Pulpit

Rapport sur la mission des États du Nord

German E. Ellsworth

1909 October General Conference·Sunday Afternoon Outdoor Overflow Session·1909-10-03

(Président de la mission des États du Nord.)

Je me réjouis de vous rencontrer. Je sais que vous vous êtes réunis ici, chacun d'entre vous, pour recevoir de la lumière, et pour être encouragés dans les principes de l'Évangile que vous avez embrassés ; et, comme vous êtes venus en cherchant, ainsi repartirez-vous comblés.

J'ai apprécié l'esprit de nos services ce matin, et j'ai apprécié l'esprit du service cet après-midi. Le chant que vient d'interpréter l'ancien Kirkham m'inspire toujours. Il éveille en moi un sentiment, une connaissance de Dieu et de ses œuvres, qu'il m'est impossible d'exprimer, car je sais que mon Rédempteur vit. Ce matin, j'ai été transporté jusque dans la moindre fibre de mon être en écoutant le prophète du Seigneur. Cela m'a rappelé le chant : « Venez, écoutez la voix d'un prophète, et entendez la parole de Dieu, et, dans le chemin de la vérité, réjouissez-vous, et chantez de joie à haute voix. »

Combien d'entre nous écouteront la voix du prophète de Dieu et rentreront chez eux en chantant et en se réjouissant à cause des enseignements qu'il nous a donnés aujourd'hui concernant notre devoir envers nous-mêmes et envers nos enfants ?

Je suis fier, mes frères et sœurs, de sentir que je représente les États du Nord et les missionnaires qui y travaillent. J'ai apprécié chaque instant du temps que j'ai passé dans cette partie du monde, en raison de la fréquentation que j'ai eue avec tant d'hommes et de femmes qui aiment le Seigneur — des hommes et des femmes qui s'efforcent de garder les commandements du Seigneur et de magnifier son saint nom dans leur conduite et leurs propos parmi les gens. J'ai eu le privilège de travailler avec environ huit cents anciens et une douzaine de missionnaires femmes dans cette mission. Sur ces huit cents, un seul homme, jusqu'ici, s'est égaré sur le champ missionnaire au point de perdre l'esprit de son appel. Nous considérons cela comme un résultat remarquable, comparé aux centaines de grands hommes du monde, qui confessent le relâchement de leurs mœurs, tant avant qu'après le mariage.

Nous avons un devoir des plus sacrés à remplir envers les enfants qui nous ont été donnés par notre Père céleste. Ils sont un héritage venant du Seigneur, et le privilège nous a été donné d'être leurs pères selon la chair. Les Écritures disent que nous les corrigeons et qu'ils nous témoignent du respect. Je me demande si tous les saints des derniers jours corrigent leurs enfants et si leurs enfants leur témoignent du respect, de sorte qu'ils grandissent pour devenir des fils dignes et des filles dignes de notre Père céleste, capables de se tenir devant le monde purs et sans tache, et de représenter noblement sa cause. Sur ce seul principe, nous devrions être, et nous serons, si nous demeurons fidèles à nos alliances, le sel de la terre ; car il n'y a, aujourd'hui, aucun peuple vivant sur la terre qui ait fait des alliances plus sacrées concernant sa conduite vertueuse que les saints des derniers jours, et aucun ne devrait être plus pur et plus sans tache. Je suis très fier des jeunes gens qui ont été envoyés dans la mission des États du Nord. Ils ont peut-être négligé leurs occasions d'instruction ; ils n'ont peut-être pas révéré le nom de la Divinité comme ils l'auraient dû ; ils ont peut-être négligé d'honorer leurs parents, mais ils ont écouté les incitations de l'Esprit et prêté suffisamment attention à leurs parents pour être purs et sans tache devant Dieu quant à leur moralité. Et lorsque l'Esprit de Dieu enflamme l'âme de tels hommes, cela redonne vie à ceux qui les écoutent, et des milliers de têtes s'inclinent à cause de la vertu des jeunes hommes et des jeunes femmes de Sion.

