Pulpit

Les enseignements et l'exemple de l'Église réfutent les accusations d'immoralité

Heber J. Grant

1911 April General Conference·First Day Afternoon Session·1911-04-06

Je suis heureux d'avoir de nouveau l'occasion de me réunir avec les saints des derniers jours en conférence générale, et je me réjouis de voir une aussi grande affluence aux réunions d'ouverture. C'est pour moi une preuve du grand intérêt que porte le peuple, et de son désir d'entendre ce qui pourra être dit par ceux qui seront appelés à s'adresser aux saints durant cette conférence. Je me suis réjoui des remarques qui ont été faites en notre présence, jusqu'ici, et je désire ardemment que le même bon esprit, qui a accompagné les frères qui ont parlé, soit avec moi dans les remarques que je vais faire. Je désire ne dire que ce qui sera pour le bien des saints des derniers jours ; et je suis convaincu que le désir que j'ai est le même qui a toujours inspiré les serviteurs du Seigneur lorsqu'ils se tenaient devant le peuple pour lui proclamer l'Évangile. Depuis ma prime enfance, alors que j'avais le privilège d'assister aux réunions dans le vieux tabernacle et sous le vieux bowery, lorsque je repense aux conseils et aux avis donnés par ceux qui parlaient dans nos conférences, je constate qu'ils ont toujours été bons, et pour l'élévation, pour l'avancement, et pour le bien-être du peuple. Je n'ai jamais entendu, de toute ma vie, aucun des serviteurs du Seigneur donner un conseil vicieux, conseiller à quiconque de mal agir, ou d'accomplir un acte autre qu'un bon acte. Le thème constant de l'enseignement que j'ai écouté toute ma vie, depuis mes premiers souvenirs, de la part des serviteurs du Seigneur, a été : Servez Dieu et gardez ses commandements ; vivez des vies de vertu ; soyez honnêtes ; soyez sobres ; soyez loyaux ; soyez patriotes ; servez Dieu, et servez votre pays ; soyez bons ; soyez bienveillants ; soyez charitables ; soyez longanimes. Je me réjouis extrêmement de savoir que chacun des principaux dirigeants de l'Église du Christ, depuis mes premiers souvenirs jusqu'à ce jour, a œuvré, et œuvré sans relâche, pour le bien et l'élévation du peuple.

L'un des grands témoignages, pour moi, de la divinité de l'œuvre à laquelle vous et moi nous consacrons, c'est le fait que ceux qui se sont détournés de la vérité, sans une seule et unique exception dont je puisse me souvenir, l'ont fait parce qu'ils avaient manqué de garder les commandements de Dieu. Il me paraît presque merveilleux qu'aucun homme ou femme fidèle, à ma connaissance, n'ait jamais perdu la foi de l'Évangile. Seuls ceux qui ont négligé de servir Dieu, seuls ceux qui n'ont pas maintenu la lumière du Saint-Esprit allumée dans leur cœur, en obéissant aux commandements du Dieu vivant, sont les seuls à avoir perdu la foi et à s'être détournés. Cet Évangile de Jésus-Christ a été proclamé dans le monde entier, et depuis le jour où l'Église fut organisée, pas un seul et unique missionnaire, diligent et fidèle dans le service de Dieu, n'a jamais perdu la foi ; et aucun missionnaire n'est revenu avec une lumière et une connaissance accrues pour nous dire que l'Évangile est faux, ou qu'il a découvert la vérité dans quelque pays étranger. Mais ils sont revenus avec une foi accrue, avec une connaissance accrue, avec un plus grand amour pour l'œuvre de Dieu qu'ils n'en avaient au moment de leur départ. Je me réjouis de ces choses. Je me réjouis que, dans tous les déplacements de tous les anciens, où qu'ils aillent, sous tous les climats et dans tous les pays, ils acquièrent constamment des témoignages, des preuves et une connaissance accrus concernant la divinité de l'œuvre à laquelle nous nous consacrons ; et il en devrait toujours être ainsi. Je regrette, cependant, qu'il se trouve des saints des derniers jours, c'est-à-dire des produits des foyers des saints des derniers jours, qui aillent dans le monde et en deviennent les ennemis. Je regrette que certains fils et filles d'hommes et de femmes fidèles dans l'Église se détournent de la vérité et deviennent les ennemis du peuple, et soient comptés parmi ceux qui calomnient, mentent sur, et diffament les dirigeants de l'Église et le peuple en général ; mais je suis reconnaissant que ceux qui font cela, presque sans exception, se soient forgé une réputation de méchanceté, de corruption, de dévergondage. Je remercie Dieu que ce soit à leurs fruits qu'on les reconnaisse, et que les fruits de tous ceux qui se sont détournés de l'Évangile et le combattent aujourd'hui soient indignes. Je confesse librement et franchement que cela ébranlerait ma raison, et les facultés de raisonnement dont Dieu m'a doté, si je devais découvrir que, à mesure que des hommes et des femmes croissaient en bonnes œuvres, croissaient en vertu, croissaient dans l'amour de leur prochain, croissaient dans leur capacité à servir Dieu, ils perdaient la foi de l'Évangile de Jésus-Christ ; mais je n'ai jamais découvert un seul individu de la sorte.

