Pulpit

Le mariage éternel, les péchés d'omission et le sens véritable du divorce

Charles W. Penrose

1911 April General Conference·Second Day Morning Session·1911-04-07

Je suis très reconnaissant du privilège de me réunir de nouveau avec les saints des derniers jours en conférence générale. Une personne doit, je crois, s'éloigner de son foyer afin de pleinement goûter les bénédictions du foyer à son retour ; et je pense que nous constaterons que cela fait partie de notre histoire ; si nous avons le privilège de retourner auprès de notre Père céleste, et de renouer les relations que l'on a en sa présence, nous les apprécierons

davantage encore, en raison de notre absence, pour un temps, de la surface de cette terre. Je pense aussi que l'on goûte bien davantage les bénédictions de la santé du fait de subir, à l'occasion, quelque revers. Le Seigneur a été très miséricordieux envers moi à cet égard, comme à beaucoup d'autres, et j'en suis profondément reconnaissant. Mais ce matin, et depuis deux ou trois jours, je souffre d'un fort rhume, que j'espère surmonter pour ensuite apprécier plus encore, si possible, les bénédictions d'une bonne santé. J'espère que, pendant le temps que j'occuperai ce matin, je serai inspiré par le Saint-Esprit, qui a reposé si généreusement sur nos frères qui nous ont déjà adressé la parole, et que je pourrai me faire entendre sans difficulté dans cette vaste assemblée. C'est un beau spectacle à contempler. Voir tant de fils et de filles du Dieu vivant, rassemblés en solennelle convocation, pour adorer le Seigneur, pour chanter ses louanges, pour invoquer son saint nom, pour recevoir les instructions de ceux qui sont désignés pour être des ministres du Très-Haut auprès des saints et de tout le monde, est un grand privilège que j'espère tous ceux qui sont présents apprécient, tout comme les bénédictions du beau temps que nous avons.

J'ai suivi de près les remarques qui nous ont été faites depuis que nous sommes en conférence, et particulièrement le discours d'ouverture du président Joseph F. Smith, dans lequel il a couvert un vaste champ de pensée et d'action, et nous a présenté, en phrases concises, de façon très précise, les conditions de l'œuvre du Seigneur dans les différentes parties de la terre. J'y ai trouvé une grande cause de félicitation, à l'idée que l'œuvre du Seigneur se répand et s'étend si largement, et que la foi des saints des derniers jours se manifeste dans leurs bonnes œuvres. Nous nous attendons à ce qu'il y ait toujours, dans l'Église — jusqu'à ce que ce qui est parfait soit venu — des personnes qui ne se conformeront pas pleinement aux enseignements du Seigneur donnés par ses serviteurs, ni aux alliances et obligations qu'elles ont contractées de le servir en toutes choses. Ainsi entendons-nous parler des deux côtés — les bonnes œuvres qui sont accomplies et les choses qui sont omises ; car il y a des péchés d'omission tout comme il y a des péchés de commission. Lorsque viendra le temps de rendre compte de nos actes durant notre vie mortelle, nous constaterons que nous récolterons les conséquences de nos actions, ainsi que les effets qui découlent de la négligence et de l'omission ou du manquement à nous conformer aux exigences de l'Évangile. Ces choses nous sont rappelées lorsque nous nous rassemblons en conférence, afin que nous puissions faire mieux à l'avenir que nous ne l'avons fait par le passé. Il y a toujours matière à s'améliorer. Nous l'entendons très fréquemment, et nous le constatons en fait, dans notre propre expérience, lorsque nous regardons le passé. Nous devrions nous préparer pour l'avenir ; c'est-à-dire que nous devrions être, si possible, plus diligents que nous ne l'avons été, et ne plus négliger ces choses que nous avons laissées inaccomplies. Notre attention est attirée sur ces choses que nous avons laissées inaccomplies, par les enseignements de nos frères, et j'espère qu'en quittant

cette grande assemblée pour regagner nos lieux de résidence respectifs, nous nous sentirons résolus, dans notre cœur, à vivre selon les principes de la vie éternelle qui nous ont été enseignés pendant que nous étions réunis, et à servir le Seigneur en toutes choses.

