Pulpit

L'égalité de l'homme et le consentement commun

Orson F. Whitney

1909 April General Conference·Second Day Morning Session·1909-04-05

La conférence fut ouverte par le président Joseph F. Smith.

Le chœur et l'assemblée chantèrent le cantique :

Réjouissons-nous maintenant au jour du salut ; Nous n'avons plus besoin d'errer sur terre comme des étrangers, De bonnes nouvelles retentissent pour nous et pour chaque nation, Et bientôt viendra l'heure de la rédemption.

La prière fut offerte par l'évêque Orrin P. Miller. Le chœur chanta le cantique :

Par-delà les sombres collines des ténèbres, Regarde, mon âme, reste tranquille et contemple ; Toutes les promesses travaillent Vers le jour glorieux de la grâce.

L'égalité de l'homme. — Le consentement commun, principe fondamental du gouvernement américain et de l'Église du Christ. — Deux sources de pouvoir. — L'ordre d'Hénoc. — La Sion moderne. — Le gouvernement parfait à venir. — Toutes choses préparant la voie.

« Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : que tous les hommes sont créés égaux ; qu'ils sont doués par leur Créateur de certains droits inaliénables ; que parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur ; que pour garantir ces droits, des gouvernements sont institués parmi les hommes, tirant leurs justes pouvoirs du consentement des gouvernés. »

Ces paroles, je n'ai pas besoin de vous le dire, sont contenues dans la Déclaration d'indépendance, promulguée en la ville de Philadelphie il y a cent trente-cinq ans, le prochain 4 juillet. Elles incarnent les principes qui sous-tendent la structure du gouvernement des États-Unis, qui y trouva son origine. Cinquante-quatre ans plus tard, soit il y a soixante-dix-neuf ans demain, L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours fut organisée dans le petit village de Fayette, comté de Seneca, dans l'État de New York.

Je suis fier et heureux aujourd'hui, mes frères et sœurs, d'être un saint des derniers jours, et je suis aussi fier et heureux d'être citoyen de cette grande République, le gouvernement le plus puissant et le meilleur organisé par l'homme sur qui le soleil brille. Je suis heureux de pouvoir voir, comme vous le pouvez, un dessein divin dans la fondation de ce gouvernement, comme dans la fondation de cette Église. Je crois qu'il existe une relation entre eux — non pas une union de l'Église et de l'État, mais la relation d'un dessein commun, et ce dessein est celui de Dieu — lui qui fut le fondateur de cette Église et aussi le fondateur de cette nation. C'était bien plus qu'une coïncidence que l'Évangile du Christ, appelé aujourd'hui mormonisme, mais dont le vrai nom est la loi parfaite de liberté, vînt à paraître sur cette terre de liberté en ces derniers jours. Je désire, si je puis avoir l'Esprit du Seigneur, indiquer quelques-uns des points de relation entre ce grand gouvernement religieux et le grand gouvernement civil qui vint avant lui pour lui préparer la voie.

Il peut sembler absurde à beaucoup de désigner une nation de soixante-dix ou quatre-vingts millions d'habitants comme le précurseur d'un mouvement qui ne compte à l'heure actuelle que quatre ou cinq cent mille âmes. Mais nous devons garder à l'esprit que les grands principes ne se mesurent pas au nombre, et que la grandeur matérielle n'est pas toujours la grandeur véritable. Cette nation de quatre-vingts millions d'habitants fut autrefois une nation de trois millions, issue de quelques faibles colonies ne comprenant, à l'origine, que quelques centaines d'âmes affamées et déguenillées. Nous devons aussi nous souvenir que cette Église commença avec seulement six membres, et qu'elle compte maintenant ses membres, comme on l'a dit, par centaines de milliers. Dans cinquante ou cent ans, on constatera que le mormonisme a grandi et prospéré au point qu'aucune nation sous le ciel n'aura à rougir d'être considérée comme son précurseur et son ami. Nous devons laisser à tous les grands mouvements le temps de se développer, et, en attendant, il importe davantage de considérer les principes que le nombre de ceux qui y croient.