Je me souviens avoir acheté une North American Review, il y a quelques années, dans le train ou à la gare de San Francisco, et j'ai trouvé dans cette North American Review une attaque très malveillante contre les saints des derniers jours, écrite par un petit-fils du prophète Brigham Young. Cet homme accusait Brigham Young et le peuple mormon de déloyauté envers le gouvernement des États-Unis. Depuis mes tout premiers souvenirs, aux genoux de ma mère, j'ai été instruit par elle, et en public et en

privé, par tous ceux avec qui j'ai jamais été en contact, la loyauté envers ce pays ! Au moment même où ce jeune homme écrivait son article accusant le peuple « mormon » de déloyauté — ce jeune homme avait renié sa foi — son propre demi-frère, un homme loyal à sa foi, fidèle à Dieu et à la religion de son grand-père, commandait les batteries de l'Utah aux Philippines. « C'est à leurs fruits qu'on les reconnaît » ; et les fruits des jeunes saints des derniers jours ont toujours été les fruits de la loyauté envers notre pays. Aujourd'hui nous sommes attaqués par un fils de l'une des défuntes présidences de l'Église, dont aucun jeune homme dans tout Israël n'a laissé une réputation plus détestable ; aucun jeune homme dans tout Israël n'a été plus coupable d'apporter chagrin, douleur et humiliation à ses parents ; aucun jeune homme n'a été plus coupable de mentir sur les serviteurs de Dieu que ce même homme qui publie aujourd'hui des attaques contre les saints des derniers jours. « C'est à leurs fruits qu'on les reconnaît. » Je me réjouis que les méchants et les corrompus n'aient aucune part avec nous. Lorsque je lis de tels articles contre nous, je me réjouis de savoir qu'ils sont faux. La vérité blesse, mais jamais le mensonge. « Un mensonge ne vit que jusqu'à ce qu'on le découvre » ; mais la vérité vit et survit ; elle vivra à jamais, et elle est destinée à triompher. Je me réjouis de savoir que l'un des hommes les plus honnêtes, les plus craignant Dieu, les plus humbles, les plus diligents que j'aie jamais connus dans l'Église fut le regretté Karl G. Maeser, et qu'un article vil, méchant et corrompu, écrit contre les saints des derniers jours, fut la cause de son enquête sur la vérité. On a dit que rien ne peut être fait contre nous qui ne finisse par nous servir — rien contre la vérité qui ne finisse par profiter à la vérité. Lorsque frère Maeser lut cet article — que le peuple « mormon » était industrieux, qu'il était économe, qu'il prenait soin de ses pauvres mieux que tout autre peuple, qu'il était honnête et tempérant, et pourtant qu'il était méchant, vil et corrompu — « eh bien, dit-il, l'homme qui a écrit cet article est un menteur. » L'article donnait l'adresse où se faisait l'œuvre missionnaire en Scandinavie, et il écrivit aussitôt et reçut des renseignements qui finirent par le conduire à enquêter sur l'Évangile et à l'embrasser.