L'un des sujets abordés par le président, dans ses remarques d'ouverture, concernait la question du mariage. Nous apprenons de lui que, durant l'année 1910, outre les mariages célébrés dans les temples du Seigneur, où est administrée cette grande ordonnance de scellement par laquelle hommes et femmes sont unis dans le saint mariage pour le temps et pour toute l'éternité, environ onze cents unions ont eu lieu hors des temples, la plupart d'entre elles, peut-être, célébrées par ce qu'on appelle une cérémonie civile — selon la loi civile. Or, bien que ce soit une chose à regretter, de penser que tant de gens membres de l'Église négligent leurs occasions de recevoir les plus hautes bénédictions, et se contentent de ce qui résulte d'un mariage pour le temps seulement — nous ne répudions pas ces cérémonies lorsqu'elles sont célébrées par une personne autorisée par la loi du pays à célébrer des mariages. Elles sont reconnues dans l'Église pour ce qu'elles sont ; ce sont des contrats civils, lorsqu'ils ne sont pas célébrés par un homme détenant la prêtrise de Dieu ; mais ce sont des contrats légaux, et les personnes qui les contractent en sont liées — en honneur et selon la loi. Nous comprenons cela, ou devrions le comprendre, et nos amis qui ne sont pas des nôtres devraient savoir que nous reconnaissons les ordonnances accomplies sous les lois du pays comme ayant force obligatoire selon ce qu'elles sont ; que le mariage civil célébré par des hommes détenant l'autorité civile ne dure simplement que jusqu'à ce que la mort sépare le couple. Lorsque la mort survient, c'est la fin du contrat, comme nous le comprenons ; et nous le comprenons ainsi parce que le Seigneur l'a ainsi révélé.

Dans une révélation contenue dans la section 132 de la Doctrine et Alliances, nous apprenons un peu de choses sur l'éternité de l'alliance de mariage. Le Seigneur a révélé que, lorsqu'un mariage est célébré selon l'ordonnance de scellement qu'il a révélée, par des personnes désignées, ordonnées et autorisées à sceller sur la terre, et que cela sera scellé dans les cieux, une union de ce genre s'étendra au-delà de la tombe ; et que lorsque la mort sépare les individus, le mariage n'est pas dissous, mais se poursuit et continue, et si les parties en sont dignes, capables de le mériter, il se poursuivra à jamais, et l'accroissement de leur postérité n'aura pas de fin. Il y a quelque chose de grand et de glorieux dans cette manifestation de lumière et d'intelligence venant du Seigneur. Lorsque des personnes ont l'un pour l'autre cette véritable estime qui constitue la vraie affection — je ne parle pas simplement de ce qu'on appelle parfois l'amour, et qui n'est que passion — mais lorsque deux âmes, bien que peut-être n'ayant pas « qu'une seule pensée », et deux cœurs qui ne « battent » peut-être pas incessamment « comme un seul », sont véritablement unis en esprit, s'aimant l'un l'autre, se faisant confiance l'un à l'autre, ayant confiance l'un en l'autre, ayant l'un pour l'autre cette admiration qui découle d'un respect véritable et de la reconnaissance de la vertu, de l'honneur et de tout ce qui est bon et grand, et ayant le désir et la disposition de passer outre les faiblesses de la chair mortelle, de la nature humaine — ces petites imperfections qui troublent parfois le cœur et le foyer — je dis que lorsque des personnes

sont ainsi unies en esprit, en plus de l'ordonnance et de la cérémonie de scellement que le Seigneur a instituées, il y a quelque chose de très plein d'espérance, d'encourageant et de joyeux dans la pensée que, bien que la mort puisse les séparer, elles ressusciteront néanmoins d'entre les morts pour jouir de la plénitude des bénédictions du lien familial. Dans la résurrection, l'homme sera un homme, et la femme sera une femme, avec toutes les facultés et tous les pouvoirs dont les deux sexes sont dotés, tant en esprit qu'en corps, le corps étant rendu à l'esprit, et l'esprit au corps. Ces âmes vivantes — comme Adam et Ève, lorsqu'ils furent unis dans le jardin d'Éden avant que la mort n'entrât dans le monde — continueront de croître dans cette affection, cet amour et cette admiration, dans la puissance, dans la domination et dans les bénédictions du lien familial. Cela continuera à jamais, et il n'y aura plus de séparations, parce qu'il n'y aura plus de mort ; la tristesse et les soupirs s'enfuiront, et le bonheur et la joie abonderont ; et en présence de Dieu le Père, et du Christ le Fils, et des êtres saints de cet ordre, ils s'associeront en toutes choses bonnes, grandes et élevantes — et toute l'éternité leur sera ouverte pour l'exploration, l'expérience, et l'accroissement de cette félicité qui ne peut se trouver que dans un état d'existence éternel. C'est l'une des choses glorieuses révélées par le grand prophète du dix-neuvième siècle, dont le monde était ignorant, et sur laquelle le monde, aujourd'hui encore, demeure dans les ténèbres. Nous devrions nous réjouir des manifestations du Seigneur à cet égard, comme à bien d'autres égards.