C'était bien plus qu'une coïncidence que, lorsque l'Église du Christ fut organisée en ces jours-là, les mêmes principes qui sous-tendent la structure du gouvernement américain se soient trouvés incorporés dans les fondements de l'œuvre de Dieu. J'ai cité deux grands principes sur lesquels je désire attirer votre attention — l'égalité de l'homme et la doctrine du consentement commun. Thomas Jefferson affirma, en rédigeant la Déclaration d'indépendance, que tous les hommes sont créés égaux. Il ne faut pas en conclure que tous les hommes se ressemblent. Tous les hommes ne mesurent pas six pieds ; tous ne pèsent pas deux cents livres ; tous ne sont pas riches ; tous ne sont pas pauvres. Tous les hommes ne sont pas des chefs — il y a des montagnes, des collines et des plaines parmi l'humanité ; il y aura toujours de grands hommes et de grandes femmes pour être les chefs et les instructeurs des autres. Oui, même dans une démocratie, où tous les hommes sont déclarés égaux. Que signifie donc l'égalité, telle qu'elle est mentionnée dans la Déclaration ? C'est l'égalité devant la loi ; cela signifie que tous les hommes ont également droit à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur. Cela signifie que les voies de la promotion et de l'avancement devraient être ouvertes à tous, ainsi que Dieu l'avait voulu lorsqu'il envoya du ciel l'Évangile du salut, qui n'est ni plus ni moins qu'un code de lois, un système de principes ayant en vue le progrès éternel de l'homme.

Joseph le prophète déclara que Dieu, au commencement, institua certaines lois, par lesquelles les intelligences moindres qui l'entouraient pourraient avoir l'occasion de progresser comme lui. Elles n'étaient pas égales là ; elles ne sont pas égales ici ; elles ne seront jamais égales en tout sens. Dieu sera toujours suprême. « La gloire de Dieu, c'est l'intelligence », et ce qui fit de lui Dieu, ce fut l'intelligence supérieure qui reconnut ces principes salvateurs et nobles qu'il institua comme l'Évangile du salut, le moyen du progrès éternel. Tous les hommes ne sont pas égaux en capacité, en intelligence, mais ils devraient être égaux en possibilités de progression, et Dieu les a rendus égaux à cet égard. Le roi sur son trône ne peut obtenir le salut à des conditions plus faciles que le paysan dans sa chaumière. Le pauvre est l'égal du riche lorsqu'il se tient devant Dieu et demande : Que dois-je faire pour être sauvé ? On ne peut acheter son chemin dans le royaume des cieux ; l'argent peut acheter bien des choses, mais il ne peut acheter l'appartenance à l'Église du Christ ; il ne peut acheter les principes de la vérité, les bénédictions de l'Évangile, les dons du Saint-Esprit. Tous les hommes sont égaux devant Dieu à cet égard. Dans ce grand gouvernement qui est le nôtre, dont la déclaration fondamentale est que les gouvernements tirent leurs justes pouvoirs du consentement des gouvernés, et dans l'Église de Dieu, fondée sur le principe et la doctrine du consentement commun, l'intention est que tous les hommes, autant que possible, soient égaux.

L'intention est aussi que les hommes soient libres ; mais notre idée de la liberté ne va pas jusqu'à exclure Dieu d'une voix dans le gouvernement — ce gouvernement religieux auquel nous appartenons. Il fut nécessaire, lorsque le gouvernement américain fut fondé, qu'aucune religion ne soit reconnue — aucune religion particulière — la religion d'aucun homme, et que le peuple seul soit considéré comme la source du pouvoir civique ; car ce gouvernement fut organisé pour le bien de tous les hommes, religieux et irréligieux ; des hommes de toutes les religions et sans religion ; il devait donc reconnaître le peuple, et le peuple seul, comme la source première de l'autorité. Mais dans l'Église de Dieu, nous ne sommes pas ainsi limités. Nous croyons tous de même, nous avons tous la même religion, et nous reconnaissons Dieu comme la source première, et le peuple comme la source seconde du pouvoir. Dieu parle, et le peuple dit amen. Il en va autrement dans un gouvernement séculier, tel que celui des États-Unis. Mais ces grandes doctrines démocratiques ou républicaines — peu m'importe comment vous les appelez, car je ne parle pas dans un sens partisan — ces grands principes touchant les droits de l'homme sous-tendent à la fois le gouvernement de l'Église et le gouvernement de l'État.

