tous les pays, qui ne voient pas comme nous voyons ; et je ne m'attends pas, pour ma part, à ce qu'un Gentil adopte un point de vue « mormon » sur notre sujet. L'esprit de cette œuvre est nécessaire pour la bien comprendre, et seuls ceux qui ont reçu cet esprit peuvent comprendre les merveilles qu'elle manifeste. Ce n'est là non plus aucune atteinte portée à l'intelligence naturelle ; c'est simplement l'affirmation d'un principe divin, à savoir que les choses de Dieu ne peuvent être discernées que par l'Esprit de Dieu. En l'absence de cet Esprit, qui n'est accordé qu'à ceux qui se sont soumis en obéissance à l'Évangile, la sagesse des sages périt. À moins que les hommes et les femmes ne s'humilient, et ne deviennent comme de petits enfants, croyant en Dieu et se repentant de leurs péchés, et ne se fassent imposer les mains pour le don du Saint-Esprit, ils ne peuvent comprendre cette œuvre, quelle que soit leur intelligence.

Un homme n'est pas un mauvais homme parce qu'il n'a pas ce que nous appelons l'esprit spirituel, prompt à croire au merveilleux, aux mystères et manifestations spirituels. Le monde se compose de deux grandes classes de gens — les esprits spirituels et les esprits mondains ; et même parmi la première classe, certains croient plus facilement que d'autres. Certains sont naturellement croyants, d'autres naturellement sceptiques, ou si intensément pratiques qu'ils exigent une démonstration avant de croire. Nous en avons un exemple éclatant chez l'un des douze apôtres originels — non pas un mauvais homme — un homme bon, et qui, de plus, avait le droit de savoir, et non pas seulement de croire, que son Seigneur était ressuscité. C'était le privilège particulier de ces apôtres ; il leur fallait plus que la simple croyance. Ils ne pouvaient se présenter devant le monde avec pour seul message qu'ils croyaient que le Christ était ressuscité des morts ; il leur fallait le savoir ; c'était leur privilège de le savoir ; mais le reste du monde devait croire leur témoignage. C'est là, à mon avis, la raison pour laquelle le Sauveur vint à Thomas après qu'il eut dit : « Je ne croirai pas, à moins de pouvoir sentir de mes doigts les marques des clous dans ses mains », etc. Le Sauveur, daignant réapparaître, lui dit : « Avance ici ta main, sens les marques des clous, et ne sois pas incrédule, mais crois. » Sur quoi Thomas, ne doutant plus, tomba à ses pieds, s'écriant : « Ô Seigneur, mon Dieu ! » Jésus lui donna alors cette leçon : « Thomas, tu as cru parce que tu as vu ; mais heureux ceux qui ont cru sans avoir vu. »

Car, après tout, quelles que soient les dispensations particulières de Dieu envers certains individus, cette vie fut conçue pour l'exercice de la foi. Pour le bien de leur propre développement spirituel, les hommes sont tenus de croire, sans voir, sans entendre, sans sentir, à moins que le Seigneur ne choisisse d'en faire des témoins particuliers, comme il le fit des apôtres. La connaissance parfaite engloutit la foi, et en supprime l'occasion de s'exercer ; tandis que par l'exercice de la foi, rendue manifeste par de bonnes œuvres, nous obtenons le développement spirituel pour lequel nous sommes entrés dans ce second état.

Tous les hommes et femmes de bien ne croient pas rapidement ; et tous ceux qui désirent une démonstration ne sont pas mauvais. Les « chercheurs de signes », hypocrites et corrompus, forment une tout autre catégorie. Si seuls ceux qui croient rapidement étaient acceptables à Dieu, cela exclurait des millions d'âmes sincères et honnêtes, dignes du royaume des cieux. Cela condamnerait certains de mes propres ancêtres. S'il m'est naturel de croire — si mon premier mouvement, en entendant le témoignage d'un homme de Dieu, est de l'accepter, je le dois davantage à ma mère qu'à mon père ; et pourtant il était un homme tout aussi bon qu'elle était une femme bonne, bien qu'il ne pût saisir les choses spirituelles aussi rapidement. Il en était de même de ses parents ; son père était un homme d'affaires, un homme pratique ; tandis que sa mère vivait presque dans un autre monde, tant elle était spirituelle ; mais Newel K. Whitney était un homme tout aussi bon qu'Elizabeth Ann Whitney était une femme bonne, tout aussi fidèle et vrai l'un que l'autre. Dans le cas des parents de ma mère, l'ordre était inversé. Heber C. Kimball était un géant de spiritualité ; il but l'Évangile comme le lait de sa mère ; tandis que sa femme, Vilate, était plus lente à comprendre et à recevoir ; pourtant il n'y a pas de nom plus noble parmi les femmes de ce peuple que celui de Vilate Murray Kimball. Elle n'était pas aussi prompte à croire que son mari, mais une fois convaincue, elle était ferme comme le diamant, inébranlable. Je ne trouve donc rien à redire à ceux qui n'ont pas l'esprit spirituel, qui ne peuvent croire aussi facilement que d'autres. C'est en grande partie une question de tempérament, et l'œuvre du Seigneur a besoin de l'un et l'autre genre.