Or, à ce sujet, j'ai entendu certaines personnes, non seulement dans le monde mais même parmi les saints des derniers jours, mettre en doute l'exactitude de cette doctrine à cause de quelques mots prononcés par le Sauveur, lorsqu'il fut consulté par les sadducéens au sujet d'une femme qui avait eu un mari, lequel mourut, et selon le code mosaïque, le frère du défunt devait prendre cette femme pour épouse. Elle eut une longue expérience du mariage, car il paraît qu'elle eut successivement sept maris. Les sadducéens voulaient savoir ce que Jésus avait à dire à ce sujet et, en particulier, de qui elle serait l'épouse à la résurrection. Je pense qu'il vaudrait peut-être mieux que je lise quelques versets sur ce sujet. Vous les trouverez au vingt-deuxième chapitre de Matthieu, ainsi qu'au vingtième chapitre de Luc. Lorsque vous en aurez le temps, lisez les deux ensemble, car Luc emploie un langage un peu différent de celui de Matthieu, mais les idées sont les mêmes. Je commencerai au vingt-troisième verset :

«Le même jour, les sadducéens, qui disent qu'il n'y a pas de résurrection, vinrent auprès de Jésus, et lui posèrent cette question :

Maître, Moïse a dit : Si quelqu'un meurt sans enfants, son frère épousera sa veuve et suscitera une postérité à son frère.

Or, il y avait parmi nous sept frères. Le premier se maria et mourut ; et, comme il n'avait pas d'enfants, il laissa sa femme à son frère. Il en fut de même du second, puis du troisième, jusqu'au septième.

Après eux tous, la femme mourut aussi.

À la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme ? Car tous l'ont eue pour épouse.

Jésus leur répondit : Vous êtes dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu.

Car, à la résurrection, les hommes ne prendront pas de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel.»

Or, généralement, lorsque cette question

est abordée par des personnes qui ne considèrent pas le sujet sous le même jour que nous, elles se contentent de citer ce seul verset : « Car, à la résurrection, les hommes ne prendront pas de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. » Pour lire correctement les Écritures, que ce soit l'Ancien Testament ou le Nouveau Testament, afin de bien les comprendre, il ne faut pas prendre un texte isolé, mais le lire avec son contexte ; c'est alors que l'on saisit le sens de l'auteur ou de celui qui parle. Les sadducéens vinrent trouver Jésus, comme le firent parfois aussi les pharisiens, pour le tenter et tenter de le prendre au piège de ses propres paroles ; mais ils n'y réussirent pas ; pour employer une expression populaire moderne, il « avait généralement le dessus ». Les pharisiens, en cette occasion, furent très réjouis de voir les sadducéens repoussés, et ils vinrent féliciter Jésus de ses réponses. Or, il parlait de la catégorie de personnes à laquelle les sadducéens faisaient référence. Sous la loi de Moïse, le mariage pour l'éternité n'était pas célébré, sauf aux époques exceptionnelles où la Prêtrise de Melchisédek fut donnée aux hommes sur la terre, ce que nous pouvons lire dans la Doctrine et Alliances, section 132. Par conséquent, les mariages en question étaient pour le temps seulement, et les personnes auxquelles Jésus-Christ faisait référence étaient, comme nous le lisons au vingtième chapitre de Luc, où le même sujet est abordé, « les enfants de ce monde », et non les enfants du royaume.