Lorsque Joseph Smith et Oliver Cowdery, le 6 avril 1830, réunirent le petit troupeau qui allait devenir connu sous le nom de saints des derniers jours, ces dirigeants furent tenus par le Seigneur de présenter leurs noms à cette petite assemblée, pour voir si elle les soutiendrait ou non comme dirigeants de l'Église. Ces hommes avaient communié avec des anges ; des mains d'anges avaient été imposées sur leur tête ; Joseph avait vu le Père et le Fils. Mais ces manifestations merveilleuses, et les pouvoirs de la prêtrise qu'ils avaient reçus, ne les qualifiaient pas à eux seuls pour présider cette assemblée. Il fallait encore quelque chose, et qu'était-ce ? « Le consentement des gouvernés. » Le peuple qui devait être présidé par ces hommes — les premier et second anciens de l'Église — avait le droit de consentir à l'exercice de cette autorité sur lui. Dieu choisira un prophète, un porte-parole, un détenteur de sa prêtrise, un instructeur de sa vérité, sans demander la permission de personne ; mais il n'imposera jamais à un homme, ni à un groupe d'hommes ou de femmes, un dirigeant, un officier président qu'ils ne sont pas disposés à soutenir. C'est là une reconnaissance de la grande doctrine incarnée dans la Déclaration d'indépendance — que les gouvernements tirent leurs justes pouvoirs du consentement des gouvernés. Vous verrez ce grand principe mis en pratique au cours de cette conférence. Vous serez appelés à lever la main pour voter si vous soutenez ou non des hommes et des femmes comme vos dirigeants, vos instructeurs et vos officiers présidents, et vous avez parfaitement le droit de décider vous-mêmes de cette question.

Si cette petite assemblée dont j'ai parlé avait levé la main contre Joseph Smith et Oliver Cowdery, quel en aurait été le résultat ? Cela aurait-il ôté à Joseph et à Oliver leur prêtrise ? Non. Cela aurait-il effacé le fait qu'ils avaient conversé avec des anges, et avaient été ordonnés par eux ? Non. Cela les aurait-il rendus moins porte-parole de Dieu pour cette génération ? Non. Qu'est-ce que cela aurait fait ? Cela les aurait simplement empêchés de présider cette assemblée en particulier ; mais ils auraient pu aller ailleurs, où se seraient trouvés des hommes et des femmes disposés à les recevoir, et auraient pu organiser l'Église du Christ en vertu de la prêtrise que Dieu leur avait conférée. Souvenons-nous que Dieu a certains droits, tout comme le peuple. Bien que le peuple soit dûment considéré, et qu'un soin jaloux soit exercé pour lui et pour ses droits, il faut aussi tenir compte du Seigneur. Il ne sera pas privé de ses prérogatives. C'est Dieu et le peuple qui constituent le gouvernement de l'Église du Christ.

Quant maintenant au principe de l'égalité — c'est aussi l'un des fondements de l'Église. Les saints des derniers jours ne sont pas seulement égaux dans les votes qu'ils émettent lors d'une conférence, et dans leurs possibilités de salut éternel, mais dès le commencement le dessein fut d'établir au milieu de ce peuple un ordre qui rendrait les hommes égaux dans les choses temporelles comme dans les choses spirituelles. On l'appela l'ordre d'Hénoc, car, du temps d'Hénoc, lorsque sa cité fut sanctifiée et enlevée aux cieux, « le Seigneur appela son peuple Sion, parce qu'il était d'un seul cœur et d'un seul esprit, et qu'il demeurait dans la justice ; et il n'y avait pas de pauvres en son sein. » C'était le même système que les Néphites établirent sur ce continent, et qu'ils maintinrent pendant deux cents ans comme une promesse et une préfiguration du millénium, où tous les hommes seront égaux et libres. C'était le même ordre de choses que les apôtres à Jérusalem cherchèrent à introduire ; et il semble s'être manifesté chaque fois que la plénitude des pouvoirs de la prêtrise a été sur la terre. Chaque fois que les hommes ont joui de la plénitude de l'Évangile, il y a toujours eu cette tendance, cette inclination vers l'égalité, car c'est la condition sociale la plus parfaite.

Que les sots se disputent sur les formes de gouvernement ; Ce qui est le mieux administré est le meilleur.