Ce que je déplore, c'est une disposition répandue de par le monde à dépouiller Dieu de sa divinité ; à retirer à Jésus-Christ tout ce qui touche à sa divinité ; à écarter ses miracles, ses œuvres merveilleuses, à les mettre en question et même à les ridiculiser ; à nier qu'ils aient jamais existé ; à soutenir que le Christ ne fut qu'un homme bon, un sage instructeur ; que ses principes ne sont que des préceptes humains, et qu'il n'y a nulle vertu dans son sang expiatoire ; qu'il n'est pas plus le Fils de Dieu qu'un autre homme, et qu'il ne vint pas avec une mission plus divine qu'aucun bon et grand instructeur avant ou après lui. Je pense que c'est pousser trop loin l'esprit pratique. Cela suggère un développement anormal du sens pratique, résultant, peut-être, d'une négligence du spirituel. Nous ne pouvons pourtant pas ignorer que certains naissent ainsi. Certains esprits ne peuvent saisir le merveilleux, le miraculeux, et ne veulent pas en concéder la possibilité.

Dans la dix-huitième paroisse, un dimanche soir, une conférence de la Primaire eut lieu, où l'une des sœurs, rassemblant autour d'elle une classe de petits enfants, leur raconta comment le Sauveur nourrit la multitude — nourrit cinq mille personnes, avec cinq pains et deux poissons. En rentrant chez elle, une mère demanda à son petit garçon ce qu'il avait entendu, et il répéta, du mieux qu'il put, les instructions de l'instructrice. La mère, désireuse de graver la leçon dans l'esprit de son enfant, demanda : « Comment, à ton avis, le Sauveur a-t-il nourri cinq mille personnes avec cinq pains et deux poissons ? » Le petit garçon réfléchit un instant, puis dit : « Eh bien, je ne crois pas que ceux du milieu en aient eu. » (Rires). Je me demande si saint Thomas n'était pas ce genre d'enfant. Cela me semble un très bon portrait de la disposition de « l'apôtre incrédule ».

Cela me rappelle une autre histoire, racontée par le célèbre orateur de la tempérance, John B. Gough, dans une conférence donnée au Salt Lake Theater il y a bien des années. Il critiquait la pratique consistant à simplifier la Bible pour l'étude des enfants. « Les enfants, » disait-il, « comprennent

bien mieux qu'on ne le leur accorde. Laissez-les lire la Bible telle qu'elle est ; ils la comprendront. » Pour illustrer son propos, il raconta l'histoire de deux petits garçons, Johnny et Billy, engagés dans une conversation. Johnny était assis sur le pas de la porte de sa mère, taillant un bâton, et Billy venait d'attraper une mouche. Il vint la montrer à Johnny, et dit : « Quelle drôle de chose qu'une mouche — regarde le nombre de pattes qu'elle a ; et chaque fois que je souffle sur elle, elle bourdonne. » Puis il soufflait sur la mouche, et la portait à son oreille pour l'entendre bourdonner, souriant de plaisir au son qu'elle faisait. Finalement il remarqua : « Je me demande comment Dieu l'a faite. » Et le grand orateur fit une pause suffisamment longue pour observer : « Bien des savants se sont posé la même question, sans pouvoir y répondre. » Mais Johnny avait une idée de la façon dont Dieu avait fait la mouche. « Eh bien, Billy, » dit-il, tout en continuant de tailler son bâton. « Dieu ne fait pas les mouches comme les hommes font les maisons. Quand il veut des mouches, il dit : Qu'il y ait des mouches ; et alors il y a des mouches. » (Rires.)