« Les enfants de ce monde-ci prennent des femmes et des maris ; mais ceux qui seront trouvés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection des morts ne prendront ni femmes ni maris. » Le Christ dit encore : « Ils sont comme les anges. » Quelle est la condition des anges ? Selon la révélation à laquelle j'ai brièvement fait référence, ce sont ceux qui ne sont pas dignes de ce « poids éternel de gloire, bien au-delà de toute mesure » qui échoit à ceux qui obéissent à la plénitude de l'Évangile et reçoivent les ordonnances de la nouvelle alliance éternelle, qui sont scellés pour le temps et pour toute l'éternité sur la terre, et dont le mariage est scellé dans les cieux. Ceux-là donc, que l'on appelle « les anges », sont des « esprits qui exercent un service auprès des héritiers du salut et de l'exaltation ». Ils sont au service de ceux qui sont dignes de ce « poids de gloire bien plus grand » — l'exaltation qui « fait se perpétuer la postérité à jamais, par laquelle le Père est glorifié » ; de sorte que ceux qui n'obtiennent que la position des anges ne se trouvent pas dans la condition de ceux qui obtiennent la bénédiction et l'exaltation les plus grandes. Ils ressuscitent, selon cette révélation qui nous a été donnée, « dans leur état de sauvés, séparément et individuellement » ; ils ne sont donc pas comptés parmi les dieux, mais parmi les anges, ou ceux qui exercent un service et sont les messagers et les serviteurs des « héritiers de Dieu et cohéritiers avec Jésus-Christ ». Or, prenez ensemble ces deux chapitres auxquels je fais référence, et je pense que la question deviendra très claire à votre esprit. Jésus n'a pas dit, comme certains l'imaginent, qu'il n'y a pas de mariage après la résurrection. Vous ne trouverez cela nulle part. Je ne dis pas, ce matin, que des mariages sont célébrés dans l'état de résurrection, mais je dis que des mariages peuvent être accomplis sur la terre par des représentants de ceux qui sont décédés ; et que ceux-ci, étant scellés par l'esprit saint

de promesse, par celui qui est oint, tant pour le temps que pour toute l'éternité, détenant les clefs de celui-ci, resteront valides à jamais, et ceux pour qui elles sont accomplies en recevront tous les bienfaits et toutes les bénédictions. Je répète que ce que je vous ai lu, et ce qui se trouve dans d'autres parties des Écritures à ce sujet, ne donne nullement l'idée qu'il n'existe pas de mariage après la résurrection. Toutes ces affaires, bien entendu, sont entre les mains de celui qui connaît toutes choses. Dieu merci, il y a un grand Juge suprême, et beaucoup de choses qui peuvent être accomplies ici-bas, dans la chair, ou laissées inaccomplies et négligées, pourront et seront suppléées par le juge suprême de toutes choses, lorsque la nécessité l'exigera, et ceux qui sont dignes d'entrer dans cette grande exaltation constateront qu'un plan est préparé, et que Dieu, qui est le Grand Juge, redressera tout ce qui aura pu être mal fait ici-bas. Bien des choses peuvent être accomplies ici dans l'ignorance, ou par manque d'expérience, mais le Seigneur y suppléera, à l'avenir, pour ceux qui sont dignes d'obtenir cette grande exaltation.

Or, je regrette qu'il se trouve tant de personnes, onze cents personnes, rattachées à l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, qui n'aient pas pu, ou qui aient négligé, d'obtenir les bienfaits de cette ordonnance de scellement. Ces grands temples qui ont été érigés selon un modèle divin révélé du ciel sont pour le bien de ce peuple. Je suis heureux que nous en ayons quatre ; j'espère que le temps viendra, et je n'en doute pas, où beaucoup d'autres seront érigés dans différentes parties de ce glorieux pays de Joseph, et même dans d'autres pays ; lorsque la nécessité l'exigera, ils seront érigés pour l'accomplissement des ordonnances pour les vivants et pour les morts, afin que la grande œuvre du millénium puisse se poursuivre, et que le chemin soit préparé pour que Dieu vienne demeurer parmi son peuple, et « essuie toute larme de leurs yeux ». Je voudrais exhorter mes frères et sœurs qui ont de l'influence parmi le peuple, particulièrement nos frères appelés à présider dans les diverses paroisses et pieux de Sion, à instruire les saints sur ces questions ; à instruire les pères et les mères ainsi que les jeunes gens sur les bénédictions et les bienfaits d'obtenir une juste ordonnance de mariage, qui ne dure pas simplement jusqu'à ce que la mort les sépare, mais qui s'étendra au-delà de la tombe. C'est une ordonnance qui entrera dans le monde derrière le voile ; qui restera valide et vraie devant le Seigneur dans la résurrection des morts, lorsque l'homme et la femme, séparés par la mort, mais qui ont été scellés par cette ordonnance sacrée, se retrouveront à nouveau et se tiendront à la tête de leur postérité ; et toute leur postérité qui en sera digne entrera dans ce grand ordre patriarcal de gouvernement familial, et, comme je l'ai dit, l'accroissement en sera sans fin.