Nous chantons et prions, et remercions Dieu chaque jour de notre vie pour un prophète qui nous guide ; nous le remercions pour l'Évangile qui éclaire notre esprit, et je pense, mes frères et sœurs, que nous devrions prendre au sérieux l'avertissement concernant nos enfants, et concernant notre propre vie. Nous ne devrions jamais oublier avec quelle voix suppliante notre président a déclaré qu'il préférerait ensevelir ses enfants, ou mourir lui-même et être porté au cimetière, plutôt que de les voir perdre leur vertu ou perdre leur témoignage, et s'égarer loin de la vérité que Dieu lui a donnée et lui a permis, jusqu'ici, d'enseigner à ses enfants.

Combien d'entre vous, mes frères et sœurs, ont cherché, avec bonté et amour, à enseigner ainsi leurs enfants, et à les rassembler si étroitement autour d'eux qu'ils ne seront pas tentés de s'égarer ? À les enseigner de telle sorte qu'ils aiment leur foyer et leur entourage, et honorent leurs parents dans leur vie, une fois sortis du toit paternel ? C'est, en vérité, pour moi une inspiration de voir les fils et les filles du président Smith le saluer d'un baiser lorsqu'ils le rencontrent chaque jour, et recevoir en retour son salut paternel. Combien d'entre nous, en tant que parents, avons-nous enseigné ainsi nos enfants, ou nous sommes-nous tenus si proches d'eux que, la première fois qu'ils nous rencontrent chaque jour, ils ont envie de venir nous entourer de leurs bras et de nous donner un baiser d'enfant, et que nous les embrassons en retour ? Je me demande combien d'entre nous sont assez proches de leurs fils pour pouvoir s'asseoir à leurs côtés alors qu'ils s'épanouissent vers l'âge d'homme, les entourer de leurs bras, les mettre en garde contre les vices du monde, et leur enseigner, s'ils ne l'ont pas déjà appris, à perdre plutôt chaque membre de leur corps que de perdre leur vertu. Enseignez-leur que cela apportera le plus profond des chagrins ; enseignez-leur que cela leur laissera à jamais un aiguillon de perdre le plus grand don que Dieu nous ait donné. Au cours de l'année écoulée, des hommes d'affaires robustes, vigoureux, importants, ont versé des larmes en me confessant qu'ils n'avaient pas formé, au début de leur vie d'homme, la norme de moralité qu'ils savaient être celle des saints des derniers jours, et ils regrettaient de dire qu'ils avaient trompé leurs épouses. Je dis aux mères et aux pères en Israël que Joseph F. Smith entendait la pureté, la moralité et une vie sans tache aussi fortement que toute autre chose au monde ; car si nous pouvons garder nos enfants purs et sans tache, ils ne s'éloigneront pas beaucoup de l'Évangile de Jésus-Christ, tel qu'il nous a été rétabli par le prophète Joseph.

Si nos anciens sur le champ missionnaire venaient à pécher, ils n'auraient jamais le cœur de faire face au monde et de l'appeler à la repentance, car Satan leur chuchoterait : « Pourquoi es-tu ici ? Tu devrais rentrer chez toi. Tu as mal agi. Tu as violé les alliances sacrées que tu as contractées. Tu n'as pas le droit d'appeler le monde à la repentance », etc. Et ainsi, mes frères et sœurs, ne serait-ce que pour cette raison, nous devrions rassembler nos fils et nos filles autour de nous et leur enseigner la grande force qu'il y a à demeurer purs et non contaminés par les voies mauvaises du monde.

En règle générale, nous veillons sur nos filles, et nous sommes en mesure de les élever de sorte qu'elles soient pures et sans tache devant Dieu ; mais je crains que nous ne soyons pas aussi attentifs envers nos fils. S'ils fréquentent de mauvaises compagnies, peut-être de quelques années plus âgées qu'eux, ils entendent des choses mauvaises ; ils reçoivent une conception erronée des choses les plus importantes de la vie, et, avant que nous ne nous en rendions compte, ils ont pu faire bien des choses qu'ils regrettent. Si leurs pères avaient commencé à enseigner ces vérités vitales à leurs garçons de quatorze et quinze ans, s'ils les avaient entourés de leurs bras et en avaient fait leurs compagnons, ils pourraient les envoyer dans le monde, et dans la vie, si forts qu'ils reviendraient, quel que soit le temps écoulé, aussi purs qu'au moment où ils avaient quitté les bras de leur mère.

