Rapport sur la mission suisse et allemande
Serge F. Balif
(Ancien président de la mission suisse et allemande.) (En présentant l'orateur, le président Smith dit : « Frère Baliff vient de rentrer d'une longue mission en Allemagne et en Suisse. Pendant quatre ans, il a présidé la mission suisse et allemande. ») Mes bien-aimés frères et sœurs : en me tenant devant vous ce matin, je sens ma faiblesse, et je me place entre les mains du Seigneur. Je désire du fond du cœur qu'il m'inspire, afin que je puisse dire quelques mots qui encourageront quelqu'un sur le chemin de la vie et du salut. ¶
Le plus grand témoignage, pour moi, de la mission divine du prophète Joseph Smith, c'est cette conférence — voir ce vaste rassemblement de gens venus de toutes les nations de la terre en réponse au témoignage du prophète Joseph Smith. Je me réjouis, mes frères et sœurs, de cette grande œuvre à laquelle nous prenons part. C'est inspirant de voir un rassemblement d'une telle catégorie de gens, venus de toutes les nations pour servir le Seigneur en esprit et en vérité. J'ai un témoignage de cette œuvre. Le Seigneur m'a révélé que Joseph Smith est un prophète. Je sais, aussi sûrement que je sais que je vis, qu'il a été appelé de Dieu pour établir cette grande œuvre sur la terre en notre temps. J'ai voyagé dans de nombreuses grandes villes du monde. J'ai rencontré beaucoup de gens, mais dans toute mon expérience, je n'ai jamais rencontré un rassemblement comme celui qui était présent ici hier. Je n'ai jamais ressenti un tel esprit, une telle puissance du Tout-Puissant, que celle qui était au milieu de nous hier. Ce fut pour moi un témoignage que c'est l'œuvre du Seigneur, que le Seigneur dirige cette œuvre, et que nous n'avons pas à nous inquiéter des choses qui la menacent. Je vous assure, mes frères et sœurs, que cette œuvre est entre les mains du Seigneur ; il la dirige, et continuera à la diriger jusqu'à ce qu'il amène le vaisseau Sion à un mouillage sûr. ¶
J'ai eu le privilège de rendre mon témoignage à beaucoup de gens, et je me réjouis de ce privilège. Je remercie le Seigneur pour le privilège que j'ai eu d'aller dans les nations de la terre et d'élever la voix en défense de l'Évangile de vérité. Je sais que Dieu vit ; je sais que Jésus est le Christ ; et je sais que Joseph Smith est un prophète du Seigneur. Je me réjouis de l'occasion que j'ai eue d'élever la voix parmi les peuples du monde, en les informant que Dieu a de nouveau parlé des cieux, qu'il a établi son œuvre sur la terre pour la dernière fois, et que les mêmes dons et bénédictions qui existaient dans l'Église primitive existent de nos jours. Les hommes instruits demandent souvent : Pourquoi ne voyons-nous pas aujourd'hui dans l'Église les dons, les pouvoirs et les manifestations qui existaient dans l'Église du Christ lorsqu'il était sur la terre avec ses apôtres ? Je vous rends témoignage aujourd'hui, mes frères et sœurs, que les mêmes dons et bénédictions, et les mêmes pouvoirs de la prêtrise, existent dans cette Église aujourd'hui qu'ils existaient dans l'Église primitive. Je peux vous témoigner que j'ai entendu des hommes de science déclarer que certains enfants étaient condamnés à mourir, qu'il n'y avait sur terre aucun pouvoir capable de les guérir. Je suis moi-même entré, avec mes compagnons, dans des maisons de gens qui ne sont pas des Saints, qui n'avaient pas fait alliance avec le Seigneur ; nous avons parlé avec ces gens des principes de l'Évangile, leur avons déclaré que les mêmes dons et bénédictions existent maintenant dans l'Église de Dieu, et le même pouvoir dans la prêtrise de Dieu, comme aux temps anciens. Nous avons administré à des enfants que des hommes de science avaient abandonnés ; et je vous témoigne, mes