Je soutiens qu'aucun homme ne peut réfléchir à ce qui nous a été lu ici aujourd'hui, à moins d'avoir l'esprit dérangé, sans pouvoir y voir une réfutation des accusations portées contre les saints des derniers jours. Les grandes compagnies d'assurance-vie d'Amérique, les plus grandes du monde entier, étant des compagnies mutuelles, n'ayant aucun souci de faire de l'argent pour des actionnaires, puisqu'elles n'en ont pas, et qui n'assurent la vie d'un homme que s'il répond à un certain niveau de santé — elles n'ont voulu de moi qu'après mes quarante ans ; elles pensaient que j'allais mourir, et ne voulaient pas de mon argent — mais avec toute leur sélection de risques répondant à leur norme, elles comptent dix et quelques dixièmes de décès pour mille. Avec les boiteux, les infirmes, les malades, et toutes sortes de gens parmi les saints des derniers jours, nous en comptons neuf et quelques dixièmes. Quelle merveilleuse réfutation de l'idée que notre peuple soit vil ! Un peuple corrompu vit-il longtemps ? Non, il n'en est rien. Est-il en bonne santé ? Non, il ne l'est pas.

Et pour ce qui est des divorces — cinq fois plus de divorces aux États-Unis, en moyenne, que parmi les saints des derniers jours ; et le mal criant, aujourd'hui, dans ce pays, c'est la dislocation des familles, un manque de fidélité, des hommes infidèles à leurs épouses et à leurs enfants. Un autre grand mal criant est la destruction de la vie, et le refus d'avoir des familles. Nous les surpassons tous, les multipliant maintes et maintes fois, par le nombre d'enfants qui naissent parmi les saints des derniers jours. Dans toutes les statistiques vitales qui font le bien, nous sommes en tête. Il y a des années, lorsque nous représentions quatre-vingt-cinq pour cent de la population de l'Utah, nous ne comptions pas quinze pour cent des criminels ; et les quinze pour cent restants de la population fournissaient quatre-vingt-cinq pour cent des criminels. En matière de folie, nous en avons moins. En matière de sobriété, nous en avons davantage. En matière d'ivrognerie, nous en avons moins. Et ainsi, dans toutes les statistiques vitales qui font le bien, nous n'avons pas peur de nous comparer au monde entier. Souvenons-nous que les fruits de l'Évangile de Jésus-Christ parlent d'eux-mêmes dans la vie des saints des derniers jours ; mais résolvons-nous, chacun de nous, à améliorer notre bilan déjà splendide.

Je me réjouis de la note dominante qui a été donnée ici, à savoir que, sous la loi qui a été promulguée, nous pouvons et devons faire disparaître le saloon de toute communauté où les saints des derniers jours sont majoritaires. J'ai lu aujourd'hui quelques vers allant dans ce sens. Lorsque je lis une chose qui me frappe, je la note, ou si c'est dans un journal, je la découpe. J'ai lu quelque chose au sujet d'un saloon, et je vais vous le lire :

LE COMPTOIR DU SALOON.

«Une barrière vers le ciel, une porte vers l'enfer — qui que l'ait nommé, l'a bien nommé ! Une barrière à la virilité et à la richesse, une porte vers le besoin et la santé brisée ; Une barrière à l'honneur, à la fierté et à la renommée, une porte vers le péché, le chagrin et la honte ; Une barrière à l'espérance, une barrière à la prière, une porte vers les ténèbres et le désespoir ; Une barrière à une vie honorée et utile, une porte vers les querelles et les luttes insensées ; Une barrière à tout ce qui est vrai et courageux, une porte vers la tombe de chaque ivrogne ; Une barrière à la joie que donne le foyer, une porte vers les larmes et les cœurs endoloris ; Une barrière vers le ciel, une porte vers l'enfer — qui que l'ait nommé, l'a bien nommé !»

Je vous recommande de chasser cette porte vers l'enfer de vos communautés. Vous en avez la capacité ; et si vous ne le faites pas, ce sera de votre propre faute. Si, dans les années à venir, les larmes, le déshonneur et la honte dépeints dans ce petit poème entrent dans votre propre foyer par la vie de vos propres enfants, une partie du péché retombera sur votre propre tête. Nous trouvons consigné dans la Doctrine et Alliances qu'il sera du devoir des parents en Sion, ou dans l'un quelconque de ses pieux organisés, d'enseigner à leurs enfants la foi au Seigneur Jésus-Christ, de leur enseigner à prier et à marcher avec droiture devant le Seigneur, et qu'ils doivent se repentir et être baptisés avant l'âge de huit ans. Si les parents ne le font pas, le péché retombera sur la tête des parents. Or, enseigner par le précepte, sans l'exemple, est un bien pauvre enseignement. L'apôtre Jacques est l'un de mes favoris ; il dit : à quoi sert-il à un homme de dire à celui qui a faim : sois rassasié, sans lui donner de nourriture ? À rien du tout. À quoi nous sert-il d'enseigner à nos enfants de servir Dieu et de garder ses commandements,