Je me réjouis de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Je me réjouis du témoignage que j'ai que Dieu vit, et que Jésus-Christ est son Fils et le Sauveur du monde. Je me réjouis que les saints des derniers jours croient en Dieu et en son Fils, Jésus-Christ, et croient qu'il a réellement vécu, et vit aujourd'hui, et qu'il est capable de les conseiller, et de rendre au monde la pensée et la volonté de son Père concernant la conduite et les propos des hommes et des femmes sur la terre. Cela me procure un plaisir que je ne saurais exprimer, d'avoir le privilège de travailler avec des hommes et des femmes qui, soir et matin, s'agenouillent et prient avec humilité pour moi, ainsi que pour ceux qui sont restés au pays, des hommes et des femmes qui désirent ardemment être guidés et dirigés pour enseigner, dire et faire les choses qui édifieront le royaume de Dieu et magnifieront son nom sur la terre.

Nous, en tant que saints des derniers jours, prions pour Joseph F. Smith chaque jour de notre vie, et, dans nos cœurs, nous le soutenons et le maintenons, comme notre chef et comme l'homme à qui notre Père donne la capacité de proclamer les choses dont nous avons besoin. Il nous a donné, aujourd'hui, des instructions concernant nos enfants ; et je dis qu'il nous incombe de rentrer chez nous et de trouver quelque moyen d'atteindre nos fils et nos filles qui pourraient être insouciants et éloignés de nous, s'il y en a. Je me hasarde à affirmer qu'il y a, en Israël, des pères qui n'ont pas serré leurs fils dans leurs bras depuis bien des jours et des années, et qu'il en résulte une barrière entre eux. Nous devrions avoir le pouvoir de briser cette barrière qui nous empêche d'aimer, de conseiller et d'aider notre propre chair comme nous le devrions. Nous soutenons Joseph F. Smith, et nous devrions suivre son conseil et son exemple, et saisir la première occasion pour instaurer les conditions permettant qu'existe entre le père et le fils l'amour qui devrait exister.

Nous devrions nous soutenir mutuellement par notre foi et nos prières ; et, par nos actes quotidiens, nous devrions nous soutenir mutuellement dans les affaires. Nous devrions veiller aux intérêts les uns des autres, afin de ne pas être écartés de notre place. Nous devrions d'abord nous souvenir de notre frère, afin qu'il se souvienne à son tour de nous, et qu'ainsi nous grandissions ensemble avec force. Il nous est dit d'aimer nos ennemis, et je crois que les saints des derniers jours, plus que tout autre peuple du monde, ont aimé leurs ennemis, les ont édifiés lorsqu'ils sont venus parmi nous, au point qu'ils sont devenus plus forts et plus prospères que nous-mêmes.

Nous avons quelque deux cents étudiants à Chicago, étudiant la médecine, la dentisterie, les mines, le droit, l'architecture, et d'autres domaines. Lorsqu'ils reviennent ici, s'ils étaient connus sous le nom de John, Bill ou Dick, on continue fréquemment à les appeler John, Bill ou Dick. Ils ont peut-être obtenu les plus grands honneurs dans leurs études universitaires ; ils se sont peut-être surpassés parmi d'autres hommes, cela ne fait néanmoins aucune différence. Mais lorsqu'un jeune homme ordinaire, venu de quelque autre État, s'établit parmi nous, c'est « Docteur » Untel, c'est « Professeur » Untel ; c'est ceci et cela et encore autre chose, sans jamais penser à qui ils étaient autrefois, ni à leur attitude présente envers notre bien-être. Je dis, mes frères et sœurs, que nous devrions donner à nos garçons une chance équitable, nous devrions au moins leur donner une possibilité égale à celle que nous accordons à ceux dont nous ne savons rien. Si je devais être opéré, je voudrais que le scalpel soit tenu par un homme qui sache que mon esprit vient de Dieu, qui ait dans son cœur la prière que je me rétablisse, et qui fera tout ce qui est en son pouvoir, et le fera d'une meilleure manière, parce que ma vie lui est plus sacrée qu'à ceux qui ne savent pas ce qu'est la vie, ni ne connaissent Dieu, ni ne gardent ses commandements.