frères et sœurs, que j'ai vu ces enfants se lever de leur lit d'affliction, ils ont été guéris. Ces gens ont manifesté de la foi dans l'Évangile, et beaucoup d'entre eux ont fait alliance avec le Seigneur. Je me souviens d'un incident en particulier, qui eut lieu dans la ville de Breslau. Il y avait un jeune homme, d'environ vingt-deux ans, qui travaillait comme comptable, et qui examinait l'Évangile. Un soir, il rentra de son travail et se coucha immédiatement. Il se sentait malade ; il ne savait pas ce qu'il avait, et l'on envoya chercher le médecin. Quand le médecin vint, il lui dit qu'un de ses poumons était entièrement perdu, que l'autre poumon était gravement atteint, et qu'il n'avait plus que quelques jours à vivre. Le jeune homme avait une femme et trois enfants. Il avait entendu le témoignage des anciens de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et il les fit appeler et leur raconta ce que le médecin avait dit. « Mais, » dit-il, « je crois qu'il y a un pouvoir plus puissant ; je crois qu'il y a un pouvoir plus fort que le pouvoir de l'homme. Je crois aux paroles de l'apôtre Jacques, au cinquième chapitre et au quatorzième verset, où il dit : “Si vous avez des malades parmi vous, appelez les anciens et ils vous oindront, et par la prière de la foi vous serez guéris.” » Je vous témoigne, mes frères et sœurs, que cet homme avait foi dans la puissance de Dieu. À sa demande, les anciens l'oignirent ; il fut guéri et est aujourd'hui un homme fort, accomplissant ses devoirs. ¶
Je veux dire de plus que j'ai constaté la puissance qu'il y a dans l'obéissance au principe de la dîme, en payant une dîme honnête, en étant honnête envers le Seigneur. Le jeune homme dont je parle se joignit à l'Église peu après l'expérience que j'ai racontée. Son salaire était tel qu'il pouvait tout juste couvrir toutes ses dépenses. Il n'avait aucun surplus à la fin du mois, mais il entendit parler du principe de la dîme, et il dit : « Je vais payer ma dîme, et je crois que le Seigneur m'ouvrira la voie. » Ce mois-là, il paya honnêtement sa dîme. Le mois suivant, sans rien lui dire, son employeur augmenta son salaire de vingt marks, ce qui était plus que le montant qu'il avait payé comme dîme. C'est là pour moi un autre témoignage que le Seigneur œuvre en faveur de ses enfants, et que s'ils veulent obéir à ses commandements, il leur fournira les moyens d'accomplir leurs justes desseins. ¶
Je me réjouis de cette œuvre. Je sais que c'est l'œuvre du Seigneur, et, comme je l'ai dit précédemment, je sais que le Seigneur la dirige. Je sais qu'il y a aujourd'hui des milliers de gens dans le monde qui attendent avec anxiété cet Évangile. Dans la mission suisse et allemande, pendant le temps où j'y ai été, nous avons distribué 2 294 038 tracts, de porte en porte. Nous avons baptisé 1 867 âmes. Or, ce ne sont là que des chiffres montrant ce que nous avons réellement accompli, mais ils ne représentent pas la millième partie de l'œuvre qui a été accomplie dans le champ missionnaire. Il n'y a pas longtemps, j'étais dans la ville de Berlin, et je fus invité au domicile d'un homme plusieurs fois millionnaire. Pendant que je conversais avec lui, il dit : « Monsieur Baliff, j'ai entendu parler de vous ; et je veux en apprendre davantage sur vous ; et je veux en entendre davantage sur votre Évangile. » Il amena sa femme et ses deux enfants et me les présenta. Il parlait l'allemand, le français et l'anglais. Nous passâmes un moment agréable ensemble, et il dit : « Je veux vous protéger, frères, ici dans cette ville, avec mes moyens et mon influence ; j'emploierai mon influence pour amener la liberté des Saints des derniers jours à prêcher l'Évangile. » ¶