et pourtant de mettre la tentation sur le chemin de nos enfants. Nous avons le pouvoir, comme on nous le dit dans la Doctrine et Alliances, d'être des agents pour nous-mêmes, et de devoir accomplir beaucoup de droiture de notre propre gré et volonté. Or, j'aurais beaucoup aimé, durant l'année écoulée ou peu s'en faut, faire tout un tas de discours en faveur de la prohibition ; mais savez-vous que la maladie de la politique est d'une telle nature qu'un homme ne peut ouvrir la bouche, en présence de certaines gens, sans être mal compris, et sans qu'on pense qu'il prêche la politique. La politique, comme je l'ai souvent dit, ressemble beaucoup à la rougeole : la rougeole ne fait pas très mal, si l'on prend un peu de thé de safran et qu'on la garde en surface ; mais si elle s'installe une fois, elle vous jaunit la peau et vous ne voyez plus clair. (Rires). Et la politique a plus ou moins le même effet. Gardons la politique en surface, en ce qui concerne toute réforme, tout ce qui est pour le bien du peuple, pour l'avancement du peuple, pour l'aider à mieux servir Dieu. Nous ne devrions pas laisser la politique s'immiscer dans rien de tel.

Or, autre chose, je soutiens que nous avons été très négligents à soutenir et à faire respecter la loi pour le bien de la santé générale du peuple. Il y a un manque d'intérêt, de la part du peuple, à observer les règlements sanitaires. Améliorons-nous à cet égard. J'ai récemment porté un vif intérêt à cette question, et, sur demande, j'ai pris la parole une fois lors d'une exposition sur la tuberculose. Le résultat fut qu'on me demanda de parler encore et encore, ce que je fis, et finalement on me demanda de contribuer de mon argent et de devenir membre de l'association, ce que je fis, parce qu'un bon service, dit-on, en appelle un autre, (rires) et qu'il faut continuer. J'ai été étonné de constater le manque d'intérêt, un manque, de la part du peuple, à s'intéresser à une chose de ce genre, quelque chose pour le bien général. J'ai été étonné de constater que nous pouvions dépenser légalement n'importe quelle somme pour les écoles, pour les routes, pour les ponts, pour les améliorations publiques, mais que nous ne pouvions dépenser un seul dollar des fonds du comté pour venir en aide, sur le plan éducatif, au bien de la santé du peuple. J'ai lu l'histoire d'une bonne dame du Dakota qui disait que si l'un de ses cochons était malade, ou si quelque chose n'allait pas avec ses fruits, ses fleurs, ses légumes ou son potager, s'il y avait des insectes nuisibles ou quoi que ce soit de ce genre, il lui suffisait d'écrire à Washington, et le ministère de l'Agriculture lui fournirait les renseignements nécessaires pour soigner le cochon ou protéger les plantes de son jardin. Mais si son mari, son fils ou sa fille était malade, et qu'elle écrivît au gouvernement, elle ne pourrait obtenir aucun renseignement ni aucune aide. Moralité : soyez un cochon, et le gouvernement prendra soin de vous, si vous tombez malade. (Rires). J'espère que nous pourrons développer un meilleur sentiment public pour l'amélioration de la santé du peuple. J'espère que le peuple se souciera assez de la santé de son prochain pour cesser de cracher partout sur les trottoirs. Il existe une loi contre cela depuis des années, et pourtant certaines gens n'y prêtent aucune attention.

Efforçons-nous d'améliorer notre condition — intellectuellement, physiquement, moralement, et par-dessus tout, recherchons l'inspiration du Dieu Tout-Puissant pour nous guider dans tous les domaines de la vie ; je le demande, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Citer ce discoursHeber J. Grant, « Les enseignements et l'exemple de l'Église réfutent les accusations d'immoralité », 1911 April General Conference, First Day Afternoon Session (1911-04-06). Pulpit Vault, 1911-04-05-heber-j-grant-remarks-5. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).