Le Seigneur parla de cela à Abraham lorsqu'il lui montra les étoiles, par le don et la puissance de Dieu, grâce auxquels il pouvait discerner les choses un peu comme Dieu lui-même le fait. Abraham contempla la multiplicité des mondes que le Père avait créés, comme le Seigneur le montra aussi à Hénoc. Le Seigneur dit à Abraham que s'il pouvait les compter, il pourrait alors compter sa postérité ; que sa postérité serait aussi nombreuse que le sable du rivage de la mer,

et aussi nombreuse que les étoiles du ciel, en multitude. On ne peut les compter. La multiplicité de la postérité de ceux qui entrent dans ce grand ordre de gouvernement familial, scellés sur la terre et scellés dans les cieux, se poursuivra à jamais, aussi longtemps que brilleront les étoiles, aussi longtemps que subsistera le trône de Dieu ; aussi longtemps que la gloire de Dieu, qui est l'intelligence, continuera de scintiller et de se manifester parmi les myriades et les armées qui peuplent les mondes éternels. Cela ouvre un sujet trop vaste et trop large pour que je puisse l'aborder pleinement ce matin ; mais j'attire l'attention de mes frères et sœurs sur cette grande et solennelle ordonnance que Dieu a instituée — l'alliance éternelle ; et ceux qui ont l'occasion d'y entrer et qui ne le font pas se trouvent sous condamnation. Un terme plus fort est employé dans la révélation — « alors ils sont damnés ». Pourquoi ? Parce que la fin de leur accroissement survient à la mort ; leur pouvoir et leur domination à la tête d'une famille prennent fin lorsque la tombe s'ouvre pour recevoir leur corps mortel. Mais ceux qui obéissent à ces ordonnances, dans leur esprit et leur puissance, ressusciteront lorsque le Seigneur les appellera ; ils seront « du Christ à sa venue », et il rappellera leur poussière endormie à la vie, et ils seront réunis, non seulement l'esprit et le corps seront réunis, mais les heureux parents se retrouveront de nouveau, tandis qu'« Adam et Ève se tiendront à la tête d'une multitude, ranimés et ressuscités d'entre les morts ». Enseignez cela aux saints, et s'ils ne le reçoivent pas, ils devront alors en subir les conséquences.

Maintenant, quelques mots sur un sujet connexe, abordé par le président Smith ; il s'agit du divorce ; car les questions du mariage et du divorce, particulièrement en ces derniers jours, doivent être considérées ensemble. Le président a exprimé le sentiment qu'il n'aurait aucune objection à ce que le Congrès des États-Unis aborde cette question, mais qu'il devrait légiférer sur l'ensemble de la question du mariage, interdisant le mariage pluriel, s'il le souhaite, établissant ce qui constitue un mariage légal, s'il le désire, et indiquant de quelle manière un mariage civil peut être dissous par un divorce en bonne et due forme. Or, ce sur quoi je souhaite attirer particulièrement l'attention est ceci : il existe une idée répandue dans le monde chrétien, et qui a cours dans une certaine mesure parmi nous, selon laquelle le Sauveur de l'humanité aurait déclaré qu'il ne pouvait y avoir de divorce légitime, sauf pour un seul grand péché. Sur ce sujet, nous devons lire le contexte autant que le texte lui-même, afin de comprendre ce qu'il avait à en dire. Cette fois, ce furent les pharisiens qui vinrent trouver Jésus-Christ et lui posèrent une question. Il fit une réponse, mais cette réponse n'est généralement citée qu'en partie. Voici ce qui en est cité : « Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère ; et celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère. » Cela est pris de façon isolée et établi comme une règle — non que le monde chrétien la mette en pratique, en aucune façon ; mais on la cite, et les grands prédicateurs de notre temps, dans les diverses Églises protestantes comme dans l'Église catholique, la tiennent pour un principe — qu'un homme ou une femme ne peut divorcer légitimement, sauf pour cette seule faute. Or, est-ce que Jésus a dit cela ? Non, il ne l'a pas dit. Voici ce qu'il a dit, comme je vais vous le lire :