Or, ce garçon, Johnny, aurait compris comment le Sauveur put nourrir la multitude de la manière merveilleuse décrite ; il avait lu dans la Bible comment la lumière fut faite, et pouvait saisir l'idée que le pouvoir de Dieu est plus grand que le pouvoir de l'homme. Il n'aurait pas insisté pour ramener le miraculeux au niveau du banal, ni pour nier la vérité ou l'existence des choses, simplement parce qu'elles dépassaient le cadre de l'expérience humaine ordinaire. Johnny croyait aux miracles, qui, après tout, ne sont que les résultats de la loi naturelle — une loi supérieure, peut-être, à ce que l'esprit fini peut pleinement comprendre. L'homme, lorsqu'il veut de la lumière, doit frotter une allumette, ou appuyer sur un bouton, et allumer le gaz ou l'électricité ; mais Dieu, lorsqu'il veut de la lumière, dit : Que la lumière soit. N'est-ce pas pourtant la même lumière dans les deux

cas ?

Les deux anecdotes que j'ai rapportées illustrent les deux classes de gens auxquelles j'ai fait allusion — ceux qui mettent en question ou ignorent les « manifestations miraculeuses », et ceux qui y croient, et dont la foi est à la mesure de l'acceptation de « l'œuvre merveilleuse et le prodige » de Dieu, prédits comme tels par ses prophètes, et réalisés comme tels par des dizaines de milliers de témoins. Quoi d'étonnant à ce que la prédiction ait eu un accomplissement ? Et pourtant, même parmi les saints des derniers jours, il en est qui trouvent difficile de croire que Dieu traite directement avec l'homme ; que les cieux se sont réellement ouverts au commencement de cette dispensation ; que le Père et le Fils apparurent en personne à Joseph Smith le prophète ; et que des anges l'ordonnèrent, lui et Oliver Cowdery, à la prêtrise. Mais le corps entier de ce peuple a accepté ces choses comme vraies, a reçu un témoignage qu'elles sont vraies. Ils ne cherchent pas à dépouiller le Christ de sa divinité ; ils ne doutent pas des aspects miraculeux du « mormonisme ». Il leur est clair que les prophéties le concernant auraient été prononcées en vain, auraient été invalidées, s'il n'y avait eu rien de merveilleux dans l'œuvre grande et dernière du Seigneur.

Il existe, en ces temps modernes, une disposition à éprouver les fondements des choses ; et cela n'est pas entièrement de mauvais augure. Le Seigneur a décrété que tout ce qui peut être ébranlé sera ébranlé ; et je pense que tout ce qui peut l'être devrait l'être. L'Évangile, sortant de Sion, ébranle les nations ; le Seigneur les foule par la puissance de son Esprit. Mais le monde ripostera ; il viendra contre nous, et nous ébranlera s'il le peut. Tout ce qui n'est pas bâti sur le roc s'effondrera et tombera. Même les principes les plus sacrés, et les faits historiques les plus solidement établis, sont mis en question par la critique scientifique et philosophique moderne. L'iconoclaste est à l'œuvre. Prenez garde à vos idoles ; car tout ce qui peut être brisé sera brisé, et les débris seront enlevés pour faire place à un ordre de choses meilleur et plus élevé. Mais la vérité subsistera, et résistera avec succès à tout assaut mené contre elle.

J'ai pris l'autre jour un magazine, un périodique scientifique, paru il y a environ un an, où se trouvait un article intitulé « L'arrière-plan ethnologique de l'Eucharistie ». L'auteur y entreprend de prouver que la sainte-cène du Seigneur, instituée par le Sauveur la nuit de sa trahison, et donnée à ses disciples comme un rappel solennel de son sacrifice, est d'origine humaine — n'a pas du tout été instituée par le Christ, mais a été introduite dans l'Église par l'apôtre Paul, qui la découvrit grâce à sa vaste connaissance des doctrines et ordonnances antérieures à la venue du Christ ; telles que celles des gnostiques, et des mithraïstes, adorateurs du dieu-soleil. L'article montre ensuite qu'il existe des indices que ces peuples anciens pratiquaient une cérémonie semblable à l'Eucharistie, et que même les tribus sauvages et les barbares ont des coutumes sacrificielles évoquant la sainte-cène du Seigneur. Cet auteur en tire donc la conclusion que cette sainte-cène est d'origine humaine, une croissance naturelle, et non une révélation surnaturelle. En bref, que l'Eucharistie est un exemple d'évolution cérémonielle.