Ainsi parle le poète Pope. Néanmoins, je suis convaincu que, de tous les gouvernements, le plus grand et le meilleur est celui dans lequel le peuple se gouverne lui-même. Le prophète Joseph Smith fut interrogé par un visiteur étranger à Nauvoo : « Comment gouvernez-vous ce peuple, ces Américains, ces Britanniques, ces Scandinaves, ces hommes venus de toutes les parties du monde, de toutes les nationalités, parlant des langues différentes, ayant des coutumes et des traditions différentes — comment les gouvernez-vous, pour qu'ils vivent ensemble en paix, avec un dessein commun, et dans un esprit d'unité ? » Le prophète répondit sagement — et il ne dit jamais rien de plus sage — « Je leur enseigne des principes justes, et ils se gouvernent eux-mêmes. » Ce gouvernement dans lequel le peuple peut se gouverner lui-même, et se gouverne effectivement lui-même, par l'obéissance à des principes justes, est manifestement supérieur à tout gouvernement qui dépend de la volonté d'un seul homme. La parole de Dieu déclare : « C'est un serviteur paresseux que celui qui attend d'être commandé en toutes choses. » Même dans un gouvernement où Dieu commanderait et dirigerait tout, la condition serait inférieure à ce qu'elle serait dans une communauté d'hommes libres et éclairés, jouissant de la plénitude de l'Évangile, remplis de la connaissance des cieux, faisant le bien de leur propre gré, se gouvernant eux-mêmes, aimant leur prochain et faisant toutes choses en n'ayant en vue que la gloire de Dieu.

Cette condition bénie est la destinée des saints des derniers jours, qui ont été appelés à bâtir Sion sur le continent nord-américain. La cité d'Hénoc, et cet ordre d'égalité qu'Hénoc établit, n'étaient qu'un gage et un type de la plus grande Sion des derniers jours, qui doit devenir la joie de toute la terre. Le prophète Ésaïe en parla en ces termes.

« Lève-toi, resplendis, car ta lumière arrive, et la gloire de l'Éternel se lève sur toi.

« Voici, les ténèbres couvrent la terre, et l'obscurité les peuples ; mais sur toi l'Éternel se lève, sur toi sa gloire apparaît.

« Des nations marchent à ta lumière, et des rois à la clarté de tes rayons. »

Et lorsque cette Sion sera établie, qui doit être un aimant pour les nations, et à laquelle elles apporteront leur or et leur gloire en hommage, un hommage joyeux et volontaire au Christ, le Roi — lorsque les saints réussiront à accomplir cette œuvre merveilleuse, ce sera parce qu'ils auront mis en pratique les principes qui reconnaissent l'égalité de l'homme, et le droit de l'homme de consentir, sous Dieu, à qui doit le gouverner, et comment il doit être gouverné.

Il n'y a pas le temps maintenant de prêcher un sermon sur un tel sujet, mais on pourrait prêcher un sermon qui montrerait plus avant encore la relation entre le gouvernement des États-Unis et le gouvernement de l'Église de Dieu. Je crois que si nous connaissions toute l'histoire humaine, nous verrions que les hommes et les nations, depuis le commencement, ont taillé et préparé la voie pour d'autres hommes et d'autres nations ! Nous découvririons que tout ce qui s'est passé dans le monde — inspiré de Dieu, dirigé par le ciel — a eu pour but l'établissement de ce gouvernement parfait qui tiendra un jour le sceptre sur cette planète, lorsque le Christ régnera comme Roi des rois ; ce royaume ou cette communauté pour lequel tous les gouvernements existants, sciemment ou non, préparent la voie, et dont l'œuvre appelée à tort mormonisme est le précurseur immédiat.

Chaque rayon de lumière, chaque principe de puissance, Chaque événement marquant de l'histoire, S'ils avaient une langue, ne témoigneraient-ils pas :

Il vient après moi un plus puissant ; Je ne fais que préparer la voie devant sa face ; Je ne baptise que d'eau, lui du feu ? Tous ces mouvements ont pour accomplissement et consommation décrétés le grand dessein du Souverain tout sage —

« Ce Dieu qui vit et qui aime toujours, Un seul Dieu, une seule loi, un seul élément, Et un seul événement divin, lointain, Vers lequel toute la création avance. »

Sœur Claudia Poulton chanta le solo de soprano « Ô lumière divine et resplendissante ».

Citer ce discoursOrson F. Whitney, « L'égalité de l'homme et le consentement commun », 1909 April General Conference, Second Day Morning Session (1909-04-05). Pulpit Vault, 1909-04-whitney-equality-and-consent. Traduction de la présente édition, par méthode de glossaire, archive.org.Pulpit Vault, édition du 23 septembre 2026 (commit 4bdc6ac627).