C'est l'influence de tels hommes qui amène, et aide à maintenir, notre liberté religieuse dans la ville de Berlin, à l'heure actuelle. Je veux dire de plus, mes frères et sœurs, spécialement à ces parents qui ont de jeunes hommes dans le champ missionnaire, ne vous alarmez pas au sujet de vos fils. Ils sont entre les mains du Seigneur, et il est capable de prendre soin d'eux, et il prendra soin d'eux. Dans certains cas, vos jeunes hommes peuvent être arrêtés, et passer quelques jours derrière les barreaux d'une prison ; mais je dis qu'ils ne peuvent être engagés dans une œuvre plus grande que ce ministère. Il y en a très peu parmi nos anciens qui aient d'une manière ou d'une autre souffert dans ces prisons. J'ai un fils qui a été arrêté pour avoir prêché l'Évangile, et qui a passé un peu de temps en prison. J'ai un fils qui a été banni d'une province d'Allemagne, et beaucoup d'entre vous ont aussi des fils missionnaires qui ont été bannis et chassés ; mais la main du Seigneur a été avec eux. Ils ne souffrent pas, même ceux qui ont été jetés en prison. Ces prisons sont tenues propres. Les officiers veillent avec le plus grand soin à ce que les personnes arrêtées soient assez propres pour entrer dans les prisons. En règle générale, nos jeunes hommes reçoivent un bain avant d'être autorisés à entrer dans ces prisons. (Rires.) Ils n'en avaient probablement pas besoin ; en tout cas, ils ont eu le bain avant d'être mis en prison. Les lits de ces endroits ont des sommiers de fer, mais en même temps ils sont propres, de sorte que les jeunes hommes ne courent aucun danger d'être infectés d'une maladie quelconque dans ces prisons. ¶
Nos jeunes hommes dans le champ missionnaire, en Allemagne, en Suisse, en Autriche-Hongrie et en France, accomplissent une œuvre excellente ; et je suis fier d'avoir été compté parmi eux. Bien que j'aie présidé, et qu'on dise que je suis relevé de la mission suisse et allemande, j'espère que le temps ne viendra jamais où je serai relevé de l'intérêt que je porte à cette mission. Mon cœur et mon âme sont dans cette œuvre ; je sais que c'est une œuvre de la plus haute importance. Il y a du sang d'Israël en Allemagne et en Suisse, et le peuple attend avec anxiété l'Évangile. Aussi vite que nous serons capables de donner l'Évangile aux hommes intègres de cœur, je dis qu'ils l'accepteront, parce qu'ils sont du sang d'Israël, et qu'ils le recevront un jour. Je sais que le Seigneur ne fait pas acception de personnes ; je sais que c'est une bonne nation, et le jour viendra où des milliers de gens embrasseront l'Évangile. Mes frères et sœurs, nous n'avons pas le dixième des missionnaires dont nous avons besoin. Ne vous alarmez pas quand vous entendez dire que votre fils est là-haut à Kiel, ou sur la frontière de la Russie. Nous n'avons pas la moitié assez d'anciens pour prendre soin des branches. Il y a aujourd'hui en Allemagne beaucoup d'endroits où un seul ancien préside trois branches, et c'est une lourde tâche pour lui. J'en appelle au jeune Israël, à vous, jeunes hommes nés sous l'alliance ; une grande œuvre repose sur vous. Je crois que le temps viendra où vous serez appelés en collèges pour aller avertir les nations. Nous établissons des branches et des conférences, et nous allons établir des pieux de Sion dans tous les pays. L'Évangile est vaste et embrasse tout ; ce n'est pas seulement cette nation d'Amérique qui va recevoir l'Évangile ; mais il doit être proclamé dans toutes les parties de la terre. Les peuples de toutes les nations sont les enfants du Seigneur, et l'Évangile est destiné à sauver toute la famille humaine. ¶