Comment l'Église chrétienne peut-elle répondre à un tel argument ? Les premiers Pères de l'Église ont essayé d'y répondre en déclarant que Satan avait imité la sainte-cène instituée par le Christ et l'avait placée parmi les peuples païens qui les entouraient. Malheureusement pour cette défense, cependant, la pratique de telles cérémonies parmi les mithraïstes et les gnostiques était antérieure à l'introduction du christianisme. Le christianisme ne peut répondre, mais le « mormonisme » le peut. Debout sur un roc qui ne saurait être ébranlé, nous réaffirmons la divinité de la sainte-cène, sans crainte d'une contradiction victorieuse. Comment répondrons-nous à la critique moderne ? Simplement en proclamant ce que Dieu a révélé ; que cette religion, appelée « mormonisme » aujourd'hui, christianisme il y a deux mille ans, et connue sans doute sous quelque autre nom dans les âges antérieurs, est l'Évangile éternel, ne devant son origine à aucun homme, ni à aucune époque, mais instituée dans les cieux avant la création de ce monde, et révélée aux hommes sur la terre à diverses époques et en divers lieux. Le « mormonisme » peut dire, avec le Fils de Dieu : « Avant qu'Abraham fût, je suis. » Adam avait cet Évangile — l'Évangile du Christ — qui était dans le monde avant la venue du Christ, et qui aida à préparer la voie avant son avènement. L'une des premières choses qu'Adam fit, après sa chute d'Éden, fut de bâtir un autel et d'y offrir un agneau, pour préfigurer le sacrifice du Fils de Dieu. Après le déluge, lorsque Noé et sa famille sortirent de l'arche, l'une des premières choses qu'il fit fut d'ériger un autel et d'offrir un sacrifice semblable. Il avait le même Évangile qu'avaient eu avant lui Adam, Hénoc, et d'autres ; et les fils de Noé — Sem, Cham et Japhet — qui peuplèrent l'Asie, l'Afrique et l'Europe, emportèrent sans doute avec eux, où qu'ils allassent, les traditions de la foi ancienne, la foi de leurs pères, et pratiquèrent leurs coutumes et observances. Quoi d'étonnant, alors, que même parmi les tribus sauvages, les peuples barbares, si anciens soient-ils, l'on retrouve des vestiges de cette foi, des fragments de ce roc des âges ; ou que la science découvre même des traces d'autres révélations de Dieu à l'homme, dont la Bible — simple squelette de l'histoire — ne dit rien ?

Qu'y a-t-il, dans tout cela, qui devrait tenter un saint des derniers jours de rejeter les révélations de Dieu, et de conclure hâtivement que ces institutions divines sont d'origine humaine ? Rien du tout. Le fondement sur lequel nous nous tenons demeure inébranlé, inébranlable par quelque découverte de la science, ou quelque assaut de la critique moderne que ce soit.

Un mot encore. C'est une absurdité de parler, comme certains le font, de vérité religieuse et de vérité scientifique, comme s'il s'agissait de deux choses différentes. Comme si la vérité pouvait se diviser, pas plus que la lumière, ou la durée éternelle. L'homme, pour sa propre commodité, divise le temps en siècles, années, mois, semaines, jours, minutes et secondes, fondant ses calculs sur les mouvements de la terre et des corps célestes ; mais pour Dieu, il n'y a ni passé ni futur ; tout est présent, il n'y a ni hier ni demain — seulement aujourd'hui. Et la lumière, qu'elle vienne du soleil, de la lune, ou des étoiles, est tout entière une ; la lumière du soleil étant la même lumière qui illumine notre intelligence. Toute lumière est une ; toute vérité est une. La vérité ne peut se contredire elle-même. Si la science et la religion — la vraie science et la vraie religion — semblent, si peu que ce soit, être en désaccord, c'est simplement parce que l'homme n'a pas assez découvert, et que Dieu, peut-être, n'a pas assez révélé, pour nous amener au point de réconciliation ; mais ce temps viendra. Il n'est pas nécessaire de douter, ou de rejeter la vérité déjà révélée, que ce soit par la religion ou par la science, en attendant le temps du Seigneur pour éclaircir le mystère.

« L'incrédulité aveugle est sûre de se tromper, Et de scruter son œuvre en vain ; Dieu est son propre interprète, Et il la rendra claire. »

Amen.

Citer ce discoursOrson F. Whitney, « Une œuvre merveilleuse et un prodige : foi, miracles et science », 1911 April General Conference, Second Day Afternoon Session (1911-04-07). Pulpit Vault, 1911-04-13-orson-f-whitney-remarks-13. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).