«Les pharisiens vinrent aussi à lui,

pour l'éprouver, et lui dirent : Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque ?

Il répondit : N'avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l'homme et la femme

et qu'il dit : C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair ?

Ainsi ils ne sont plus deux mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni.

Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier ?

Il leur répondit : C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; au commencement, il n'en était pas ainsi.»

Puis il poursuit avec les paroles que je vous ai lues, se référant à la règle arbitraire que vous pouvez lire au vingt-quatrième chapitre du Deutéronome, au sujet de la répudiation d'une épouse. Moïse disait que si un homme épousait une femme, et qu'il trouvât en elle quelque souillure, il pouvait lui donner un écrit et lui dire de partir, lui donner une lettre de divorce et lui dire de s'en aller. Voilà de quoi ils parlaient, et Jésus-Christ ne croyait pas en ce genre de choses ; et c'est pourquoi il a dit qu'un homme ne pouvait répudier sa femme, sauf pour une seule cause. Ce n'est pas là une question touchant au principe du divorce, lorsque la décision est rendue par un tribunal civil ou ecclésiastique. Jésus-Christ n'a pas dit qu'une femme devait être contrainte de vivre avec un homme qui est une brute, plein de toutes sortes de souillures, qui la blesse et la bat ; ou, s'il n'use pas d'un gourdin, la bat en esprit jusqu'à ce qu'elle soit meurtrie, blessée et affligée, et qu'il lui soit misérable de vivre avec un tel être. Il n'a pas dit qu'elle avait tort d'obtenir un divorce ; il n'a pas dit que si elle avait épousé un homme vil, ivrogne et corrompu, une honte pour l'humanité, elle devait être contrainte de vivre avec lui. Rien de tel. Je pourrais continuer et décrire les conditions qui existent dans bien des familles mariées, mais je ne veux pas prendre de temps là-dessus ; je veux simplement attirer votre attention sur ce fait, que dans ces passages si souvent cités, Jésus-Christ n'a établi aucune règle selon laquelle les divorces devraient être obtenus, que ce soit devant un tribunal ecclésiastique ou un tribunal civil ; il répondait à la question qui lui avait été posée, à savoir : est-il permis à un homme de répudier sa femme « pour un motif quelconque », comme sous la loi de Moïse, en lui donnant une lettre de divorce et en lui disant de s'en aller ; et il s'est prononcé contre cela.

Selon la loi de Dieu, l'homme et la femme devraient être unis pour toute l'éternité, elle étant os de ses os et chair de sa chair, esprit répondant à esprit, âme à âme, unis par un lien éternel, pour exister dans la vie, dans la mort, dans la résurrection, et à travers les âges innombrables de l'éternité ; telle fut l'union « au commencement » ; c'est là le juste genre de mariage, et le mariage que nous, saints des derniers jours, devrions soutenir, maintenir et enseigner à nos enfants, afin qu'ils y entrent préparés à en recueillir les bienfaits. Mais le pouvoir qui peut sceller peut aussi délier ; le pouvoir qui peut lier peut aussi délier, selon les principes éternels du droit, et ce pouvoir a existé dans l'Église de Jésus-Christ chaque fois qu'elle a été établie. Ces choses peuvent être réglées dans l'Église selon des règles et des règlements appropriés, conformément à la justice, à la miséricorde, à l'équité et à la vérité. Mais dans la citation que j'ai lue, le Christ parlait

de l'ancienne pratique mosaïque selon laquelle un homme répudiait sa femme, simplement en lui donnant une lettre de divorce, étant lui-même juge et exécuteur de son propre décret. Le Christ a enseigné une loi meilleure, et, grâce au Seigneur, elle a été révélée à nouveau dans les jours où nous vivons. Nous l'avons consignée par écrit dans le livre du Seigneur, dans la Doctrine et Alliances, que nous pouvons lire à loisir.