Je connais certains des hommes qui sont venus ici d'autres villes et d'autres États, je connais leur vie, et je vous dis qu'il vous sera profitable de soutenir Bill, John et Dick lorsqu'ils reviendront au pays. Lorsque ces hommes de profession dont je parle se rendent dans d'autres lieux, ils cherchent à devenir membres et à s'associer aux Églises afin d'obtenir leur clientèle, mais ici, ils se joignent à nos ennemis ; ils prennent le parti de ceux qui cherchent à détruire notre foi et notre honneur sacré, et pourtant nous aimons, soutenons et édifions ces mêmes hommes. J'aimerais que les nôtres aient un peu plus de chances après des années d'absence. Nous devons aimer nos ennemis, mais non au point de chasser les nôtres de la maison et du foyer, et du pays que nos parents et nos grands-parents ont bâti. J'aime les étudiants qui travaillent avec nous comme missionnaires, des étudiants qui se distinguent auprès de leurs professeurs, et des étudiants d'université dignes de votre clientèle. Certains présidents de promotions dans diverses universités n'ont été rien de plus que des anciens mormons revenus de mission, des hommes qui ont accompli des missions, sont retournés à l'école, et qui, grâce à leur leadership, sont honorés par leurs semblables ; mais lorsqu'ils reviennent au pays, ils constatent parfois qu'ils n'ont pas la moindre chance de plus, pas même une chance égale, comparés à ceux qui croient que, lorsque nous mourons, nous disparaissons à jamais.

Nous devrions prier, et nous prions en effet, pour le président de l'Église ; nous prions pour les Douze, et nous les soutenons, et nous devrions aussi prier pour chaque membre de l'Église, et nous devrions les soutenir également, afin qu'ils puissent recevoir un héritage en Sion, afin que, par leur vie, leurs œuvres et leurs réussites, ce royaume soit édifié. Lorsque nous avons besoin d'hommes dans quelque domaine que ce soit, nous devrions faire appel à des hommes qui ont l'Esprit de Dieu dans leur sein, et qui feraient tout pour sauver nos vies ou nos biens, ou ce qui leur est confié, et qui, en retour, emploieraient leurs ressources à édifier cette grande cause, au lieu de les dépenser à tenter de défaire ce que Dieu nous a établis à faire.

Je me réjouis de l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ. Je me réjouis des réalisations du passé, et j'espère très ardemment que nous nous soutiendrons si bien les uns les autres que, à l'avenir, en tant que jeunes hommes et jeunes femmes, nous bâtirons solidement sur les fondations posées par nos nobles aïeux. Nous n'y parviendrons jamais si nous aimons nos ennemis au point de leur donner, dans notre vie professionnelle, nos relations et nos fréquentations, la préférence sur ceux qui fléchissent le genou avec nous.

Certaines universités de l'Est reconnaissent tant notre peuple que nombre de nos étudiants venus s'y inscrire ont reçu des crédits d'admission pour le travail accompli comme missionnaires. Elles considèrent que la formation des jeunes gens qui ont accompli une œuvre missionnaire les qualifie, sur le plan intellectuel, pour poursuivre des études universitaires, davantage que s'ils avaient exercé un travail dans d'autres domaines.

Que le Seigneur nous bénisse, et nous aide à « écouter la voix d'un prophète, et à entendre les paroles de Dieu », et à demeurer dans le chemin de la vérité, afin que nous puissions chanter de joie à haute voix. Que Dieu bénisse les mères et les pères des missionnaires, et exauce vos prières sur leur tête, et, en retour, exauce leurs prières sur votre tête, afin que Sion croisse et prospère, jusqu'à ce que les honnêtes gens de la terre chantent des louanges au Maître, jusqu'à ce que tous sachent que notre Rédempteur vit, telle est ma prière au nom de Jésus-Christ.

L'assemblée chanta l'hymne « Nous te remercions, ô Dieu, pour un prophète ».

La bénédiction fut prononcée par l'ancien Heber C. Jex.

Citer ce discoursGerman E. Ellsworth, « Rapport sur la mission des États du Nord », 1909 October General Conference, Sunday Afternoon Outdoor Overflow Session (1909-10-03). Pulpit Vault, 1909-10-ellsworth-report-northern-states. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).