Je me réjouis de cette œuvre. Je suis reconnaissant du privilège de me trouver avec vous ; et je prie pour que les bénédictions du Seigneur accompagnent toujours ce peuple. J'espère que le temps viendra où nous observerons tous l'admonition contenue dans la révélation donnée au prophète John Taylor : « Mets ta maison en ordre. » Mes frères et sœurs, examinons-nous nous-mêmes. Je veux m'examiner moi-même et examiner ma maison. Suis-je en ordre ? Suis-je une lumière et un exemple pour le monde ? Puis-je me lever et dire aux gens du monde : suivez-moi ? Puis-je aller vers les nations de la terre et dire : prenez-moi comme exemple, comme membre de l'Église de Jésus-Christ ? J'ai été baptisé ; j'ai fait alliance avec le Seigneur, cela m'a-t-il rendu meilleur ? Suis-je un meilleur homme pour avoir accepté l'Évangile de Jésus-Christ ? Si non, l'Évangile du Christ a été sans effet et sans profit pour moi. Mais je dis que toute personne qui s'est jointe à l'Église et a fait alliance avec le Seigneur, si elle a vécu selon les enseignements de l'Évangile, elle devrait être, et elle est, une lumière pour le monde, une puissance pour le bien partout où elle va. Gouvernons-nous nous-mêmes ; gouvernons nos familles ; afin que le monde nous regarde et dise : ils sont vraiment dignes d'être imités. N'oublions pas les gens qui ne comprennent pas les voies du Seigneur ; soyons charitables ; apprenons à les aimer. Tendons la main de la fraternité au monde entier. Soyons des précurseurs, et préparons la voie pour la venue du Seigneur. Il y a des millions de gens honnêtes dans le monde qui accepteront l'Évangile, dès qu'ils pourront le comprendre, et c'est là notre véritable but, nos véritables motifs pour prêcher et répandre l'Évangile de vie et de salut. ¶
Puisse le Seigneur nous aider tous à bien agir. J'en appelle au jeune Utah, à la jeune Sion, au jeune Israël, à mettre toute votre foi et votre confiance dans le Seigneur. Je voudrais vous faire comprendre que cet Évangile est un évangile de science ; il contient toute la science. Mais ne vous laissez pas induire en erreur par le mot « science ». L'Évangile de Jésus-Christ est la ¶
racine de toute science, de toute connaissance. Fondez-vous sur le fondement de l'Évangile du Christ, et par lui vous obtiendrez les clés de toutes les sciences qui existent sur la terre ; c'est la source de toute science. ¶
Puisse le Seigneur vous bénir ; puisse-t-il consoler et bénir Sion. Puisse-t-il bénir vous, parents qui avez de jeunes hommes dans le champ missionnaire. Ne vous alarmez pas ; ils sont entre les mains du Seigneur. Ce sont une noble troupe ; je les aime comme j'aime ma propre vie, et je veux dire que le Seigneur les aime. Ils observent la Parole de Sagesse, et c'est là une autre clé de leur succès. Ils vivent près du Seigneur ; il veille sur eux, et il n'y a pas lieu de craindre. Frères et sœurs, n'envoyez pas trop d'argent à vos garçons ; l'argent est nécessaire ici, à Sion. Je ne veux pas être radical, mais je suggère que vous ne leur envoyiez que ce que vous jugez absolument nécessaire. Il y a aujourd'hui dans le champ missionnaire beaucoup d'anciens qui dépensent très peu d'argent ; il y en a qui n'en dépensent pas du tout, ils s'en passent presque entièrement, en quelque sorte. Soyons sages à cet égard ; non que nous voulions que vous soyez pingres et avares. Il y a une grande bénédiction pour les missionnaires qui prêchent l'Évangile. Il n'y a jamais de moment où un homme est plus humble que lorsqu'il dépend entièrement du Seigneur ; et je n'ai jamais vu, dans mon expérience, le moment où le Seigneur ait manqué de pourvoir aux besoins de ses humbles et honnêtes serviteurs. Je sais qu'il l'a fait : je l'ai prouvé. Je sais que le Seigneur attend avec anxiété de nous bénir, si seulement nous voulons vivre de manière à mériter ses bénédictions. Puisse le Seigneur nous aider à être fidèles et vrais, je le demande, au nom de Jésus. Amen. ¶