Mes frères et sœurs, je suis reconnaissant d'être rattaché à une Église dans laquelle la parole du Seigneur est déclarée, dans laquelle les desseins de Dieu sont manifestés, dans laquelle des alliances éternelles peuvent être contractées et scellées pour le temps et pour toute l'éternité, alliances qui ne seront pas rompues à la mort mais qui se poursuivront à jamais, pour la gloire de Dieu et la joie de son peuple. Je vous rends mon témoignage, ce matin, que je sais que cette œuvre est l'œuvre de Dieu. Je sais qu'il vit, qu'il est notre Père, le Père de nos esprits ; que nos esprits sont, dans leur forme, semblables à lui, et que nos corps ont été faits pour se conformer à l'esprit, selon les lois de la génération que Dieu a établies, lois qui n'ont pas eu de commencement, et qui n'auront pas de fin. Nous ne sommes pas issus des ordres inférieurs de la création ; nous sommes les fils et les filles du Dieu vivant. Je rends témoignage que Jésus de Nazareth était le Christ et est le Christ, le Fils du Dieu vivant, en corps et en esprit ; qu'il est notre Rédempteur, et que par l'obéissance à ses lois et à ses commandements, nous continuerons, à travers toute l'éternité, de croître en lumière, en connaissance, en félicité, en puissance et en domination. Je prie Dieu de bénir cette assemblée. Je rends témoignage que nous sommes conduits aujourd'hui par les oracles vivants. L'homme qui se tient à la tête hérite de toutes les clefs, de tous les pouvoirs et de toutes les autorités révélés par Dieu, par l'intermédiaire d'hommes qui vécurent autrefois sur la terre, et qui ont restitué leurs clefs au prophète Joseph Smith. Chaque clef et chaque pouvoir ainsi restitués sont conservés dans l'Église et confiés à l'homme qui se tient aujourd'hui à sa tête. Je rends témoignage de son intégrité, de son honneur, de sa véracité et de son dévouement à ce qui est bon, que j'ai appris à connaître par une longue expérience et une longue familiarité. Je le soutiens dans ma foi, dans mes prières, dans mes actes et mes œuvres, et je suis heureux de savoir que la grande majorité des saints des derniers jours en font autant. Que Dieu le bénisse et le préserve, afin qu'il se tienne à notre tête pendant de nombreuses années. Que Dieu bénisse cette œuvre, afin qu'elle avance vers la victoire dans tous les pays et sous tous les climats. Je sais que les efforts qui sont maintenant déployés pour en retarder le progrès en hâteront au contraire l'avancée, et ouvriront la voie par laquelle des milliers de personnes seront amenées à enquêter et à parvenir à la connaissance de la vérité. L'œuvre de Dieu prévaudra ; le mal sera vaincu ; les ténèbres seront dissipées ; et le règne, le gouvernement et la domination du Tout-Puissant seront établis depuis les fleuves jusqu'aux extrémités de la terre. Que Dieu nous aide à être fidèles et véridiques en toutes choses, à comprendre la vérité telle qu'elle est devant lui, et à marcher dans sa lumière, à faire les choses que nous devrions faire, et à laisser de côté celles que nous ne devrions pas faire, à n'avoir de péchés d'omission pas plus que de commission ; afin que nous puissions obtenir la grande exaltation en présence de Dieu notre Père, par Jésus-Christ. Amen.

Le cantique populaire, « School thy feelings, O my brother », écrit par l'ancien Charles W. Penrose, fut chanté par l'ancien Horace S. Ensign, sur une musique appropriée récemment composée par le professeur George Careless.

Citer ce discoursCharles W. Penrose, « Le mariage éternel, les péchés d'omission et le sens véritable du divorce », 1911 April General Conference, Second Day Morning Session (1911-04-07). Pulpit Vault, 1911-04-08-charles-w-penrose-remarks-8. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).